{"id":71233,"date":"2009-11-03T05:52:59","date_gmt":"2009-11-03T05:52:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/03\/notes-sur-le-jsf-post-911-et-lamerican-nightmare\/"},"modified":"2009-11-03T05:52:59","modified_gmt":"2009-11-03T05:52:59","slug":"notes-sur-le-jsf-post-911-et-lamerican-nightmare","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/03\/notes-sur-le-jsf-post-911-et-lamerican-nightmare\/","title":{"rendered":"Notes sur le JSF <em>post<\/em>-9\/11 et l&rsquo;<em>American Nightmare<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Notes sur le JSF <em>post<\/em>-9\/11 et l&rsquo;<em>American Nightmare<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Les plus r\u00e9centes informations sur le rapport de l&rsquo;\u00e9quipe JET (voir notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_programme_jsf_dans_une_situation_critique_31_10_2009.html\">31 octobre 2009<\/a>) montrent que le programme JSF est entr\u00e9 dans une phase d\u00e9licate, sinon d\u00e9cisive. Cette fois, ce sont les autorit\u00e9s civiles, au Pentagone lui-m\u00eame, qui reconnaissent indirectement que la situation est \u00e0 cet \u00e9gard au moins incertaine. Toute l&rsquo;ann\u00e9e 2009 a ainsi \u00e9t\u00e9 parcourue de pol\u00e9miques et d&rsquo;interrogations \u00e0 propos de ce programme qui est d\u00e9sormais central \u00e0 toute la strat\u00e9gie et \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipement des forces a\u00e9riennes des USA pour des d\u00e9cennies, donc central \u00e0 la puissance US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette m\u00eame ann\u00e9e 2009 avait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e \u00e0 son d\u00e9but, pour notre \u00e9valuation du programme JSF, par la publication d&rsquo;un texte de Peter Goon (voir notre <em>F&#038;C<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-et_voici_le_jsf-bullshit_21_02_2009.html\">21 f\u00e9vrier 2009<\/a>) qui nous avait particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9. L&rsquo;analyse de Peter Goon renfor\u00e7ait notre propre conviction, largement d\u00e9velopp\u00e9e depuis plusieurs ann\u00e9es. Pour nous, le programme JSF, tel qu&rsquo;il nous \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es, comme une r\u00e9ussite colossale destin\u00e9e \u00e0 \u00e9craser le monde de l&rsquo;a\u00e9ronautique militaire, avec toutes les cons\u00e9quences politiques qui vont avec, constituait d&rsquo;abord une cr\u00e9ation virtualiste \u00e9galement colossale g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;activit\u00e9 de communication des forces impliqu\u00e9es dans ce programme. L&rsquo;analyse de Goon \u00e9tait le signe que cette hypoth\u00e8se arrivait \u00e0 maturation, c&rsquo;est-\u00e0-dire que d&rsquo;autres analystes arrivaient \u00e0 la m\u00eame conclusion, sugg\u00e9rant la confirmation qu&rsquo;il y avait effectivement un montage virtualiste, et que ce montage virtualiste entrait d\u00e9finitivement en contact antagoniste avec la r\u00e9alit\u00e9. La compr\u00e9hension du \u00ab\u00a0montage\u00a0\u00bb est donc un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne JSF, et un facteur essentiel pour appr\u00e9hender son destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous faisons ici une analyse r\u00e9trospective de ce programme, pour esquisser une perspective du programme, en m\u00eame temps que pour renforcer cette hypoth\u00e8se radicale faite \u00e0 son propos d&rsquo;une construction virtualiste du programme JSF pr\u00e9sentant cette image de triomphe irr\u00e9sistible qui se trouve aujourd&rsquo;hui compl\u00e8tement mise \u00e0 mal par la r\u00e9alit\u00e9. Cette analyse nous conduit \u00e0 un historique directement lien \u00e0 l&rsquo;attaque 9\/11 et \u00e0 la r\u00e9action extraordinaire qui a marqu\u00e9 la politique US et sa pr\u00e9sentation par la communication. La proposition selon laquelle le programme JSF suit exactement le destin de la puissance US, entre sa pr\u00e9sentation de communication triomphante des ann\u00e9es 2001-2003 et sa r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9clin acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 est ici parfaitement rencontr\u00e9e. Notre historique est bas\u00e9 sur la proposition qu&rsquo;il exista deux JSF, le \u00ab\u00a0JSF <em>ante<\/em>-9\/11&Prime; et le \u00ab\u00a0JSF <em>post<\/em>-9\/11&Prime;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Alors que le sort du \u00ab\u00a0JSF <em>ante<\/em>-9\/11&Prime; aura d&ucirc; \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 depuis longtemps de fa\u00e7on fort diff\u00e9rente qu&rsquo;il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu 9\/11 &ndash; \u00e9videmment &ndash;, le sort du \u00ab\u00a0JSF <em>post<\/em>-9\/11&Prime; commence aujourd&rsquo;hui \u00e0 entrer dans le calvaire de sa confrontation avec la r\u00e9alit\u00e9, en crise exactement comme l&rsquo;Am\u00e9rique est en crise affich\u00e9e depuis 9\/15. La th\u00e8se qu&rsquo;on identifiera sous-jacente dans cette analyse est effectivement que l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 et toutes les cons\u00e9quences politiques et psychologiques qu&rsquo;elle amena jou\u00e8rent un r\u00f4le essentiel dans le destin du JSF<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Et\u00e9 2000: le JSF au bord de l&rsquo;abandon<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2000, le JSF filait un tr\u00e8s mauvais coton. Il \u00e9tait au bord de l&rsquo;abandon. Dans la chronique <em>de defensa<\/em> de notre lettre d&rsquo;analyse <em>dd&#038;e<\/em> du 10 juin 2000, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_defensa_volume_15_n18_du_10_juin_2000_panique_jsf_10_06_2000.html?admin=1\">accessible<\/a> sur ce site, nous \u00e9crivions, citant l&rsquo;un des experts-relais favori du complexe militato-industriel, Richard Aboulafia:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;&hellip; [C]<em> comme le note une source industrielle europ\u00e9enne, \u00ab\u00a0aujourd&rsquo;hui, dans le programme JSF tout est possible, y compris l&rsquo;abandon\u00a0\u00bb. L&rsquo;expert am\u00e9ricain Richard Aboulafia, consultant du Teal Group, bas\u00e9 en Virginie, remarque (le 17 mai 2000 dans le New York Times) que \u00ab\u00a0tout le monde voudrait assister \u00e0 ses fun\u00e9railles<\/em> [du JSF] <em>mais personne ne veut \u00eatre l&rsquo;assassin.\u00a0\u00bb Il y a cinq mois (dans Aviation Week &#038; Space Technology, le 1er janvier 2000), le m\u00eame Aboulafia expliquait : \u00ab\u00a0Le JSF pourrait faire \u00e0 l&rsquo;industrie europ\u00e9enne ce que le F-16 a presque r\u00e9ussi: la d\u00e9truire.<\/em> [&#8230;] <em>Le JSF est au moins autant une strat\u00e9gie nationale qu&rsquo;un programme d&rsquo;avion de combat.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Les <em>neocons<\/em> contre le JSF<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les r\u00e9publicains, particuli\u00e8rement, \u00e9taient oppos\u00e9s au JSF, qui \u00e9tait au d\u00e9part un avion \u00ab\u00a0d\u00e9mocrate\u00a0\u00bb (lanc\u00e9 sous l&rsquo;administration Clinton, en 1993-1994), faisant appel \u00e0 une coop\u00e9ration internationale que ces m\u00eames r\u00e9publicains ne go&ucirc;tent gu\u00e8re. Cette opposition, cette fois fond\u00e9e sur des arguments op\u00e9rationnels et de s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e9tait clairement explicit\u00e9e, dans leur \u00ab\u00a0centre de pens\u00e9e\u00a0\u00bb, le <em>Project for the New American Century<\/em>, groupe de pression constitu\u00e9 en 1997, rassemblant les <em>neocons<\/em> de l&rsquo;AEI (Perle, Kristoll, Wolfowitz, etc.) et divers \u00ab\u00a0faucons\u00a0\u00bb r\u00e9publicains, notamment Donald Rumsfeld, Dick Cheney, etc. En septembre 2000, le PNAC diffusait un document : <em>Rebulding America&rsquo;s Defenses, Strategy, Forces and Resources For a New Century, &ndash; A Report of The Project for the New American Century<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte de \u00ab\u00a0<em>road map<\/em>\u00a0\u00bb pour le candidat GW Bush, dont on esp\u00e9rait ardemment la victoire et dont on attendait que cette victoire serait une affirmation d\u00e9finitive de la puissance h\u00e9g\u00e9monique des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici le passage consacr\u00e9 au JSF. (Le site PNAC n&rsquo;est plus activ\u00e9 depuis au moins le 20 mai 2008. On peut trouver des information sur le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Project_for_the_New_American_Century\">NPAC<\/a>, sur <em>Wikipedia<\/em>. Le rapport, lui, n&rsquo;est plus disponible en ligne.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>If the F-22 is less than perfectly suited to today&rsquo;s needs, the problem of the Joint Strike Fighter program is a larger one altogether. Moreover, more than half the total F-22 program cost has been spent already, while spending to date on the JSF &ndash; although already billions of dollars &ndash; represents the merest tip of what may prove to be a $223 billion iceberg. And greater than the technological challenges posed by the JSF or its total cost in dollars is the question as to whether the program, which will extend America&rsquo;s commitment to manned strike aircraft for 50 years or more, represents an operationally sound decision. Indeed, as will be apparent from the discussion below on military transformation and the revolution in military affairs, it seems unlikely that the current paradigm of warfare, dominated by the capabilities of tactical, manned aircraft, will long endure. An expensive Joint Strike Fighter with limited capabilities and significant technical risk appears to be a bad investment in such a light, and the program should be<\/em> <strong><em>terminated<\/em><\/strong><em>. It is a roadblock to transformation and a sink-hole for defense dollars.<\/em>&laquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le document ne jure que par la RMA (<em>Revolution in Military Affairs<\/em>) et par le mot-symbole \u00ab\u00a0<em>Transformation<\/em>\u00ab\u00a0. Ce furent les leitmotivs des neuf premiers mois de l&rsquo;\u00e8re Rumsfeld. Le JSF n&rsquo;y avait pas sa place.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Rumsfeld entre 9\/10 et 9\/11<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le 10 d\u00e9cembre 2002, dans le texte de la rubrique <em>Contexte<\/em> de la Lettre d&rsquo;Analyse <em>dd&#038;e<\/em>, nous consacrions un texte au <em>JSF post-9\/11<\/em> (texte disponible sur ce site \u00e0 la date du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-jsf_post-9_11_rubrique_contexte_volume_18_n07_du_10_decembre_2002_20_12_2002.html?admin=1\">20 d\u00e9cembre 2002<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous commencions ce texte par ces deux paragraphes:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Une hypoth\u00e8se que nous tenons comme tr\u00e8s probable est que le programme JSF aurait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9, r\u00e9duit ou d\u00e9natur\u00e9, si l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 n&rsquo;avait pas eu lieu. La veille, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Rumsfeld avait fait un discours d&rsquo;une puissance stup\u00e9fiante, que nous avions comment\u00e9 pour nos lecteurs; comme on s&rsquo;en doute, ce discours n&rsquo;a pas surv\u00e9cu aux \u00e9v\u00e9nements du lendemain.<\/em> (Ce discours a \u00e9t\u00e9 comment\u00e9 sur ce site, naturellement \u00e0 la date du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_courage_de_rumsfeld_et_un_discours_qui_merite_de_faire_date_11_09_2001.html\">11 septembre 2002<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Rumsfeld d\u00e9veloppait l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;Am\u00e9rique courait un danger, sans doute comme elle n&rsquo;en avait jamais connu auparavant, m\u00eame contre l&rsquo;URSS, et que ce danger \u00e9tait le fruit de la menace qui pesait, celle de la prolif\u00e9ration de la bureaucratie washingtonienne, celle du Pentagone principalement, qui, par sa puissance et sa pesanteur, paralyse les processus, bloque les r\u00e9formes, etc. Ce discours, &mdash; qui p\u00e8se aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une ironie extraordinaire si l&rsquo;on songe aux \u00e9v\u00e9nements du lendemain &mdash; portait, entre ses lignes, mais d&rsquo;une fa\u00e7on fort visible, une logique dont l&rsquo;un des effets aurait \u00e9t\u00e9, sans le moindre doute, au travers de l&rsquo;attaque contre la bureaucratie et ses programmes qu&rsquo;il annon\u00e7ait, la mise en cause sous une forme ou une autre du JSF.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Conclusion de notre hypoth\u00e8se \u00e0 ce point: si le 10 septembre 2001, avec le fameux <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_courage_de_rumsfeld_et_un_discours_qui_merite_de_faire_date_11_09_2001.html\">discours<\/a> de Rumsfeld, n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 suivi du 11 septembre 2001, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense aurait lanc\u00e9 une offensive massive contre la bureaucratie et, sans doute, le JSF y aurait perdu des plumes essentielles \u00e0 sa survie, alors qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fort mal en point.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais non, le 11 septembre 2001 suivit bien le 10 septembre&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Automne 2001: \u00ab\u00a0<em>JSF is back<\/em>\u00ab\u00a0<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Dans le m\u00eame texte sur le <em>JSF post-9\/11<\/em> qui concerne le monde qui s&rsquo;arr\u00eate au 10 septembre 2001, nous encha&icirc;nions sur les deux paragraphes cit\u00e9s par les deux paragraphes suivants, qui ressortent du monde d&rsquo;apr\u00e8s le 11 septembre 2001:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>9\/11 a tout chang\u00e9. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a suscit\u00e9 une politisation radicale de tous les domaines aux USA. La question des armements y figure au premier rang, particuli\u00e8rement dans son aspect le plus avanc\u00e9 des technologies. C&rsquo;est encore plus le cas d&rsquo;un syst\u00e8me aux pr\u00e9tentions globales comme le JSF, qui repr\u00e9sente \u00e0 lui seul une strat\u00e9gie \u00e0 l&rsquo;exportation, voire la seule strat\u00e9gie \u00e0 l&rsquo;exportation possible (concevable) des &Eacute;tats-Unis. Il y a un JSF post-9\/11, qui diff\u00e8re fondamentalement du JSF d&rsquo;avant l&rsquo;attaque.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>La r\u00e9action \u00e0 9\/11 a \u00e9t\u00e9 double aux USA : r\u00e9affirmation agressive et panique profonde. Le JSF et la strat\u00e9gie \u00e0 l&rsquo;exportation qu&rsquo;il repr\u00e9sente constituent \u00e9videmment le relais quasiment automatique de la premi\u00e8re r\u00e9action, celle de la r\u00e9affirmation agressive. Le JSF est devenu une \u00ab\u00a0arme\u00a0\u00bb pour \u00e9tablir un nouvel ordre (am\u00e9ricain) que l&rsquo;attaque 9\/11 rend imp\u00e9ratif.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un mois apr\u00e8s l&rsquo;attaque 9\/11, Lockheed Martin (LM) \u00e9tait s\u00e9lectionn\u00e9 contre Boeing. Son X-35, \u00ab\u00a0d\u00e9monstrateur de technologies\u00a0\u00bb, devint le F-35, d\u00e9nomination officielle du Pentagone du JSF. LM devint un acteur central du jeu strat\u00e9gique et id\u00e9ologique des USA. On \u00ab\u00a0d\u00e9couvrit\u00a0\u00bb alors que les <em>neocons<\/em> \u00e9taient largement contr\u00f4l\u00e9s par LM, avec des hommes comme Bruce P. Jackson (encore vice-pr\u00e9sident de LM en 2001) et Thomas Donnelly.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Boeing \u00e9tait rel\u00e9gu\u00e9 au second plan. Il en garda une solide ranc&oelig;ur contre LM. D\u00e8s qu&rsquo;on commen\u00e7a \u00e0 mesurer les \u00e9normes difficult\u00e9s du JSF sept ans plus tard, Boeing, avec le discret soutien de la Navy (qui est \u00e9quip\u00e9e principalement du Boeing F\/A-18 et n&rsquo;a jamais br&ucirc;l\u00e9 d&rsquo;un amour excessif pour le JSF, malgr\u00e9 qu&rsquo;elle soit inscrite sur la liste des acheteurs), enfreignit les consignes tacites du JSF Program Office (JPO) du Pentagone du monopole JSF pour les USA sur les march\u00e9s o&ugrave; se trouve le JSF. Boeing a plac\u00e9 son F\/A-18E\/F en concurrence du JSF, notamment en Norv\u00e8ge, au Danemark et au Canada. Cela conduisit \u00e0 quelques incidents s\u00e9v\u00e8res JPO-Boeing, notamment en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_attaque_contre_le_scandaleux_concurrent_du_jsf_et_il_est_americain_16_07_2008.html\">juillet 2008<\/a>, \u00e0 Farnborough. Cette tension subsiste aujourd&rsquo;hui, plus que jamais avec les avatars que conna&icirc;t le JSF.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En mai 2005, LM compl\u00e9ta son dispositif pro-JSF, ou bien est-ce la fortune du Ciel qui lui sourit. Gordon England, ancien vice-pr\u00e9sident de General Dynamics recycl\u00e9 chez Lockheed Martin, passa du poste de secr\u00e9taire \u00e0 la Navy \u00e0 la fonction toute puissante de N&deg;2 du Pentagone (sous-Secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense). Tout au long de 2006, c&rsquo;est England qui sauva la participation UK, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jsf_et_l_ultimatum_britannique_13_03_2006.html?admin=1\">un moment<\/a> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-lord_drayson_goes_to_senate_15_03_2006.html?admin=1\">menac\u00e9e<\/a>, dans le programme JSF. En novembre 2007, England fut renforc\u00e9 par John J. Young, qui venait \u00e9galement du cabinet de l&rsquo;U.S. Navy pour prendre le poste de n&deg;3 du Pentagone, \u00e0 la direction des acquisitions; Young avait \u00e9t\u00e9 chez General Dynamics puis LM dans les ann\u00e9es 1990, \u00e0 la direction du programme F-16. Jamais une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;armement n&rsquo;avait autant verrouill\u00e9 la direction du Pentagone, au moment o&ugrave; un programme de $300 milliards passait les principaux obstacles de son d\u00e9veloppement. Young nous expliqua plus tard (le 16 janvier 2009, dans un m\u00e9morandum secret que nous pr\u00e9sent\u00e2mes le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_roi-jsf_est_nu_05_02_2009.html\">5 f\u00e9vrier 2009<\/a>) ce qui n&rsquo;allait pas dans le programme JSF, d\u00e8s sa conception.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(On retrouve les deux hommes, England et Young, lib\u00e9r\u00e9s de leur \u00ab\u00a0mission\u00a0\u00bb au Pentagone, regroup\u00e9s dans une agence de \u00ab\u00a0conseil strat\u00e9gique\u00a0\u00bb, <em>E6P Partners<\/em> soutenue par Lockheed Martin, dont le r\u00f4le est de faire la promotion du JSF, notamment aupr\u00e8s de Gates. Voir tous les d\u00e9tails de la chose dans notre <em>F&#038;C<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-gates_et_jet_fort-worth_aller-retour_03_09_2009.html\">3 septembre 2009<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Reconstruction du JSF<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>9\/11 op\u00e9ra comme un charme par rapport \u00e0 la situation du JSF d&rsquo;avant 9\/11. Les ambitions moralo-bellicistes des USA devinrent la symphonie fondamentale de la politique am\u00e9ricaniste. Le JSF s&rsquo;imposa rapidement comme le symbole industriel de la puissance US triomphante, donc quelque chose qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas question de mettre en cause. L&rsquo;engagement dans le JSF \u00e9tait alors un acte de soumission \u00e0 la puissance US, autant qu&rsquo;un bon placement pour obtenir tous les avantages possibles de cette puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;OTAN servit de relais aux pays concern\u00e9s (les pays europ\u00e9ens, dans ce cas), au travers des multiples r\u00e9seaux militaires en place depuis des d\u00e9cennies. Parall\u00e8lement, on retrouvait les \u00ab\u00a0amis\u00a0\u00bb les plus proches de la lutte contre la terreur, certains fournissant des contingents pour l&rsquo;une ou l&rsquo;autre campagne en cours selon l&rsquo;inspiration du couple Rumsfeld-Cheney: les Britanniques in\u00e9vitablement, les Australiens, les Hollandais; les Isra\u00e9liens \u00e9galement, avec les \u00ab\u00a0relations sp\u00e9ciales\u00a0\u00bb qu&rsquo;on conna&icirc;t.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sans le moindre doute \u00e0 cet \u00e9gard, il n&rsquo;existe pas un seul programme industriel, un seul programme d&rsquo;armement o&ugrave; l&rsquo;implication id\u00e9ologique fut et reste plus forte, plus omnipr\u00e9sente, plus radicale, &mdash; plus th\u00e9orique \u00e9galement, c&rsquo;est-\u00e0-dire symbolique, puisqu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9vident que le JSF ne serait jamais l&rsquo;arme id\u00e9ale de la lutte antiterroriste ou de la G4G telle que William S. Lind, par exemple, commen\u00e7ait \u00e0 la d\u00e9finir. Au reste, on a d\u00e9couvert depuis de puissantes limitations op\u00e9rationnelles qui affaiblissent encore plus le JSF dans ce domaine. Mais l&rsquo;on comprend que le probl\u00e8me, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0, n&rsquo;avait <strong>rien<\/strong> \u00e0 voir avec la r\u00e9alit\u00e9 op\u00e9rationnelle, ni avec la r\u00e9alit\u00e9 tout court.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le JSF deuxi\u00e8me mouture, ma&icirc;tre du monde<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Si l&rsquo;on se place du point de vue de la communication, qui est l&rsquo;un des principaux moyens de la puissance par l&rsquo;influence dans notre \u00e9poque <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-politique_d_epoque_l_ere_psychopolitique_rubrique_analyse_volume_22_n07_du_10_decembre_2006_25_12_2006.html\">psychopolitique<\/a>, le JSF fut absolument \u00ab\u00a0ma&icirc;tre du monde\u00a0\u00bb entre les ann\u00e9es 2001 et 2007, et notamment ma&icirc;tre absolu de l&rsquo;exportation. Jamais une telle situation n&rsquo;exista auparavant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pendant ces ann\u00e9es, les perspectives de l&rsquo;exportation se r\u00e9sumait \u00e0 ceci: quel domaine, quel pays le JSF laissera-t-il aux autres, disons par inadvertance ou pour r\u00e9compenser l&rsquo;un ou l&rsquo;autre \u00ab\u00a0ami\u00a0\u00bb (cela vaut surtout pour les Britanniques, qui ne furent pas trop contrecarr\u00e9s pour l&rsquo;un ou l&rsquo;autre march\u00e9 du <em>Typhoon<\/em>, notamment le march\u00e9 saoudien, et pour les Russes qui jouent dans une sph\u00e8re d&rsquo;exportation diff\u00e9rente). D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;un ou l&rsquo;autre \u00ab\u00a0concurrent\u00a0\u00bb, si ce mot pouvait encore avoir un sens face \u00e0 l&rsquo;omnipr\u00e9sence et \u00e0 l&rsquo;omnipotence du JSF, tentait d&#8217;emporter un march\u00e9 avant que le roi-JSF commen\u00e7\u00e2t \u00e0 faire sentir sa loi qu&rsquo;on devrait subir pendant des d\u00e9cennies, voire un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On ne peut d\u00e9finir autrement que par le mot \u00ab\u00a0dictature\u00a0\u00bb l&rsquo;influence psychologique qu&rsquo;exer\u00e7a le JSF sur les esprits. Comme on l&rsquo;a vu sur ce site, c&rsquo;est \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2008 que les premiers craquements se firent sentir, essentiellement par le biais d&rsquo;Internet et gr\u00e2ce \u00e0 certains journalistes de renom qui se r\u00e9volt\u00e8rent contre cette \u00ab\u00a0dictature\u00a0\u00bb, notamment <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jsf_entre_les_lignes_de_sweetman_06_08_2008.html\">Bill Sweetman<\/a> et <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_complot_contre_le_jsf_23_09_2008.html\">d&rsquo;autres<\/a>. Il n&rsquo;y avait aucune sollicitation des faits \u00ab\u00a0officiels\u00a0\u00bb, toujours soigneusement contr\u00f4l\u00e9s, mais simplement une retrouvaille progressive avec la r\u00e9alit\u00e9. En effet, comme on le sait, le JSF n&rsquo;allait pas si bien du point de vue technique, et cela commen\u00e7ait \u00e0 se savoir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce n&rsquo;est pas un hasard si le d\u00e9clin de la \u00ab\u00a0dictature\u00a0\u00bb du JSF dans le domaine de la communication s&rsquo;amor\u00e7a nettement en septembre 2008, exactement <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_complot_contre_le_jsf_23_09_2008.html\">en m\u00eame temps<\/a> que la crise 9\/15 frappait de plein fouet la puissance am\u00e9ricaniste. Ceci explique cela, ceci \u00e9quivaut \u00e0 cela, tout se tient dans le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste. Le programme JSF, en plus d&rsquo;\u00eatre sa propre catastrophe, nous raconte celle du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le JSF, part de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>, revu 9\/11<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Encore n&rsquo;avons-nous fait qu&rsquo;\u00e9mettre des consid\u00e9rations platoniques, voire terre-\u00e0-terre si l&rsquo;on ose dire. Nous avan\u00e7ons \u00e9galement la conviction qu&rsquo;une autre dimension s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9e dans le programme JSF, et persiste d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, \u00e0 la mesure de l&rsquo;hyst\u00e9rie m\u00e9taphysique de la psychologie qui s&rsquo;est empar\u00e9e de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien avec 9\/11.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous consacrons un long commentaire sur cet aspect de la situation et de l&rsquo;\u00e9volution du programme JSF dans le prochain num\u00e9ro de <em>dde.crisis<\/em>, du 10 novembre 2009, dans la rubrique <em>Perspectives<\/em>. Nous nous permettons d&rsquo;en d\u00e9tacher quelques extraits &ndash; comme on dit, \u00ab\u00a0en avant-premi\u00e8re\u00a0\u00bb&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Lockheed Martin &laquo;<em>est victime, ou prisonnier c&rsquo;est selon, non seulement de son \u00ab\u00a0argumentation virtualiste\u00a0\u00bb, mais de la \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9 virtualiste\u00a0\u00bb du programme JSF qui est la philosophie, non, l&rsquo;ontologie m\u00eame du programme depuis son lancement, mais surtout apr\u00e8s 9\/11, avec la mystique am\u00e9ricaniste qui s&rsquo;est install\u00e9e. Lockheed Martin joue sur la dur\u00e9e, mais non pas en termes \u00e9conomiques, industriels ou technologiques, voire m\u00eame, pour les mauvais esprits, en termes de brigandage. LM joue sur la dur\u00e9e en termes &ndash; usons de n\u00e9ologismes &ndash; \u00ab\u00a0m\u00e9taindustriels\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0m\u00e9tatechnologiques\u00a0\u00bb (disons: m\u00e9taphysique industrielle ou m\u00e9taphysique technologique), tout cela int\u00e9gr\u00e9 dans une vision absolument virtualiste dont la r\u00e9alit\u00e9 indiscutable correspond au futur imp\u00e9ratif du programme. Quel que soit l&rsquo;\u00e9tat catastrophique du programme aujourd&rsquo;hui, demain il sera une r\u00e9alit\u00e9 triomphale; la catastrophe pr\u00e9sente n&rsquo;est qu&rsquo;un stade transitoire du triomphe futur, comme la dictature du prol\u00e9tariat \u00e9tait un stade interm\u00e9diaire vers l&rsquo;installation du communisme int\u00e9gral impliquant \u00e9videmment la disparition de l&rsquo;Etat.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Pour nous, le programme JSF est devenu une entreprise de type m\u00e9taphysique qui fait partie de l&rsquo;American Dream aux abois&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le JSF, ou <em>American Nightmare<\/em>&hellip;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat, \u00e0 ce stade, de l&rsquo;aventure du JSF est \u00e9vident. C&rsquo;est celui d&rsquo;une mont\u00e9e aux extr\u00eames. Le programme JSF ayant \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 pendant sept ans au pinacle de la puissance d&rsquo;une fa\u00e7on qui n&rsquo;a pas de pr\u00e9c\u00e9dent dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, il se doit d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la fois exceptionnel, parfait et hors de toute mise en cause possible. Si le poison du doute parvient \u00e0 s&rsquo;introduire, le programme devient d&rsquo;une extraordinaire fragilit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il l&rsquo;est d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ayant \u00e9t\u00e9 mis dans sa position virtualiste quasi-divine, on lui a tout demand\u00e9, on a tout exig\u00e9 de lui: une capacit\u00e9 pour toutes les missions, un prix d\u00e9fiant toute concurrence, un d\u00e9veloppement ultra-rapide \u00e0 mesure que les difficult\u00e9s et les retards s&rsquo;accumulaient, des m\u00e9thodes de d\u00e9veloppement ultra-modernistes sinon surr\u00e9alistes, m\u00e9langeant les tests en vol avec la production, comme si la d\u00e9monstration dans la r\u00e9alit\u00e9 de ses capacit\u00e9s affirm\u00e9es th\u00e9oriquement, sinon d&rsquo;une fa\u00e7on virtualiste, \u00e9tait compl\u00e8tement accessoire. La fragilit\u00e9, la vuln\u00e9rabilit\u00e9 d&rsquo;un programme aussi tendu et aussi peu contr\u00f4l\u00e9, d&rsquo;une masse budg\u00e9taire consid\u00e9rable, charg\u00e9 d&rsquo;une bureaucratie prolif\u00e9rante, sont sans exemple. Pendant ce temps, le JSF est charg\u00e9 d&rsquo;un destin, unique, comme le seul syst\u00e8me devant rencontrer tous les besoins op\u00e9rationnels a\u00e9riens pour les forces arm\u00e9es US (et nombre d&rsquo;autres non-US) dans les d\u00e9cennies qui viennent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce programme est un risque pris en toute inconscience, avec une auto-d\u00e9sinformation confinant \u00e0 la schizophr\u00e9nie du virtualisme, qui n&rsquo;a \u00e9videmment aucun pr\u00e9c\u00e9dent dans l&rsquo;histoire des syst\u00e8mes d&rsquo;armes, de l&rsquo;industrie et de la technologie, et de la s\u00e9curit\u00e9 nationale de cette puissance que sont les USA. L&rsquo;explication doit renvoyer au domaine de la pathologie psychologique d&rsquo;une puissance qui s&rsquo;affirme comme pouvant changer le cours de l&rsquo;Histoire \u00e0 son profit, d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9finitive, et qui se retrouve aussi vite pr\u00e9cipit\u00e9e dans un d\u00e9clin proche de l&rsquo;effondrement. Le JSF repr\u00e9sente, <em>in vivo<\/em>, l&rsquo;Histoire elle-m\u00eame, qui se fait sous nos yeux, et l&rsquo;histoire de l&rsquo;effondrement de la puissance am\u00e9ricaniste, l&rsquo;<em>American Dream<\/em> devenu cauchemar (<em>nightmare<\/em>).<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur le JSF post-9\/11 et l&rsquo;American Nightmare Les plus r\u00e9centes informations sur le rapport de l&rsquo;\u00e9quipe JET (voir notre Bloc-Notes du 31 octobre 2009) montrent que le programme JSF est entr\u00e9 dans une phase d\u00e9licate, sinon d\u00e9cisive. 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