{"id":71189,"date":"2009-10-21T06:58:46","date_gmt":"2009-10-21T06:58:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/21\/la-rupture-de-lamerican-dream\/"},"modified":"2009-10-21T06:58:46","modified_gmt":"2009-10-21T06:58:46","slug":"la-rupture-de-lamerican-dream","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/21\/la-rupture-de-lamerican-dream\/","title":{"rendered":"La rupture de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><p>Parmi les comptes divers qui sont en train de se faire autour de la crise \u00e9conomique qu&rsquo;a engendr\u00e9e la crise financi\u00e8re, il y a ceux des chiffres consid\u00e9rables du ch\u00f4mage aux USA. Le pourcentage actuel officiel est de 9,8%, ce qui correspond en r\u00e9alit\u00e9, avec les corrections n\u00e9cessaires des comptages faussaires du syst\u00e8me, \u00e0 autour de 20% de ch\u00f4mage (un travailleur US sur 5). De toutes les fa\u00e7ons, ce ch\u00f4mage officiel devrait rapidement d\u00e9passer les 10%. Le d\u00e9bat qui se d\u00e9veloppe se fait autour du constat de plus en plus g\u00e9n\u00e9ral que ce ch\u00f4mage ne serait pas conjoncturel, mais s&rsquo;installerait comme structurel. La chose a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par certains \u00e9conomistes et elle semble devenir de plus en plus la norme du jugement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ce que d\u00e9bat un texte d&rsquo;Associated Press, repris par MSNBC le <a href=\"http:\/\/www.msnbc.msn.com\/id\/33384835\/ns\/business-stocks_and_economy\/\" class=\"gen\">19 octobre 2009<\/a>. Les constats g\u00e9n\u00e9raux vont largement dans le sens d&rsquo;une pr\u00e9vision selon laquelle le ch\u00f4mage \u00e0 ce taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 va demeurer pendant longtemps, sinon s&rsquo;installer d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9finitive dans le syst\u00e8me actuel. Diverses causes sont avanc\u00e9es, mais la tendance est de plus en plus aux jugements radicaux dans ce sens. L&rsquo;importance de ce constat est qu&rsquo;il implique une mise en cause du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme tel qu&rsquo;il fonctionnait d&rsquo;une fa\u00e7on structur\u00e9e depuis la Grande D\u00e9pression, et tel qu&rsquo;il fut toujours pr\u00e9sent\u00e9 en th\u00e9orie, avant cette grande crise de 1929, lorsque les USA attirait les immigrants parce qu&rsquo;elle avait besoin de toujours plus de producteurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Even with an economic revival, many U.S. jobs lost during the recession may be gone forever and a weak employment market could linger for years. That could add up to a new normal of higher joblessness and lower standards of living for many Americans, some economists are suggesting. The words it&rsquo;s different this time are always suspect. But economists and policy makers say the job-creating dynamics of previous recoveries can&rsquo;t be counted on now.<\/em> [] <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This Great Recession is an inflection point for the economy in many respects. I think the unemployment rate will be permanently higher, or at least higher for the foreseeable future, said Mark Zandi, chief economist and co-founder of Moody&rsquo;s Economy.com. The collective psyche has changed as a result of what we&rsquo;ve been through. And we&rsquo;re going to be different as a result, said Zandi, who formerly advised Sen. John McCain, R-Ariz., and now is consulted by Democrats in the administration and in Congress<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It&rsquo;s a new normal that U.S. growth is going to be anemic on average for years. Right now, the prospect is bleak for anything other than a particularly high unemployment rate and a weak jobs-creating machine, said Allen Sinai, president of Decision Economics Inc. He says he doubts that unemployment will dip below 7 percent anytime soon.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Many economists consider a jobless rate of 4 to 5 percent as reflecting a \u00ab\u00a0full employment\u00a0\u00bb economy, one in which nearly everyone who wants a job has one. After the 2001 recession the rate climbed to 5.8 percent in 2002 and peaked at 6.3 percent in 2003 before easing back to 4.6 percent for 2006 and 2007.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Will unemployment ever get back to such levels? I wouldn&rsquo;t say never. But I do think it&rsquo;s going to be a long time, said Bruce Bartlett, a former Treasury Department economist and the author of the book The New American Economy: The Failure of Reaganomics and a New Way Forward.&rsquo; The linkage between growth in the economy and growth in jobs is not what it was. I don&rsquo;t know if it&rsquo;s permanently broken or temporarily broken. But clearly we are not seeing the sort of increase in employment that one would normally expect, said Bartlett.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t C&rsquo;est en 1931 que fut d\u00e9fini, d&rsquo;une fa\u00e7on sociologique qui se voulait scientifique, l&rsquo;<em>American Dream<\/em>. (En 1931, en pleine Grande D\u00e9pression, ce qui en dit long sur l&rsquo;importance de cette d\u00e9finition qui donnait aussi bien les param\u00e8tres de la r\u00e9ussite US jusqu&rsquo;alors, que ceux qu&rsquo;il fallait retrouver pour sortir de la Grande D\u00e9pression.) Dans cette d\u00e9finition, on trouvait \u00e9videmment le plein emploi, ou son \u00e9quivalent compte tenu des d\u00e9chets, qui impliquait un ch\u00f4mage d&rsquo;autour de 4% \u00e9quivalent effectivement \u00e0 une sorte de plein emploi. Cette d\u00e9finition impliquait la cr\u00e9ation d&rsquo;une puissante classe moyenne (<em>middle class<\/em>), avec un emploi stable, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cente, permettant de constituer un certain capital familial (habitation, notamment). Cette classe moyenne commen\u00e7a \u00e0 \u00eatre mise en place apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale qui acheva de dissiper les derniers signes les plus criants de la Grande D\u00e9pression et prit son essor dans les ann\u00e9es 1950. Elle fut d\u00e8s lors consid\u00e9r\u00e9e comme le facteur social fondamental de la stabilit\u00e9 du r\u00e9gime et la vitrine par excellence de la r\u00e9ussite \u00e9conomique du syst\u00e8me, le signe indubitable de la r\u00e9ussite de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa nouvelle situation, de 2009, implique une attaque directe, voire une possible d\u00e9sint\u00e9gration de cette classe moyenne. C&rsquo;est pourquoi certains commentateurs commencent \u00e0 s&rsquo;interroger sur la question fondamentale de savoir si le syst\u00e8me n&rsquo;est pas bris\u00e9. Le rapport entre la richesse et la prosp\u00e9rit\u00e9, lui, est bris\u00e9, notamment avec les ahurissantes disparit\u00e9s entre l&rsquo;infime pourcentage des tr\u00e8s riches qui monopolisent une part grotesque par son importance de cette richesse et le reste. Les \u00e9normes bonus de Wall Street dispens\u00e9s en pleine crise \u00e9conomique, sinon en pleine crise du syst\u00e8me, sont un signe \u00e9vident de cette rupture du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 1945, le professeur am\u00e9ricain d&rsquo;origine fran\u00e7ais Albert Gu\u00e9rard \u00e9crivait: \u00ab<em>Je doute<\/em> [que] <em>beaucoup d&rsquo;Europ\u00e9ens<\/em> [aient] <em>pleinement r\u00e9alis\u00e9 l&rsquo;\u00e9tendue du d\u00e9sastre, et \u00e0 quel point le pays \u00e9tait proche de sa ruine absolue, au moment o\u00f9 Roosevelt prit le pouvoir.<\/em>\u00bb Gu\u00e9rard ajoutait que la Grande D\u00e9pression \u00e9tait le seul \u00e9v\u00e9nement de l&rsquo;histoire des USA qui avait chang\u00e9 la psychologie am\u00e9ricaniste, avec la perte de croyance dans le syst\u00e8me. Dans ce jugement ne s&rsquo;inscrivait pas la vision \u00e0 plus long terme de l&rsquo;installation de la classe moyenne, que Gu\u00e9rard ne pouvait encore appr\u00e9hender; cette installation fut le r\u00e9sultat social et \u00e9conomique qui prendrait en compte ce changement de psychologie, qui trouverait ainsi le rem\u00e8de (temporaire ou artificiel, c&rsquo;est \u00e0 voir et \u00e0 d\u00e9battre) au bouleversement de la Grande D\u00e9pression et \u00e0 la rupture psychologique qu&rsquo;il avait engendr\u00e9e. Dans les commentaire signal\u00e9s plus haut, une id\u00e9e similaire du m\u00eame bouleversement psychologique (qui est, en fait, une rupture de la croyance collective dans le syst\u00e8me) est avanc\u00e9e, de la part de Mark Zandi: \u00ab<em>This Great Recession is an inflection point for the economy in many respects. I think the unemployment rate will be permanently higher, or at least higher for the foreseeable future. The collective<\/em> <strong>psyche<\/strong> has changed as a result of what we&rsquo;ve been through.<D>\u00bb Cela signifie que, comme avec la Grande D\u00e9pression, la Grande R\u00e9cession a introduit un changement majeur, une rupture dans la psychologie collective am\u00e9ricaniste, qui se r\u00e9sume dans la perte de la croyance dans ce syst\u00e8me. Pourtant, cette fois, les conditions sont pires qu&rsquo;avec la Grande D\u00e9pression car on ne voit pas quel rem\u00e8de pourrait \u00eatre apport\u00e9 puisque c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce rem\u00e8de qui a \u00e9t\u00e9 bris\u00e9 par la Grande R\u00e9cession. Le syst\u00e8me a perdu son assise sociale. Il est sur la corde raide.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 21 octobre 2009 \u00e0 07H01<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parmi les comptes divers qui sont en train de se faire autour de la crise \u00e9conomique qu&rsquo;a engendr\u00e9e la crise financi\u00e8re, il y a ceux des chiffres consid\u00e9rables du ch\u00f4mage aux USA. 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