{"id":71238,"date":"2009-11-04T06:27:15","date_gmt":"2009-11-04T06:27:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/04\/afghanistan-apocalypse-now\/"},"modified":"2009-11-04T06:27:15","modified_gmt":"2009-11-04T06:27:15","slug":"afghanistan-apocalypse-now","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/04\/afghanistan-apocalypse-now\/","title":{"rendered":"Afghanistan, <em>Apocalypse Now<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Afghanistan, <em>Apocalypse Now<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t4 novembre 2009  Sous un titre d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre (\u00ab<em> Too Big to Fail?<\/em>\u00bb), Tom Engelhardt d\u00e9veloppe, sur <em>Antiwar.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/engelhardt\/2009\/11\/01\/too-big-to-fail\/\" class=\"gen\">2 novembre 2009<\/a>, l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;Afghanistan est devenue, pour les USA, une sorte d&rsquo;AIG, cette \u00e9norme compagnie d&rsquo;assurance dont on assurait que son \u00e9norme poids l&#8217;emp\u00eacherait de s&rsquo;effondrer, et qui s&rsquo;effondra effectivement, au point que le gouvernement mit toutes ses forces pour la redresser \u00e0 partir de ses lambeaux. \u00ab<em>Unfortunately, in Washington terms, what&rsquo;s happened in Afghanistan is not the definition of failure. In the economic lingo of the moment, the war now falls into the category of too big to fail, which means upping the ante or doubling down the bet. Think of the Afghan War, in other words, as the AIG of American foreign policy.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEngelhardt d\u00e9crit l&rsquo;extraordinaire imbroglio qui, depuis quelques semaines, emporte le d\u00e9bat washingtonien sur l&rsquo;Afghanistan, sur les d\u00e9cisions \u00e0 prendre, la strat\u00e9gie \u00e0 choisir, etc. La description est \u00e9puisante pour l&rsquo;esprit au point o\u00f9 l&rsquo;on finirait par penser que m\u00eame la situation afghane, entre le d\u00e9sordre sur le terrain et la farce du processus \u00e9lectoral, para\u00eetrait finalement plus compr\u00e9hensible que ce qui se passe \u00e0 Washington. Par cons\u00e9quent, poursuivant la logique de son titre, le \u00ab<em> Too Big to Fail?<\/em>\u00bb qui concerne la guerre en Afghanistan devient la question qui concerne les USA eux-m\u00eames Et si les USA devenaient eux-m\u00eames une immense AIG, qui pourrait venir \u00e0 leur secours lorsque la faillite s&rsquo;abattrait sur eux ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>If the Afghan War is already too big to fail, what in the world will it be after the escalations to come? As with Vietnam, so now with Afghanistan, the thick layers of mythology and fervent prediction and projection that pass for realism in Washington make clear thinking on the war impossible. They prevent the serious consideration of any options labeled less or none. They inflate projections of disaster based on withdrawal, even though similar lurid predictions during the Vietnam era proved hopelessly off-base.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The United States lived through all the phases of escalation, withdrawal, and defeat in Vietnam without suffering great postwar losses of any sort. This time we may not be so lucky. The United States is itself no longer too big to fail  and if we should do so, remind me: Who exactly will bail us out?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Canadiens, qui participent en nombre \u00e0 la guerre en Afghanistan, font \u00e9galement montre en g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;un pessimisme roboratif, que rien n&rsquo;arr\u00eate. Le m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.ctv.ca\/servlet\/ArticleNews\/story\/CTVNews\/20091031\/nato_afghanistan_091101\/20091101?hub=TopStoriesV2\" class=\"gen\">2 novembre 2009<\/a>, Ian Munroe, de CTV.ca News, pose une question assez similaire \u00e0 celle d&rsquo;Engelhardt pour les USA, mais cette fois concernant l&rsquo;OTAN: \u00ab<em>Will the war in Afghanistan bring down NATO?<\/em>\u00bb (traduisons: l&rsquo;OTAN est-elle devenue \u00ab<em> Too Big to Fail?<\/em>\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire effectivement pr\u00eate \u00e0 s&rsquo;effondrer?).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMunroe nous donne divers d\u00e9tails, rappelle les observations explosives du g\u00e9n\u00e9ral Rick Hillier, dans son r\u00e9cent livre, sur le fonctionnement de l&rsquo;OTAN, dite <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_otan_comme_carcasse_pourrie__21_10_2009.html?admin=1\" class=\"gen\">carcasse pourrie<\/a> pour les amis, en Afghanistan. Les citations ne manquent pas, toutes plus exp\u00e9ditives les unes que les autres. Toutes conduisent vers les m\u00eames conclusions catastrophiques Celle de Charles Kupchan, expert US fameux, qui d\u00e9posait le 22 octobre devant la commission des relations ext\u00e9rieures du S\u00e9nat et qui avertit qu&rsquo;\u00e0 ce rythme, l&rsquo;OTAN est en train de prouver sa compl\u00e8te inutilit\u00e9, sa compl\u00e8te impuissance, son inorganisation impeccablement d\u00e9sastreuse \u00ab<em>Unity of command has proved elusive, as has co-ordination between NATO and EU efforts. Moreover, it will be no easy task maintaining the NATO coalition at current levels, with domestic pressure mounting in several member states for winding down of their national contributions.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPuisqu&rsquo;il faut un avis d\u00e9finitif, voici celui de Dan Hamilton, un expert de l&rsquo;OTAN au Center for Transatlantic Relations de l&rsquo;universit\u00e9 John Hopkins, \u00e0 Baltimore: Afghanistan \u00ab<em>is the most acute and direct security threat to Europeans and North Americans that we face in the world today. If we aren&rsquo;t able to master our most direct challenge, then what&rsquo;s the alliance for?<\/em>\u00bb G\u00e9rard Depardieu encha\u00eenerait en observant classiquement que c&rsquo;est une putain de bonne question.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes partenaires de la coalition encha\u00eenent les avertissements de retrait et les conditions de d\u00e9part prochain. Les Canadiens pour 2011, le Parlement hollandais votant pour interdire une prolongation du d\u00e9ploiement des forces hollandaises pr\u00e9vues pour quitter le pays en 2011 \u00e9galement. Les dirigeants danois observaient qu&rsquo;ils conditionnent le maintien de leurs forces au cr\u00e9dit qu&rsquo;on pourra accorder aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, lors du deuxi\u00e8me tour du 7 novembre  ce qui a fait dire \u00e0 un expert danois, sans doute un humoriste, que cela revenait \u00e0 \u00ab<em>faire d\u00e9pendre une mascarade d&rsquo;une farce<\/em>\u00bb. Mais la farce n&rsquo;aura pas lieu puisque Karza\u00ef est finalement d\u00e9clar\u00e9 \u00e9lu sans deuxi\u00e8me tour et faute d&rsquo;adversaire qui choisit le d\u00e9sistement, et que Washington le f\u00e9licite brusquement et bruyamment pour son succ\u00e8s d\u00e9mocratique, au grand dam de <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/fisk\/robert-fisk-america-is-performing-its-familiar-role-of-propping-up-a-dictator-1814194.html\" class=\"gen\">Robert Fisk<\/a>. Les Allemands, qu&rsquo;on voit plus que jamais dans le r\u00f4le de Hamlet, un peu comme Obama, auraient, dit-on, des plans de retrait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 jour. Ils ne se sont pas remis de l&rsquo;affaire de l&rsquo;attaque a\u00e9rienne du camion-citerne qu&rsquo;ils ont ordonn\u00e9e, faisant pr\u00e8s d&rsquo;une centaine de morts civils, et des incidents qui ont suivi entre leur commandant et le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, le croirait-on, les Europ\u00e9ens soutiennent, justement, le plan McChrystal d&rsquo;engagement maximal avec une grande ferveur. Engelhardt ne peut s&#8217;emp\u00eacher de pouffer de rire en observant que les ministres de l&rsquo;OTAN, donc les Europ\u00e9ens, approuvent \u00e0 fond le plan McChrystal: \u00ab<em>In a recent grimly comic episode, a meeting of NATO defense ministers put its stamp of approval on Gen. McChrystal&rsquo;s robust COIN option  despite the fact that their governments seem unwilling to offer any extra soldiers in support of such an American surge.<\/em>\u00bb La chose est en effet not\u00e9e partout, cette propension des Europ\u00e9ens \u00e0 pousser un plan am\u00e9ricain qui pr\u00e9voit des troupes en plus, en grand nombre, sans en offrir aucune  sinon 500 hommes de la part des Britanniques, avec mention \u00e0 retourner le plus vite possible. (Minroe: \u00ab<em>NATO defence ministers met in Bratisalva, Slovakia, last week to discuss the war. They endorsed a recent assessment by ISAF&rsquo;s commander, U.S. Gen. Stanley McChrystal, that tens of thousands of additional troops are needed or NATO will lose to the Taliban. However, the gathering of defence ministers stopped short of committing more troops.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Europ\u00e9ens sont donc dispos\u00e9s \u00e0 se battre en Afghanistan jusqu&rsquo;au dernier Am\u00e9ricain, ce qui constitue un singulier retournement de situation. (Depuis longtemps existe le soup\u00e7on, renforc\u00e9 <em>in illo tempore<\/em>, \u00e0 Prague en 2002, par la d\u00e9cision de l&rsquo;OTAN d&rsquo;\u00e9largir ses missions <em>out of the area<\/em>, que les USA veulent utiliser les troupes des pays alli\u00e9s comme chair \u00e0 canon pour leurs entreprises douteuses.) On pourrait noter \u00e9galement, toujours \u00e0 propos de cette r\u00e9union, cette \u00e9trange situation o\u00f9 les 27 ministres des pays de l&rsquo;OTAN, dont celui des USA par cons\u00e9quent, dont ceux des m\u00eames pays europ\u00e9ens dont on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 par cons\u00e9quent, ont d\u00e9cid\u00e9 unanimement de soutenir le plan d&rsquo;un g\u00e9n\u00e9ral commandant en chef des forces de l&rsquo;OTAN qui est aussi et, oserions-nous \u00e9crire, d&rsquo;abord, l&rsquo;officier g\u00e9n\u00e9ral commandant en chef des forces US en Afghanistan. Son plan, qui porte sur des forces US suppl\u00e9mentaires en nombre consid\u00e9rable, est d&rsquo;abord adress\u00e9 \u00e0 son pr\u00e9sident, lequel ne s&rsquo;est pas d\u00e9cid\u00e9 tandis qu&rsquo;on laisse entendre qu&rsquo;il ne rencontrera sans doute pas les demandes de son g\u00e9n\u00e9ral Au nom de quelle autorit\u00e9 ces ministres ont-ils pris cette d\u00e9cision que l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame du g\u00e9n\u00e9ral ne prendra sans doute pas? Amusante contradiction des doubles casquettes.<\/p>\n<h3>Washington-OTAN, <em>Apocalypse Now<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEngelhardt observe justement que peu de choses, dans la situation op\u00e9rationnelle, politique, etc., rapprochent l&rsquo;Afghanistan du Vietnam, et que pourtant l&rsquo;Afghanistan c&rsquo;est le Vietnam: \u00ab<em>Even if it&rsquo;s obvious that Vietnam and Afghanistan, as places and historical situations, have little in common, what they do have is Washington.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNon, la guerre en Afghanistan, c&rsquo;est \u00e0 elle seule le Vietnam en deux, en trois, en mille fois pire  c&rsquo;est Guevara exauc\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;un demi-si\u00e8cle plus tard (Cr\u00e9ons un, deux, trois, mille Vietnam!)  du moins, cela, pour l&rsquo;atmosph\u00e8re washingtonienne, sans besoin d&rsquo;aucune manifestation \u00e9tudiante, mais avec en bruit de fond l&rsquo;extraordinaire cacophonie des pays europ\u00e9ens rassembl\u00e9s au sein de l&rsquo;OTAN et r\u00e9clamant plus d&rsquo;action, plus de forces, plus de <em>leadership<\/em>, et avertissant qu&rsquo;ils ne donneront rien, qu&rsquo;ils se pr\u00e9pareraient m\u00eame \u00e0 partir. Nous ne parlons bien entendu pas des op\u00e9rations, de la guerre elle-m\u00eame, mais bien de la toujours \u00e9tonnante confusion politique qui entoure cette affaire, et qui ne cesse d&rsquo;enfler comme un souffl\u00e9. L&rsquo;explication psychologique fondamentale, exacerb\u00e9e au-del\u00e0 de tout  par la communication, est la cause m\u00e9canique centrale de l&rsquo;augmentation tout aussi m\u00e9canique de ce d\u00e9sordre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains pays sont \u00e9trangement absents du d\u00e9bat tout en affirmant \u00e9pisodiquement et avec force leur engagement. La France n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 psychologiquement dans la guerre en Afghanistan, m\u00eame si elle y a essuy\u00e9 quelques pertes. Fondamentalement, elle ne comprend pas l&rsquo;utilit\u00e9 de cette guerre et, d\u00e8s l&rsquo;origine, n&rsquo;y est intervenue que par solidarit\u00e9 avec les USA, essentiellement pour tenter d&rsquo;att\u00e9nuer le mauvais effet de son opposition aux projets irakiens US. Sarko affirme donc hautement et avec emphase que l&rsquo;Occident d\u00e9fend la libert\u00e9 en Afghanistan tout en affirmant avec une d\u00e9termination qui sonne guerri\u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;y enverra pas un soldat de plus. La plupart des autres pays sont l\u00e0 par pur suivisme des USA, sans y rien comprendre de plus et sans chercher \u00e0 comprendre, \u00e0 tout hasard parce qu&rsquo;ils ne peuvent concevoir de ne ne pas suivre. Les Italiens payent leurs talibans, mais les Am\u00e9ricain aussi, et sans doute les autres. Les Britanniques y sont en force et en cons\u00e9quence des incroyables \u00e9nervements blairistes, qui lui ont fait croire \u00e0 lui-m\u00eame (Blair) que le Royaume-Uni pourrait y retrouver un r\u00f4le imp\u00e9rial pendant que les USA s&rsquo;occupaient essentiellement de l&rsquo;Irak. Les Am\u00e9ricains sont l\u00e0 parce qu&rsquo;ils sont l\u00e0, parce qu&rsquo;ils ne peuvent pas ne pas \u00eatre l\u00e0, et ils sont l\u00e0 massivement parce qu&rsquo;ils ne peuvent \u00eatre quelque part sans l&rsquo;\u00eatre massivement. Qu&rsquo;importent ces explications qui n&rsquo;en sont pas?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9 cette impression int\u00e9ressante d&rsquo;une crise qui enfle, un peu \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un souffl\u00e9, le m\u00eame qui est mentionn\u00e9 plus haut, sans qu&rsquo;on en comprenne la v\u00e9ritable cause centrale. Elle enfle, parce qu&rsquo;elle existe, sorte de crise sans cause au d\u00e9part, comme la guerre elle-m\u00eame, qui est bien oblig\u00e9e d&rsquo;enfler en catastrophes diverses pour se donner \u00e0 elles-m\u00eames des raisons d&rsquo;\u00eatre une crise. A ce compte, la non-crise de la non-guerre finit effectivement par devenir une crise de ce qui para\u00eetrait finalement une vraie guerre  disons, selon les bruits qui courent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout le monde semble jouer \u00e0 contre-emploi et en \u00e9voluant par divers contrepieds, sans le moindre soucis des r\u00e9percussions int\u00e9rieures chez les uns et les autres. Les Europ\u00e9ens exhortent Washington, qu&rsquo;on trouve fort ind\u00e9cis, \u00e0 adopter le plan McChrystal, surtout en faisant comprendre sans ambages qu&rsquo;ils n&rsquo;y participent pas; ainsi semblent-ils reprocher finalement \u00e0 Obama de n&rsquo;\u00eatre pas Bush, si prodigue d&rsquo;engagements unilat\u00e9ralistes, pour ne pas acc\u00e9l\u00e9rer un engagement dont eux-m\u00eames (les Europ\u00e9ens) avouent ne pas comprendre o\u00f9 il m\u00e8ne  eux (toujours les Europ\u00e9ens) qui ont d\u00e9test\u00e9 Bush pendant huit ans. Dans cette cacophonie, tout le monde semble finalement avoir oubli\u00e9 qu&rsquo;on n&rsquo;a jamais su tr\u00e8s bien pourquoi, fondamentalement, l&rsquo;on se trouve en Afghanistan. Sans doute va-t-on finir par demander des explications \u00e0 Bernard-Henry L\u00e9vy (il est tr\u00e8s bien en ce moment, le cheveu grisonnant et mod\u00e9r\u00e9ment bronz\u00e9). Hier, en effet, au Grand Journal de <em>Canal +<\/em>, BHL expliquait avec de grands gestes, fort beaux ma foi, que la seule \u00e9norme erreur de BHO depuis qu&rsquo;il est \u00e0 la Maison-Blanche, c&rsquo;est d&rsquo;avoir dit qu&rsquo;il se foutait de la question du port du burqua. BHL doit donc savoir quelque chose sur la question de notre pr\u00e9sence en Afghanistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe plus exaltant de cette aventure, c&rsquo;est qu&rsquo;on pourrait croire finalement que tout cela pourrait finir en une vraie crise, mais plut\u00f4t \u00e0 Washington qu&rsquo;\u00e0 Kaboul. Engelhardt a bien raison; le Vietnam n&rsquo;est pas en Afghanistan, il est \u00e0 Washington, et c&rsquo;est bien l&rsquo;Am\u00e9rique plut\u00f4t que l&rsquo;Afghanistan qui semble \u00ab<em>Too Big to Fail<\/em>\u00bb, fa\u00e7on AIG\/Wall Street. Quant \u00e0 l&rsquo;OTAN, peut-\u00eatre devra-t-elle songer un jour \u00e0 implorer la Russie d&rsquo;y entrer tr\u00e8s rapidement, dans l&rsquo;OTAN, pour \u00e9viter son propre effondrement, que tout le monde annonce et dont nul ne sait comment il peut se r\u00e9aliser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTentons de redevenir s\u00e9rieux, ou coh\u00e9rent c&rsquo;est selon, car les choses sont graves. Le grand probl\u00e8me du syst\u00e8me de la civilisation occidentaliste et am\u00e9ricaniste, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne parvient pas \u00e0 exprimer chez lui, et pour la cause v\u00e9ritable, la crise fondamentale qui le secoue, qui est simplement la crise de lui-m\u00eame, avec une situation int\u00e9rieure g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9vast\u00e9e; la crise des principes sur lesquels il s&rsquo;appuie, qu&rsquo;il proclame haut et fort par n\u00e9cessit\u00e9 de communication et qu&rsquo;il sait inapplicables et faussaires; la crise de la forme des relations qu&rsquo;il a avec les autres, bas\u00e9es sur la pression constante et l&rsquo;exhortation \u00e0 \u00eatre d\u00e9mocratique d&rsquo;une fa\u00e7on qu&rsquo;il n&rsquo;applique pas lui-m\u00eame et pour lui-m\u00eame; la crise des pressions qu&rsquo;il appliquent sur les autres dans toutes les politiques qu&rsquo;il entreprend, qui r\u00e9pondent \u00e0 des n\u00e9cessit\u00e9s de communication par rapport \u00e0 un syst\u00e8me m\u00e9diatique qu&rsquo;il hait et dont il est prisonnier, et sur lequel il s&rsquo;appuie pourtant. La crise afghane est ainsi inexplicable par l&rsquo;Afghanistan, l&rsquo;OTAN en Afghanistan ou le plan McChrystal. Elle n&rsquo;est explicable que par ce qu&rsquo;est devenu le syst\u00e8me occidentalo-am\u00e9ricaniste. Sa propre structure crisique engendre les crises partout o\u00f9 il intervient, et il est d\u00e9risoire de tenter de r\u00e9soudre un effet extr\u00eame (l&rsquo;Afghanistan) de la crise centrale venu \u00e9videmment d&rsquo;impulsions parties du centre qui est n\u00e9cessairement en crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe n&rsquo;est pas en Afghanistan que nous attend notre d\u00e9faite, m\u00eame si, sans doute, elle passe par l&rsquo;Afghanistan comme on emprunte un chemin de traverse.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Afghanistan, Apocalypse Now 4 novembre 2009 Sous un titre d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre (\u00ab Too Big to Fail?\u00bb), Tom Engelhardt d\u00e9veloppe, sur Antiwar.com, le 2 novembre 2009, l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;Afghanistan est devenue, pour les USA, une sorte d&rsquo;AIG, cette \u00e9norme compagnie d&rsquo;assurance dont on assurait que son \u00e9norme poids l&#8217;emp\u00eacherait de s&rsquo;effondrer, et qui s&rsquo;effondra effectivement, au&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3236,8184,8874,8873,3228,8294,3356,8875,7812,7578,8321,6208,584,5925,7114,7811,7810],"class_list":["post-71238","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-afghanistan","tag-aig","tag-bog","tag-centrale","tag-crise","tag-crisique","tag-desordre","tag-engelardt","tag-fail","tag-hamlet","tag-mcchrystal","tag-obama","tag-otan","tag-sarko","tag-structure","tag-to","tag-too"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71238"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71238\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}