{"id":70960,"date":"2009-08-04T08:29:29","date_gmt":"2009-08-04T08:29:29","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/08\/04\/encercle-par-les-crises\/"},"modified":"2009-08-04T08:29:29","modified_gmt":"2009-08-04T08:29:29","slug":"encercle-par-les-crises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/08\/04\/encercle-par-les-crises\/","title":{"rendered":"Encercl\u00e9 par les crises"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Encercl\u00e9 par les crises<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t4 ao\u00fbt 2009  Si le cur nous en dit, nous pourrions trouver cela ironique, de lire l&rsquo;exclusivit\u00e9 de <em>The Independent<\/em> alors qu&rsquo;une fois de plus retentissent les trompettes de la reprise (qui signale la sauvegarde temporaire \u00e0 un co\u00fbt \u00e9pouvantable du syst\u00e8me financier, sans garantie d&rsquo;une am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle). Le quotidien britannique a obtenu un entretien exclusif avec le Dr Fatih Birol, chef \u00e9conomiste \u00e0 l&rsquo;Agence Internationale de l&rsquo;Energie. Message simple: la crise du p\u00e9trole arrive vite, tr\u00e8s vite, beaucoup plus vite que pr\u00e9vu.  C&rsquo;est ce <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/science\/warning-oil-supplies-are-running-out-fast-1766585.html\" class=\"gen\">3 ao\u00fbt 2009<\/a>, dans <em>The Independent<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Le m\u00eame sujet est abord\u00e9 dans le <em>Financial Times<\/em>, \u00e9galement avec  des d\u00e9clarations de Fatih Birol, le <a href=\"http:\/\/www.ft.com\/cms\/s\/0\/1281aad6-8049-11de-bf04-00144feabdc0.html?ftcamp=rss&#038;nclick_check=1\" class=\"gen\">3 ao\u00fbt 2009<\/a>, et dans l&rsquo;\u00e9dition papier du 4 ao\u00fbt du quotidien.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon <em>The Independent<\/em>: \u00ab<em>The world is heading for a catastrophic energy crunch that could cripple a global economic recovery because most of the major oil fields in the world have passed their peak production, a leading energy economist has warned.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Higher oil prices brought on by a rapid increase in demand and a stagnation, or even decline, in supply could blow any recovery off course, said Dr Fatih Birol, the chief economist at the respected International Energy Agency (IEA) in Paris, which is charged with the task of assessing future energy supplies by OECD countries.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In an interview with The Independent, Dr Birol said that the public and many governments appeared to be oblivious to the fact that the oil on which modern civilisation depends is running out far faster than previously predicted and that global production is likely to peak in about 10 years  at least a decade earlier than most governments had estimated.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But the first detailed assessment of more than 800 oil fields in the world, covering three quarters of global reserves, has found that most of the biggest fields have already peaked and that the rate of decline in oil production is now running at nearly twice the pace as calculated just two years ago. On top of this, there is a problem of chronic under-investment by oil-producing countries, a feature that is set to result in an oil crunch within the next five years which will jeopardise any hope of a recovery from the present global economic recession, he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a stark warning to Britain and the other Western powers, Dr Birol said that the market power of the very few oil-producing countries that hold substantial reserves of oil  mostly in the Middle East  would increase rapidly as the oil crisis begins to grip after 2010. One day we will run out of oil, it is not today or tomorrow, but one day we will run out of oil and we have to leave oil before oil leaves us, and we have to prepare ourselves for that day, Dr Birol said. The earlier we start, the better, because all of our economic and social system is based on oil, so to change from that will take a lot of time and a lot of money and we should take this issue very seriously, he said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEcartons aussit\u00f4t la r\u00e9action imm\u00e9diate, instantan\u00e9e, in\u00e9vitable, dans notre civilisation de la communication o\u00f9 tout le monde sait tout. Il y aura des contestations, des r\u00e9v\u00e9lations, des pr\u00e9cisions et des supputations dans tous les sens, pour mettre en doute ou en cause les pr\u00e9visions expos\u00e9es par le Dr. Birol et <em>The Independent<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, quasiment \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait de mai-juillet 2008, les prix du p\u00e9trole avaient d\u00e9clench\u00e9 une crise du p\u00e9trole o\u00f9 la manipulation, la sp\u00e9culation, etc., avaient jou\u00e9 le plus grand r\u00f4le. Les arguments allaient dans tous les sens tandis que le prix du baril grimpait jusqu&rsquo;autour de $150 avant de retomber de moiti\u00e9 en deux-trois semaines. On <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-philosophies_de_crise_02_06_2008.html?admin=1\" class=\"gen\">philosophait<\/a> et on <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-on_insiste_le_petrole_a_200_le_baril_d_ici_5-10_ans_08_08_2008.html\" class=\"gen\">avertissait<\/a> pour l&rsquo;avenir. Puis on oublia puisque, un gros mois plus tard, le 15 septembre 2008, nous avions l&rsquo;esprit occup\u00e9 par la tr\u00e8s consid\u00e9rable crise syst\u00e9mique de la finance mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, que faire de l&rsquo;exclusivit\u00e9 que le Dr. Birol a obligeamment fourni \u00e0 <em>The Independent<\/em>? D&rsquo;abord, observer qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9valuation tr\u00e8s relativiste, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui prend en compte divers facteurs de domaines diff\u00e9rents.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une part, Birol annonce que le <em>peak oil<\/em> fondamental (moment o\u00f9 le volume de production potentielle atteindra son sommet et commencera \u00e0 d\u00e9cliner) est pr\u00e9vu par ses services pour autour de 2020, plut\u00f4t que 2030 comme l&rsquo;estiment en g\u00e9n\u00e9ral les services officiels de la plupart des gouvernements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Mais, d&rsquo;autre part, il annonce qu&rsquo;une \u00e9valuation d&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s 800 champs d&rsquo;exploitation, couvrant les trois quarts des r\u00e9serves mondiales identifi\u00e9es, montre que la plupart de ces installations ont elles-m\u00eames d\u00e9pass\u00e9 leur point de production maximale et commencent \u00e0 d\u00e9cliner. (\u00ab<em>The IEA estimates that the decline in oil production in existing fields is now running at 6.7 per cent a year compared to the 3.7 per cent decline it had estimated in 2007, which it now acknowledges to be wrong.<\/em>\u00bb) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, divers autres facteurs sont mis en avant, notamment l&rsquo;absence d&rsquo;investissement pour la modernisation des champs p\u00e9trolif\u00e8res, et autres activit\u00e9s d&rsquo;entretien et de d\u00e9veloppement. On peut imaginer combien la crise \u00e9conomique va accentuer cette tendance, avec des conditions g\u00e9n\u00e9rales de plus en plus serr\u00e9es et contraignantes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale qui ressort de ces diverses indications est que le d\u00e9sordre s&rsquo;installe, \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;autres domaines de crise qui nous affectent. Il semble de plus en plus inutile de s&rsquo;attarder \u00e0 la question m\u00e9taphysique par essence, si l&rsquo;on peut dire, du type: Quand cesserons-nous de disposer de p\u00e9trole?, ou m\u00eame Quand la production commencera-t-elle \u00e0 d\u00e9cliner d&rsquo;une fa\u00e7on irr\u00e9versible?. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un d\u00e9bat aussi inutile, type querelle sur le sexe des anges,  que celui qui agite la question de la crise climatique (Quelle est la part de responsabilit\u00e9 des activit\u00e9s humaines dans le changement climatique ?).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut s\u00e9parer la question de la situation objective de la situation r\u00e9elle dans notre \u00e9poque et dans notre syst\u00e8me, avec ses effets sur nos situations, du fait de nos crises diverses. Si nous vivions au XIV\u00e8me si\u00e8cle, la question de l&rsquo;\u00e9puisement des ressources p\u00e9troli\u00e8res n&rsquo;aurait qu&rsquo;une importance extr\u00eamement anecdotique qui ne ferait m\u00eame pas la joie des troubadours, et celle du changement de climat, \u00e0 peine plus. Le grand probl\u00e8me concret de notre structure crisique, le point cathartique en r\u00e9alit\u00e9, est la tension extraordinaire, explosive, suscit\u00e9e par la rencontre entre l&rsquo;activit\u00e9 humaine actuelle et ses tendances d&rsquo;une part, avec les nouvelles conditions naturelles qui se d\u00e9veloppent de plus en plus rapidement d&rsquo;autre part. (C&rsquo;est un constat, quelle que soit l&rsquo;intensit\u00e9 de la corr\u00e9lation entre les deux facteurs; notre conviction \u00e9tant pourtant que cette corr\u00e9lation est tr\u00e8s grande, qu&rsquo;elle est absolument d\u00e9cisive depuis deux si\u00e8cles.) De ce point de vue, on peut dire que la crise du p\u00e9trole est d\u00e9j\u00e0 presque parmi nous, bien entendu comme beaucoup d&rsquo;autres, et qu&rsquo;elle ne nous quittera plus en ce sens qu&rsquo;elle accompagnera le destin de notre syst\u00e8me. C&rsquo;est en effet le principal constat \u00e0 retenir, de plus en plus pressant: le destin de notre syst\u00e8me d\u00e9pend de plus en plus des crises qui l&rsquo;affectent, et de moins en moins d&rsquo;une situation hypoth\u00e9tique de fonctionnement normal, dont le retour ne cesse de para\u00eetre chaque jour plus improbable, jusqu&rsquo;\u00e0 relever de la plus haute fantaisie sp\u00e9culative. C&rsquo;est ce que nous nommons notre structure crisique.<\/p>\n<h3>Notre structure crisique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est difficile de trouver une situation plus descriptive du pi\u00e8ge dans lequel se d\u00e9bat le syst\u00e8me. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, une pouss\u00e9e massive pour une reprise \u00e9conomique qui, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, signifie une consommation d&rsquo;\u00e9nergie, p\u00e9trole en t\u00eate, qu&rsquo;on voudra n\u00e9cessairement en augmentation; de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;exploitation de la mati\u00e8re essentielle de cette consommation qui s&rsquo;oriente elle-m\u00eame vers le d\u00e9sordre par l&rsquo;incertitude de plus en plus assur\u00e9e, avec l&rsquo;hypoth\u00e8se grandissante devenue hypoth\u00e8que de la chute de la disposition de cette mati\u00e8re, pour des raisons circonstancielles et structurelles \u00e0 la fois. La pr\u00e9vision qui se dessine est \u00e0 la mesure de ce verrouillage des perspectives, puisque la pr\u00e9vision prend d&rsquo;abord en compte l&rsquo;effet par avance de ces hypoth\u00e8ses, qui s&rsquo;exerce sur les co\u00fbts \u00e9conomiques. (Birol: \u00ab<em>It will be especially important because the global economy will still be very fragile, very vulnerable. Many people think there will be a recovery in a few years&rsquo; time but it will be a slow recovery and a fragile recovery and we will have the risk that the recovery will be strangled with higher oil prices<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Inutile d&rsquo;ajouter en la pr\u00e9cisant outre-mesure, parce que la chose est connue, les rapports \u00e9galement concurrentiels et pr\u00e9dateurs entre ces deux domaines,  reprise \u00e9conomique et crise du p\u00e9trole,  et la crise climatique dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de la destruction massive de l&rsquo;environnement, r\u00e9guli\u00e8rement aliment\u00e9e et aggrav\u00e9e par les activit\u00e9s industrielles humaines. Cela fait partie \u00e9galement du r\u00e9seau g\u00e9n\u00e9ral, du maillage extr\u00eamement serr\u00e9 de blocages et de verrouillages qui caract\u00e9rise aujourd&rsquo;hui notre situation g\u00e9n\u00e9rale.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe pi\u00e8ge des situations objectivement concurrentielles, sinon pr\u00e9datrices les unes des autres, se double du pi\u00e8ge des politiques \u00e9galement concurrentielles et pr\u00e9datrices. Birol recommande d&rsquo;appr\u00e9hender cette crise majeure en pr\u00e9parant une reconversion de l&rsquo;\u00e9conomie hors du p\u00e9trole,  ce qui implique une coop\u00e9ration majeure, au niveau plan\u00e9taire. Pendant ce temps, cette m\u00eame rar\u00e9faction des sources de production d&rsquo;\u00e9nergie n&rsquo;a comme effet que l&rsquo;exacerbation des concurrences pr\u00e9datrices entre les puissances, pour s&rsquo;assurer de ces sources de production. De toutes les fa\u00e7ons et dans tous les cas, le cercle est compl\u00e8tement vicieux. Il t\u00e9moigne que nous vivons effectivement dans un cadre relationnel d\u00e9termin\u00e9 par une structures crisique g\u00e9n\u00e9rale, o\u00f9 les crises ne sont plus, ni des accidents, ni des explosions, ni des moments cathartiques, mais constituent effectivement la structure m\u00eame du monde. Cette structure n&rsquo;\u00e9tant plus accidentelle par d\u00e9finition, elle induit, justement par sa d\u00e9finition qui est d&rsquo;ordre structurelle, la mise en cause du syst\u00e8me dans son ensemble.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous plaidons constamment pour mettre en \u00e9vidence l&rsquo;importance essentielle du facteur psychologique dans la situation historique que nous traversons, et principalement la r\u00e9volution psychologique qui consisterait \u00e0 admettre que <strong>tous<\/strong> les fondements sur lesquels nous appuyons notre d\u00e9veloppement sont aujourd&rsquo;hui en cause. L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, \u00e0 propos de la crise plus ou moins sp\u00e9culative du p\u00e9trole, nous d\u00e9veloppions cet argument de l&rsquo;importance de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-psychologies_ecartelees_02_06_2008.html\" class=\"gen\">psychologie<\/a> des dirigeants. Cette r\u00e9volution psychologique impliquerait la prise de conscience que la question de la situation du monde r\u00e9sultant des \u00e9v\u00e9nements non contr\u00f4l\u00e9s par l&rsquo;homme (eschatologiques), que subit d\u00e9sormais notre civilisation, a d\u00e9sormais tr\u00e8s largement supplant\u00e9 la question du pouvoir sur le monde, qui pr\u00e9tend conduire notre civilisation; en d&rsquo;autres termes, les \u00e9v\u00e9nements hors de notre contr\u00f4le sont d\u00e9sormais d&rsquo;une puissance infiniment sup\u00e9rieure \u00e0 tout ce que notre contr\u00f4le sur les choses peut rassembler et animer en fait de puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre appr\u00e9ciation \u00e0 ce point serait n\u00e9cessairement paradoxale. Il serait d&rsquo;avancer que ce dont nous avons le plus besoin, c&rsquo;est d&rsquo;une succession de crises; c&rsquo;est-\u00e0-dire, pour le cas qui nous occupe (mais il y en a d&rsquo;autres possibles), qu&rsquo;une crise du prix du p\u00e9trole, provoqu\u00e9e par telle ou telle cause, surgisse rapidement pour faire mesurer combien la r\u00e9paration absolument illusoire et \u00e9videmment temporaire de notre syst\u00e8me (financier, pour le cas le plus proche, avec l&rsquo;\u00e9conomie cahin-caha derri\u00e8re) conduit, par le fait m\u00eame de la r\u00e9paration, dans une autre impasse tout aussi contraignante. Seule une succession de chocs psychologiques illustrant l&rsquo;incapacit\u00e9 o\u00f9 nous nous trouvons d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;encerclement des crises, peut faire avancer la perception r\u00e9volutionnaire de l&rsquo;existence de cette structure crisique et, par cons\u00e9quent, du caract\u00e8re absolument destructeur et toxique du syst\u00e8me,  quoi qu&rsquo;on fasse <strong>\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur<\/strong> du cadre o\u00f9 il \u00e9volue.. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl existe une progression psychologique d\u00e9j\u00e0 en cours. La crise 9\/15 a constitu\u00e9 un excellent exercice \u00e0 cet \u00e9gard. Pendant deux \u00e0 trois mois, de septembre \u00e0 d\u00e9cembre 2008, il s&rsquo;est r\u00e9p\u00e9t\u00e9, il s&rsquo;est clam\u00e9 que le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral lib\u00e9ral et am\u00e9ricaniste, financier et \u00e9conomique, \u00e9tait non pas d\u00e9pass\u00e9 ou inefficace, mais dangereux,  c&rsquo;est-\u00e0-dire <strong>mortel<\/strong> au terme de cette logique implacable,  par ses d\u00e9s\u00e9quilibres et son caract\u00e8re d\u00e9structurant, donc que sa crise avait effectivement une ampleur absolument syst\u00e9mique. Ce sont des \u00e9v\u00e9nements psychologiques qui laissent des traces, qui modifient la perception. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit qui accueillerait une nouvelle crise du p\u00e9trole, avec une perception renouvel\u00e9e des limites de cette ressource, serait notablement diff\u00e9rent de ce qu&rsquo;il \u00e9tait il y a quatorze mois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa bataille qui est en train d&rsquo;\u00eatre livr\u00e9e aujourd&rsquo;hui est plus que jamais la bataille de la r\u00e9alit\u00e9 contre notre construction syst\u00e9mique. Le fait nous para\u00eet av\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s 9\/15, qui a constitu\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement majeur de mise \u00e0 nu, non de la crise du syst\u00e8me, mais de la structure crisique qu&rsquo;a cr\u00e9\u00e9 le syst\u00e8me, engendrant par cons\u00e9quent un enjeu radical, avec une alternative de plus en plus radicalis\u00e9. A mesure que les crises se signalent, s&rsquo;imposent avec leur tension, le terme alternatif \u00e0 la poursuite du syst\u00e8me devient de plus en plus la destruction compl\u00e8te du syst\u00e8me. Il est inutile de demander comment se ferait cette destruction et pour quelle nouvelle situation, car nul n&rsquo;est en mesure de r\u00e9pondre \u00e0 de telles questions si audacieuses; le bouleversement impliqu\u00e9 par une telle destruction am\u00e8nerait de telles modifications, autant de perception que de situation, que toutes les hypoth\u00e8ses pour la suite, con\u00e7ues avant cette destruction, seraient absolument obsol\u00e8tes. Pour l&rsquo;instant, nous subissons les \u00e9v\u00e9nements et notre seule utilit\u00e9 est d&rsquo;en mesurer l&rsquo;importance, l&rsquo;intensit\u00e9 et la signification, et de tenter de les commenter \u00e0 mesure, et de tenter ainsi d&rsquo;\u00e9veiller les psychologies \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Encercl\u00e9 par les crises 4 ao\u00fbt 2009 Si le cur nous en dit, nous pourrions trouver cela ironique, de lire l&rsquo;exclusivit\u00e9 de The Independent alors qu&rsquo;une fois de plus retentissent les trompettes de la reprise (qui signale la sauvegarde temporaire \u00e0 un co\u00fbt \u00e9pouvantable du syst\u00e8me financier, sans garantie d&rsquo;une am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle). 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