{"id":71150,"date":"2009-10-09T05:10:09","date_gmt":"2009-10-09T05:10:09","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/09\/a-washington-dc-a-defaut-de-faire-la-guerre-on-fait-la-lecture\/"},"modified":"2009-10-09T05:10:09","modified_gmt":"2009-10-09T05:10:09","slug":"a-washington-dc-a-defaut-de-faire-la-guerre-on-fait-la-lecture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/09\/a-washington-dc-a-defaut-de-faire-la-guerre-on-fait-la-lecture\/","title":{"rendered":"A Washington D.C., \u00e0 d\u00e9faut de faire la guerre, on fait la lecture\u2026"},"content":{"rendered":"<p><p>Il se dit de plus en plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 la suite de r\u00e9v\u00e9lations du Wall Street <em>Journal<\/em>, que deux livres circulent \u00e0 Washington D.C., se d\u00e9vorent, parce qu&rsquo;ils repr\u00e9senteraient les deux partis qui s&rsquo;affrontent pour la guerre de l&rsquo;Afghanistan. Car il s&rsquo;av\u00e8re qu&rsquo;il y  a des partis en pr\u00e9sence, comme si l&rsquo;on savait de quoi l&rsquo;on d\u00e9bat et ce qu&rsquo;on veut; et il s&rsquo;av\u00e8re \u00e9galement que ces deux partis d\u00e9\u00e9battent de la guerre au Vietnalm alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;Afghanistan. Dont acte et voyons cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDavid Usborne, \u00e9diteur US de <em>The Independent<\/em>, consacre ce <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/americas\/obama-is-caught-in-political-crossfire-1799297.html\" class=\"gen\">8 octobre 2009<\/a>, une partie de son texte \u00e0 cette querelle litt\u00e9raire et r\u00e9v\u00e9latrice. Nous lui empruntons les pr\u00e9cisions qu&rsquo;il nous en donne. (Parmi celles-ci, des pr\u00e9cisions sur la position de Rahm Emanuel, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Maison-Blanche, d\u00e9crit comme un super-faucon et l&rsquo;agent d&rsquo;Isra\u00ebl lorsqu&rsquo;il fut nomm\u00e9 par Obama en novembre 2008. Depuis, il a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 de juif antis\u00e9mite par Netanyahou pour sa position concernant la politique isra\u00e9lienne, et le r\u00f4le qu&rsquo;il joue dans cette bataille des bouquins le situe plut\u00f4t dans le camp, sinon des colombes  il n&rsquo;y en a gu\u00e8re \u00e0 Washington D.C. , dans tous les cas des mod\u00e9r\u00e9s.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In what is being billed as the battle of the books, advisers and strategists in the White House and the Pentagon who are trying to solve the Afghan conundrum have been reaching for two tomes on battle strategy in foreign lands that reach very different conclusions. If you want to find either of them in bookshops anywhere close to 1600 Pennsylvania Avenue, good luck.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The favoured reading at the Pentagon is A Better War by Lewis Sorley. First published to little acclaim in 1999, it became a bible to counter-insurgency experts during the Iraq war. Back in the White House, it is Gordon Goldstein&rsquo;s Lessons in Disaster that has mostly been passed from desk to desk. It is a painstaking look at how the national security adviser in the Kennedy and Johnson eras, McGeorge Bundy, marched the US blindly into the conflict in Vietnam with ever-growing troop numbers and how in later life he came to regret it.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Among those to have devoured this tome has been Rahm Emanuel, Barack Obama&rsquo;s chief of staff, who belongs to the cautious camp in the White House, with the Vice President, Joe Biden.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Once Mr Emanuel was done with the book, he took it to the President. But it turned out that Mr Obama was already midway through his own copy, so Mr Emanuel gave his to Tom Donilon, the deputy national security adviser.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>That doesn&rsquo;t mean that A Better War has been consigned to the bottom shelf. Senator John McCain, who advocated the surge in Iraq ordered by George Bush two years ago, has long referred anyone who will listen to its pages, and in 2005, the then US Commander in Afghanistan, Lieutenant-General David Barno, would regularly pass the book out to his staff.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A main thread of A Better War is that after the replacement of General William Westmoreland by General Creighton Abrams in 1968, and with additional troops, the fortunes of the US military in Vietnam began to change. By then, however, support for the war was crumbling at home and the change in strategy was too late.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>By contrast, the moral of Goldstein&rsquo;s book might come from Mr Bundy&rsquo;s belated realisation that just putting more troops in play is a tempting but misleading approach. Bundy said we debated a number and not a use says Goldstein, referring to troop deployment. That&rsquo;s a really critical observation which goes to the heart of what&rsquo;s going on right now.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ce monde engendr\u00e9 par le syst\u00e8me est \u00e9tonnant par la parcellisation et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l&rsquo;esprit, par d\u00e9tournement de la pens\u00e9e vers les causes accessoires qui permettent d&rsquo;\u00e9carter la r\u00e9alit\u00e9, finalement par la pauvret\u00e9 de l&rsquo;esprit. Il faut de tout cela, certes, lorsqu&rsquo;on se trouve devant une affaire aussi pressante que le conflit en Afghanistan, qui dure depuis huit ans et \u00e0 propos duquel on d\u00e9bat d&rsquo;urgence pour une strat\u00e9gie \u00e0 appliquer comme s&rsquo;il n&rsquo;y en avait pas et comme si la guerre commen\u00e7ait aujourd&rsquo;hui, pour se pr\u00e9cipiter sur des livres concernant la d\u00e9b\u00e2cle vietnamienne d&rsquo;il y a un tiers de si\u00e8cle comme si l&rsquo;on allait y trouver les lumi\u00e8res qui importent. Il y a l\u00e0 le signe d&rsquo;un emprisonnement psychologique assez \u00e9trange, de la part de ces \u00e9lites qui soutiennent d&rsquo;une fa\u00e7on plus ou moins appuy\u00e9e une politique expansionniste et dont la seule r\u00e9f\u00e9rence est \u00e0 la fois le pass\u00e9 et la pire catastrophe que cette politique ait engendr\u00e9e, et qui font brusquement de cette recherche dans le pass\u00e9 la grande nouvelle du jour au milieu d&rsquo;un d\u00e9bat sur la strat\u00e9gie \u00e0 appliquer de toute urgence. C&rsquo;est un indice sur la confiance qu&rsquo;inconsciemment ils ont tous dans cet engagement en Afghanistan, sur l&rsquo;impuissance qu&rsquo;ils ont \u00e0 juger de la r\u00e9alit\u00e9 en cours, sur l&rsquo;incapacit\u00e9 qu&rsquo;ils ont \u00e0 vivre dans une r\u00e9alit\u00e9 qui r\u00e9siste \u00e0 leurs conceptions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes deux livres ressassent les le\u00e7ons qu&rsquo;on peut tirer de la guerre du Vietnam, selon ce qu&rsquo;on en a. Sorley met en \u00e9vidence que la tactique changea compl\u00e8tement au Vietnam avec l&rsquo;arriv\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Abrams \u00e0 la place du g\u00e9n\u00e9ral Westmorland en 1968, lorsqu&rsquo;on passa de la tactique du <em>Search and Destroy<\/em> de tentative d&rsquo;\u00e9crasement des Vietcongs, avec les immenses d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux qui allaient avec, \u00e0 la tactique du regroupement et de la d\u00e9fense de zone, favorisant la population regroup\u00e9e dans des villages prot\u00e9g\u00e9s. C&rsquo;est retrouver les tactiques de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, o\u00f9 un intense r\u00e9seau de SAS (les Sections Administratives Sp\u00e9cialis\u00e9es) assurait ainsi une reconqu\u00eate des populations arabes et berb\u00e8res, d&rsquo;o\u00f9 sortirent de forts recrutements de suppl\u00e9tifs venus des rangs de la r\u00e9bellion et des populations regroup\u00e9es (les <em>harkis<\/em>). Le livre de Goldstein, lui, met en \u00e9vidence combien le seul aspect militaire, f\u00fbt-il celui qui est mis en \u00e9vidence par Sorley par cons\u00e9quent, ne suffit pas lorsque un but politique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence d\u00e8s l&rsquo;origine, et que m\u00eame un changement de fortune militaire conduit \u00e0 une impasse ou \u00e0 une d\u00e9faite si la politique n&rsquo;est pas d\u00e9termin\u00e9e. En Alg\u00e9rie aussi, la guerre \u00e9tait gagn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1960, avec le FLN d\u00e9structur\u00e9e entre ses tendances internes f\u00e9rocement concurrentes, et ses forces exsangues apr\u00e8s les offensives fran\u00e7aises du printemps (le plan Challe). Mais la politique avait compl\u00e8tement chang\u00e9, selon la vision compl\u00e8tement novatrice de De Gaulle de r\u00e9orienter la France vers une politique globale, centr\u00e9e sur l&rsquo;Europe et sur les relations internationales souveraines, et ce fut l&rsquo;abandon de l&rsquo;Alg\u00e9rie. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn Afghanistan, si m\u00eame une nouvelle tactique donnait d&rsquo;autres r\u00e9sultats, la question politique resterait enti\u00e8rement pos\u00e9e en fonction de la puissance de l&rsquo;implantation de la r\u00e9sistance (c&rsquo;est-\u00e0-dire les talibans, mais aussi tous les autres groupes) et des v\u00e9ritables intentions US dont nul ne sait rien pr\u00e9cis\u00e9ment puisqu&rsquo;elle continue \u00e0 \u00eatre d\u00e9battue, donc restant \u00e0 \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e. La tactique nouvelle d&rsquo;Abrams au Vietnam, qui s&rsquo;\u00e9tait av\u00e9r\u00e9e \u00eatre en fait une tactique de d\u00e9sengagement US, n&rsquo;avait pas emp\u00each\u00e9 \u00e0 terme l&rsquo;effondrement du gouvernement de Saigon et la victoire des Vietcongs et des Nord-Vietnamiens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais est-ce l\u00e0 l&rsquo;essentiel? Ce qui est extr\u00eamement remarquable dans ces diverses anecdotes, c&rsquo;est le d\u00e9sarroi profond qui soutient ces diverses manifestations et agitations, alors que l&rsquo;<em>establishment<\/em> d\u00e9bat depuis plus d&rsquo;un mois \u00e0 propos d&rsquo;une strat\u00e9gie \u00e0 d\u00e9terminer pour commencer une guerre qui dure d\u00e9j\u00e0 depuis huit ans, sans la moindre strat\u00e9gie s\u00e9rieuse pour la structurer jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant. La seule r\u00e9f\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale dans les esprits est l&rsquo;\u00e9ternel d\u00e9bat sur le Vietnam, avec toujours le m\u00eame clivage entre ceux qui plaident que les USA n&rsquo;auraient pas du s&rsquo;engager au Vietnam, et ceux qui plaident qu&rsquo;on n&rsquo;a pas laiss\u00e9 \u00e0 la force militaire toutes ses chances pour remporter la victoire finale. Depuis 1975, la politique expansionniste US ne fait que poser et reposer la question du Vietnam \u00e0 chaque nouvel engagement, \u00e0 commencer par la d\u00e9claration de George Bush-p\u00e8re en mars 1991, apr\u00e8s la victoire dans le Golfe: \u00ab<em>Le syndrome du Vietnam a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 dans les sables d&rsquo;Irak.<\/em>\u00bb C&rsquo;\u00e9tait un peu trop vite dit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA Washington, l&rsquo;<em>establishment<\/em> am\u00e9ricaniste poursuit donc son grand d\u00e9bat sur la fa\u00e7on dont il aurait fallu proc\u00e9der pour remporter la guerre du Vietnam ou pour \u00e9viter la d\u00e9faite du Vietnam. Le fait est que la guerre, elle, se poursuit en Afghanistan, m\u00eame si certains arguent qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas vraiment commenc\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 9 octobre 2009 \u00e0 05H08<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il se dit de plus en plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 la suite de r\u00e9v\u00e9lations du Wall Street Journal, que deux livres circulent \u00e0 Washington D.C., se d\u00e9vorent, parce qu&rsquo;ils repr\u00e9senteraient les deux partis qui s&rsquo;affrontent pour la guerre de l&rsquo;Afghanistan. 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