{"id":71142,"date":"2009-10-06T09:05:44","date_gmt":"2009-10-06T09:05:44","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/06\/notes-sur-le-retour-malheureux-de-bae\/"},"modified":"2009-10-06T09:05:44","modified_gmt":"2009-10-06T09:05:44","slug":"notes-sur-le-retour-malheureux-de-bae","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/06\/notes-sur-le-retour-malheureux-de-bae\/","title":{"rendered":"Notes sur le retour (malheureux) de BAE"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur le retour (malheureux) de BAE<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis le 1er octobre 2009, on sait qu&rsquo;une deuxi\u00e8me affaire BAE de dimensions majeures est lanc\u00e9e, apr\u00e8s la premi\u00e8re explosion, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-saga_yamamah__19_01_2007.html\" class=\"gen\">d\u00e9cembre 2006<\/a>. Les d\u00e9tails sont connus, ainsi que les m\u00e9andres, les habituelles implications, enfin les perspectives d&rsquo;affrontement. Les d\u00e9lais d&rsquo;une probable \u00e9volution publique vont de quelques semaines \u00e0 quelques mois. Actuellement, le minist\u00e8re de la justice britannique examine la demande du Serious Fraud Office (SFO) d&rsquo;engager des poursuites. M\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;autorisation du minist\u00e8re, le SFO poursuivrait probablement son action, pouvant conduire \u00e0 des implications de dirigeants de BAE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe SFO, s\u00e9rieusement bloqu\u00e9 en d\u00e9cembre 2006, semble d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 conduire l&rsquo;enqu\u00eate \u00e0 son terme. Cette enqu\u00eate porte sur \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les transactions majeures de BAE (avec quatre march\u00e9s cit\u00e9s : l&rsquo;Afrique du Sud, l&rsquo;Autriche, la Roumanie, le Zimbabwe). D&rsquo;autres march\u00e9s pourraient ressortir, dont les fameux <em>Yamamah<\/em> entre BAE et l&rsquo;Arabie Saoudite. En fait, il s&rsquo;agit de tout un syst\u00e8me qui est mis en cause, au travers de BAE, dans le cas qui nous occupe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlusieurs points essentiels caract\u00e9risent l&rsquo;\u00e9pisode actuel et font toute sa diff\u00e9rence avec celui de 2006:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;alacrit\u00e9 du SFO, qui n&rsquo;existait pas avec cette vigueur en d\u00e9cembre 2006. Le SFO sent que la situation est beaucoup plus d\u00e9gag\u00e9e pour son action et il est dirig\u00e9 par un nouveau directeur dont on dit qu&rsquo;il est d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;aller aussi loin qu&rsquo;il le faudra. L&rsquo;exposition publique de ses intentions par le SFO est d\u00e9j\u00e0 en soi un indice de sa fermet\u00e9. (David Wighton, du <em>Times<\/em>, indiquait le <a href=\"http:\/\/business.timesonline.co.uk\/tol\/business\/industry_sectors\/industrials\/article6857756.ece\" class=\"gen\">2 octobre 2009<\/a>: \u00ab<em>By going public in this way, the Serious Fraud Office has also handed a gift to BAE&rsquo;s international rivals, particularly in the US. Lobbyists working for the company&rsquo;s competitors have raised past allegations about corruption with US politicians in an attempt to sway their views. A case brought against the company in a British court featuring a range of very serious accusations would provide powerful new ammunition.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;absence d&rsquo;implication possible, sinon probable du gouvernement britannique (au contraire du facteur principal qui pesa sur l&rsquo;attitude du SFO en d\u00e9cembre 2006 et bloqua son action, par intervention directe de Blair). Gordon Brown n&rsquo;a pas la m\u00eame attitude que Tony Blair, et il n&rsquo;est certainement pas dans l&rsquo;\u00e9tat psychologique volontariste, comme l&rsquo;\u00e9tait Blair en 2006, pour imposer des d\u00e9cisions difficiles sinon arbitraires. Les deux observations sont \u00e9ventuellement li\u00e9es. Une troisi\u00e8me remarque, plus hypoth\u00e9tique, implique la question de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de Brown d&rsquo;intervenir, du fait de savoir s&rsquo;il n&rsquo;a pas volontairement choisi le camp de la non-intervention \u00e0 cause de la situation que nous exposons dans cette note.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;implication, par contre, du gouvernement des USA, par le biais du d\u00e9partement de la justice (DoJ). Le DoJ poursuit une enqu\u00eate depuis la mi-2007 sur d&rsquo;\u00e9ventuels faits de corruption dans le chef de BAE. Il s&rsquo;appuie sur la loi qui interdit toute transaction avec le Pentagone \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 non-US impliqu\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on ou une autre dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre affaire de corruption. Le DoJ est tr\u00e8s discret mais il semble, lui aussi, mettre un r\u00e9el acharnement \u00e0 poursuivre son enqu\u00eate. Dans tous les cas, cette situation a emp\u00each\u00e9 BAE, jusqu&rsquo;ici, d&rsquo;accepter une transaction offerte par le SFO (une amende de $500 \u00e0 $1.000 millions), qui constituerait un aveu de corruption dont le DoJ risquerait de s&#8217;emparer pour faire tomber BAE sous le coup de cette loi.<\/p>\n<h3>BAE, un Etat dans l&rsquo;Etat<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t BAE, ce n&rsquo;est pas simplement une immense soci\u00e9t\u00e9, un conglom\u00e9rat de production d&rsquo;armement. C&rsquo;est aussi un syst\u00e8me, au sens politique du mot, qui tient le monde politique britannique, ou, du moins, le tenait ferme jusqu&rsquo;\u00e0 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Peut-\u00eatre sommes-nous dans une p\u00e9riode de transition, et c&rsquo;est ce qui justifie cette analyse et l&rsquo;incertitude sur le temps du verbe tenir \u00e0 employer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut <strong>vraiment<\/strong> mesurer la puissance de BAE dans le syst\u00e8me britannique. Le 16 d\u00e9cembre 2006, le <em>Guardian<\/em> \u00e9crivait: \u00ab<em>The sway BAE Systems holds over the top of the British establishment is extraordinary.<\/em>\u00bb Le 13 f\u00e9vrier 2007, George Monbiot, grand connaisseur de la puissance et de l&#8217;emprise du monde des grands conglom\u00e9rats sur les autres forces du syst\u00e8me, observait \u00e0 propos de la d\u00e9cision de Tony Blair, incroyablement contestable et extraordinairement risqu\u00e9e, de dessaisir le SFO de l&rsquo;affaire BAE\/<em>Yamamah<\/em>: \u00ab<em>The prime minister has never taken such a risk on behalf of one of his departments, let alone his ministers or officials (witness how Lord Levy and Ruth Turner have been left to swing). There are just two friends for whom he will put his legacy on the line: George Bush and BAE.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation perdure depuis le milieu des ann\u00e9es 1980, depuis le premier contrat <em>Yamamah<\/em> avec l&rsquo;Arabie Saoudite, d&rsquo;abord sur des avions <em>Tornado<\/em>, \u00e9norme montage de fraude et de corruption o\u00f9 la premi\u00e8re ministre Thatcher fut impliqu\u00e9e personnellement pour les n\u00e9gociations et le reste (voir le sort de son fils, qui r\u00e9side sans doute aux USA de crainte de poursuites au Royaume-Uni). Depuis, BAE r\u00e8gne en ma\u00eetre sur l&rsquo;<em>establishment <\/em> britannique (ou a r\u00e9gn\u00e9 jusqu&rsquo;en 2006-2007), avec des structures, notamment ses services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, ses r\u00e9seaux d&rsquo;influence, etc., qui justifient le mot de Monbiot, dans le m\u00eame article, pour d\u00e9crire BAE d&rsquo;une formule: \u00ab[A] <em>state within a state in the United Kingdom.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Ivresse de l&rsquo;anglosph\u00e8re<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPendant toute cette p\u00e9riode de calme  disons corruption et influence <em>as usual<\/em>  entre le premier contrat <em>Yamamah<\/em> et le vilain scandale de 2006, donc durant les vingt ann\u00e9es entre 1985 et 2006, BAE r\u00e9gna sans partage sur l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique parce que sa politique s&rsquo;accorda parfaitement \u00e0 celle de cet <em>establishment<\/em>. Une question anecdotique est de savoir: qui influen\u00e7a l&rsquo;autre?&#8230; Ou bien de constater que les choses all\u00e8rent dans le m\u00eame sens parce que c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9vidence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est tout de m\u00eame int\u00e9ressant de constater que BAE \u00e9choue dans sa tentative d&rsquo;europ\u00e9anisation, anglo-allemande, de 1999, au profit des Fran\u00e7ais qui font EADS avec les Allemands (on s&rsquo;interroge toujours sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la chose pour la France); qu&rsquo;il d\u00e9cide alors de se tourner \u00e0 fond vers l&rsquo;option transatlantique, ce qui est annonc\u00e9 par diverses prises de position de la direction au long des ann\u00e9es 2000-2001. L&rsquo;op\u00e9ration se fait pratiquement au moment du 11 septembre 2001, de la politique Blair quasiment d&rsquo;int\u00e9gration \u00e0 la puissance US \u00e0 l&rsquo;occasion de la guerre contre la terreur (Afghanistan et Irak) qu&rsquo;on annonce \u00e0 grand bruit en 2001-2002. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les plus grands penseurs du r\u00e9gime (Niall Ferguson, Paul Johnson, etc.) annoncent l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;anglosph\u00e8re et la r\u00e9surrection de l&rsquo;Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais par USA interpos\u00e9s. De m\u00eame, BAE, fermement install\u00e9 aux USA (il se situe au 5\u00e8me ou 4\u00e8me rang des fournisseurs du Pentagone \u00e0 partir de 2004-2005), s&rsquo;engage-t-il \u00e0 fond dans l&rsquo;\u00e9norme programme JSF alors que le gouvernement britannique, toujours conduit par Blair, fait de m\u00eame, d\u00e8s janvier 2001 (le premier gouvernement non-US \u00e0 s&rsquo;engager).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJusqu&rsquo;en 2005, effectivement, le montage semble marcher comme sur des roulettes et, effectivement, l&#8217;empire de BAE sur l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique semble sans limites. Mais il faut alors observer que cet empire est consenti et s&rsquo;exerce sur des sujets parfaitement consentants. Cela conduit au constat chronologique suivant: les <strong>v\u00e9ritables<\/strong> ennuis de BAE, dont on d\u00e9couvre qu&rsquo;ils ne sont nullement termin\u00e9s, commencent en d\u00e9cembre 2006, alors que l&rsquo;\u00e9quipe Bush est en voie de d\u00e9sint\u00e9gration, et Blair sur sa fin de r\u00e8gne, en m\u00eame temps que leur projet d&#8217;empire r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Il y a vraiment une communaut\u00e9 de destins, au point que la remarque de Monbiot (\u00ab<em>There are just two friends for whom<\/em> [Blair] <em>will put his legacy on the line: George Bush and BAE<\/em>\u00bb) va encore plus loin que ce qu&rsquo;elle nous dit. On se demanderait si l&rsquo;engagement de Blair et de l&rsquo;<em>establishment<\/em> envers BAE n&rsquo;\u00e9quivaut pas en tous points \u00e0 l&rsquo;engagement des m\u00eames pour l&rsquo;all\u00e9geance quasiment int\u00e9grationniste pour les USA.<\/p>\n<h3>L&rsquo;homme qui veut le <em>scalp<\/em> de BAE<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est pour cette raison principalement que nous ne croyons pas que nous soyons au bout de nos surprises avec BAE et de ses tr\u00e8s graves  ennuis. Le cas du SFO est important, et le <em>Guardian<\/em> du 1er octobre a donn\u00e9 d&rsquo;int\u00e9ressants d\u00e9tails sur son nouveau directeur. Richard Alderman, chef des services d&rsquo;enqu\u00eates des Imp\u00f4ts a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 sa t\u00eate en avril 2008 (apr\u00e8s le d\u00e9part de Blair, cela est \u00e0 noter). Il a aussit\u00f4t entrepris une purge au sein du SFO et a activ\u00e9 des m\u00e9thodes beaucoup plus agressives d&rsquo;enqu\u00eate, jusqu&rsquo;\u00e0 arriver, selon ce qui se dit, \u00e0 disposer d&rsquo;importants documents contre BAE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0 aussi, il y a une similitude de destins. Cela se passe apr\u00e8s le d\u00e9part de Blair et l&rsquo;on sait qu&rsquo;Alderman, qui est encore jeune (56 ans en 2008), est un dur. Quoi qu&rsquo;il en soit des intentions des uns et des autres, tout se passe comme si Alderman venait au SFO pour la r\u00e9former et en faire un instrument irr\u00e9sistible contre BAE. Il ne semble pas audacieux de dire que la carri\u00e8re d&rsquo;Alderman et le destin du SFO sont d\u00e9sormais li\u00e9s au <em>scalp<\/em> de BAE.<\/p>\n<h3>BAE, JSF, m\u00eame combat<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe destin de BAE au Royaume-Uni, outre l&rsquo;enqu\u00eate du SFO et parall\u00e8lement \u00e0 l&rsquo;enqu\u00eate du SFO, c&rsquo;est d&rsquo;abord le JSF (et les porte-avions  mais l\u00e0, l&rsquo;engagement est moins exclusif). Le conglom\u00e9rat am\u00e9ricano-britannique a une place importante dans le programme JSF, qui s&rsquo;inscrit en parall\u00e8le avec l&rsquo;engagement et la commande britanniques pour cet avion. L&rsquo;on a vu combien, dans la perspective de budgets r\u00e9duits \u00e0 la d\u00e9fense, BAE est <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_industrie_de_l_armement_britannique_en_desordre_de_retraite_15_09_2009.html\" class=\"gen\">seul<\/a> \u00e0 d\u00e9fendre les grands programmes, dont essentiellement le JSF. De ce point de vue, BAE est \u00e9galement le d\u00e9fenseur d&rsquo;une politique qui est aujourd&rsquo;hui en crise profonde  l&rsquo;engagement maximaliste, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration, dans le cercle am\u00e9ricaniste, selon les conceptions blairistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa mise en cause perceptible aujourd&rsquo;hui, au Royaume-Uni, du programme JSF, en plus des difficult\u00e9s innombrables du programme aux USA, accompagne donc, voire renforce sinon justifie, d&rsquo;une fa\u00e7on indirecte mais puissante, la poursuite et la relance de l&rsquo;enqu\u00eate contre BAE. L\u00e0 aussi, il est possible que nous ne soyons pas au bout de nos surprises. Car la question du destin de BAE peut alors \u00eatre pos\u00e9e, de ce point de vue, selon une formulation diff\u00e9rente: si le JSF tombe au Royaume-Uni, combien de temps BAE r\u00e9sistera-t-il dans sa position de puissance actuelle, au Royaume-Uni?<\/p>\n<h3>Les pi\u00e8ges de la connexion am\u00e9ricaniste<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-is_uk_encore_british_17_01_2003.html?admin=1\" class=\"gen\">janvier 2003<\/a>, le ministre de la d\u00e9fense d&rsquo;alors Geoffrey Hoon remarquait, devant des journalistes qui l&rsquo;interrogeaient pour savoir pourquoi le gouvernement ne choisissait pas automatiquement BAE, la principale firme britannique, pour certains programme nationaux: \u00ab<em>BAE is no longer British.<\/em>\u00bb La remarque \u00e9tait juste, mais nous la temp\u00e9rions d&rsquo;une autre remarque, contenue dans notre titre bilingue, signifiant par l\u00e0 combien BAE ne faisait que suivre la politique britannique: \u00ab<strong><em>Is UK<\/em><\/strong> <em>encore<\/em> <strong><em>British<\/em><\/strong>?\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA cette \u00e9poque, en 2003, BAE faisait d\u00e9j\u00e0 30% de son chiffre aux USA. Aujourd&rsquo;hui, les 50% sont d\u00e9pass\u00e9s et BAE occupe la place qu&rsquo;on a dite sur le march\u00e9 du Pentagone. BAE s&rsquo;est soumis \u00e0 toutes les r\u00e8gles draconiennes de l&rsquo;am\u00e9ricanisation, c\u00e9dant le contr\u00f4le de sa strat\u00e9gie \u00e0 un conseil de surveillance nomm\u00e9 par le Pentagone, s&rsquo;engageant \u00e0 toutes les r\u00e8gles de restriction US. Pour autant, si BAE n&rsquo;est plus britannique, il n&rsquo;est pas pour autant US, parce que les USA restent allergiques \u00e0 donner toute leur confiance \u00e0 une puissance qui ne soit pas sp\u00e9cifiquement US. Depuis 2007, sous la pression autant du juridisme pointilleux largement hypocrite du syst\u00e8me, que des pressions du lobbying de ses concurrents US, BAE est poursuivi par la justice US. Cela transforme la situation de BAE, selon le destin des enqu\u00eates, \u00e0 un \u00e9trange jeu de <em>lose-lose<\/em>  perdant au Royaume-Uni si le SFO r\u00e9ussit, perdant aux USA si le DoJ suit<\/p>\n<h3>BAE et les relations sp\u00e9ciales<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ne peut manquer de consid\u00e9rer les connexions g\u00e9n\u00e9rales existantes entre tous ces destins; entre le destin de BAE, le destin du programme JSF (au Royaume-Uni seulement, ou bien en g\u00e9n\u00e9ral) et le destin des relations sp\u00e9ciales entre le Royaume-Uni et les USA. A cette lumi\u00e8re, on peut avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que l&rsquo;indiff\u00e9rence affich\u00e9e de Gordon Brown pour les vicissitudes de BAE (connue par le biais du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_retour_bae_et_son_scandale_02_10_2009.html\" class=\"gen\">rapport<\/a> qu&rsquo;en fit le <em>Times<\/em>) correspond clairement \u00e0 l&rsquo;incertitude qui s&rsquo;attache aux relations sp\u00e9ciales. Il n&rsquo;est pas assur\u00e9, bien au contraire, que l&rsquo;arriv\u00e9e probable des conservateurs change d&rsquo;une fa\u00e7on notable cette situation, et m\u00eame le contraire est \u00e0 envisager d&rsquo;une fa\u00e7on s\u00e9rieuse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait combien l&rsquo;orientation de la d\u00e9fense britannique est, aujourd&rsquo;hui, un sujet soumis \u00e0 la possibilit\u00e9 de  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_defense_en_europe_ii_18_09_2009.html\" class=\"gen\">changements<\/a> fondamentaux. La seule orientation possible de ces changements va dans le sens d&rsquo;un d\u00e9sengagement, plus ou moins important, des connexions avec les USA. Ces connexions sont aujourd&rsquo;hui \u00e0 leur maximum de proximit\u00e9 avec les USA, comme h\u00e9ritage de l&rsquo;\u00e9poque Blair; les changements ne peuvent donc aller que dans le sens du rel\u00e2chement de cette proximit\u00e9. (On y ajoutera, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-robert_fisk_et_la_guerre_contre_le_dollar_et_contre_les_usa_06_10_2009.html\" class=\"gen\">derni\u00e8re minute<\/a>, la question du dollar.) C&rsquo;est certainement dans ce cadre qu&rsquo;il faut placer les possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;affaire BAE. La question centrale est de savoir comment et si BAE r\u00e9sistera \u00e0 une telle \u00e9ventuelle \u00e9volution.<\/p>\n<h3>Une situation d\u00e9pass\u00e9e?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCes divers \u00e9l\u00e9ments, ces facteurs venus de diff\u00e9rents domaines nous conduisent \u00e0 avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que l&rsquo;affaire BAE, et surtout dans le cas de cette relance r\u00e9cente de l&rsquo;enqu\u00eate sur la corruption de BAE men\u00e9e par un SFO revigor\u00e9, ne doivent pas tout aux simples proc\u00e9dures bureaucratiques et administratives, voire m\u00eame judiciaires, voire m\u00eame \u00e0 une vindicte bureaucratique et anti-corruption. Il y a, dans cette occurrence, le poids indistinct mais pr\u00e9sent d&rsquo;une volont\u00e9 politique ou, dans tous les cas, la pression d&rsquo;une situation politique. Le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat officiel du gouvernement Brown pour le sort de BAE va dans le m\u00eame sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;influence formidable que BAE exerce  ou peut-\u00eatre doit-on commencer \u00e0 dire exer\u00e7ait  sur l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique, est aujourd&rsquo;hui une situation  de plus en plus d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e par rapport \u00e0 la situation politique en \u00e9volution rapide au Royaume-Uni. On commence \u00e0 croire fermement \u00e0 la confirmation que l&rsquo;influence de BAE n&rsquo;a pu perdurer pendant vingt ans, effectivement parce qu&rsquo;elle s&rsquo;exer\u00e7ait dans le sens de l&rsquo;orientation politique g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;affaire BAE, relanc\u00e9e il y a quelques jours, a donc toutes les chances de r\u00e9appara\u00eetre dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois, pour prendre peut-\u00eatre des allures de grand r\u00e8glement de compte. Cela sera une indication pr\u00e9cieuse et une indication de plus sur l&rsquo;\u00e9volution du climat politique au Royaume-Uni, par rapport aux contraintes budg\u00e9taires et, surtout, par rapport aux relations avec les USA alors que les USA ne cessent de s&rsquo;enfoncer dans une crise qui touche d\u00e9sormais la fonction m\u00eame du pouvoir politique. Le sort de BAE a tout \u00e0 voir, et \u00e0 craindre sans doute, d&rsquo;une des tr\u00e8s grands enjeux politiques de notre temps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;une des plus grandes faiblesses de BAE dans cette affaire, c&rsquo;est sa psychologie: le sentiment de la puissance, de l&rsquo;impunit\u00e9, l&rsquo;arrogance, la certitude de son influence, etc., qui perdurent malgr\u00e9 les signes inqui\u00e9tants. Cela ne vous rappelle rien? La psychologie des banquiers avant le 15 septembre 2008 et leur philosophie du <em>too big to fall<\/em>, par exemple? La situation n&rsquo;est pas si diff\u00e9rente. BAE n&rsquo;a pas mesur\u00e9 combien la dur\u00e9e et l&rsquo;approfondissement de la vindicte \u00e0 son encontre signifie de menace d\u00e9stabilisante contre lui. Dans ce cas, les sc\u00e9narios les plus dramatiques ne sont plus \u00e0 exclure, dans une \u00e9poque qui, en quelques mois, a vu bien des situations extraordinaires. L&rsquo;un d&rsquo;eux, le plus extr\u00eame mais pas n\u00e9cessairement le plus insens\u00e9, est que BAE soit plac\u00e9, sous le coup des actions publiques, dans une position de faiblesse brutale et dramatique, impliquant la n\u00e9cessit\u00e9 de mesures de sauvetage d&rsquo;urgence. L&rsquo;une serait alors son d\u00e9membrement, le gouvernement britannique s&rsquo;assurant de la partie la plus strat\u00e9gique de l&rsquo;entreprise, pour tenter de reconstituer sa base technologique nationale. Cela reviendrait \u00e0 une re-nationalisation partielle, pas moins&#8230; Et alors? On en a vu d&rsquo;autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur le retour (malheureux) de BAE Depuis le 1er octobre 2009, on sait qu&rsquo;une deuxi\u00e8me affaire BAE de dimensions majeures est lanc\u00e9e, apr\u00e8s la premi\u00e8re explosion, en d\u00e9cembre 2006. Les d\u00e9tails sont connus, ainsi que les m\u00e9andres, les habituelles implications, enfin les perspectives d&rsquo;affrontement. Les d\u00e9lais d&rsquo;une probable \u00e9volution publique vont de quelques semaines&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[8753,3792,705,4038,708,857,250,8752,2766,6219,4983,8751],"class_list":["post-71142","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-alderman","tag-bae","tag-blair","tag-brown","tag-empire","tag-irak","tag-jsf","tag-re-nationalisation","tag-relations","tag-sfo","tag-speciales","tag-yamama"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71142","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71142"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71142\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}