{"id":70932,"date":"2009-07-22T14:44:08","date_gmt":"2009-07-22T14:44:08","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/22\/buy-chinese-ou-le-triomphe-du-virtualisme\/"},"modified":"2009-07-22T14:44:08","modified_gmt":"2009-07-22T14:44:08","slug":"buy-chinese-ou-le-triomphe-du-virtualisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/22\/buy-chinese-ou-le-triomphe-du-virtualisme\/","title":{"rendered":"<em>Buy Chinese<\/em>, ou le triomphe du virtualisme"},"content":{"rendered":"<p><p>Il n&rsquo;y a pas de d\u00e9bat sur le protectionnisme puisque le protectionnisme n&rsquo;existe pas,  <em>period<\/em>. Le non-d\u00e9bat sur le protectionnisme-qui-n&rsquo;existe-pas est un des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus int\u00e9ressants de cette crise. La d\u00e9cision chinoise d&rsquo;instaurer une sorte de clause <em>Buy Chinese<\/em>, \u00e0 l&rsquo;exemple de notre Grand Inspirateur g\u00e9n\u00e9ral (<em>Buy American<\/em>), est la derni\u00e8re nouvelle en date de cette \u00e9tonnante aventure. Joe Quinlan, chef de la strat\u00e9gie des march\u00e9s, de la gestion des investissements et de la richesse globale (nous traduisons comme cela nous vient sous la plume, sans comprendre) de la Bank of America,  Quinlan, donc, trempe la sienne, de plume, dans une encre furieuse pour observer sarcastiquement et d&rsquo;une mani\u00e8re d\u00e9sol\u00e9e, dans le <em>Financial Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/0\/4747bc08-75fc-11de-84c7-00144feabdc0.html?nclick_check=1\" class=\"gen\">21 juillet 2009<\/a>: \u00ab<em>The new polices have sparked a sense of unease in Washington, but with the $787bn US fiscal stimulus package choked full of Buy American provisions, the US does not have a leg to stand on when it comes to opposing buy China initiatives.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette remarque conclut trois paragraphes d&rsquo;introduction qui nous dressent un bilan particuli\u00e8rement \u00e9difiant de l&rsquo;engagement g\u00e9n\u00e9ral du monde civilis\u00e9 et alentour de ne pas c\u00e9der au vieux d\u00e9mon.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The rally since March in global equities has been underpinned by the massive policy response from governments round the world. How ironic, then, that the very policies promoting global growth  fiscal spending, tax breaks, bank bail-outs, etc  could ultimately be diluted by government initiatives supportive of protectionism.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Protectionism has become a growth industry, with numerous nations  including the US  opting for various direct and indirect barriers to trade since the global financial meltdown of September 2008. The World Bank notes nearly 90 new restrictions on trade since October 2008. Of the G-20 nations, 17 countries have implemented some type of trade protectionism since pledging not to in November 2008.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Recent trade infractions range from iron and steel tariffs in Russia, to massive automobile subsidies in the US and Europe, to agricultural restrictions in Argentina and Brazil. Everyone, so it seems, is doing it, with China the latest to embrace a buy local platform. Beijing has introduced an explicit Buy China policy that requires government procurement to be focused only on Chinese products or services unless they are not available within the country or cannot be bought at a reasonable commercial price. The new polices have sparked a sense of unease in Washington, but with the $787bn US fiscal stimulus package choked full of Buy American provisions, the US does not have a leg to stand on when it comes to opposing buy China initiatives.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuinlan se d\u00e9sole: si la Chine, ce mod\u00e8le d&rsquo;expansion et de commerce globalis\u00e9s, entame une grande politique de protection pour tenter d&rsquo;apaiser le m\u00e9contentement de ses travailleurs, qu&rsquo;en sera-t-il du reste, tous ces pays d\u00e9j\u00e0 au fond du gouffre et qui tremblent \u00e0 la perspective de l&rsquo;explosion sociale? Suit une longue complainte sur le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9-globalisation, sorte de double n\u00e9gatif, ou positif c&rsquo;est selon, de la fameuse d\u00e9-localisation. La conclusion de Quinlan est particuli\u00e8rement d\u00e9sol\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The risks of de-globalisation, however, should not be lightly dismissed. History shows us that protectionism begets protectionism. As the jobless ranks swell around the world in coming months, the backlash against globalisation will grow. The alternative may be de-globalisation or the unbundling of a tightly wrapped global economy that has yielded widespread growth and prosperity for rich and poor nations alike. This may sound far-fetched and alarmist. But it wasn&rsquo;t that long ago that US subprime loans were considered benign and contained to the US.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The bull case for global equities is premised on the belief the worst is past  that the global economy is on the mend. This assumption has yet to be proven but a few promising signs are emerging. Yet the government-led global rebound could still be aborted by government-sponsored protectionism.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi sommes-nous certes fascin\u00e9s, plus encore par la mani\u00e8re du  triomphe du protectionnisme que par le protectionnisme lui-m\u00eame. Ce triomphe est b\u00e2ti, non sur du sable, mais sur une campagne n\u00e9gationniste sans pr\u00e9c\u00e9dent, assortie de signatures, de points solennels de tel et tel communiqu\u00e9s, de r\u00e9affirmations tonitruantes dans chaque discours que le ciel nous r\u00e9serve. Cette formidable campagne de virtualisation de la pratique du protectionnisme consiste en un impeccable barrage s\u00e9mantique bannissant le mot comme absolument impie, sacril\u00e8ge, compl\u00e8tement d\u00e9testable,  au point qu&rsquo;il ne vous viendrait pas \u00e0 l&rsquo;esprit, finalement, de simplement enqu\u00eater sur l&rsquo;existence du protectionnisme puisque la suppression du mot et sa combustion instantan\u00e9e dans les flammes grondantes de l&rsquo;enfer induisent l&rsquo;inexistence compl\u00e8te du mal d\u00e9sormais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe cas lui-m\u00eame n&rsquo;est pas en question. Nous pensons bien entendu que le protectionnisme (quel mot est-ce l\u00e0?) a toute sa place dans diverses circonstances, et qu&rsquo;il a la vertu, dans le cas que nous expose un Quinlan d\u00e9sol\u00e9, de d\u00e9velopper une campagne persistante de d\u00e9-globalisation. A d\u00e9faut du reste, on ne peut mieux faire, face \u00e0 la globalisation telle qu&rsquo;ils l&rsquo;ont faite, que de tenter par tous les moyens de d\u00e9faire cette globalisation-l\u00e0. La question que nous posons porte plut\u00f4t sur cette m\u00e9thode de gouvernement, reposant massivement sur quelque chose de bien plus que le mensonge, qui est cet univers absolument fabriqu\u00e9 selon les techniques du virtualisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa remarque que nous faisons est que, paradoxalement, cette fa\u00e7on de faire prive le protectionnisme d&rsquo;une de ses vertus principales lorsqu&rsquo;il est appliqu\u00e9 \u00e0 bon escient, nous dirions m\u00eame sa vertu principale, qui est d&rsquo;\u00e9tablir dans la population un sentiment de s\u00e9curit\u00e9 puisqu&rsquo;il y a la perception de l&rsquo;existence d&rsquo;une protection, et ce sentiment de s\u00e9curit\u00e9 contribuant fortement \u00e0 l&rsquo;apaisement social en g\u00e9n\u00e9ral. Dans le cas qui nous occupe, cette perception n&rsquo;existe pas puisque tout ce que nous avons \u00e0 percevoir est que le protectionnisme n&rsquo;existe pas, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;il existe, et que c&rsquo;est la plus mauvaise chose du monde. Ainsi fait-on quelque effort pour prot\u00e9ger certaines formes \u00e9conomiques, certaines situations sociales nationales, tout en jurant ses grands dieux qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;on le fasse car cela est \u00e9videmment indigne et inconcevable. Cette curieuse situation \u00e0 laquelle on arrive prive ainsi les dirigeants des avantages politiques de leurs d\u00e9cisions, en privant les citoyens des pays concern\u00e9s du r\u00e9confort psychologique de se savoir prot\u00e9g\u00e9s par ceux qu&rsquo;ils \u00e9lisent pour les diriger et assurer leur protection. Il y a une certaine perfection de la situation vicieuse, de la politique qui se subvertit elle-m\u00eame, en une sorte de cercle effectivement vicieux. Il n&rsquo;y a par ailleurs aucune raison de s&rsquo;\u00e9tonner de quoi que ce soit.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 22 juillet 2009 \u00e0 14H41<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&rsquo;y a pas de d\u00e9bat sur le protectionnisme puisque le protectionnisme n&rsquo;existe pas, period. Le non-d\u00e9bat sur le protectionnisme-qui-n&rsquo;existe-pas est un des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus int\u00e9ressants de cette crise. 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