{"id":70949,"date":"2009-07-29T18:07:28","date_gmt":"2009-07-29T18:07:28","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/29\/le-maillon-hesitant\/"},"modified":"2009-07-29T18:07:28","modified_gmt":"2009-07-29T18:07:28","slug":"le-maillon-hesitant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/07\/29\/le-maillon-hesitant\/","title":{"rendered":"Le maillon h\u00e9sitant"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le maillon h\u00e9sitant<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t29 juillet 2009  On a vu hier <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_afghanistan_et_le_doute_qui_grandit_28_07_2009.html\" class=\"gen\">28 juillet 2009<\/a> quelques notes sur le climat qui s&rsquo;installe au Royaume-Uni \u00e0 propos de la guerre d&rsquo;Afghanistan. C&rsquo;est un \u00e9v\u00e9nement important, d&rsquo;abord pour lui-m\u00eame, par l&rsquo;\u00e9volution psychologique qu&rsquo;il mesure; ensuite, par le contexte o\u00f9 il se place, \u00e0 la conjonction d&rsquo;un effort suppl\u00e9mentaire (US) impliquant plus la possibilit\u00e9 d&rsquo;un engagement aggrav\u00e9 que celle de la victoire, et de l&rsquo;installation des \u00e9conomies occidentales dans une structure crisique qui s&rsquo;est peu \u00e0 peu impos\u00e9e depuis la crise du 15 septembre 2009.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPress\u00e9s par les n\u00e9cessit\u00e9s int\u00e9rieures et par les mauvaises nouvelles venues du front, la guerre d&rsquo;Afghanistan devient, pour les Britanniques sp\u00e9cifiquement et particuli\u00e8rement, la partie d\u00e9sormais la plus insupportable d&rsquo;un pi\u00e8ge construit sur l&rsquo;illusion entretenue par l&rsquo;esprit enfi\u00e9vr\u00e9 de Tony Blair, \u00e0 partir de l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001, d&rsquo;un renouvellement de la Grande Alliance churchillienne de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1941, lors de la signature de la Charte de l&rsquo;Atlantique. Simon Jenkins d\u00e9crit effectivement (le <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2009\/jul\/14\/afghanistan-obama-gordon-brown-taliban\" class=\"gen\">14 juillet 2009<\/a>, dans le <em>Guardian<\/em>) ce gouvernement Brown, avec ses ministres s&rsquo;\u00e9puisant \u00e0 pr\u00e9senter la guerre comme une entreprise pleine de sens et de valeur : \u00ab[T]<em>hey are trapped in an alliance with America, a country also in denial.<\/em>\u00bb Puis Jenkins poursuivait, d\u00e9crivant une situation d\u00e9sormais marqu\u00e9e par le d\u00e9sordre des esprits, des conceptions et des perspectives:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The worm is now turning. Not a week passes without a military and diplomatic source questioning the government&rsquo;s policy, or lack of one. A high-powered British Academy seminar last Friday, attended by senior generals, diplomats and academics, was astonishingly at odds. Some said Britain should stay for the long haul, others that staying was a terrible mistake. Some said that security would only follow a hearts and minds campaign, others that it should precede it. Some wanted democracy, others said forget it. The shambles was revealing.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Washington hardly displays greater coherence. Obama gave his favourite general, David Petraeus, three months to come up with a new Afghan strategy. The advice, to no one&rsquo;s surprise, was for a surge, with more troops to hold territory and rebuild consent for the Kabul government. Obama appeared to like it.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The strategy was reminiscent of Earl Haig in the Great War: more of what had failed, but with the army still centre stage. Obama&rsquo;s other emissary to the region, the diplomat Richard Holbrooke, is said to have despaired at the Petraeus strategy. He experienced Vietnam and could see the same mission creep occurring. Afghanistan offered his president no wins, only losses. In addition, were continued conflict to plunge Pakistan into a full civil war, it would be a disaster of unimaginable consequences.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien \u00e9videmment, de grandes th\u00e9ories g\u00e9opolitiques sont trac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;envi pour expliquer l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette guerre en Afghanistan, tout comme elles l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 pour l&rsquo;Irak. On pousse ces th\u00e9ories dans tous les sens, mais elles n&rsquo;ont jusqu&rsquo;ici accouch\u00e9 que de l&rsquo;effondrement des appareils militaires anglo-saxons, d&rsquo;un poids \u00e9pouvantable sur les tr\u00e9sors respectifs, sans garantir la moindre s\u00e9curit\u00e9 p\u00e9troli\u00e8re pour quiconque ni la moindre garantie de fid\u00e9lit\u00e9 des gouvernements en place. Les th\u00e9ories g\u00e9opolitiques ont ceci d&rsquo;arrangeant qu&rsquo;elles sont extensibles \u00e0 l&rsquo;infini, autant que la g\u00e9ographie du monde vue de son fauteuil, sans \u00eatre jamais confront\u00e9es aux faits d\u00e9finitifs. Elles sont confortables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;attaque en Afghanistan vient essentiellement d&rsquo;une r\u00e9action tr\u00e8s coutumi\u00e8re depuis la fin de la Guerre froide chez les Anglo-Saxons, surtout les USA, \u00e0 la fois de riposte disproportionn\u00e9e par la force et de volont\u00e9 messianique de d\u00e9mocratisation. Cette d\u00e9marche n&rsquo;a gu\u00e8re d&rsquo;efficacit\u00e9 g\u00e9opolitique, notamment pour le contr\u00f4le du p\u00e9trole. La p\u00e9riode de contr\u00f4le la plus efficace des Anglo-Saxons (des USA) se situe entre l&rsquo;arrangement entre Roosevelt et Ibn Saoud en 1945, \u00e0 Alexandrie, et la guerre du Golfe de 1990-91, suivie de la d\u00e9cision malheureuse de baser des soldats US en Arabie, l&rsquo;un des ferments initiaux de l&rsquo;agitation islamiste. Le meilleur moyen de contr\u00f4ler une situation g\u00e9opolitique, c&rsquo;est de ne pas y \u00eatre impliqu\u00e9 et d&rsquo;y peser par influence. Quel est l&rsquo;acteur de la partie qui est le plus \u00e0 l&rsquo;aise dans l&rsquo;affaire afghane? La Russie, qui s&rsquo;en est retir\u00e9e en 1988 et qui y dispose aujourd&rsquo;hui de bien plus d&rsquo;influence et d&rsquo;opportunit\u00e9s que lorsqu&rsquo;elle y entretenait un corps exp\u00e9ditionnaire de 200.000 hommes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous sommes d\u00e9sormais dans une soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par la communication, et c&rsquo;est en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette force principalement que le pouvoir se d\u00e9termine et agit. La communication implique une <em>narrative<\/em> d\u00e9magogique justifiant des actions suscit\u00e9es par la pression dynamique de certains centres de pouvoir, sans autre but que l&rsquo;exercice de cette pression. (Le Pentagone en l&rsquo;occurrence, pour l&rsquo;Afghanistan, parce que le Pentagone est un syst\u00e8me fait pour utiliser ce qu&rsquo;il cr\u00e9e, sans raison particuli\u00e8re,  de cette fa\u00e7on avait-on rebaptis\u00e9 l&rsquo;op\u00e9ration <em>Just Cause<\/em> contre le Panama en d\u00e9cembre 1989 : <em>Just Because<\/em>.) La <em>narrative<\/em> exig\u00e9e par la communication fut, dans le cas afghan, la d\u00e9mocratisation par l&rsquo;\u00e9mancipation, et c&rsquo;est cela qui constitue la cause principale de l&rsquo;intervention en Afghanistan; l&rsquo;Occident en est effectivement \u00e0 ce niveau de scl\u00e9rose politique. Jenkins r\u00e8gle la question en quelques lignes, o\u00f9 il n&rsquo;y a pas grand&rsquo;chose \u00e0 ajouter, sinon \u00e0 applaudir \u00e0 des expressions telles que <em>the NGO&rsquo;s gruppies<\/em> qui nous donnent une id\u00e9e juste de la dimension ontologique de la d\u00e9marche, identifi\u00e9e au niveau de l&rsquo;\u00e9nervement des utopies en vogue dans les salons:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The idea of establishing a western-style democracy is dead. The dreams of Kabul&rsquo;s NGO groupies, to install technocrats or elevate women or eradicate poppies, have vanished in a morass of corruption and aid extravagance. The best hope is a series of regional deals and compromises, transferring power to warlords or Taliban coalitions, behind which military withdrawal can take place. The west failed to build a nation in Kabul, despite tipping billions of dollars into its underworld. Only colonialists build nations, and the will for empire was never present.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me de la guerre de l&rsquo;Afghanistan, c&rsquo;est celui du vide,  du vide des raisons avanc\u00e9es, des causes brandies, des calculs d\u00e9taill\u00e9s, de la morale proclam\u00e9e, concernant un conflit qui voit des forces arm\u00e9es occidentales \u00e0 bout de souffle, impuissantes et ridiculis\u00e9es par la guerre type G4G adapt\u00e9e aux montagnes, avec en arri\u00e8re-plan la situation d&rsquo;une structure \u00e9conomique et sociale (celle du Royaume-Uni, pour le cas qui nous occupe) aux abois. Tout cela, l&rsquo;h\u00e9ritage de Blair et de sa politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, version-Westminster.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe vide de la guerre en Afghanistan ne cesse paradoxalement de peser de plus en plus lourd,  mais paradoxe apparent, on le comprend, puisqu&rsquo;entreprendre de tels actes au nom de politiques aussi vides constitue effectivement un poids n\u00e9gatif consid\u00e9rable. Les pertes, pourtant bien faibles par rapport aux guerres courantes, sont insupportables \u00e0 cause du vide de la cause, ou des causes expos\u00e9es pour les besoins de la communication. Le vide insupportable de ce conflit engendrant pourtant le poids n\u00e9gatif qu&rsquo;on lui voit doit trouver sa substance quelque part, une substance sur laquelle effectivement s&rsquo;exercer; cette substance, Jenkins la cerne bien (\u00ab[T]<em>hey are trapped in an alliance with America, a country also in denial.<\/em>\u00bb). La solution qu&rsquo;il propose est un retrait britannique, mais il en situe bien l&rsquo;enjeu,  il n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;Afghanistan mais tout avec l&rsquo;alliance avec les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>For British generals and politicians to talk of fighting in Helmand for d\u00e9cades is absurd, not least as neither the British public nor the Taliban believe it. Like the Canadians, they should give a date for withdrawal, to stop wasting British lives and to isolate Obama in his wrong-headed policy.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>To imagine that Britain might have leverage may be fanciful. Tony Blair&rsquo;s failure to influence Bush over Iraq was humiliating. The mix of political obsequiousness and diplomatic smugness Washington detected in Britain then is being replicated today over Afghanistan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But Brown is still prime minister. He could act as he is known to believe and cut loose from the Americans in Helmand. It would take courage, but it would be the right thing to do.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le Royaume-Uni, le probl\u00e8me de l&rsquo;Afghanistan n&rsquo;est pas un probl\u00e8me ext\u00e9rieur dans le sens d&rsquo;un probl\u00e8me exp\u00e9ditionnaire, ou de projection de forces,  ni croisade \u00e0 la Blair, ni <em>Great Game<\/em> g\u00e9opolitique. C&rsquo;est un probl\u00e8me qui p\u00e8se sur la politique centrale du royaume (de Sa Tr\u00e8s Gracieuse Majest\u00e9), un probl\u00e8me qui concerne la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale d&rsquo;une part, la stabilit\u00e9 du gouvernement et du pouvoir en g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;autre part. C&rsquo;est \u00e9videmment dans ce cadre qu&rsquo;il faut envisager ses effets sur les relations avec les USA.<\/p>\n<h3>Le maillon du fort au faible<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn dira que le cas n&rsquo;est pas nouveau,  celui de l&rsquo;alliance anglo-saxonne soumise \u00e0 rude \u00e9preuve \u00e0 cause des circonstances o\u00f9 elle s&rsquo;exerce. Mais le cas afghan introduit une circonstance g\u00e9n\u00e9rale nouvelle, explicit\u00e9e par trois facteurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La situation britannique est celle d&rsquo;un d\u00e9senchantement complet par rapport \u00e0 la p\u00e9riode 2005-2006 o\u00f9 les Britanniques jugeaient qu&rsquo;ils allaient prendre la guerre en main et la mener \u00e0 son terme, l\u00e0 o\u00f9 les Am\u00e9ricains avaient \u00e9chou\u00e9. D\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/orig\/lohdi.php?articleid=10229\" class=\"gen\">d\u00e9cembre 2006<\/a>, la cause \u00e9tait entendue. En <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2007\/dec\/12\/comment.military\" class=\"gen\">d\u00e9cembre 2007<\/a>, le pauvre Jenkins se lamentait d\u00e9j\u00e0 en implorant le Premier ministre Brown d&rsquo;ouvrir les yeux sur la situation en Afghanistan (\u00ab<em>There is no military solution in Afghanistan, not even a military start to a solution. Can Brown not see this?<\/em>\u00bb). Tout cela signifie que le sentiment britannique a eu le temps de m\u00fbrir dans le sens de l&rsquo;amertume, de la d\u00e9sillusion et du d\u00e9senchantement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise (celle dite de 9\/15, du 15 septembre 2008, que personne n&rsquo;a vu venir et que tout le monde avait pr\u00e9vue) a introduit un nouveau facteur d&rsquo;importance. Comme on le sait, le Royaume-Uni est particuli\u00e8rement touch\u00e9. Les r\u00e9percussions sur les capacit\u00e9s budg\u00e9taires du gouvernement seront \u00e9videmment importantes. Le domaine de la d\u00e9fense devrait \u00eatre touch\u00e9 comme les autres (on parle de \u00a33-\u00a35 milliards en moins, sur un budget annuel de \u00a337 milliards). D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, de telles circonstances impliquent que la popularit\u00e9, le soutien de l&rsquo;\u00e9lectorat sont devenus un probl\u00e8me vital pour le monde politique; parall\u00e8lement, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_afghanistan_et_le_doute_qui_grandit_28_07_2009.html\" class=\"gen\">l&rsquo;opposition populaire<\/a> \u00e0 la guerre en Afghanistan est devenu un facteur important de la science statistique de l&rsquo;opinion publique. Additionnez tous ces facteurs et imaginez combien est grande la tentation pour un Premier ministre, en exercice ou \u00e0 venir, d&rsquo;envisager des initiatives de repli ou de retrait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Au contraire, Obama arrive avec, pourrait-on croire, un esprit nouveau, ayant fait de l&rsquo;Afghanistan sa guerre, d&rsquo;une fa\u00e7on assez curieuse quant \u00e0 l&rsquo;analyse de ses propres int\u00e9r\u00eats. Il lui faut d\u00e9velopper une strat\u00e9gie nouvelle, avec des impulsions et des ambitions nouvelles. Quelles que soient les circonstances et ce qu&rsquo;il en sortira, et m\u00eame si Gates se donne un an pour r\u00e9ussir (bon vent), il y a ceci que l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit US sur cette question est aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tActuellement, la situation politique au Royaume-Uni est dans un phase singuli\u00e8re. Les conservateurs jugent qu&rsquo;ils peuvent, d&rsquo;ici juin 2010, briser pr\u00e8s de 15 ans de domination <em>New Labour<\/em>. Toutes les pr\u00e9visions vont dans ce sens, dans une mesure d\u00e9vastatrice (152 si\u00e8ges de majorit\u00e9 pour les conservateurs, disent les plus r\u00e9centes <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/uk\/politics\/tories-on-course-for-majority-of-152-seats-at-next-election-1764012.html\" class=\"gen\">analyses<\/a>). Ils ont un programme d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 important, qui comprendra des r\u00e9ductions dans le domaine de la d\u00e9fense. Ils commencent \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-toujours_des_signaux_britanniques_vers_l_europe_la_france_et_la_defense_20_07_2009.html\" class=\"gen\">afficher<\/a> avec discr\u00e9tion, \u00e0 la britannique, des id\u00e9es europ\u00e9ennes en mati\u00e8re de d\u00e9fense, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une proximit\u00e9 nouvelle avec la France, avec coop\u00e9ration appuy\u00e9e. L&rsquo;id\u00e9e s&rsquo;articule notamment, mais fondamentalement, sur le constat d&rsquo;un \u00e9loignement des USA dans ces mati\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9. Il y a, comme on dit, une sorte de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_relations_speciales_et_le_monde_post-9_15_02_07_2009.html?admin=1\" class=\"gen\">consensus<\/a> sur la question, dans le monde politique britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral, on comprend combien les conservateurs ne seraient pas oppos\u00e9s \u00e0 un effort de d\u00e9sengagement, ou d&rsquo;orientation vers un d\u00e9sengagement d&rsquo;une guerre impopulaire, qui gr\u00e8ve le budget et n&rsquo;am\u00e8ne que des d\u00e9boires; et combien les travaillistes, tentant de sauver ce qui peut l&rsquo;\u00eatre pour les \u00e9lections, pourraient effectivement lancer un effort dans ce sens, que les \u00e9lecteurs appr\u00e9cieraient sans doute. Il y a une convergence d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour que le monde politique britannique prenne ses distances du conflit en Afghanistan, renversant compl\u00e8tement la pr\u00e9sentation obstin\u00e9e qu&rsquo;il en fait depuis 2005. Dans ce cas, le Royaume-Uni se trouverait en opposition frontale avec l&rsquo;\u00e9volution actuelle aux USA, toujours et particuli\u00e8rement au niveau de la communication dont on a vu l&rsquo;importance. C&rsquo;est de cette fa\u00e7on, dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, que les crises m\u00fbrissent, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 sous-jacentes pendant un certain temps (ce qui est le cas entre USA et UK sur cette question des aventures ext\u00e9rieures, style-9\/11, au moins depuis le d\u00e9part de Blair).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne telle \u00e9volution serait grosse de cons\u00e9quences extr\u00eamement d\u00e9stabilisantes, essentiellement pour la coalition occidentale en Afghanistan. Le Royaume-Uni tient une place centrale dans le conflit afghan, entre l&rsquo;engagement de type syst\u00e9mique des USA, et l&rsquo;engagement par tactique d&rsquo;arrangement avec les USA des autres pays de l&rsquo;OTAN (y compris la France, malgr\u00e9 tout ce qu&rsquo;elle se raconte \u00e0 elle-m\u00eame). Le Royaume-Uni est le pays qui, jusqu&rsquo;ici, a maintenu la fiction d&rsquo;un conflit ayant sa propre justification, comme c&rsquo;est le cas pour l&rsquo;interpr\u00e9tation pour les USA, donc r\u00e9alisant la soudure entre les USA et le reste de la coalition. Les Britanniques sont le maillon fort de l&rsquo;\u00e9trange coalition regroup\u00e9e sous casquette OTAN. Et si le maillon fort devenait le maillon faible?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;affaire afghane est importante aujourd&rsquo;hui pour ses effets sur la coh\u00e9sion occidentale, et sur l&rsquo;OTAN par cons\u00e9quent, et tout ce qui va avec, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale toutes les relations entre alli\u00e9s et les relations transatlantiques. Le Royaume-Uni tient la clef de cet arrangement h\u00e9t\u00e9roclite. Si le maillon fort devient faible, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble qui est menac\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le maillon h\u00e9sitant 29 juillet 2009 On a vu hier 28 juillet 2009 quelques notes sur le climat qui s&rsquo;installe au Royaume-Uni \u00e0 propos de la guerre d&rsquo;Afghanistan. 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