{"id":71242,"date":"2009-11-05T08:51:24","date_gmt":"2009-11-05T08:51:24","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/05\/soldes-imperiales\/"},"modified":"2009-11-05T08:51:24","modified_gmt":"2009-11-05T08:51:24","slug":"soldes-imperiales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/05\/soldes-imperiales\/","title":{"rendered":"Soldes imp\u00e9riales"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Soldes imp\u00e9riales <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t5 novembre 2009  Parmi les nombreuses nouvelles qui entourent l&rsquo;affaire afghane, entr\u00e9e dans un territoire nouveau avec la longue saison de l&rsquo;attente d&rsquo;une nouvelle strat\u00e9gie US, celle de la prise de position du Britannique Kim Howells en faveur d&rsquo;un retrait des forces de son pays d&rsquo;Afghanistan a peut-\u00eatre une importance marqu\u00e9e dans une perspective politique compr\u00e9hensible. Nous voulons dire par l\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une position qui a une signification politique sens\u00e9e dans une affaire (la crise afghane) qui est devenue <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-afghanistan_apocalypse_now_04_11_2009.html\" class=\"gen\">incontr\u00f4lable<\/a> et donc politiquement incompr\u00e9hensible sinon par des th\u00e9ories qui ont l&rsquo;avantage de satisfaire la raison (impression rassurante de comprendre l&rsquo;incompr\u00e9hensible, sorte de j&#8217;embrasse ce que je ne peux \u00e9touffer, sans pour autant influer sur les \u00e9v\u00e9nements). La caract\u00e9ristique de la situation afghane est bien celle des \u00e9v\u00e9nements incontr\u00f4lables: elle ne devient compr\u00e9hensible que dans les cons\u00e9quences int\u00e9rieures chez les acteurs; ici, le cas  britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tHowells avait la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;Afghanistan au Foreign Office jusqu&rsquo;en 2008; il occupe aujourd&rsquo;hui, comme parlementaire travailliste, la position clef aux Communes de pr\u00e9sident de la commission des questions de s\u00e9curit\u00e9 et du renseignement. Le <em>Guardian<\/em>, o\u00f9 il \u00e9crivait un commentaire ce <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2009\/nov\/03\/afghanistan-terror-taliban-al-qaida\" class=\"gen\">3 novembre 2009<\/a>, le d\u00e9finit comme l&rsquo;il de Gordon Brown pour les probl\u00e8mes de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 aux Communes  cette d\u00e9nomination impliquant l&rsquo;accord existant entre Howells et Brown, et, de ce fait, donnant l&rsquo;importance politique importante qu&rsquo;on imagine \u00e0 son article. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tHowels d\u00e9veloppe une tortueuse probl\u00e9matique sur la question du terrorisme, de la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, sur les intentions d&rsquo;al Qa\u00efda, de la meilleure fa\u00e7on de d\u00e9fendre le Royaume-Uni contre ces divers dangers qu&rsquo;on avait un peu oubli\u00e9s, etc. La conclusion, qui est du domaine sympathique d&rsquo;une lapalissade, lui vient vite au bout de la plume; elle est de dire qu&rsquo;on prot\u00e9gera mieux le Royaume-Uni contre le terrorisme au Royaume-Uni m\u00eame qu&rsquo;en Afghanistan (avec l&rsquo;habituel ajout du renseignement, de la coop\u00e9ration internationale dans ce domaine, etc.): \u00ab<em>It would be better, in other words, to bring home the great majority of our fighting men and women and concentrate on using the money saved to secure our own borders, gather intelligence on terrorist activities inside Britain, expand our intelligence operations abroad, co-operate with foreign intelligence services, and counter the propaganda of those who encourage terrorism.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA nouveau des explications, toujours tortueuses, et qui effrayeront sans aucun doute nombre d&rsquo;associations de d\u00e9fense des libert\u00e9s publiques, et d&rsquo;autres d\u00e9fendant les droits des minorit\u00e9s (au Royaume-Uni, les minorit\u00e9s musulmanes). Puis on en revient, sur la fin du commentaire, \u00e0 l&rsquo;essentiel; le constat du blocage politique dans le pays (<em>dito<\/em>, l&rsquo;Afghanistan), avec la farce des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles; la plaidoirie sur l&rsquo;inutilit\u00e9 de la bataille livr\u00e9e en Afghanistan, y compris avec les dizaines de milliers d&rsquo;hommes suppl\u00e9mentaires que r\u00e9clame le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal \u00ab<em>I doubt whether the presence, even of another 40,000 American troops  brave and efficient though they are  will guarantee that the Taliban and their allies will no longer be able to terrorise and control significant stretches of countryside, rural communities and key roads. Recent attacks in Kabul and other centres suggest that the present balance of territorial control is at best likely to remain  or, more likely, to shift in favour of the Taliban.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Like many observers of this eight-year conflict, I had hoped that by now a degree of stability might have returned to Afghanistan. I assumed, wrongly, that a desire among ordinary Afghans for peace would prevail over the prospect of continued war and the spectre of being ruled by a tyrannical theocracy in one of the world&rsquo;s poorest and most backward countries. <\/em>[<em>Lieutenant General Jim Dutton, British deputy commander of Nato&rsquo;s International Security Assistance Force in Afghanistan<\/em>] <em>has stated that the ultimate answer to Afghanistan&rsquo;s problems is a stable democratic state  in which<\/em> [<em>Afghan<\/em>] <em>forces are capable of maintaining the rule of law.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The general knows how far away that is. At a recent demonstration in the Afghan capital, Kabul, hundreds of Islamist demonstrators chanted Death to America. In a Commons debate some months ago, I expressed the view that a deadly combination of anti-democratic Islamic fundamentalism, corruption and the proximity of safe Pakistani havens for terrorists all militated against the notion that we will be able to continue convincing the British people that they should prepare themselves for a 30-year campaign (as one of our distinguished diplomats put it).<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, Howels s&rsquo;avoue partisan d&rsquo;un retrait britannique d&rsquo;Afghanistan, et cette intervention est qualifi\u00e9e, dans un commentaire du m\u00eame <em>Guardian<\/em>, le m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/politics\/2009\/nov\/03\/labour-afghanistan-kim-howells\" class=\"gen\">3 novembre 2009<\/a>, de \u00ab<em>major fissure opens up in Labour&rsquo;s support for the Afghan war<\/em>\u00bb. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, le commentaire, de m\u00eame que les conditions de la parution du commentaire autant que la personnalit\u00e9 de l&rsquo;auteur, disant \u00e9crire de sa propre initiative mais tout de m\u00eame le faisant \u00e8s qualit\u00e9 (il de Gordon Brown, etc.), font penser qu&rsquo;en l&rsquo;occurrence Gordon Brown n&rsquo;est pas en total d\u00e9saccord. Plut\u00f4t qu&rsquo;une large fissure, ne pourrait-on parler de l&rsquo;amorce, ou de la recherche d&rsquo;un tournant fondamental, de la part des Britanniques? Les derni\u00e8res nouvelles d&rsquo;Afghanistan, avec <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/news\/world\/Afghanistan\/article6903754.ece\" class=\"gen\">la mort<\/a> de 5 soldats britanniques dans des conditions bien d\u00e9courageants (tu\u00e9s par un policier afghan en cours d&rsquo;entra\u00eenement par les Britanniques) ne contredisent certainement pas l&rsquo;hypoth\u00e8se.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame commentaire appr\u00e9cie, entre autres faits, deux points particuliers:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;effet politique int\u00e9rieur de cette prise de position, envisag\u00e9, pour certains acteurs politiques, comme une sorte de lib\u00e9ration des consignes non-dites sur la solidarit\u00e9 n\u00e9cessaire avec la guerre contre la terreur sur les th\u00e9\u00e2tres ext\u00e9rieurs.. \u00ab<em>His remarks may also provide political cover for one of the two main opposition parties, probably the Liberal Democrats, to go into the general election calling for the withdrawal of British troops. Nick Clegg, the Lib Dem leader, has so far stopped short of calling for withdrawal, but said on Monday that British troops were being asked to prop up a government in which no one believes.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;observation, en passant, que de telles propositions am\u00e8neront un refroidissement tr\u00e8s net des relations du Royaume-Uni avec l&rsquo;OTAN et avec les USA. (\u00ab<em>He concedes a withdrawal would have momentous consequences for British relations with Nato, and especially the US.<\/em>\u00bb) On l&rsquo;esp\u00e8re temporaire mais on n&rsquo;apporte aucune autre indication, consid\u00e9rant un peu la chose comme une cons\u00e9quence in\u00e9vitable  et si elle devait \u00eatre plus que temporaire, eh bien qu&rsquo;il en soit ainsi<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a dans ces diverses consid\u00e9rations une mosa\u00efque qui fait de l&rsquo;initiative de Howels un \u00e9v\u00e9nement de politique int\u00e9rieure britannique non n\u00e9gligeable. Les conditions sont r\u00e9unies pour cela, notamment bien s\u00fbr la proximit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 marquante des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales (printemps-\u00e9t\u00e9 2010). Il y a la pesanteur, non moins \u00e9vidente, des \u00e9v\u00e9nements que traverse le Royaume-Uni, avec la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re, et, justement, les cons\u00e9quences budg\u00e9taires de l&rsquo;engagement britannique en Afghanistan, notamment sur les capacit\u00e9s militaires du Royaume-Uni. (Une r\u00e9cente analyse russe situe le niveau de puissance de la Royal Navy \u00e0 un tiers \u00e0 la moiti\u00e9 de ce qu&rsquo;elle repr\u00e9sentait lors de l&rsquo;exp\u00e9dition des Malouines en 1982, c&rsquo;est-\u00e0-dire r\u00e9duite aux seules unit\u00e9s de cette exp\u00e9dition, et les perspectives sont pour une r\u00e9duction suppl\u00e9mentaire de ce niveau.) Comme le commente le <em>Guardian<\/em>, la prise de position de Howels agir comme une sorte de d\u00e9tonateur, ouvrant l&rsquo;esprit puis le verbe \u00e0 la perspective concr\u00e8te d&rsquo;un retrait d&rsquo;Afghanistan. C&rsquo;est un point important pour la suite de la situation politique au Royaume-Uni.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est d&rsquo;ailleurs possible qu&rsquo;il y ait un calcul \u00e9lectoral travailliste. Brown sait que son parti va au d\u00e9sastre, dans les conditions actuelles. Mais un \u00e9l\u00e9ment nouveau est intervenu: le conservateur Cameron a annonc\u00e9 qu&rsquo;il abandonnait l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum sur le trait\u00e9 de Lisbonne, ce qui met en fureur les eurosceptiques de son parti, tr\u00e8s puissants et tr\u00e8s d\u00e9termin\u00e9s, et risque ainsi d&rsquo;entamer s\u00e9rieusement sa base \u00e9lectorale  malgr\u00e9 les <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/politics\/2009\/nov\/04\/david-cameron-tories-pledges-europe\" class=\"gen\">mesures<\/a> compensatoires, assez spectaculaires, qu&rsquo;il a annonc\u00e9es pour tenter de r\u00e9cup\u00e9rer certains pouvoirs de souverainet\u00e9 du Royaume-Uni transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&rsquo;UE. (La position de Cameron est d\u00e9termin\u00e9e, comme tout dirigeant britannique \u00e9ventuel, par la question \u00e9cossaise. Les dirigeants britanniques craignent qu&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum britannique, quasi-s\u00fbrement n\u00e9gatif, sur le trait\u00e9 de Lisbonne, entra\u00eene l&rsquo;Ecosse, tr\u00e8s pro-europ\u00e9enne, dans un processus conduisant \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance.) Les travaillistes peuvent concevoir qu&rsquo;en ajoutant la possible \u00e9volution qu&rsquo;ils d\u00e9clenchent sur l&rsquo;Afghanistan avec l&rsquo;intervention d&rsquo;Howels, ils puissent tenter de faire remonter leur popularit\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, il y a un autre aspect, qui est la marque de la fin d&rsquo;une \u00e9poque.<\/p>\n<h3>De Churchill \u00e0 Churchill-II et retour<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLorsque les Britanniques d\u00e9cid\u00e8rent d&rsquo;engager un contingent important en Afghanistan (5.000 hommes fin 2005) qui leur permettrait de proclamer qu&rsquo;ils assuraient le <em>leadership<\/em> de l&rsquo;engagement occidental (les forces US initiales de l&rsquo;automne 2001 \u00e9tant tr\u00e8s fortement r\u00e9duites), l&rsquo;interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9rale fut qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une continuation de la politique de Blair inspir\u00e9e par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-neo-imperialisme_neo-colonialisme_les_tentations_britanniques_07_04_2002.html?admin=1\" class=\"gen\">Robert Cooper<\/a> d&rsquo;imp\u00e9rialisme humanitaire. Ce nom d&#8217;emprunt d\u00e9finit le projet anglo-saxon (surtout britannique) d&rsquo;une sorte de r\u00e9surgence d&rsquo;une politique imp\u00e9riale, avec l&rsquo;habillage postmoderne. Les Britanniques s&rsquo;engageaient l\u00e0 o\u00f9 les Am\u00e9ricains, plong\u00e9s en plein chaos irakien, ne pouvaient le faire, et ils pr\u00e9tendaient ainsi assurer leur primaut\u00e9 sur le th\u00e9\u00e2tre afghan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBlair assurait la part britannique du projet anglo-saxon tels que les divers th\u00e9oriciens de l&rsquo;anglosph\u00e8re (certains <em>neocons<\/em> aux USA, des gens comme Robert Cooper et Niall Ferguson au Royaume-Uni) l&rsquo;avaient d\u00e9fini, d&rsquo;abord sch\u00e9matiquement avec le Kosovo, puis de fa\u00e7on massive et triomphante apr\u00e8s 9\/11 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak de 2003. C&rsquo;\u00e9tait le triomphe de l&rsquo;id\u00e9e extr\u00eamement britannique de 1944 (une fameuse <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-meandres_et_contorsions_de_la_politique_britannique_vis-a-vis_de_bho_12_02_2009.html\" class=\"gen\">circulaire<\/a> interne du Foreign Office, dont John Charmley avait publi\u00e9 le contenu dans son <a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-la_passion_de_churchill.html\" class=\"gen\">livre<\/a> <em>La Passion de Churchill<\/em>) de la manipulation \u00e0 l&rsquo;avantage des Britanniques de l&rsquo;immense puissance US  cela impliquant en contrepartie soi-disant tactique l&rsquo;alignement syst\u00e9matique du Royaume-Uni sur la politique US, pour mieux contr\u00f4ler les USA. Dans ce cas, c&rsquo;\u00e9tait la reconqu\u00eate de l&rsquo;Empire anglo-saxon, cette fois partag\u00e9 avec les USA, avec l&rsquo;aide habilement britannique et plus ou moins dirig\u00e9e de la puissance US; l&rsquo;Afghanistan et toutes les manigances et ambitions autour devenant la part britannique du march\u00e9 entre cousins. Blair ach\u00e8verait triomphalement le travail de manipulation des USA commenc\u00e9 par Churchill et m\u00e9riterait son surnom de Churchill-II. (Le <em>fog<\/em> londonien fameux a toujours habill\u00e9 d&rsquo;un halo incertain et shakespearien les fameuses et tant vant\u00e9es vertus de machiav\u00e9lisme et de r\u00e9alisme des Britanniques. Le contr\u00f4le des USA par Londres est un des domaines les plus fameux de cette tendance \u00e0 la <em>narrative<\/em> d\u00e9guis\u00e9e en r\u00e9alisme de fer.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, on sait comment les choses ont tourn\u00e9. D\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.antiwar.com\/orig\/lohdi.php?articleid=10229\" class=\"gen\">d\u00e9cembre 2006<\/a>, on pouvait commencer \u00e0 mesurer l&rsquo;ampleur du d\u00e9sastre, et le calvaire afghan o\u00f9 nous nous trouvons toujours pouvait commencer. Il commen\u00e7ait pour les Britanniques, pour l&rsquo;OTAN, puis pour les USA revenus en force  car il n&rsquo;est pas une sottise appuy\u00e9e sur les grandes th\u00e8ses g\u00e9opolitiques ou les Grand Jeux&rsquo; successifs que les USA n&rsquo;\u00e9pousent aussit\u00f4t. Depuis, la question est: comment s&rsquo;en sortir?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce contexte, les analyses tr\u00e8s techniques de Howels (comment combattre le terrorisme, plut\u00f4t en m\u00e9tropole que sur les th\u00e9\u00e2tres ext\u00e9rieurs, etc.) constituent l&rsquo;approche habill\u00e9e de la d\u00e9froque du r\u00e9alisme malgr\u00e9 tout solidaire d&rsquo;une proposition d&rsquo;abandon par rupture des th\u00e8ses blairistes. L&rsquo;intervention de Howels, hors du <em>Guardian<\/em>, a provoqu\u00e9 fort peu de r\u00e9actions, et surtout pas les habituels cris d&rsquo;indignation sur l&rsquo;abandon de la guerre contre la terreur. C&rsquo;est le signe qu&rsquo;Howels a \u00e9crit tout haut ce qu&rsquo;une grande partie de l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique pense tout bas. Il n&rsquo;est pas du tout assur\u00e9 que l&rsquo;op\u00e9ration r\u00e9ussisse, que les Britanniques puissent envisager cette strat\u00e9gie de sortie (comme d&rsquo;autres, sur le th\u00e9\u00e2tre afghan, cherchent la leur), mais l&rsquo;intervention d&rsquo;Howels signifie que l&rsquo;op\u00e9ration est lanc\u00e9e, d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s s\u00e9rieuse  cela, apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-tentative_d_evasion_24_08_2009.html\" class=\"gen\">divers<\/a> signes <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-londres_et_l_afghanistan_desordre_et_confusion_10_09_2009.html\" class=\"gen\">annonciateurs<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, il s&rsquo;agit d&rsquo;un signe de plus qu&rsquo;on se trouve dans la p\u00e9riode de la fin de l&rsquo;\u00e9poque 9\/11, qui s&rsquo;est ouverte d&rsquo;une fa\u00e7on tonitruante par la crise 9\/15. Toutes les grandes th\u00e8ses g\u00e9opolitiques et les Grands Jeux ne peuvent rien contre les r\u00e9alit\u00e9s int\u00e9rieures. L&rsquo;effondrement britannique avec la crise 9\/15 et l&rsquo;arm\u00e9e imp\u00e9riale r\u00e9duit aux miettes des acqu\u00eats, la crise des USA avec un Pentagone impuissant, une U.S. Army \u00e0 ses limites, une USAF si compl\u00e8tement d\u00e9vast\u00e9e qu&rsquo;elle est oblig\u00e9e de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_japon_et_la_puissance_us_sous_la_tyrannie_du_jsf_14_09_2009.html\" class=\"gen\">retirer<\/a> des F-16 du Japon au moment o\u00f9 un gouvernement japonais hostile \u00e0 l&#8217;emprise US arrive au pouvoir, etc.  voil\u00e0 les r\u00e9alit\u00e9s int\u00e9rieures<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors que le caract\u00e8re incompr\u00e9hensible et chaotique pour l&rsquo;Occident de la crise afghane conduit les th\u00e9oriciens \u00e0 nous expliquer que ce caract\u00e8re incompr\u00e9hensible et ce chaos sont les apparences habiles de plans m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chis, d\u00e9marche th\u00e9orique habituelle pour se rassurer, on ferait bien de se pencher sur ce que nous disent les minutes d\u00e9classifi\u00e9es des d\u00e9lib\u00e9rations sovi\u00e9tiques vis-\u00e0-vis de leur Afghanistan, par rapport \u00e0 ce que les m\u00eames th\u00e9oriciens  Brzezinski en t\u00eate  firent de cette invasion de l&rsquo;Afghanistan dans leur interpr\u00e9tation sophistiqu\u00e9e. C&rsquo;est une bonne le\u00e7on pour d\u00e9terminer o\u00f9 se trouvent les r\u00e9alistes et o\u00f9 se trouvent les r\u00eaveurs. La raison occidentale est depuis longtemps infect\u00e9e par l&rsquo;arrogance occidentale et a comme sp\u00e9cialit\u00e9 de transformer en rationalit\u00e9 cach\u00e9e le chaos que la puissance technologique occidentale (l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a> de Guglielmo Ferrero) a impos\u00e9e au monde. Qu&rsquo;elle continue donc, cette raison pervertie, elle nous permettra de vider jusqu&rsquo;\u00e0 la lie les cons\u00e9quences de cette aventure inf\u00e2me et stupide, faite au nom de la seule puissance m\u00e9canique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soldes imp\u00e9riales 5 novembre 2009 Parmi les nombreuses nouvelles qui entourent l&rsquo;affaire afghane, entr\u00e9e dans un territoire nouveau avec la longue saison de l&rsquo;attente d&rsquo;une nouvelle strat\u00e9gie US, celle de la prise de position du Britannique Kim Howells en faveur d&rsquo;un retrait des forces de son pays d&rsquo;Afghanistan a peut-\u00eatre une importance marqu\u00e9e dans une&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3236,705,3295,5671,3297,4849],"class_list":["post-71242","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-afghanistan","tag-blair","tag-cooper","tag-howells","tag-neo-imperialisme","tag-retrait"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71242","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71242"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71242\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71242"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71242"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71242"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}