{"id":71136,"date":"2009-10-05T05:34:21","date_gmt":"2009-10-05T05:34:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/05\/hamlet-devant-lafghanistan\/"},"modified":"2009-10-05T05:34:21","modified_gmt":"2009-10-05T05:34:21","slug":"hamlet-devant-lafghanistan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/05\/hamlet-devant-lafghanistan\/","title":{"rendered":"Hamlet devant l&rsquo;Afghanistan\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Hamlet devant l&rsquo;Afghanistan<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa semaine s&rsquo;annonce difficile pour Obama, enfin une de plus. Cette fois, ou une fois de plus, il est question de l&rsquo;Afghanistan. Le philosophe Manuel de Di\u00e9guez d\u00e9crit, ce <a href=\"http:\/\/pagesperso-orange.fr\/aline.dedieguez\/tstmagic\/1024\/tstmagic\/decodage\/tragique.htm\" class=\"gen\">5 octobre 2009<\/a> les d\u00e9chirements int\u00e9rieurs de Barack Obama, semblables \u00e0 ceux de ce pays-continent \u00e0 la t\u00eate duquel il se trouve, lui-m\u00eame plong\u00e9 dans l&#8217;embarras de l&rsquo;impuissance et de l&rsquo;ind\u00e9cision, \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un personnage shakespearien<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Si M. Barack Obama se r\u00e9v\u00e9lait donc un acteur shakespearien de l&rsquo;histoire de la plan\u00e8te en ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, il figurerait un Hamlet de la D\u00e9mocratie visc\u00e9ralement condamn\u00e9 \u00e0 h\u00e9siter sans fin sur la terrasse d&rsquo;Elseneur de l&rsquo;Histoire entre la vocation d&#8217;empire de l&rsquo;Am\u00e9rique et celle du grand Isra\u00ebl, ces deux nations r\u00e9pondant au m\u00eame mod\u00e8le de conflit entre le glaive et le goupillon que le christianisme et la d\u00e9mocratie mondiale. Mais Barack Obama figurerait \u00e9galement le roi Lear, cet arch\u00e9type immortel de l&rsquo;impuissance politique, et Macbeth, cette effigie \u00e9ternelle des relations path\u00e9tiques que le pouvoir politique entretient avec le meurtre profitable, pour ne rien dire d&rsquo;une pi\u00e8ce bien oubli\u00e9e, Le sang de Danton de Saint Georges de Bouh\u00e9lier, le seul dramaturge fran\u00e7ais qui, \u00e0 l&rsquo;exemple de Shakespeare, ait tent\u00e9 de porter le drame historique \u00e0 une symbolique du sang r\u00e9pandu, celle du mythe biblique de la culpabilit\u00e9 h\u00e9r\u00e9ditaire.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette semaine, ce serait donc une semaine cruciale  encore une, r\u00e9p\u00e9terait-on, \u00e9puis\u00e9  et sur l&rsquo;Afghanistan. Les derni\u00e8res <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2009\/oct\/05\/us-military-afghanistan-deaths-deployment\" class=\"gen\">nouvelles<\/a> du front, avec des pertes marquantes de huit soldats US tu\u00e9s, ajoutent \u00e0 la pression pesant sur le pr\u00e9sident. Le Washington <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/news\/2009\/oct\/04\/obama-faces-afghan-dilemma\/?source=newsletter_must-read-stories-today_photo_feature\" class=\"gen\">4 septembre 2009<\/a> le montre, d\u00e9chir\u00e9 entre ses conseillers, eux-m\u00eames d\u00e9chir\u00e9s en deux camps. Le quotidien proche de la droite n\u00e9o-conservatrice, qui ne l&rsquo;aime gu\u00e8re, pr\u00e9sente ainsi le dilemme du pr\u00e9sident Barack Obama, qui montrera qu&rsquo;\u00e9videmment nous voil\u00e0 bien avanc\u00e9s dans la situation de l&rsquo;ind\u00e9cision<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>With his military commanders stiffening their commitment to a troop buildup in Afghanistan and his political advisers hardening their support for pulling back, President Obama this week is carrying the weight of one his young presidency&rsquo;s most pivotal decisions.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Either course he selects for the future of the Afghan war could present costly hazards. Send more troops into battle and he could become bogged down in an increasingly bloody conflict that could consume resources, rupture support from his political base, alienate his congressional allies and compromise his ambitious domestic agenda.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA Copenhague, o\u00f9 il est all\u00e9 soutenir malheureusement la candidature de Chicago aux JO de 2016, Obama a demand\u00e9 \u00e0 son commandant en chef en Afghanistan, le d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s fameux McChrystall, qui se trouvait \u00e0 Londres, de venir le rencontrer. Les deux hommes ont pass\u00e9 25 minutes ensemble dans <em>Air Force One<\/em>. C&rsquo;\u00e9tait la deuxi\u00e8me fois qu&rsquo;ils se rencontraient, depuis que McChrystal a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9, en mai dernier. Le site <em>Danger Room<\/em> pr\u00e9sente cette rencontre, le <a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/news\/2009\/oct\/03\/obama-general-meet-on-afghan-situation\/\" class=\"gen\">3 octobre 2009<\/a>, dont il nous semble qu&rsquo;il nous dit essentiellement qu&rsquo;une chose  c&rsquo;est bien ce fait, ind\u00e9niable que les deux hommes se sont rencontr\u00e9s \u00e0 nouveau, sans que rien de vraiment d\u00e9cisif ne soit sorti de la rencontre <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>President Obama unexpectedly met Friday in Copenhagen with Gen. Stanley A. McChrystal, the commander of U.S. forces in Afghanistan, one day after the general spoke out publicly of his need for more troops to defeat a resurgent Taliban. The president and the general met on board Air Force One for 25 minutes at the end of Mr. Obama&rsquo;s five-hour visit to Copenhagen, where he had traveled in an unsuccessful attempt to secure the 2016 Summer Olympic Games for Chicago.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The president thought the meeting was very productive, an extension of the meetings that have been had thus far as we reassess and re-evaluate moving forward in Afghanistan, White House press secretary Robert Gibbs said after the meeting.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;A cela, on ajoutera, pour que l&rsquo;ordre continue \u00e0 r\u00e9gner, que d&rsquo;autres sources, elles (le <em>Daily Telegraph<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/news\/worldnews\/northamerica\/usa\/barackobama\/6259582\/Barack-Obama-furious-at-General-Stanley-McChrystal-speech-on-Afghanistan.html\" class=\"gen\">5 octobre 2009<\/a>), affirment que l&rsquo;entretien fut orageux et qu&rsquo;Obama r\u00e9primanda McChrystal pour certaines choses dites publiquement par le g\u00e9n\u00e9ral contre l&rsquo;option de Joe Biden de r\u00e9duire l&rsquo;engagement en Afghanistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t McChrystal venait de Londres, o\u00f9 il avait donc parl\u00e9 la veille en public, et o\u00f9 il avait confi\u00e9 \u00e0 certains que ce n&rsquo;est pas 40.000 ou 45.000 hommes qu&rsquo;il lui faudrait en plus en Afghanistan, mais peut-\u00eatre bien 60.000. Devant un parterre fleuri, \u00e0 l&rsquo;IISS, jeudi dernier \u00e9galement, apr\u00e8s la conf\u00e9rence qu&rsquo;il y a donn\u00e9, McChrystal a vu se dresser une jeune femme, officier de la RAF, pour lui dire qu&rsquo;elle allait partir en Afghanistan comme pilote de combat \u00e0 bord d&rsquo;un <em>Tornado<\/em> et qu&rsquo;elle se sentait beaucoup mieux apr\u00e8s l&rsquo;avoir entendu, pour ce qu&rsquo;il en est du sens de la mission qui lui est assign\u00e9e, qu&rsquo;apr\u00e8s avoir entendu son Premier ministre Gordon Brown, une semaine auparavant. Ambiance et mini-scandale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame jour, McChrystal rencontrait le Premier ministre Brown pour un entretien sur l&rsquo;Afghanistan, et se joignait \u00e0 eux deux le SACEUR (commandant en chef des forces de l&rsquo;OTAN), l&rsquo;amiral de l&rsquo;U.S. Navy Stavridis. En derni\u00e8re minute, on apprit que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN Rasmussen \u00e9tait \u00e9galement \u00e0 Londres et Gordon Brown, diplomate, lui fit dire qu&rsquo;il pourrait se joindre \u00e0 la discussion. Rasmussen, qui trouva un peu fort de caf\u00e9 de passer apr\u00e8s des g\u00e9n\u00e9raux et de figurer dans la <em>fiesta<\/em> un peu comme une pi\u00e8ce rapport\u00e9e, fit r\u00e9pondr qu&rsquo;il avait d&rsquo;autres choses \u00e0 faire et qu&rsquo;il d\u00e9clinait l&rsquo;invitation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRasmussen revenait de Washington, o\u00f9 il avait rencontr\u00e9 Obama pour la premi\u00e8re fois, le 28 septembre. Il avait bien entendu \u00e9t\u00e9 question de l&rsquo;Afghanistan, durant cette rencontre, disons \u00e0 120% durant la discussion. Rasmussen rapporta plus tard \u00e0 ses conseillers qu&rsquo;il avait trouv\u00e9 Obama tr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute, \u00e9coutant effectivement mais, semble-t-il, sans vraiment trop rien dire lui-m\u00eame. Personnage shakespearien, vraiment dans le registre d&rsquo;HamletRasmussen avait deux messages \u00e0 faire passer \u00e0 Obama, ce qu&rsquo;il fit: d&rsquo;une part, que les Am\u00e9ricains cessent d&rsquo;accabler de critiques les pays europ\u00e9ens; d&rsquo;autre part qu&rsquo;il se trouvait lui-m\u00eame \u00e0 fond derri\u00e8re le plan de McChrystal, qu&rsquo;il avait bien entendu lu avec attention. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe sel de la situation, c&rsquo;est que Rasmussen a lu officiellement ce rapport, ainsi que les lecteurs du Washington <em>Post<\/em>, ceux des agences de presse, des autres journaux et le reste, et pas les pays-membres de l&rsquo;OTAN ni Obama puisque, officiellement, ce plan est toujours sur le bureau du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Gates, non encore transmis au pr\u00e9sident (et encore moins aux pays-membres). Personne ne sait exactement, ni officiellement, si on \u00e9vite de consid\u00e9rer officiellement ce plan dont tout le monde conna\u00eet le d\u00e9tail pour n&rsquo;avoir pas \u00e0 le rejeter apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre prononc\u00e9 contre les suggestions dans le sens de celles du g\u00e9n\u00e9ral McChrystal, ou si l&rsquo;on se d\u00e9cide d&rsquo;abord dans un sens qui fera qu&rsquo;on pourra le consulter ensuite officiellement puisqu&rsquo;on l&rsquo;aura accept\u00e9 sans le conna\u00eetre officiellement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question, finalement, serait sans doute de savoir si la situation n&rsquo;est pas plus compliqu\u00e9e sur l&rsquo;axe Washington D.C.-Londres-Bruxelles qu&rsquo;en Afghanistan, dans les sombres montagnes et les vall\u00e9es encaiss\u00e9es. Pendant ce temps, en effet, la situation est banalement consid\u00e9r\u00e9e comme tr\u00e8s grave en Afghanistan, encore plus apr\u00e8s les derni\u00e8res pertes de huit soldats US tu\u00e9s dans l&rsquo;attaque par les talibans d&rsquo;un poste \u00e0 la fronti\u00e8re pakistanaise. L&rsquo;ind\u00e9cision de la direction US ressemble de plus en plus \u00e0 une paralysie qui ajoute un facteur suppl\u00e9mentaire \u00e0 la situation de gravit\u00e9 constat\u00e9e en Afghanistan. Surtout, cette ind\u00e9cision contribue \u00e0 entretenir le transfert massif de la crise de l&rsquo;Afghanistan sur la sc\u00e8ne int\u00e9rieure washingtonienne o\u00f9 elle s&rsquo;inscrit comme un facteur suppl\u00e9mentaire dans la crise g\u00e9n\u00e9rale qui affecte aujourd&rsquo;hui le pouvoir et les affrontements entre d\u00e9mocrates et r\u00e9publicains; accessoirement, cette crise affecte les deux capitales europ\u00e9ennes cit\u00e9es et beaucoup moins les autres. (A part Londres, o\u00f9 l&rsquo;Afghanistan est un probl\u00e8me int\u00e9rieur parce qu&rsquo;il y a un fort contingent britannique, et Bruxelles parce qu&rsquo;il y a l&rsquo;OTAN, les autres capitales europ\u00e9ennes ne se pr\u00e9occupent qu&rsquo;accessoirement de l&rsquo;affaire afghane.) La crise afghane est de plus en plus per\u00e7ue comme une crise int\u00e9rieure US et une crise de l&rsquo;axe anglo-saxon, avec ses effets d\u00e9stabilisateurs sur la direction de l&rsquo;OTAN.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 5 octobre 2009 \u00e0 05H39<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hamlet devant l&rsquo;Afghanistan La semaine s&rsquo;annonce difficile pour Obama, enfin une de plus. Cette fois, ou une fois de plus, il est question de l&rsquo;Afghanistan. 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