{"id":71210,"date":"2009-10-27T05:28:49","date_gmt":"2009-10-27T05:28:49","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/27\/notes-sur-le-desinteret-pour-la-victoire\/"},"modified":"2009-10-27T05:28:49","modified_gmt":"2009-10-27T05:28:49","slug":"notes-sur-le-desinteret-pour-la-victoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/10\/27\/notes-sur-le-desinteret-pour-la-victoire\/","title":{"rendered":"Notes sur le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour la victoire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour la victoire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Afghanistan est devenu le centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat du monde classique, transatlantique, US et otanien, de la s\u00e9curit\u00e9  bref, de ce qui fait la cr\u00e8me de notre civilisation en mati\u00e8re de conflit et de s\u00e9curit\u00e9. Mais ce conflit est en train de d\u00e9passer le stade du pi\u00e8ge ou du bourbier pour atteindre un stade nouveau, quelque chose d&rsquo;inconnu jusqu&rsquo;ici, entre le trou noir d&rsquo;une op\u00e9ration sans fin et le stade maniaco-d\u00e9pressif de la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale occidentaliste; quelque chose qui est en train de nous d\u00e9passer et de nous emporter, bien au-del\u00e0 du probl\u00e8me des talibans, bien au-del\u00e0 de la question de la d\u00e9faite ou de la victoire; quelque chose qui s&rsquo;inscrit r\u00e9solument dans le cadre d&rsquo;une pathologie de la psychologie occidentaliste. (Ce texte prolonge et compl\u00e8te une autre note d&rsquo;analyse sur le sujet, du <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_guerre_sans_apres__01_09_2009.html\" class=\"gen\">1er septembre 2009<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis l&rsquo;\u00e9pisode du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_president_et_quelques_generaux_25_09_2009.html\" class=\"gen\">rapport<\/a> McChrystal, Obama ne cesse de reculer le moment de d\u00e9cision (d&rsquo;envoyer ou pas des renforts, et quels renforts, et pourquoi, etc.). Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN Rasmussen, qui avait fait en ao\u00fbt des relations am\u00e9lior\u00e9es avec la Russie son cheval de bataille, se trouve en octobre \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une croisade maximaliste d&rsquo;engagement en Afghanistan  disons, une sorte de McChrystal +, pour respecter la hi\u00e9rarchie du civil sur le militaire. Certaines sources, \u00e0 Bruxelles, jugent que Rasmussen est \u00ab<em>en train de r\u00e9unir un consensus <\/em>[maximaliste] <em>qui pourrait d\u00e9passer Obama si celui ci n&rsquo;y prend garde<\/em>\u00bb; d&rsquo;autres que, \u00ab<em>si Rasmussen continue comme \u00e7a, il va se faire remonter les bretelles, notamment par Obama<\/em>\u00bb. On verra.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPas de pr\u00e9visions politiques ici, car l&rsquo;Afghanistan n&rsquo;est pas le lieu de faire de la politique, ni m\u00eame la guerre d&rsquo;ailleurs. L&rsquo;Afghanistan est en train de devenir ce quelque chose d&rsquo;inconnu jusqu&rsquo;ici, de compl\u00e8tement nouveau. C&rsquo;est de cela que nous voulons parler<\/p>\n<h3>L&rsquo;Afghanistan? Vaste programme<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t C&rsquo;est un destin inattendu pour ce conflit que la direction US lan\u00e7a par n\u00e9cessit\u00e9, comme une riposte logique, un devoir de conformisme guerrier, \u00e0 l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001, alors que tout son int\u00e9r\u00eat, d\u00e8s le premier jour, allait \u00e0 une attaque contre l&rsquo;Irak. (On sait que, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi de 9\/11, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jour_meme_9_11_rumsfeld_veut_attaquer_l_irak_24_02_2006.html?admin=1\" class=\"gen\">Rumsfeld<\/a> passait une note \u00e0 ses services o\u00f9 il demandait qu&rsquo;on r\u00e9unisse d&rsquo;urgence tous les \u00e9l\u00e9ments permettant d&rsquo;impliquer Saddam et l&rsquo;Irak dans l&rsquo;attaque.) Quant aux alli\u00e9s, le soutien \u00e0 l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Afghanistan marquait plut\u00f4t leur r\u00e9v\u00e9rence pour la puissance imp\u00e9riale qu&rsquo;on avait os\u00e9e agresser, plus qu&rsquo;une alarme strat\u00e9gique vitale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu sommet de l&rsquo;OTAN de novembre 2002 \u00e0 Prague, on d\u00e9cida, dans le chef de l&rsquo;Alliance, de se donner le droit d&rsquo;intervenir hors-zone. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;ouvrir la voie \u00e0 une intervention de l&rsquo;OTAN en Afghanistan pour permettre aux Am\u00e9ricains d&rsquo;en \u00eatre quitte et de s&rsquo;occuper des choses s\u00e9rieuses (Irak, chaos cr\u00e9ateur, d\u00e9mocratisation du Moyen-Orient, l&rsquo;ordre <em>neocon<\/em> r\u00e9gnant sur le monde).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa France, qui s&rsquo;\u00e9tait jusqu&rsquo;alors oppos\u00e9e \u00e0 cette orientation de l&rsquo;OTAN, accepta. Henri Vernet et Thomas Cantaloube, dans leur <em>Chirac contre Bush<\/em>, production habituelle fran\u00e7aise \u00e0 fort soubassement pro-am\u00e9ricaniste sur la grande politique en direct, citent un fonctionnaire fran\u00e7ais, alors porte-parole du minist\u00e8re de la d\u00e9fense (Jean-Fran\u00e7ois Bureau), sur les raisons de cette attitude de la France. Passons vite sur les deux premi\u00e8res, de peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat (ne pas trop s&rsquo;opposer aux USA et esp\u00e9rer avoir plus de latitude pour la d\u00e9fense europ\u00e9enne  arguments hollywoodiens habituels), et arr\u00eatons-nous \u00e0 celle-ci:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Enfin, les militaires <\/em>[fran\u00e7ais] <em>refusent d&rsquo;\u00eatre tenus \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de l&rsquo;Alliance. Car si vous n&rsquo;\u00eates pas dans le coup avec les Am\u00e9ricains, si vous n&rsquo;\u00eates plus retenus pour aucune coalition, vous pouvez difficilement rester une arm\u00e9e cr\u00e9dible: une arm\u00e9e digne de ce nom doit pouvoir op\u00e9rer avec les Am\u00e9ricains.<\/em>\u00bb En effet, nous disent nos deux Sherlock Holmes de la g\u00e9opolitique transatlantique, l&rsquo;arm\u00e9e US est, dans les milieux militaires occidentalistes, \u00ab<em>la r\u00e9f\u00e9rence absolue<\/em>\u00bb. Dont acte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe sont de telles pens\u00e9es qui conduisent l&rsquo;Alliance, l&rsquo;Occident et le reste vers l&rsquo;Afghanistan, pens\u00e9es de l&rsquo;<em>establishment<\/em> militaire fran\u00e7ais en t\u00eate. Nos deux lascars concluent le chapitre: \u00ab<em>Le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle doit se retourner dans sa tombe<\/em>\u00bb Nous, nous pensons qu&rsquo;il a du se faire bien rire en se racontant \u00e0 nouveau cette histoire vraie du temps des vivants: lui, de Gaulle, passant en 1945 en revue un r\u00e9giment de chars de la France Libre, s&rsquo;arr\u00eatant devant l&rsquo;un d&rsquo;eux, avec son \u00e9quipage un peu confus puisque responsable de cette inscription type-gavroche parisien, \u00e0 la craie blanche, sur la tourelle: Mort aux cons; et de Gaulle, impassible ou imp\u00e9rial c&rsquo;est selon: \u00ab<em>Vaste programme.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela pour dire que nous venons de nulle part pour nous pr\u00e9cipiter dans l&rsquo;inconnu du n&rsquo;importe quoi, disons dans le trou noir afghan, en passe de devenir le trou du cul du monde occidentaliste  et avec les Am\u00e9ricains en plus, qui, comble du comble et cadeau du nouveau pr\u00e9sident, sont parvenus \u00e0 s&rsquo;y faire reprendre compl\u00e8tement<\/p>\n<h3>La guerre comme <em>open-ended proposition<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous arr\u00eatons l\u00e0 pour l&rsquo;historique, la politique et la strat\u00e9gie, ou l&rsquo;absence de ceci et de cela. Nous en venons \u00e0 la situation actuelle, que tout le monde conna\u00eet, pour tenter de l&rsquo;examiner sous un angle nouveau, ou dans tous les cas diff\u00e9rent. Il est tout de m\u00eame bon de garder \u00e0 l&rsquo;esprit, comme nous avons essay\u00e9 de le rappeler, que cette guerre fut, dans le grand vent de folie qui souleva l&rsquo;Occident \u00e0 partir de 9\/11, compl\u00e8tement p\u00e9riph\u00e9rique et accessoire. Nous laissons ceux qui \u00e9laborent depuis 8 ans des Grands Jeux pour en expliquer le sens cach\u00e9  nous les laissons \u00e0 leurs Grands Jeux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous en venons \u00e0 une intervention que nous citons par ailleurs dans le <em>Bloc-Notes<\/em>, ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quelques_pieces_du_puzzle_27_10_2009.html\" class=\"gen\">27 octobre 2009<\/a>, du professeur Andrew J. Bacevich, ancien colonel de l&rsquo;U.S. Army. Ce passage, surtout, nous int\u00e9resse:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>War has become a permanent condition.<\/em> [] <em>And &#8230; we&rsquo;ve now abandoned the notion that we can win wars quickly or cheaply. Our approach to war is one in which we now accept the notion that war is an open-ended proposition and that if someday out there some outcome is reached, it&rsquo;s likely to be an ambiguous outcome that really doesn&rsquo;t resemble in any sense the traditional definition of military victory.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;expression nous a fascin\u00e9s, et nous la modifions pour l&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;esprit des remarques de Bacevich, et aussi ouvrir la voie \u00e0 notre r\u00e9flexion: \u00ab<em>war<\/em> [<em>has become<\/em>] <em>an open-ended proposition.<\/em>\u00bb L&rsquo;interview est tr\u00e8s longue et Bacevich revient \u00e0 des consid\u00e9rations plus concr\u00e8tes, plus tactiques, ou des consid\u00e9rations budg\u00e9taires, etc., qui montrent selon lui, l&rsquo;absurdit\u00e9 op\u00e9rationnelle du conflit. A ces moments, qui forment l&rsquo;essentiel du propos, il revient \u00e0 la raison, il parle \u00e0 nouveau rationnellement, investissant par l\u00e0 m\u00eame ceux qu&rsquo;ils jugent (ceux qui font la guerre, ou sont partisans de la guerre) de la m\u00eame raison, mais dans ce cas utilis\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on fautive. Il perd le fil d&rsquo;une intuition tr\u00e8s pr\u00e9cieuse, qui anime les phrases que nous avons cit\u00e9es, et qui concerne la psychologie du conflit.<\/p>\n<h3>AK-47, montagnes et chaussures de tennis<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, nous versons une autre pi\u00e8ce au dossier, avec \u00e0 nouveau une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une citation faite dans le m\u00eame <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quelques_pieces_du_puzzle_27_10_2009.html\" class=\"gen\">27 octobre 2009<\/a>. Dans un tr\u00e8s r\u00e9cent texte (le <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/175130\/nick_turse_what_the_u_s_military_can_t_do\" class=\"gen\">22 octobre 2009<\/a>) pour <em>TomDispatch.com<\/em> (le site de Tom Engelhardt), Nick Turse rappelait un autre texte que lui-m\u00eame avait \u00e9crit, pour le m\u00eame site, le <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/175021\/nick_turse_are_the_army_s_days_of_the_future_past_\" class=\"gen\">15 janvier 2009<\/a>, o\u00f9 il faisait rapport de la 26\u00e8me conf\u00e9rence scientifique de l&rsquo;arm\u00e9e (<em>Army Science Conference<\/em>)  conf\u00e9rences o\u00f9 sont discut\u00e9es l&rsquo;avancement, les perspectives, les fantasmagories et, \u00e9ventuellement, l&#8217;emploi des nouvelles technologies.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a donc ce passage o\u00f9 Turse parle avec un tr\u00e8s haut grad\u00e9, sp\u00e9cialiste de la Grande Guerre contre la Terreur (GWOT), et entend l&rsquo;autre lui dire qu&rsquo;avec l&rsquo;\u00e9quipement que portent les soldats US (<strong>et alli\u00e9s<\/strong> puisque, comme vu plus haut, l&rsquo;arm\u00e9e US est \u00ab<em>la r\u00e9f\u00e9rence absolue<\/em>\u00bb), ils n&rsquo;ont aucune chance de vaincre l&rsquo;ennemi  taliban &#038; consorts  bien plus l\u00e9ger qu&rsquo;eux, bien plus souple, bien plus rapide, avec son AK-47 et ses chaussures de tennis. Alors Turse, na\u00efvement: alors, pourquoi ne pas changer l&rsquo;\u00e9quipement du soldat US, l&rsquo;adapter \u00e0 celui de la gu\u00e9rilla  ce que, jusqu&rsquo;ici, les diff\u00e9rents pays confront\u00e9s \u00e0 cette sorte de guerre  <strong>sauf<\/strong> les USA, par exemple au Vietnam  ont toujours fait? Confusion chez les interlocuteurs US, hauts grad\u00e9s, etc., discorde chez l&rsquo;ennemi en quelque sorte, jusqu&rsquo;\u00e0 cette r\u00e9ponse d&rsquo;un autre interlocuteur de Nurse, tout aussi \u00e9toil\u00e9 et sp\u00e9cialiste de GWOT: \u00ab<em>Yeah, I can&rsquo;t run the mountain with them, but I&rsquo;ll still get them  eventually.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette r\u00e9ponse est faite dans la confusion et n&rsquo;a, on le comprend, aucune signification. Si on ne peut avoir les talibans dans les montagnes, on ne peut pas les avoir puisque l&rsquo;Afghanistan n&rsquo;est fait que de montagnes. Le <em>but I&rsquo;ll still get them  eventually<\/em> (mais je les aurai quand m\u00eame  \u00e9ventuellement) est dit dans la confusion, et devrait \u00eatre plut\u00f4t: mais je les aurais s\u00fbrement  si l&rsquo;on s&rsquo;en tient \u00e0 la seule th\u00e9orie, en fonction de la puissance et de l&rsquo;excellence technologiques que je mets dans l&rsquo;\u00e9quipement de mes soldats.<\/p>\n<h3>La victoire n&rsquo;est plus une option<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDe ces diverses interventions, qui sont utilis\u00e9es par leurs auteurs pour leur argument, nous tirons une autre conclusion qu&rsquo;eux. Notre conclusion n&rsquo;est point que l&rsquo;on s&rsquo;y prend mal pour tenter de remporter la victoire, que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9quipe mal pour remporter la victoire  m\u00eame si ceci et cela est vrai, \u00e9videmment et <strong>rationnellement<\/strong>. Notre conclusion est que les chefs militaires, particuli\u00e8rement ces op\u00e9rationnels, ont perdu en r\u00e9alit\u00e9 tout int\u00e9r\u00eat pour la victoire. D&rsquo;ailleurs, ils ne savent plus vraiment ce qu&rsquo;est la victoire, cons\u00e9quence \u00e9vident de leur d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour la chose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, \u00ab<em>war<\/em> [<em>has become<\/em>] <em>an open-ended proposition<\/em>\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire quelque chose d&rsquo;ouvert aux options. Jusqu&rsquo;ici, la guerre n&rsquo;avait qu&rsquo;un seul but: la victoire. Aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est plus le cas. La victoire est secondaire, elle tend m\u00eame \u00e0 dispara\u00eetre comme option. Ce qui importe, c&rsquo;est que la guerre ait lieu, qu&rsquo;elle dure, qu&rsquo;elle dure m\u00eame ind\u00e9finiment tant qu&rsquo;elle ne se sera pas modifi\u00e9e selon les conceptions occidentalistes. Et l&rsquo;on \u00e9quipera les soldats comme on fait, qui p\u00e8sent comme des chaussures de plomb de scaphandrier, et l&rsquo;on emploiera des tactiques qui correspondent \u00e0 l&rsquo;avancement des conceptions occidentalistes  ce que Dimitri Rogozine nommait le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-epoque_des_evidences_cachees_contradictoires_et_peut-etre_irresistibles.html\" class=\"gen\">technologisme<\/a>, qui conduit les conceptions politiques am\u00e9ricanistes (occidentalistes).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut, on <strong>doit<\/strong> m\u00eame aller jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde. La victoire deviendrait m\u00eame contre-productive parce qu&rsquo;elle \u00f4te le champ de manuvre permanent aux arm\u00e9es, qui permet de pousser ce technologisme jusqu&rsquo;\u00e0 ses plus extr\u00eames limites  lesquelles sont infinies, comme le cro\u00eet la psych\u00e9 occidentaliste  <em>dito<\/em>, la guerre sans fin (\u00ab<em> War has become a permanent condition<\/em>\u00bb, dit aussi Bacevich). Il est par cons\u00e9quent <strong>\u00e9vident<\/strong> qu&rsquo;il est bien plus important d&rsquo;avoir un soldat \u00e9quip\u00e9 absurdement pour cette guerre, pour affirmer la justesse du technologisme, que d&rsquo;avoir un soldat capable de battre le taliban.<\/p>\n<h3>La th\u00e8se de l&rsquo;abc\u00e8s de fixation n&rsquo;a pas cours <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, bien s\u00fbr, il y a la th\u00e8se du complot, ou de l&rsquo;abc\u00e8s de fixation. Elle pr\u00e9valait d\u00e9j\u00e0 du temps du Vietnam, chez les strat\u00e8ges habiles (les USA ont un int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique \u00e0 d\u00e9ployer 500.000 hommes tout proches de la Chine, pas tr\u00e8s loin de l&rsquo;URSS  avantage strat\u00e9gique \u00e9norme). On sait comment le Vietnam s&rsquo;est termin\u00e9, et autant pour l&rsquo;avantage strat\u00e9gique. Et l&rsquo;on sait aussi, aujourd&rsquo;hui, que la d\u00e9faite fut psychologique et non militaire, comme ce fut \u00e9vident d\u00e8s la bataille du T\u00eat, victoire militaire US et d\u00e9faite politique et strat\u00e9gique qui annonce la d\u00e9faite compl\u00e8te des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa th\u00e8se de l&rsquo;abc\u00e8s de fixation pouvait \u00eatre soutenue en 2001 ou en 2002, autant pour l&rsquo;Irak que pour l&rsquo;Afghanistan. (Quoiqu&rsquo;avec difficult\u00e9s, lorsque l&rsquo;on rappelle, comme on l&rsquo;a fait plus haut, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la direction US pour l&rsquo;Afghanistan.) Mais aujourd&rsquo;hui, o\u00f9 ces deux guerres \u00e9puisent les pays qui la font si absurdement par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, acc\u00e9l\u00e8rent les crises du syst\u00e8me (voir ce que <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-transformation_de_la_guerre_le_complexe_contre_le_systeme_08_03_2008.html\" class=\"gen\">Stiglitz<\/a> a d\u00e9montr\u00e9 de l&rsquo;effet du co\u00fbt de la guerre en Irak sur la crise int\u00e9rieure US)? Aujourd&rsquo;hui, o\u00f9 l&rsquo;on est forc\u00e9 de s&rsquo;entendre avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_russie_centre_structurant_22_10_2009.html\" class=\"gen\">la Russie<\/a>, aux termes de la Russie, \u00e0 cause de la logistique de cette monstrueuse arm\u00e9e faite pour ne pas emporter la victoire? O\u00f9 les tenants des th\u00e8ses extr\u00e9mistes et complotistes essuient revers sur revers strat\u00e9giques dans la r\u00e9gion, dans d&rsquo;autres domaines (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_axe_southstram_22_10_2009.html\" class=\"gen\">voir<\/a> <em>SouthStream<\/em>), d&rsquo;ailleurs souvent avec certains Occidentaux passant de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9? Il y a longtemps que le rapport co\u00fbt\/efficacit\u00e9 a compl\u00e8tement bascul\u00e9, du c\u00f4t\u00e9 de celui qui se tire balle apr\u00e8s balle dans le pied, et m\u00eame ailleurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre int\u00e9r\u00eat ne va pas du c\u00f4t\u00e9 de cette th\u00e8se, qui est \u00e0 notre sens compl\u00e8tement discr\u00e9dit\u00e9e, voire m\u00eame complice des conceptions de technologisme en niant implicitement la pr\u00e9dominance de ce facteur. Elle va vers le domaine de la psychologie.<\/p>\n<h3>Plut\u00f4t avoir raison que gagner la guerre<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUne des sources cit\u00e9es au d\u00e9but, qui rapportait le <em>consensus<\/em> que Rasmussen est en train d&rsquo;\u00e9tablir pour une formule que nous nommons avec une certaine intention de d\u00e9rision McChrystal +, observait \u00e9galement que le divorce est aujourd&rsquo;hui presque complet entre les experts et les intellectuels de la guerre d&rsquo;une part, les dirigeants politiques d&rsquo;autre part. Les premiers jugent la guerre impossible \u00e0 gagner et recommandent donc implicitement de chercher une strat\u00e9gie de sortie, les seconds pensent qu&rsquo;il faut aller jusqu&rsquo;au bout et gagner la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe n&rsquo;est pas gagner la guerre qu&rsquo;il faut dire mais plut\u00f4t qu&rsquo;il faut aller jusqu&rsquo;au bout et prouver que l&rsquo;Occident a raison (moralement, politiquement, d&rsquo;un point de vue humanitaire, pour sa bonne conscience, tout ce que vous voulez  c&rsquo;est-\u00e0-dire, que l&rsquo;Occident doit, si l&rsquo;on ose dire, avoir <strong>rationnellement<\/strong> raison). En s&rsquo;exprimant d&rsquo;une autre fa\u00e7on, en termes plus triviaux et politiciens, c&rsquo;est rejoindre les militaires et soutenir la doctrine du technologisme. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, les hommes politiques, par leur engagement qui r\u00e9pond \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;enfermement de leur doctrine de communication, soutiennent implicitement ces militaires-l\u00e0 pour l&rsquo;application concr\u00e8te du technologisme: oui, le soldat doit \u00eatre \u00e9quip\u00e9 comme il l&rsquo;est, absurdement, parce que cela r\u00e9pond au technologisme, qui est dans ce cas l&rsquo;expression militaire de l&rsquo;avancement de notre raison occidentaliste. Ce soldat \u00e9quip\u00e9 comme il est, c&rsquo;est aussi le triomphe de la modernit\u00e9, au m\u00eame titre que les droits de l&rsquo;homme et <em>tutti quanti<\/em> du m\u00eame sac.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour eux aussi, ces dirigeants politiques, sur ce point particulier, la victoire dans le sens militaire, chose devenue triviale, n&rsquo;est plus l&rsquo;essentiel. Par ailleurs, et \u00e0 d&rsquo;autres moments tr\u00e8s nombreux, ils diront le contraire, parce qu&rsquo;ils ont un \u00e9lectorat, que la guerre co\u00fbte cher, etc.; parce qu&rsquo;ils sont politiciens, et politiciens postmodernes, donc inconstants, la pens\u00e9e courte et r\u00e9duite \u00e0 la prochaine \u00e9lection ou au prochain sondage; ce sont des alli\u00e9s des militaires, mais des alli\u00e9s incertains, comme tout homme politique aujourd&rsquo;hui. Il n&#8217;emp\u00eache que sur le point du technologisme, ils \u00e9pousent la cause. Les Am\u00e9ricains traduisent cela en terme d&rsquo;<em>hubris<\/em>, comme on le lit dans l&rsquo;autre extrait important de l&rsquo;interview de Bacevich que nous donnons <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quelques_pieces_du_puzzle_27_10_2009.html\" class=\"gen\">par ailleurs<\/a>; ces affirmations d&rsquo;<em>hubris<\/em> chez un Obama ou une Clinton sont d&rsquo;autant plus path\u00e9tiques lorsqu&rsquo;on observe le repli g\u00e9n\u00e9ral de la politique US, partout en d\u00e9route. Mais nous ne sommes plus sur le territoire de la raison jugeant le monde mais sur celui de l&rsquo;esprit d&rsquo;une raison devenue raison d&rsquo;\u00eatre de la pens\u00e9e, et niant le monde qui lui d\u00e9nierait ce r\u00f4le. Leur raison n&rsquo;est plus l\u00e0 pour juger de l&rsquo;\u00e9tat du monde mais pour justifier ce qu&rsquo;elle-m\u00eame d\u00e9cr\u00e8te de ce qui devrait \u00eatre l&rsquo;\u00e9tat du monde.<\/p>\n<h3>L&rsquo;Afghanistan, comme Wall Street et le JSF<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9 notre approche psychologique&#8230; Ce qui est en jeu en Afghanistan n&rsquo;est pas la victoire mais le fait que nous avons raison. Cette affirmation rationnelle conduit \u00e0 la situation non pas maladroite, mauvaise, perdante \u00e0 terme, \u00e9puisante jusqu&rsquo;\u00e0 la crise int\u00e9rieure pour nos pays, comme on pourrait en juger selon le bon sens, mais \u00e0 une situation irrationnelle impliquant une pr\u00e9vision absurde, qui d\u00e9fie le bon sens. Cela est logique. Nous ne pouvons accepter que le syst\u00e8me occidentaliste, avec ses divers rejetons (dont le technologisme), soit mauvais, vici\u00e9, pervers. Il est trop beau, trop juste, trop moral, trop civilisateur   et puis, d&rsquo;ailleurs, il est trop grand et trop fort pour perdre et tomber  <em>too big to fail\/to fall<\/em> L&rsquo;Afghanistan rejoint aujourd&rsquo;hui Wall Street et le JSF dans la m\u00eame course perverse. Effectivement, nous ne tomberons <strong>jamais<\/strong> sous les coups des talibans &#038; compagnie, nous tomberons de nous-m\u00eames, rong\u00e9s par nos propres <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_fable_des_termites_et_des_conduites_pourries_22_09_2008.html\" class=\"gen\">termites<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous restons en Afghanistan parce que nous avons raison contre tous et contre tout ce que nous hurle la r\u00e9alit\u00e9. Nous restons en Afghanistan, \u00e9quip\u00e9 en martiens avec 80 kilos d&rsquo;\u00e9quipement pour chaque soldat parce que le technologisme a raison contre ce que nous r\u00e9p\u00e8tent sans fin tous les enseignements de toutes les guerres de cette sorte. Nous restons en Afghanistan parce que notre syst\u00e8me est trop vrai, trop juste, <em>too big to fail\/to fall<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous disons nous parce que, pour cette fois, comme disait l&rsquo;autre, nous sommes tous am\u00e9ricanistes. Puisque, comme disent les autres cit\u00e9s plus haut, l&rsquo;arm\u00e9e US est \u00ab<em>la r\u00e9f\u00e9rence absolue<\/em>\u00bb. Tout cela est logique, puisque nous sommes dans la m\u00eame barque qui prend eau de toutes parts.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi l&rsquo;Afghanistan est-il devenu notre trou noir, o\u00f9 le syst\u00e8me se vide comme une baignoire se vide, en y mettant ses hommes, ses \u00e9quipements, ses th\u00e9ories, son argent, alors que de plus en plus d&rsquo;observateurs, y compris d\u00e9sormais les appoint\u00e9s-penseurs du syst\u00e8me, de plus en plus d\u00e9gris\u00e9s et hors des cercles des militaires technologiques et des hommes politiques communicationnels, crient: nous allons \u00e0 la catastrophe. Et comment, nous y allons, et bille en t\u00eate, encore! L&rsquo;Afghanistan est devenu un super-Irak, puisque les amis sont avec les USA d&rsquo;une fa\u00e7on officielle et formelle; un super-Irak o\u00f9 tout le syst\u00e8me continue \u00e0 se vider de sa substance. Apr\u00e8s tout, d&rsquo;accord, c&rsquo;est effectivement un abc\u00e8s de fixation, mais pour notre crise, pas pour les soi-disant avantages strat\u00e9giques.<\/p>\n<h3>La continuation de l&rsquo;utopie par d&rsquo;autres moyens<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne cherchons pas la victoire en Afghanistan. Nous cherchons \u00e0 montrer que nous avons raison, que le syst\u00e8me est bon. L&rsquo;une des cons\u00e9quences collat\u00e9rales \u00e9tonnantes est que nous avons ainsi transform\u00e9 la guerre, peut-\u00eatre d&rsquo;une fa\u00e7on irr\u00e9m\u00e9diable. Elle n&rsquo;est plus la continuation de la politique par d&rsquo;autres moyens mais la continuation de l&rsquo;utopie par d&rsquo;autres moyens. L&rsquo;utopie ne cherche pas la victoire, qui est n\u00e9cessairement un compromis avec la r\u00e9alit\u00e9, elle cherche la transformation du monde Nous ne voulons pas la d\u00e9faite des talibans, nous voulons la d\u00e9faite de la r\u00e9alit\u00e9. Voil\u00e0 pourquoi il s&rsquo;agit d&rsquo;une guerre sans fin Enfin, fa\u00e7on de parler.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCar cette guerre est path\u00e9tique, elle est <strong>devenue<\/strong> path\u00e9tique. Elle est la guerre de notre survie, comme le maintien de Wall Street ou le programme JSF sont des conditions de notre survie, en tant que syst\u00e8me. La guerre d&rsquo;Afghanistan est sans fin sauf qu&rsquo;elle s&rsquo;arr\u00eatera d&rsquo;elle-m\u00eame, lorsque le syst\u00e8me se sera effondr\u00e9, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, \u00e0 sa fa\u00e7on, d&rsquo;une fa\u00e7on que nous ignorons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe monstre est \u00e0 son terme, maintenue partout en survie artificielle. Alors que, tout de m\u00eame, nos experts s&rsquo;inqui\u00e8tent, nos hommes politiques et nos McChrystal bard\u00e9s de lunettes noires et de gilets pare-balles s&rsquo;exclament, s&rsquo;exclament Il faut qu&rsquo;il tienne, le syst\u00e8me! Il faut qu&rsquo;il tienne! Tendez l&rsquo;oreille : badaboum<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour la victoire L&rsquo;Afghanistan est devenu le centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat du monde classique, transatlantique, US et otanien, de la s\u00e9curit\u00e9 bref, de ce qui fait la cr\u00e8me de notre civilisation en mati\u00e8re de conflit et de s\u00e9curit\u00e9. 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