{"id":71121,"date":"2009-09-30T09:26:31","date_gmt":"2009-09-30T09:26:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/09\/30\/bho-face-a-lafghanistan\/"},"modified":"2009-09-30T09:26:31","modified_gmt":"2009-09-30T09:26:31","slug":"bho-face-a-lafghanistan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/09\/30\/bho-face-a-lafghanistan\/","title":{"rendered":"BHO face \u00e0 l&rsquo;Afghanistan"},"content":{"rendered":"<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s explicit\u00e9e officiellement, on sait que le pr\u00e9sident Obama est engag\u00e9 dans un processus fondamental d&rsquo;examen et de d\u00e9termination de sa strat\u00e9gie en Afghanistan. Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois qu&rsquo;une telle d\u00e9marche est annonc\u00e9e. Cette fois, elle se place directement en fonction de la demande pressante qui a \u00e9t\u00e9 faite par le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal, commandant US et OTAN en Afghanistan, d&rsquo;un renforcement consid\u00e9rable des forces combattantes (US) dans le pays. Il s&rsquo;agit du chiffres de 40.000 hommes avec lequel BHO ne semble gu\u00e8re \u00eatre \u00e0 l&rsquo;aise, non plus qu&rsquo;avec certains de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_president_et_quelques_generaux_25_09_2009.html\" class=\"gen\">ses g\u00e9n\u00e9raux<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObama est confront\u00e9 d&rsquo;autre part \u00e0 une hostilit\u00e9 grandissante \u00e0 la guerre, aussi bien dans l&rsquo;opinion publique que de la part de son propre parti, le parti d\u00e9mocrate. Cette hostilit\u00e9 est aliment\u00e9e par des nouvelles en g\u00e9n\u00e9ral assez mauvaises, venues des combats en Afghanistan, aussi bien que par la perception \u00e9galement hostile de la r\u00e9\u00e9lection du pr\u00e9sident Karza\u00ef. Sur ce point, pourtant, il semble bien que l&rsquo;accord se soit fait entre alli\u00e9s pour ne pas tenter de contester cette r\u00e9\u00e9lection, ou de faire pression sur Karza\u00ef dans ce domaine. L&rsquo;id\u00e9e est simplement qu&rsquo;on a bien assez de difficult\u00e9s en cours, pour rajouter celle d&rsquo;un conflit avec la soi-disant marionnette.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Independent<\/em> rapporte, ce <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/asia\/crucial-talks-begin-on-us-strategy-in-afghanistan-1795157.html\" class=\"gen\">30 septembre 2009<\/a>, les conditions de cette r\u00e9appr\u00e9ciation strat\u00e9gique de la situation en Afghanistan, qui prendrait plusieurs semaines. Il y a eu une r\u00e9union strat\u00e9gique hier au sein de l&rsquo;administration Obama sur ce sujet, ainsi que la premi\u00e8re rencontre du pr\u00e9sident US avec le nouveau secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN Rasmussen.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Barack Obama has begun a series of meetings with his top national security team on a pivotal re-assessment of US strategy in Afghanistan. He essentially faces a choice between scaling back the increasingly unpopular war or agreeing a request by his top commander in the country to send up to 40,000 more American troops into the eight-year conflict.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Yesterday&rsquo;s meeting was only a start and no final decision is likely for several weeks. General Stanley McChrystal, the commander of US and Nato forces in Afghanistan, is believed to be seeking a force increase of between 30,000 and 40,000 men, but that request has not been formally handed to the President.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This isn&rsquo;t going to be finished in one meeting, it&rsquo;s not going to be finished in several meetings, said Robert Gibbs, the White House spokesman. Anders Fogh Rasmussen, the Nato secretary general, made the same point after talks with Mr Obama yesterday. Overall strategy was the most important element, Mr Rasmussen said; the first thing is not numbers.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t S&rsquo;il est difficile d&rsquo;affirmer que cette s\u00e9rie d&rsquo;entretiens sur la strat\u00e9gie en Afghanistan est d\u00e9cisive en elle-m\u00eame et va aboutir \u00e0 un choix \u00e9galement d\u00e9cisif, on peut observer qu&rsquo;on approche effectivement d&rsquo;une n\u00e9cessit\u00e9 dans ce sens, notamment en raison des \u00e9v\u00e9nements du conflit en Afghanistan m\u00eame. Cette s\u00e9rie de r\u00e9unions va elle-m\u00eame renforcer le sentiment de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9volution d\u00e9cisive, \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9pisode du rapport McChrystal a bien entendu \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois r\u00e9v\u00e9lateur d&rsquo;une situation et un r\u00e9v\u00e9lateur pour Obama des conditions de cette situation \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de son syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 nationale, et \u00e9ventuellement  c&rsquo;est tout l&rsquo;enjeu de ces r\u00e9unions  pour la suite en Afghanistan. La nomination de McChrystal, \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-vraiment_est-ce_le_bon_choix__16_05_2009.html\" class=\"gen\">la mi-mai<\/a> n&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 supervis\u00e9e que de tr\u00e8s loin par Obama, tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9 par les questions int\u00e9rieures. Obama n&rsquo;aurait rencontr\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;une fois, d&rsquo;une fa\u00e7on formelle, c\u00e9r\u00e9moniale, qui n&rsquo;a certainement pas permis au pr\u00e9sident de le conna\u00eetre et de sonder ses intentions. Cette inattention d&rsquo;Obama, m\u00eame si elle fut forc\u00e9e par les circonstances, est un facteur non n\u00e9gligeable dans l&rsquo;aggravation de la situation du d\u00e9bat sur l&rsquo;Afghanistan au sein de l&rsquo;ex\u00e9cutif, et d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Washington. On voit ici l&rsquo;interaction destructrice des crises, puisque, dans ce cas, les crises int\u00e9rieures interf\u00e8rent sur l&rsquo;\u00e9volution de la perception de la crise afghane chez Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn fait, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;occasion du rapport McChrystal de la fin ao\u00fbt demandant les renforts et des conditions pol\u00e9miques qui ont entour\u00e9 la fuite du rapport vers Bob Woodward et le Washington <em>Post<\/em> qu&rsquo;Obama a v\u00e9ritablement pris contact avec McChrystal. Ces conditions ne sont pas id\u00e9ales, tant s&rsquo;en faut. La fuite fait croire \u00e0 Obama, avec bien des arguments, que McChrystal veut lui forcer la main, pour un chiffre de troupes suppl\u00e9mentaires qu&rsquo;Obama juge consid\u00e9rable, m\u00eame si McChrystal se d\u00e9fend de telles manuvres. Il n&rsquo;est pas assur\u00e9 que d&rsquo;autres chefs militaires dans lesquels Obama a plus confiance, comme l&rsquo;amiral Mullen, d\u00e9mentent sa m\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;encontre de McChrystal. <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_bho_et_ses_generaux_et_ses_amiraux_29_09_2009.html\" class=\"gen\">On sait<\/a> que les rapports entre g\u00e9n\u00e9raux et amiraux, notamment sur l&rsquo;Afghanistan, ne sont pas idylliques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a bien une sorte de mont\u00e9e aux extr\u00eames, des militaires du clan Petraeus-McChrystal certes avec le rapport de McChrystal, mais du c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Obama \u00e9galement, qui semble percevoir ou croire que les militaires, dans tous les cas Petraeus-McChrystal, veulent le pousser \u00e0 un engagement massif. Ce climat augure assez mal des conversations strat\u00e9giques qui s&rsquo;ouvrent, v\u00e9ritablement dans un climat de crise interne du syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 nationale US. Il y a donc cette crise interne s&rsquo;ajoutant \u00e0 la crise de la strat\u00e9gie  s&rsquo;il y a une strat\u00e9gie  de la guerre en Afghanistan. Cela signifie que l&rsquo;issue de ces d\u00e9lib\u00e9rations est loin d&rsquo;\u00eatre assur\u00e9e, qu&rsquo;elle l&rsquo;est m\u00eame de moins en moins. Il y a deux mois d&rsquo;ici encore, on pouvait \u00eatre assur\u00e9 qu&rsquo;Obama \u00e9tait tout acquis \u00e0 une strat\u00e9gie d&rsquo;engagement agressive, sinon massive (mais certainement pas jusqu&rsquo;\u00e0 envisager 40.000 hommes de plus). Aujourd&rsquo;hui, cela est beaucoup moins assur\u00e9, et les divers \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;on a mentionn\u00e9s ont install\u00e9 un doute fondamental chez Obama. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un doute conjoncturel, sur les intentions \u00e9ventuelles de certains acteurs, qui nourrit d\u00e9sormais un doute structurel, sur la viabilit\u00e9 de la guerre, sur la possibilit\u00e9, non seulement de la gagner, mais m\u00eame de la poursuivre. L&rsquo;observation de <em>The Independent<\/em> est donc \u00e0 prendre au-del\u00e0 du sens que lui donne le journal, mais bien dans un sens beaucoup plus radical qu&rsquo;on pourrait croire, surtout pour l&rsquo;option de la r\u00e9duction de l&rsquo;engagement face \u00e0 l&rsquo;option de l&rsquo;augmentation massive: Obama \u00ab<em>essentially faces a choice between scaling back the increasingly unpopular war or agreeing a request by his top commander in the country to send up to 40,000 more American troops into the eight-year conflict.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe pr\u00e9c\u00e9dent du BMDE a montr\u00e9 qu&rsquo;Obama, malgr\u00e9 son caract\u00e8re extr\u00eamement mesur\u00e9, son go\u00fbt du compromis, etc., pouvait tout de m\u00eame \u00eatre conduit \u00e0 une d\u00e9cision qui est proche d&rsquo;une d\u00e9cision de rupture (dans ce cas, rupture avec la politique agressive contre la Russie, ce qui est bien l&rsquo;interpr\u00e9tation essentielle de la d\u00e9cision). Mais le cas \u00e9tait plus facile, dans la mesure o\u00f9 une d\u00e9cision compl\u00e9mentaire de charger l&rsquo;U.S. Navy de ce syst\u00e8me BMDE dissimule l&rsquo;aspect de rupture (m\u00eame si cette dissimulation est, \u00e0 notre sens, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_abandon_du_bmde_et_la_militarisation_de_la_politique_us_21_09_2009.html\" class=\"gen\">une erreur<\/a> pour la force de la politique ainsi d\u00e9cid\u00e9e). Le cas afghan est diff\u00e9rent parce que les options sont plus tranch\u00e9es, et qu&rsquo;il y a une situation de guerre en pleine \u00e9volution, parce qu&rsquo;il y a des alli\u00e9s sur le terrain \u00e9galement. Il est difficile de trouver une option qui parvienne, par sa coh\u00e9rence et sa puissance, \u00e0 dissimuler ce qui serait une d\u00e9cision de rupture si Obama, allant contre McChrystal, d\u00e9cidait effectivement de rompre avec la politique d&rsquo;engagement suivie jusqu&rsquo;ici, et qui constitue le fondement de sa strat\u00e9gie initiale en Afghanistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl appara\u00eet assez probable que, depuis deux ou trois moins, Obama a entrepris le chemin d&rsquo;une r\u00e9vision d\u00e9chirante sur l&rsquo;Afghanistan, d&rsquo;ailleurs avec l&rsquo;aide de certains de ses conseillers qui vont dans ce sens (le vice-pr\u00e9sident Biden et, surtout, le directeur du NSC James Jones). Il est d\u00e9sormais possible que le pr\u00e9sident US soit conduit effectivement \u00e0 une d\u00e9cision de rupture, \u00e0 un renversement de son intention strat\u00e9gique qui substituerait une logique de d\u00e9sengagement \u00e0 sa logique d&rsquo;engagement initiale. Si cela \u00e9tait le cas, il est \u00e9vident, selon ce qu&rsquo;on sait de son caract\u00e8re, qu&rsquo;il voudrait le faire en m\u00e9nageant le plus possible tous les groupes de pression en cause, en camouflant cette d\u00e9cision sous un faux semblant, ou bien avec des demi-mesures, voire de l&rsquo;attentisme. Cette voie, qui est celle du BMDE, para\u00eet extr\u00eamement complexe, comme on l&rsquo;a dit, voire impossible pour l&rsquo;Afghanistan, dans ce cas aussi bien sur le plan politique washingtonien qu&rsquo;en Afghanistan m\u00eame. Il y a donc un enjeu capital qui s&rsquo;installe avec ce d\u00e9bat sur l&rsquo;orientation strat\u00e9gique en Afghanistan, parce que cette fois les termes de l&rsquo;alternative sont proches des extr\u00eames, entre l&rsquo;engagement dans le pi\u00e8ge afghan et la rupture avec le pi\u00e8ge afghan, et toutes les pr\u00e9cautions prises pour camoufler l&rsquo;une ou l&rsquo;autre option extr\u00eame ne suffiraient sans doute pas \u00e0 dissimuler qu&rsquo;effectivement une option extr\u00eame a \u00e9t\u00e9 choisie. D&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, dans un sens ou l&rsquo;autre (engagement renforc\u00e9 ou rupture vers le d\u00e9sengagement), l&rsquo;Afghanistan a tout pour susciter une crise majeure \u00e0 Washington. La question de la rupture d&rsquo;Obama avec la politique d&rsquo;engagement en Afghanistan dissimule, \u00e0 la diff\u00e9rence du cas du BMDE, une autre question beaucoup plus grave: la question de la rupture d&rsquo;Obama avec sa propre politique privil\u00e9gi\u00e9e jusqu&rsquo;ici du gradualisme et de la dissimulation d&rsquo;actes de changement sous l&rsquo;apparence du compromis. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 30 septembre 2009 \u00e0 09H45<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s explicit\u00e9e officiellement, on sait que le pr\u00e9sident Obama est engag\u00e9 dans un processus fondamental d&rsquo;examen et de d\u00e9termination de sa strat\u00e9gie en Afghanistan. Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois qu&rsquo;une telle d\u00e9marche est annonc\u00e9e. 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