{"id":71077,"date":"2009-09-16T06:34:54","date_gmt":"2009-09-16T06:34:54","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/09\/16\/notes-sur-une-defense-en-europe-i\/"},"modified":"2009-09-16T06:34:54","modified_gmt":"2009-09-16T06:34:54","slug":"notes-sur-une-defense-en-europe-i","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/09\/16\/notes-sur-une-defense-en-europe-i\/","title":{"rendered":"Notes sur \u201cune\u201d d\u00e9fense en Europe (I)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur une d\u00e9fense en Europe (I)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>In illo tempore<\/em>, dans les ann\u00e9es 1970 ou les ann\u00e9es 1980, il y eut de grands d\u00e9bats entre les tenants de l&rsquo;Europe de la d\u00e9fense et les tenants de la d\u00e9fense europ\u00e9enne,  l&rsquo;une et l&rsquo;autre posant \u00e0 une plus grande coop\u00e9ration pr\u00e9tendant parfois \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration, \u00e0 tour de r\u00f4le, mais l&rsquo;une selon une forme supranationale, l&rsquo;autre selon une forme multinationale. On r\u00e9activa l&rsquo;UEO pour cela, en 1984, apr\u00e8s que les Am\u00e9ricains n&rsquo;y aient pas trop vu d&rsquo;objections; sans doute ignoraient-ils, et on leur pardonnera, ce qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;UEO.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis, les projets de d\u00e9fense europ\u00e9enne et d&rsquo;Europe de la d\u00e9fense n&rsquo;ont pas manqu\u00e9, tous marqu\u00e9s par l&rsquo;\u00e9chec pour l&rsquo;essentiel de la structure du projet, qui reste une d\u00e9marche d&rsquo;int\u00e9gration, et encore plus pour l&rsquo;esprit de la chose. Le dernier \u00e9chec en date est l&rsquo;effort fran\u00e7ais, ou soi-disant effort, qui accompagnait la d\u00e9marche de r\u00e9int\u00e9gration de la France dans l&rsquo;OTAN, pour la compenser, pour tenter d&rsquo;\u00e9quilibrer et de r\u00e9orienter l&rsquo;OTAN. La France est revenue dans l&rsquo;OTAN, la question de la d\u00e9fense europ\u00e9enne ou de l&rsquo;Europe de la d\u00e9fense reste en suspens, sans assise ni dynamique, flottant dans une sorte d&rsquo;\u00e9ther.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFinalement, c&rsquo;est-\u00e0-dire r\u00e9trospectivement, l&rsquo;effort le plus s\u00e9rieux, le plus ambitieux \u00e0 terme pourrait bien avoir \u00e9t\u00e9 la d\u00e9claration franco-britannique de Saint-Malo, d&rsquo;il y a onze ans. C&rsquo;est \u00e0 la lumi\u00e8re de ce dernier constat que nous proposons une note d&rsquo;analyse sur le sujet, en deux parties.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La premi\u00e8re tente d&rsquo;offrir l&rsquo;\u00e9tat de la situation europ\u00e9enne \u00e0 cet \u00e9gard, dans une perspective historique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La seconde s&rsquo;orientera plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur le cas britannique, pour des raisons qui seront expos\u00e9es dans le cours du texte. Ce faisant, il ne fait \u00e9videmment aucun doute qu&rsquo;en s&rsquo;attachant au cas britannique, nous nous attachons \u00e9videmment au cas britannique en fonction de ses relations avec la France. L&rsquo;axe hypoth\u00e9tique France-UK reste le cadre fondamental de la situation que nous examinons.<\/p>\n<h3>L&rsquo;exception fran\u00e7aise<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t Jusqu&rsquo;au 11 septembre 2001, les efforts d&rsquo;une d\u00e9fense europ\u00e9enne suivaient une ligne logique depuis la CED de 1950-54, et m\u00eame avant, caract\u00e9ris\u00e9e par une volont\u00e9 plus ou moins marqu\u00e9e, plus ou moins encombr\u00e9e d&rsquo;arri\u00e8res pens\u00e9es, de construire une dimension de s\u00e9curit\u00e9 correspondant \u00e0 la dimension \u00e9conomique d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir de 1950-56. Il faut rappeler qu&rsquo;au d\u00e9part, la dynamique europ\u00e9enne, ou dans tous les cas ses pr\u00e9misses, portaient d&rsquo;abord sur la s\u00e9curit\u00e9 (trait\u00e9 de Dunkerque entre la France et l&rsquo;Angleterre en 1947, puis trait\u00e9 de Bruxelles, \u00e9tendu au B\u00e9n\u00e9lux, de 1948, et fondant l&rsquo;Union de l&rsquo;Europe Occidentale, ou UEO).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDes ann\u00e9es 1950 au 11 septembre 2001 se poursuivit donc la dynamique mentionn\u00e9e. Elle fut essentiellement marqu\u00e9e par des d\u00e9clarations d&rsquo;intention constantes, et une impuissance de r\u00e9alisation tout aussi constante. Le probl\u00e8me essentiel tenait au lien transatlantique, auquel certains pays, en nombre important, \u00e9taient totalement acquis, \u00e0 l&rsquo;encontre duquel un autre (la France) entretenait une grande m\u00e9fiance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette exception fran\u00e7aise ne pouvait par ailleurs \u00eatre ignor\u00e9e, \u00e0 cause de la puissance fran\u00e7aise, des capacit\u00e9s technologiques et de l&rsquo;ind\u00e9pendance politique et op\u00e9rationnelle de ce pays, de sa position g\u00e9ographique, de sa volont\u00e9 politique, de son sens r\u00e9galien, etc. Cette p\u00e9riode qui chagrine fort les Fran\u00e7ais, puisqu&rsquo;ils ne purent lancer la d\u00e9fense europ\u00e9enne dont ils r\u00eavaient, devrait d&rsquo;autre part, et de fa\u00e7on beaucoup plus d\u00e9cisive, les rassurer. Rien d&rsquo;essentiel ne fut fait selon leurs vux mais, plus encore,  et c&rsquo;est la remarque essentielle si l&rsquo;on mesure le rapport des forces  rien ne fut fait contre leurs vux. Si l&rsquo;on peut dire que les Fran\u00e7ais n&rsquo;ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 imposer aux autres l&rsquo;Europe de la d\u00e9fense ou la d\u00e9fense europ\u00e9enne de leurs vux, on peut aussi dire, et d&rsquo;une fa\u00e7on beaucoup plus puissante, qu&rsquo;aucune Europe de la d\u00e9fense ou d\u00e9fense europ\u00e9enne n&rsquo;est possible sans eux  donc, en toute logique et esp\u00e9rance de la fermet\u00e9 fran\u00e7aise, selon leurs conceptions. On n&rsquo;a jamais pu faire une CED sans la France; il n&rsquo;en fut m\u00eame jamais question s\u00e9rieusement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne question secondaire chronologiquement, mais d&rsquo;importance fondamentale, concernait la forme de cette s\u00e9curit\u00e9 collective: coop\u00e9ration ou int\u00e9gration (l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une arm\u00e9e europ\u00e9enne). Cette question ne fut jamais tranch\u00e9e compl\u00e8tement, parce qu&rsquo;elle ne se posa jamais d\u00e9cisivement, sauf lors du d\u00e9bat sur la CED qui aboutit \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec qu&rsquo;on sait (donc \u00e9chec pour l&rsquo;int\u00e9gration). Malgr\u00e9 les efforts des ann\u00e9es 1980 (r\u00e9activation de l&rsquo;UEO), qui constitu\u00e8rent la p\u00e9riode la plus riche et la plus prometteuse \u00e0 cet \u00e9gard, rien de fondamental ne fut accompli avant la chute du Mur, en novembre 1989.<\/p>\n<h3>Le cas de l&rsquo;OTAN<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous \u00e9voluons dans notre r\u00e9flexion sans nous r\u00e9f\u00e9rer pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;OTAN, parce que la question de l&rsquo;OTAN n&rsquo;est pas une question europ\u00e9enne et que nous parlons d&rsquo;Europe en l&rsquo;occurrence. L&rsquo;OTAN est une alliance, con\u00e7ue pour une situation sp\u00e9cifique, avec les rapports de force internes qu&rsquo;on conna\u00eet, et elle est prisonni\u00e8re de ce sch\u00e9ma.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe principe d&rsquo;une alliance est, par essence, conjoncturel. Les tentatives institutionnelles de changer cette situation \u00e0 l&rsquo;OTAN se heurtent \u00e0 des probl\u00e8mes fondamentaux d&rsquo;autorit\u00e9 et de l\u00e9gitimit\u00e9, et de divergences des politiques nationales. Les tentatives bureaucratiques (constantes celles-l\u00e0), de changer cette situation, notamment par les m\u00e9canismes de l&rsquo;int\u00e9gration, aboutissent \u00e0 des contraintes, des dysfonctionnements et, en g\u00e9n\u00e9ral, en cas d&rsquo;activation op\u00e9rationnelle, un d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral qui se traduit par la paralysie, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 compl\u00e8te des engagements selon les int\u00e9r\u00eats nationaux et le divorce des perceptions. Les contraintes bureaucratiques non-nationales ne peuvent changer fondamentalement les politiques nationales. La situation de l&rsquo;Alliance en Afghanistan est une bonne d\u00e9monstration de la chose. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis la fin du communisme, l&rsquo;OTAN tente de trouver un autre r\u00f4le, qui est celui d&rsquo;une organisation de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 grande extension et couvrant une zone de plus en plus \u00e9tendue. D\u00e8s 1993, c&rsquo;\u00e9tait son objectif. L&rsquo;insucc\u00e8s en substance est total, les extensions successives n&rsquo;ayant fait qu&rsquo;aggraver le probl\u00e8me de l&rsquo;inad\u00e9quation grandissante de esprit de la chose \u00e0 cette \u00e9volution. La seule op\u00e9ration qui ait pu faire croire \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9volution favorable fut la guerre du Kosovo, en 1999, malgr\u00e9 les \u00e9normes difficult\u00e9s internes rencontr\u00e9es, et les heurts sans nombre entre pays-membres dans la gestion des op\u00e9rations. Mais la particularit\u00e9 <strong>r\u00e9elle<\/strong> du Kosovo  qu&rsquo;on la d\u00e9plore ou pas, qu&rsquo;on la critique ou non  ne fut pas le bon fonctionnement de l&rsquo;Alliance mais la conjonction exceptionnelle d&rsquo;une similitude des politiques nationales, notamment celles des plus grands pays (Allemagne, France, UK, USA).<\/p>\n<h3>L&rsquo;Europe d&rsquo;apr\u00e8s<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s la chute du Mur et la mise en question du r\u00f4le de l&rsquo;OTAN, la situation apparut fondamentalement modifi\u00e9e en Europe, l&rsquo;engagement europ\u00e9en n&rsquo;\u00e9tant plus imp\u00e9ratif pour les USA. Des initiatives parcellaires furent prises (unit\u00e9s franco-allemandes, <em>EuroCorps<\/em>, diverses unit\u00e9s int\u00e9gr\u00e9es), qui \u00e9taient l&rsquo;h\u00e9ritage de la dynamique des ann\u00e9es 1980, qui concernaient surtout les liens statiques franco-allemands, renvoyant effectivement \u00e0 la situation statique et politiquement d\u00e9licate de l&rsquo;Allemagne en cours de r\u00e9unification. Il s&rsquo;agissait autant d&rsquo;une symbolique, parall\u00e8le au d\u00e9veloppement de l&rsquo;Europe au niveau politique, impliquant qu&rsquo;on poursuivait un but d&rsquo;int\u00e9gration. Insistons sur ces aspects statique et symbolique, qui indiquent les limites de l&rsquo;exercice fondamentalement li\u00e9 \u00e0 la fortune de l&rsquo;int\u00e9gration politique europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre aspect concernait la situation de crise en Europe, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la guerre civile en Yougoslavie. Cette situation fit mesurer les limites de l&rsquo;engagement US en Europe, hors du cadre de contrainte de s\u00e9curit\u00e9 de la Guerre froide. Les Britanniques r\u00e9alis\u00e8rent fort bien cette nouvelle situation. Celui qui l&rsquo;exprima le plus clairement fut le secr\u00e9taire au Foreign Office du gouvernement Major, Douglas Hurd, qui, au printemps 1995, d\u00e9clara que la le\u00e7on des \u00e9v\u00e9nements des Balkans \u00e9tait que la prochaine crise de s\u00e9curit\u00e9 en Europe devrait \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e par les seuls Europ\u00e9ens, regroup\u00e9s et structur\u00e9s en une entit\u00e9 ind\u00e9pendante. Tony Blair, nouvel arrivant au 10 Downing Street en 1997, estima qu&rsquo;il pouvait conserver ses relations privil\u00e9gi\u00e9s avec les USA tout en d\u00e9veloppant une dimension europ\u00e9ennes in\u00e9dite, celle de la d\u00e9fense. L&rsquo;avantage se trouvait dans ce que le projet europ\u00e9aniserait l&rsquo;Angleterre sans la priver de ses liens avec les USA. Le partenaire absolument oblig\u00e9 \u00e9tait la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe fut la proposition de Saint-Malo de d\u00e9cembre 1998, qui stup\u00e9fia les Fran\u00e7ais par ses audaces de coop\u00e9ration (il leur fallut quelques mois pour surmonter leur m\u00e9fiance instinctive vis-\u00e0-vis des Britanniques). La p\u00e9riode fut interrompue par l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 et, ainsi, le potentiel de Saint-Malo ne fut jamais pouss\u00e9 \u00e0 son terme.<\/p>\n<h3>La crise du mod\u00e8le institutionnel<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait que 9\/11 et ce qui suivit furent pour les Britanniques une p\u00e9riode particuli\u00e8re. Tony Blair jeta tout le poids de son pays dans une alliance inconditionnelle avec les USA, sur la base de concepts n\u00e9o-imp\u00e9rialistes \u00e0 forte coloration d&rsquo;une sorte de mystique anglo-saxonne retrouvant certaines des exacerbations du temps de l&#8217;empire, et certainement d&rsquo;ob\u00e9dience churchillienne, du temps de la Charte de l&rsquo;Atlantique de 1941. On conna\u00eet bien toutes ces agitations aujourd&rsquo;hui; qu&rsquo;il suffise ici de constater que les \u00e9v\u00e9nements en ont rapidement fait justice. Il ne reste de l&rsquo;aventure que quelques pi\u00e8ges sanglants,  dont l&rsquo;Afghanistan est le plus pesant aujourd&rsquo;hui,  o\u00f9 les deux comp\u00e8res se d\u00e9battent en ordre dispers\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet \u00e9pisode modifia compl\u00e8tement la situation de la question de la d\u00e9fense europ\u00e9enne. Il y eut le constat <em>de facto<\/em> de la nouvelle indisponibilit\u00e9 britannique pour le domaine, du moins dans l&rsquo;humeur du temps de la d\u00e9claration de Saint-Malo. Le sch\u00e9ma abandonna la forme de coop\u00e9ration pouss\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;ententes entre nations pour une orientation \u00e0 finalit\u00e9 plus int\u00e9grationniste. En un sens, c&rsquo;\u00e9tait suivre la logique europ\u00e9enne de ces premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle, tourn\u00e9e vers la r\u00e9alisation d&rsquo;une Europe politique dans la logique de la cr\u00e9ation de l&rsquo;euro et en attendant l&rsquo;\u00e9largissement majeur vers l&rsquo;Est.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l\u00e0 aussi, et tout aussi rapidement, l&rsquo;aventure a tourn\u00e9 court malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une puissante bureaucratie militaire europ\u00e9enne (dans le cadre de la PESD, avec le Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral, l&rsquo;\u00e9tat-major europ\u00e9en, etc.). Cette bureaucratie ne pouvait donner des effets d\u00e9cisifs que dans la mesure o\u00f9 la situation politique le permettait. Or, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9largissement \u00e0 l&rsquo;Est r\u00e9alis\u00e9 qui rendait paradoxalement mais logiquement l&rsquo;int\u00e9gration plus probl\u00e9matique, le r\u00e9f\u00e9rendum fran\u00e7ais de mai 2005 sonna les premiers coups du glas de l&rsquo;Europe int\u00e9gr\u00e9e. Depuis, les revers n&rsquo;ont cess\u00e9 de s&rsquo;accumuler, malgr\u00e9 les manuvres diverses. La pr\u00e9sidence fran\u00e7aise, \u00e0 l&rsquo;ombre des deux crises successives (G\u00e9orgie et 9\/15), donna le coup de gr\u00e2ce au processus d&rsquo;int\u00e9gration en r\u00e9habilitant la puissance des nations au sein du processus europ\u00e9en.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe succ\u00e8s incontestable de la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise de juillet-d\u00e9cembre 2008 portait, au niveau de la d\u00e9fense, son double n\u00e9gatif et paradoxal, mais l\u00e0 aussi compr\u00e9hensible. Alors que les Fran\u00e7ais avaient fait de la d\u00e9fense europ\u00e9enne un de leurs chevaux de bataille, lequel leur permettait de justifier la r\u00e9int\u00e9gration formelle de l&rsquo;OTAN, le succ\u00e8s de leur pr\u00e9sidence, et donc l&rsquo;affirmation des nations, r\u00e9duisirent en lambeaux les perspectives du processus d&rsquo;int\u00e9gration par quoi aurait d\u00fb passer des progr\u00e8s d\u00e9cisifs en mati\u00e8re de d\u00e9fense.<\/p>\n<h3>L&rsquo;OTAN pavlovienne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette situation de crise europ\u00e9enne, qui a un c\u00f4t\u00e9 end\u00e9mique mais qui tend \u00e0 parvenir \u00e0 son terme, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 r\u00e9clamer une issue, en m\u00eame temps que la situation institutionnelle europ\u00e9enne engag\u00e9e dans un <em>no man&rsquo;s land<\/em> depuis mai 2005 r\u00e9clame elle aussi une issue, certains tourneraient leur regard vers l&rsquo;OTAN. R\u00e9flexe naturel, ou pavlovien si l&rsquo;on veut, mais aussi infond\u00e9 qu&rsquo;en d&rsquo;autres occasions, peut-\u00eatre plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme toujours lorsqu&rsquo;une institution est en crise, l&rsquo;OTAN est \u00e0 la recherche d&rsquo;un concept  strat\u00e9gique \u00e9videmment. Elle a nomm\u00e9 une \u00e9quipe d&rsquo;experts pour y travailler. C&rsquo;est l&rsquo;Am\u00e9ricaine Madeleine Albright qui la pr\u00e9side. L&rsquo;esprit en a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sentation de l&rsquo;\u00e9quipe, courant ao\u00fbt, alors que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN Rasmussen annon\u00e7ait qu&rsquo;il avait nomm\u00e9 cette \u00e9quipe, et notamment Madeleine Albright \u00e0 sa t\u00eate, et que Madeleine Albright indiquait \u00e0 son tour qu&rsquo;elle remerciait le pr\u00e9sident Barack Obama pour l&rsquo;avoir nomm\u00e9e \u00e0 la t\u00eate de cette \u00e9quipe. Albright s&rsquo;est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 adjoint une \u00e9quipe personnelle de conseillers US, si bien qu&rsquo;on se demande si ce n&rsquo;est pas cette \u00e9quipe-l\u00e0, et non l&rsquo;autre, l&rsquo;officielle, qui va d\u00e9velopper le concept.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRien n&rsquo;a chang\u00e9 \u00e0 l&rsquo;OTAN. La crise gronde et les causes m\u00eames de cette crise, qui se trouvent dans le d\u00e9s\u00e9quilibre de l&rsquo;omnipotence US avec les conceptions strat\u00e9giques indiff\u00e9rentes \u00e0 l&rsquo;Europe qui vont avec, sont convoqu\u00e9es pour la r\u00e9soudre sous la forme d&rsquo;un concept strat\u00e9gique qui a toutes les chances de reconduire les pr\u00e9c\u00e9dentes erreurs. On voit mal, on ne voit pas comment l&rsquo;OTAN pourrait rompre son orientation actuelle, qui est la recette pour son affaiblissement et son inefficacit\u00e9, qui consiste \u00e0 s&rsquo;\u00e9vader du champ europ\u00e9en qu&rsquo;elle a pour mission initiale de prot\u00e9ger. M\u00eame les relations avec la Russie ne sont per\u00e7ues aujourd&rsquo;hui, dans cette logique, qu&rsquo;avec la plus courte vue des int\u00e9r\u00eats US, eux-m\u00eames engag\u00e9s dans une course catastrophique; c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elles sont per\u00e7ues d&rsquo;abord en fonction du r\u00f4le que la Russie peut jouer dans l&rsquo;affaire afghane.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;OTAN, avec sa propre crise, ne peut servir de substitut \u00e0 la crise de la d\u00e9fense europ\u00e9enne qui accompagne la crise institutionnelle europ\u00e9enne. La perspective d&rsquo;une orientation institutionnelle est de moins en moins plausible. C&rsquo;est dans cette perspective que le cas britannique est int\u00e9ressant \u00e0 envisager.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\t<strong>NB  A suivre dans un second article, suite et fin: le cas britannique<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une d\u00e9fense en Europe (I) In illo tempore, dans les ann\u00e9es 1970 ou les ann\u00e9es 1980, il y eut de grands d\u00e9bats entre les tenants de l&rsquo;Europe de la d\u00e9fense et les tenants de la d\u00e9fense europ\u00e9enne, l&rsquo;une et l&rsquo;autre posant \u00e0 une plus grande coop\u00e9ration pr\u00e9tendant parfois \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration, \u00e0 tour de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[354,370,705,3435,2631,3019,398,3079,4807,3085,2622,584,4590],"class_list":["post-71077","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-354","tag-370","tag-blair","tag-cooperation","tag-de","tag-defense","tag-europe","tag-europeenne","tag-integration","tag-kosovo","tag-la","tag-otan","tag-sarkozy"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71077"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71077\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}