{"id":71106,"date":"2009-09-25T08:46:25","date_gmt":"2009-09-25T08:46:25","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/09\/25\/le-president-et-quelques-generaux\/"},"modified":"2009-09-25T08:46:25","modified_gmt":"2009-09-25T08:46:25","slug":"le-president-et-quelques-generaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/09\/25\/le-president-et-quelques-generaux\/","title":{"rendered":"Le pr\u00e9sident et quelques g\u00e9n\u00e9raux"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Le pr\u00e9sident et quelques g\u00e9n\u00e9raux<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>25 septembre 2009 &mdash; Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/story\/2009\/09\/20\/ST2009092003140.html\">21 septembre 2009<\/a>, le Washington <em>Post<\/em> publie un texte de son reporteur-vedette, Bob Woodward, qui divulgue le rapport que le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal, chef des forces US et de l&rsquo;OTAN en Afghanistan, a envoy\u00e9 le 30 ao&ucirc;t dernier \u00e0 ses chefs civils &ndash; son ministre Robert Gates et son commandant-en-chef, le pr\u00e9sident Obama. Le rapport est tout de m\u00eame un peu explosif, tel que le r\u00e9sume le titre que Woodward a minutieusement pes\u00e9: &laquo;<em>McChrystal: More Forces or \u00ab\u00a0Mission Failure\u00a0\u00bb &ndash; Top U.S. Commander For Afghan War Calls Next 12 Months Decisive.<\/em>&raquo; D\u00e9tail (?): McChrystal veut 40.000 hommes de plus en Afghanistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(L&rsquo;affaire faite, le Washington <em>Post<\/em> a pris bien garde \u00e0 publier un article, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2009\/09\/22\/AR2009092203341_pf.html\">22 septembre 2009<\/a>, commentant le processus qui a conduit \u00e0 la publication du rapport McChrystal, obtenu par Woodward par un processus dit \u00ab\u00a0de fuites\u00a0\u00bb. L&rsquo;article est \u00e0 la gloire de Woodward, du <em>Post<\/em>, du Pentagone, de la libert\u00e9 de la presse et du patriotisme, et de la collaboration g\u00e9n\u00e9rale entre toutes ces belles choses, chacun ayant agi en toute libert\u00e9 mais en concertation pour que le rapport soit publi\u00e9 une fois que Woodward ait eu mis une main inspir\u00e9e dessus, sans que cette publication ne cause de tort aux forces US et h\u00e9ro\u00efques qui se battent pour la libert\u00e9 en Afghanistan&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>To Bob Woodward, it was the modern-day equivalent of the Pentagon Papers. But to Obama administration officials, the classified assessment of the deteriorating situation in Afghanistan, if disclosed by The Washington Post, represented a potential threat to the safety of U.S. troops. The result was that The Post agreed to a one-day delay in publicizing the report by Gen. Stanley A. McChrystal, the top U.S. and NATO commander in Afghanistan, and that the paper&rsquo;s top editor engaged in a lengthy discussion Sunday with three top Defense Department officials in a meeting at the Pentagon. The Post published the report, which Woodward had obtained, on Monday&hellip;<\/em>&raquo;)<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Le New York <em>Times<\/em>, qui a rat\u00e9 le rapport McChhrystall, parce que, notamment et principalement, il n&rsquo;a pas Woodward attach\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9daction, publie un article, le lendemain <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2009\/09\/22\/world\/asia\/22strategy.html?_r=1&#038;ref=world\">22 septembre 2009<\/a>. Il observe d&rsquo;une fa\u00e7on appuy\u00e9e:<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>But even as the president expresses skepticism about sending more American troops to Afghanistan until he has settled on the right strategy, he is also grappling with a stark reality: it will be very hard to say no to General McChrystal. Mr. Obama has called Afghanistan a \u00ab\u00a0war of necessity,\u00a0\u00bb and in the most basic terms he has the same goal as President George W. Bush did after the Sept. 11 attacks, to prevent another major terrorist assault.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Comment interpr\u00e9ter ces remarques? Comme ceci, par exemple: le pr\u00e9sident Obama connaissant les conditions de la guerre en Afghanistan et les conditions pour l&#8217;emporter selon \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb g\u00e9n\u00e9ral en Afghanistan, et l&rsquo;<em>establishment<\/em> connaissant \u00e9galement tout cela, comment le m\u00eame Obama refuserait-il ce qu&rsquo;on lui demande comme condition de la victoire? Cela \u00e9tant pos\u00e9, McChrystal prend les pr\u00e9cautions d&rsquo;usage, \u00e9galement par l&rsquo;interm\u00e9diaire du New York <em>Times<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>McChrystal d\u00e9clare donc, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2009\/09\/24\/world\/asia\/24general.html?_r=1&#038;hpw\">24 septembre 2009<\/a>, dans le m\u00eame New York <em>Times<\/em>, qu&rsquo;il n&rsquo;a nullement \u00e9mis la menace d&rsquo;une d\u00e9mission si sa demande n&rsquo;\u00e9tait pas rencontr\u00e9e, comme le bruit en a couru avec une certaine insistance. Pas de chantage \u00e0 la d\u00e9mission, pas de pression incongrue sur le pr\u00e9sident, nous sommes entre gens civilis\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>General McChrystal said he agreed to speak to The New York Times on Wednesday after he became increasingly concerned about reports of rifts between the military and the civilian leadership, and about rumors he was considering resigning if his assessment was not accepted.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The general denied that he had discussed &mdash; or even considered &mdash; resigning his command, as had been whispered about at the Pentagon, saying that he was committed to carrying out whatever mission Mr. Obama approved. \u00ab\u00a0I believe success is achievable,\u00a0\u00bb he said. \u00ab\u00a0I can tell you unequivocally that I have not considered resigning at all.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Tout le reste de l&rsquo;interview est une sorte de bouillie pour les chats, pour montrer les meilleures dispositions que le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal tient manifester au chef de l&rsquo;ex\u00e9cutif (son commandant en chef), \u00e0 tous les conseillers de ce chef de l&rsquo;ex\u00e9cutif, au Congr\u00e8s (qui s&rsquo;inqui\u00e8te des conditions des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles en Afghanistan et de ce qui va en r\u00e9sulter du point de vue de la situation politique dans ce pays). McChrystal est pr\u00eat \u00e0 examiner toutes les suggestions, comprise celle d&rsquo;un Joe Biden qui pense qu&rsquo;on peut faire \u00ab\u00a0le boulot\u00a0\u00bb en Afghanistan en retirant des troupes plut\u00f4t qu&rsquo;en en rajoutant, et en se contenant d&rsquo;op\u00e9rer avec des <em>drones<\/em> qui attaqueraient les talibans qui se croiraient ainsi en toute s\u00e9curit\u00e9. Il nous pr\u00e9cise m\u00eame, McChrystal, qu&rsquo;il s&rsquo;attend \u00e0 parler directement au pr\u00e9sident, ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas fait jusqu&rsquo;ici&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>General McChrystal,<\/em> [&hellip;] <em>said that he had not spoken directly to Mr. Obama since he submitted his assessment, but that he expected he would after the president and his advisers had time to digest it.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Notons encore, car ce n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent, que le g\u00e9n\u00e9ral Petraeus, qui est le sup\u00e9rieur direct de McChrystal (chef du Central Command), et l&rsquo;amiral Mullen, qui est le pr\u00e9sident du Joint Chiefs of Staff, soutiennent le rapport. (On ajoute, ce qui n&rsquo;est pas sans int\u00e9r\u00eat non plus, que le soutien de Mullen a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 par Petraeus, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9 directement, jusqu&rsquo;ici, par le pr\u00e9sident du JCS.):<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Separately, at a conference in Washington, Gen. David H. Petraeus, commander of American forces in the Middle East, said that both he and Adm. Mike Mullen, chairman of the Joint Chiefs of Staff, had endorsed General McChrystal&rsquo;s broad assessment of the situation in Afghanistan.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><p>Enfin, il y a l&rsquo;article de Tom Engelhardt, sur son site <em>TomDispatch.com<\/em>, ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/175118\/a_military_that_wants_its_way\">24 septembre 2009<\/a>, qui nous confirme qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de la premi\u00e8re intrigue militaro-civile \u00e0 laquelle le pr\u00e9sident des USA nouvellement \u00e9lu se trouve confront\u00e9. Elle concerne moins la situation en Afghanistan que la situation politique \u00e0 Washington, m\u00eame si elle passe n\u00e9cessairement par le d\u00e9bat sur la situation en Afghanistan. Pour Engelhardt, il s&rsquo;agit d&rsquo;une tentative de pression maximale des militaires, et surtout d&rsquo;une cabale de certains militaires, avec McChrystal et, derri\u00e8re lui, Petraeus, tirant les ficelles. Engelhardt voit en Petraeus une sorte de MacArthur, celui de la guerre de Cor\u00e9e, mais en plus habile politiquement. Il s&rsquo;agit d&rsquo;enfermer Obama, qui est de plus en plus r\u00e9ticent \u00e0 un engagement maximal en Afghanistan, dans la responsabilit\u00e9 de n&rsquo;avoir pas soutenu les demandes de ses chefs militaires, ou pas assez bien, et de porter la responsabilit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9chec; ou de l&rsquo;obliger \u00e0 les suivre contre son gr\u00e9, vers ce que ces chefs militaires jugent une victoire probable dont ils retireraient tous les lauriers &ndash; pour prendre date pour plus tard.<\/p>\n<\/p>\n<blockquote class=\"normal\" style=\"font-size:1.05em\">\n<p><p>&laquo;<em>Now, it looks as if we are about to have a civilian-military encounter of the first order in which Obama will indeed need to take responsibility for difficult actions (or the lack thereof). If a genuine clash heats up, expect more discussion of \u00ab\u00a0MacArthur moments,\u00a0\u00bb but this will not be Truman versus MacArthur redux, and not just because Petraeus seems to be a subtler political player than MacArthur ever was.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Over the nearly six decades that separate us from Truman&rsquo;s great moment, the Pentagon has become a far more overwhelming institution. In Afghanistan, as in Washington, it has swallowed up much of what once was intelligence, as it is swallowing up much of what once was diplomacy. It is linked to one of the two businesses, the Pentagon-subsidized weapons industry, which has proven an American success story even in the worst of economic times (the other remains Hollywood). It now holds a far different position in a society that seems to feed on war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>It&rsquo;s one thing for the leaders of a country to say that war should be left to the generals when suddenly embroiled in conflict, quite another when that country is eternally in a state of war. In such a case, if you turn crucial war decisions over to the military, you functionally turn foreign policy over to them as well. All of this is made more complicated, because the cast of \u00ab\u00a0civilians\u00a0\u00bb theoretically pitted against the military right now includes Karl W. Eikenberry, a retired lieutenant general who is the U.S. ambassador to Afghanistan, Douglas Lute, a lieutenant general who is the president&rsquo;s special advisor on Afghanistan and Pakistan (dubbed the \u00ab\u00a0war czar\u00a0\u00bb when he held the same position in the Bush administration), and James Jones, a retired Marine Corps general, who is national security advisor, not to speak of Secretary of Defense Robert Gates, a former director of the Central Intelligence Agency.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The question is: will an already heavily militarized foreign policy geared to endless global war be surrendered to the generals? Depending on what Obama does, the answer to that question may not be fully, or even largely, clarified this time around. He may quietly give way, or they may, or compromises may be reached behind the scenes. After all, careers and political futures are at stake.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>But consider us warned. This is a question that is not likely to go away and that may determine what this country becomes. We know what a MacArthur moment was; we may find out soon enough what a Petraeus moment is.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Pi\u00e8ges et hypoth\u00e8ses<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Obama devient de plus en plus press\u00e9 de toutes parts. A c\u00f4t\u00e9 des pressions int\u00e9rieures dues au malaise g\u00e9n\u00e9ral qui s&rsquo;exprime pour l&rsquo;instant sur la question des soins de sant\u00e9, l&rsquo;Afghanistan, devenu un probl\u00e8me \u00e0 cause de l&rsquo;opinion publique (hostile \u00e0 la guerre) et de l&rsquo;<em>establishment<\/em> (divis\u00e9 sur la guerre), s&rsquo;oriente vers le point de fusion d&rsquo;un affrontement entre les chefs militaires, essentiellement Petraeus-McChrystal, et le pouvoir civil. D&rsquo;autres acteurs ont un jeu trouble dans cette mont\u00e9e de la tension.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Woodward, l&rsquo;homme qui a sorti le <em>scoop<\/em> du rapport McChrystal, n&rsquo;est pas le moindre de ceux-l\u00e0. Woodward est l&rsquo;arch\u00e9type du vrai-faux h\u00e9ros journaliste de la <em>narrative<\/em> am\u00e9ricaniste, \u00e0 l&rsquo;audition de laquelle nos intellectuels germanopratins b\u00e9ent d&rsquo;admiration, avec le Premier Amendement en bandouli\u00e8re. Le h\u00e9ros du Watergate, qui a re\u00e7u tous les lauriers et s&rsquo;est b\u00e2ti une fortune sur cette gloire, \u00e0 la diff\u00e9rence de son comp\u00e8re Bernstein qui eut la peau de Nixon avec lui, Woodward, donc, est un ancien agent du renseignement naval, proche du chef d&rsquo;\u00e9tat-major de la Navy devenu pr\u00e9sident du Joint Chiefs of Staff (JCS) d&rsquo;alors (l&rsquo;amiral Moorer en 1970-74), avant d&rsquo;entrer au <em>Post<\/em> et de se retrouver avec l&rsquo;affaire du Watergate. L&rsquo;\u00e9limination de Nixon, \u00e0 partir d&rsquo;informations obtenues plus par des complicit\u00e9s suscit\u00e9es directement et indirectement par le JCS que par des vertus journalistiques et progressistes, tombait \u00e0 pic pour les militaires qui craignaient de fortes r\u00e9ductions du budget du Pentagone et un arrangement avec l&rsquo;URSS. (Voir notamment <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.silentcoup.com\/\">le livre<\/a> <em>The Silent Coup<\/em>, de 1992, de Len Colodny et Robert Gettlin, sur cet aspect du Watergate, et sur la carri\u00e8re de Woodward \u00e0 la gloire du journalisme le plus libre du monde.) Bref, Woodward a toujours copin\u00e9 avec les militaires; il a poursuivi durant les ann\u00e9es Bush, avec un acc\u00e8s id\u00e9al au pr\u00e9sident pour pouvoir publier quelques <em>best-seller<\/em> qui ont arrondi sa fortune; il semble qu&rsquo;il continue aujourd&rsquo;hui parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune raison d&rsquo;abandonner les bonnes choses&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Petraeus a des ambitions politiques. Il se verrait bien en Eisenhower postmoderne en 2012, ou en MacArthur qui aurait r\u00e9ussi son coup (candidat du parti r\u00e9publicain en 1952, \u00e0 la place d&rsquo;Eisenhower). Il importe plus de voir les perspectives de cette situation de cette fa\u00e7on, qui est la fa\u00e7on institutionnelle de r\u00e9gler ses comptes et d&rsquo;avancer ses int\u00e9r\u00eats \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me, que d&rsquo;imaginer des complots et coups d&rsquo;Etat militaires qui sont \u00e9trangers aux pratiques de la chose. Tout se passe, disons, \u00e0 demi-ciel ouvert, pourvu que les formes d&rsquo;apparence soient respect\u00e9es. Il est vrai que les militaires de la cabale Petraeus-McChrystal tiennent Obama avec l&rsquo;engagement du pr\u00e9sident, depuis sa campagne \u00e9lectorale, de conduire la guerre en Afghanistan \u00e0 son terme victorieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Obama et son \u00e9quipe sont de plus en effar\u00e9s et catastroph\u00e9s par les perspectives de la guerre, et, parall\u00e8lement, par le maximalisme de Petraeus-McChrystal r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par le rapport publi\u00e9 par le <em>Post<\/em>. McChrystal a tenu \u00e0 adoucir l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;abord donn\u00e9e selon laquelle il faudrait imp\u00e9rativement 40.000 hommes de plus, pr\u00e9f\u00e9rant parle du choix qui est laiss\u00e9 au pr\u00e9sident quant au nombre d\u00e9finitif. Sa tactique m\u00e9diatique, publique &ndash; ou dira-t-on que c&rsquo;est la tactique de Petraeus? &ndash; est effectivement plus habile que celle de MacArthur, <em>in illo tempore<\/em>. Petraeus-McChrystal \u00e9vitent de jouer au Vice-Roi, comme faisait MacArthur, qui d\u00e9fiait ouvertement le pr\u00e9sident, parfois de fa\u00e7on publiquement humiliante pour son commandant en chef. La diff\u00e9rence, alors, est que MacArthur s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 dos toute la hi\u00e9rarchie du Pentagone, y compris le Joint Chiefs of Staff, qui soutint Truman et m\u00eame l&rsquo;encouragea \u00e0 le mettre \u00e0 pied. Petraeus est effectivement plus habile. Il soutient une cause strat\u00e9gique (la victoire en Afghanistan) que le JCS, notamment Mullen, semble avoir embrass\u00e9e; il suffit alors de faire de la cause strat\u00e9gique un tremplin politique selon les normes du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est un affrontement assez classique, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des bornes du syst\u00e8me, entre des int\u00e9r\u00eats diff\u00e9rents, avec un pr\u00e9sident d\u00e9j\u00e0 affaibli, qui ne cesse de d\u00e9couvrir la profondeur du pi\u00e8ge afghan. Car, bien entendu, si m\u00eame Obama c\u00e8de compl\u00e8tement \u00e0 McChrystal (40.000 hommes de plus), on est tr\u00e8s loin d&rsquo;avoir la garantie de la victoire \u00ab\u00a0dans les 18 mois\u00a0\u00bb &ndash; qui est le d\u00e9lai en g\u00e9n\u00e9ral avanc\u00e9 par Robert Gates. A propos de Gates, personne ne sait exactement quelle est sa position, comme en toutes choses; une source de l&rsquo;OTAN, qui a suivi depuis deux ans les d\u00e9lib\u00e9rations autour de l&rsquo;Afghanistan, observe ce qu&rsquo;elle nomme \u00ab\u00a0le g\u00e9nie\u00a0\u00bb de Gates &laquo;<em>pour dissimuler sa v\u00e9ritable position et pour retourner sa veste sans para&icirc;tre bouger d&rsquo;un millim\u00e8tre<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;Afghanistan est donc devenu un sujet de discorde majeur de plus \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la direction washingtonienne, et un n&oelig;ud gordien de plus face \u00e0 la coalition Petraeus-McChrystal et ceux qui, \u00e0 Washington, la soutiennent pour avoir la peau d&rsquo;Obama. Le pr\u00e9sident US ne cesse de s&rsquo;enfoncer dans un marais paralysant, avec son go&ucirc;t et son habilet\u00e9 pour le compromis qui, en ces circonstances extr\u00eames qui rel\u00e8vent d&rsquo;une structure crisique de plus en plus active, l&rsquo;enferment effectivement dans une paralysie d\u00e9vastatrice. Chaque crise se d\u00e9veloppe, aucune ne se r\u00e9sout, toutes sont l&rsquo;occasion pour une opposition \u00e0 la fois f\u00e9roce et h\u00e9t\u00e9roclite de le contraindre de plus en plus \u00e0 la d\u00e9fensive. Pour l&rsquo;Afghanistan comme pour le reste, BHO est enferm\u00e9 dans l&rsquo;alternative de la paralysie (suivre Petraeus-McChrystal) qui implique la mort pr\u00e9matur\u00e9e de sa pr\u00e9sidence et l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;un second mandat, ou d&rsquo;une r\u00e9volte de lui-m\u00eame qui serait une sorte de <em>pronunciamento<\/em> contre les pressions du syst\u00e8me. Jusqu&rsquo;ici, Obama n&rsquo;a gu\u00e8re montr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait adepte de cette tactique de rupture (le second terme de l&rsquo;alternative). La situation pourrait pourtant l&rsquo;y contraindre; ce serait faire de l\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<em>American<\/em> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-american_gorbatchev_29_10_2008.html\">Gorbatchev<\/a>\u00a0\u00bb au rabais, dans les pires conditions possibles, qui lui auraient \u00e9t\u00e9 objectivement impos\u00e9es par ses adversaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour \u00eatre complet, il faut ajouter que ces jeux byzantins ne cessent de d\u00e9grader, l\u00e0 encore d&rsquo;une mani\u00e8re objective, la situation et la puissance du syst\u00e8me. Cela conduit \u00e0 observer qu&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 des hypoth\u00e8ses sur l&rsquo;issue des affrontements en cours, ou au-dessus, p\u00e8se l&rsquo;hypoth\u00e8que centrale d&rsquo;une d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e proche de l&rsquo;effondrement, \u00e0 Washington m\u00eame, qui serait impos\u00e9e par la dynamique des \u00e9v\u00e9nements, et par l&rsquo;une ou l&rsquo;autre circonstance incontr\u00f4l\u00e9e et impr\u00e9vue, qui r\u00e9glerait par le haut le destin de ces querelles de bas-empire.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pr\u00e9sident et quelques g\u00e9n\u00e9raux 25 septembre 2009 &mdash; Le 21 septembre 2009, le Washington Post publie un texte de son reporteur-vedette, Bob Woodward, qui divulgue le rapport que le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal, chef des forces US et de l&rsquo;OTAN en Afghanistan, a envoy\u00e9 le 30 ao&ucirc;t dernier \u00e0 ses chefs civils &ndash; son ministre Robert&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3236,2625,1381,7887,8321,1406,6264,8700,2624,2626,4847],"class_list":["post-71106","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-afghanistan","tag-coup","tag-engelhardt","tag-macarthur","tag-mcchrystal","tag-nixon","tag-petraeus","tag-pronunciamento","tag-silent","tag-watergate","tag-woodward"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71106"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71106\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}