{"id":70956,"date":"2009-08-03T08:06:32","date_gmt":"2009-08-03T08:06:32","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/08\/03\/pour-moscou-eh-joe-biden-ne-passe-pas\/"},"modified":"2009-08-03T08:06:32","modified_gmt":"2009-08-03T08:06:32","slug":"pour-moscou-eh-joe-biden-ne-passe-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/08\/03\/pour-moscou-eh-joe-biden-ne-passe-pas\/","title":{"rendered":"Pour Moscou, \u201cEh Joe\u201d Biden ne passe pas"},"content":{"rendered":"<p><p>Les Russes, ou, dans tous les cas, les experts et analystes russes, semblent avoir \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-biden_ou_le_surrealisme_arrose_27_07_2009.html\" class=\"gen\">interview<\/a> au Wall Street <em>Journal<\/em> du vice-pr\u00e9sident US Joe Biden, selon ce qu&rsquo;\u00e9crit Ellen Barry, du New York <em>Times<\/em>, de Moscou ce <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2009\/08\/02\/weekinreview\/02barry.html?\" class=\"gen\">2 ao\u00fbt 2009<\/a>. Leur r\u00e9action indique une mise en cause des \u00e9ventuelles perspectives de d\u00e9tente que la pr\u00e9sidence Obama leur avait laiss\u00e9 entrevoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a d&rsquo;abord la description des r\u00e9actions officieuses du monde politique russe qui ont suivi l&rsquo;interview de Biden au Wall Street <em>Journal<\/em>. Elles montrent l&rsquo;installation, ou la r\u00e9installation d&rsquo;une extr\u00eame m\u00e9fiance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>After Vice President Joseph R. Biden Jr. gave an interview to The Wall Street Journal portraying Russia as a limping and humbled nation, many in Washington responded last week with a helpless shrug: There&rsquo;s crazy Joe, they said, the guy who once told a wheelchair-bound state senator to stand up for a round of applause.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But in Russia, they weren&rsquo;t shrugging. Within hours, a top Kremlin aide had released a barbed statement comparing Mr. Biden to Dick Cheney. Commentators announced Mr. Biden&rsquo;s emergence as Washington&rsquo;s new gray cardinal  the figure who, from the shadows, makes all the decisions that matter. Others said Washington&rsquo;s mask had been torn off, revealing Mr. Obama&rsquo;s reset as at best insubstantial and at worst duplicitous.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>American officials spent several days trying to convince their Russian counterparts that Mr. Biden&rsquo;s words were, for lack of a better label, a gaffe. Russia&rsquo;s highest officials have kept silent on the matter, but their initial responses were skeptical. Biden has said this in such a way that the whole world heard it, said Alexei K. Pushkov, who is the anchor of the current events show Post-Scriptum. And then there are secret, furtive calls in the night, dragging Russian officials from their supper. They want to say this is not true. But somehow everybody still thinks it is.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa cons\u00e9quence de ces divers constats et rumeurs est le d\u00e9veloppement de th\u00e9ories \u00e0 propos de la situation \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pouvoir aux USA, avec une th\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale qui oppose le parti habituel US issu de la Guerre froide, hostile aux Russes, et un pr\u00e9sident Obama qui commence \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une personnalit\u00e9 faible, incapable d&rsquo;imposer sa volont\u00e9 \u00e0 l&rsquo;<em>establishment<\/em>. Une autre hypoth\u00e8se consid\u00e9r\u00e9e est effectivement celle qui est mentionn\u00e9e plus haut d&rsquo;une duplication de la situation Bush-Cheney, avec Biden jouant le r\u00f4le de l&rsquo;\u00e9minence grise anti-russe. Dans ce cas, Obama est plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme une marionnette.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Mr. Biden has now supplied evidence for two plotlines  a deep rift within the administration, or a sophisticated game, said Andrei V. Ryabov, a political analyst at Moscow&rsquo;s Carnegie Center. This ambiguity, he said, plays into the conviction of Mr. Putin and his team that real events take place far from view, among a handful of powerful individuals, and that public politics are no more than puppetry, decoration in the theater.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Nothing accidental can happen in this system, Mr. Ryabov said. Everything has a hidden meaning. Even accidental words from officials are likely to be read closely; as a Russian proverb has it, What a sober man has on his mind, a drunk puts on his tongue.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr. Pushkov was among those who put little credence in Mr. Obama&rsquo;s overtures, and to him, Mr. Biden&rsquo;s words offer a far more honest assessment of American policy. He says he reads in them a split in Washington between cold war heavyweights and a president too weak to bring them to heel.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion de l&rsquo;article est laiss\u00e9e \u00e0 Dmitri K. Simes, du Nixon Center, un sp\u00e9cialiste des questions russes consid\u00e9r\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral comme plus r\u00e9aliste vis-\u00e0-vis de la Russie que la fraction guerre Froide de l&rsquo;<em>establishment<\/em>: \u00ab<em>At this point these were just words  unfortunate words, reckless words, but still, it was just words, not of the president but of the vice president, said Dimitri K. Simes, the president of the Nixon Center. The question is what is going to happen next.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est incontestable que l&rsquo;intervention de Biden a cr\u00e9\u00e9 une situation s\u00e9rieuse au niveau de la perception entre Russes et Am\u00e9ricains, et certainement \u00e0 propos de ce qui est beaucoup plus un incident annexe qu&rsquo;une d\u00e9marche fondamentale. La tourn\u00e9e de Biden en Ukraine et G\u00e9orgie, dont les \u00e9l\u00e9ments cit\u00e9s dans l&rsquo;article sont soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9s dans le sens du durcissement US, ont montr\u00e9 au contraire des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_armes_de_la_liberte_pour_la_georgie_spasmes_et_convulsions_de_la_communication_24_07_2009.html\" class=\"gen\">signes<\/a> d&rsquo;accommodement et de prudence du c\u00f4t\u00e9 US. Cela est pass\u00e9 sous silence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on tient cette interview comme une expression fondamentale de la politique US,  c&rsquo;est-\u00e0-dire manuvrer une Russie faible pour en obtenir le maximum de concessions,  certaines phrases de Biden sont d&rsquo;une rare stupidit\u00e9 puisqu&rsquo;il d\u00e9voile lui-m\u00eame cette tactique en disant d&rsquo;une part les Russes sont faibles, nous allons profiter d&rsquo;eux, et d&rsquo;autre part, quand un pays est faible, il ne faut pas le lui faire savoir pour obtenir de lui le maximum en douceur. (C&rsquo;est ce qu&rsquo;exprime Daniel Larison dans <em>The American Conservative<\/em>, lorsqu&rsquo;il \u00e9crit le <a href=\"http:\/\/www.amconmag.com\/larison\/2009\/07\/25\/reset-means-obedience\/\" class=\"gen\">25 juillet 2009<\/a>: \u00ab<em>Biden actually says in the same interview, It is never smart to embarrass an individual or a country when they&rsquo;re dealing with significant loss of face. So at least Biden acknowledges that he is behaving stupidly, since he has made clear that he and this administration have every intention of embarrassing Russia on a regular basis.<\/em>\u00bb) Si Biden parle aussi stupidement, alors la th\u00e9orie de l&rsquo;interview arros\u00e9 et de la gaffe, dont il est par ailleurs extr\u00eamement coutumier, est particuli\u00e8rement cr\u00e9dible. (Que Biden pense vraiment cela et que la gaffe ait consist\u00e9 \u00e0 montrer ce qu&rsquo;il pense vraiment,  ce qui est en g\u00e9n\u00e9ral la d\u00e9finition d&rsquo;une gaffe,  n&rsquo;importe pas vraiment. On sait parfaitement ce que pense Biden, qui a toujours affich\u00e9 ses opinions de d\u00e9mocrate faucon dans ce domaine. La seule chose qui compte est de savoir ce qu&rsquo;est la politique US en la mati\u00e8re, o\u00f9 l&rsquo;opinion d&rsquo;Obama compte bien plus que celle de Biden,  et alors, quelle est l&rsquo;opinion d&rsquo;Obama.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQu&rsquo;importe, la chose est faite et act\u00e9e, le ph\u00e9nom\u00e8ne de la communication a fait son uvre, le climat d\u00e9grad\u00e9 est install\u00e9. Comme dit Simes, on en jugera sur les \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir. On pourrait juger qu&rsquo;un accrochage impliquant la Russie, ou une situation de crise temporaire, pas n\u00e9cessairement avec les USA mais avec un adversaire proche des USA, serait peut-\u00eatre une bonne chose. Elle \u00e9claircirait les intentions et les positions des uns et des autres. Elle forcerait Obama \u00e0 sortir de ce qui fut une r\u00e9serve officieusement mal per\u00e7ue \u00e0 Moscou durant l&rsquo;incident Biden; elle montrerait ses intentions d&rsquo;\u00e9tablir une nouvelle politique avec la Russie ou bien elle montrerait son alignement sur les faucons, sa faiblesse suppos\u00e9e, et ainsi de suite; les Russes seraient alors conduits \u00e0 tirer leurs conclusions. Il ne nous para\u00eet pas impossible qu&rsquo;effectivement un incident ou une crise annexe se d\u00e9clare sur le front europ\u00e9en, avec l&rsquo;un ou l&rsquo;autre pays europ\u00e9en ami des USA, ou avec les USA par dossier interpos\u00e9, dans les deux ou trois prochains mois. D\u00e9j\u00e0, le premier anniversaire de la crise\/guerre de G\u00e9orgie, le 7 ao\u00fbt, serait un signe de cela si l&rsquo;un ou l&rsquo;autre incident avait lieu; ou bien, l&rsquo;absence d&rsquo;incident, alors que les Russes disent en craindre effectivement, pourrait \u00eatre \u00e9galement vue comme un signe.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 3 ao\u00fbt 2009 \u00e0 08H11<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Russes, ou, dans tous les cas, les experts et analystes russes, semblent avoir \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par l&rsquo;interview au Wall Street Journal du vice-pr\u00e9sident US Joe Biden, selon ce qu&rsquo;\u00e9crit Ellen Barry, du New York Times, de Moscou ce 2 ao\u00fbt 2009. 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