{"id":71272,"date":"2009-11-17T06:36:41","date_gmt":"2009-11-17T06:36:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/17\/notes-sur-le-rafale-et-lexportation-ii\/"},"modified":"2009-11-17T06:36:41","modified_gmt":"2009-11-17T06:36:41","slug":"notes-sur-le-rafale-et-lexportation-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/11\/17\/notes-sur-le-rafale-et-lexportation-ii\/","title":{"rendered":"Notes sur le <em>Rafale<\/em> et l&rsquo;exportation (II)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur le <em>Rafale<\/em> et l&rsquo;exportation (II)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tNous poursuivons notre travail de documentation historique, selon notre point de vue (et notre exp\u00e9rience <strong>directe<\/strong> de nombre des \u00e9v\u00e9nements rapport\u00e9s) sur l&rsquo;avion de combat fran\u00e7ais <em>Rafale<\/em> en particulier, sur le r\u00f4le de la France dans l&rsquo;exportation des armements et sur l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;exportation des armements en g\u00e9n\u00e9ral. Cette fois, nous examinons la p\u00e9riode <em>post<\/em>-Guerre froide, apr\u00e8s les \u00e9pisodes rat\u00e9s et hautement significatifs des ann\u00e9es 1985-1990 (voir notre premier texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_rafale_et_l_exportation_i_10_10_2009.html\" class=\"gen\">10 octobre 2009<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour introduire ce propos, il n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent de tirer une conclusion plus g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_rafale_et_l_exportation_i_10_10_2009.html\" class=\"gen\">article<\/a> pr\u00e9c\u00e9dent. Il s&rsquo;agit d&rsquo;enseignements \u00e0 la fois g\u00e9n\u00e9raux et sp\u00e9cifiques, portant sur la situation europ\u00e9enne d&rsquo;une part, sur l&rsquo;attitude des Fran\u00e7ais d&rsquo;autre part (sur le cas <em>Rafale<\/em>, certes, mais l&rsquo;enseignement est assez g\u00e9n\u00e9ral pour s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 toute la probl\u00e9matique des armements, et le sens politique g\u00e9n\u00e9ral qui va avec, qui concerne la souverainet\u00e9 et l&rsquo;ind\u00e9pendance de la politique).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le premier point se r\u00e9sume au constat que <strong>jamais<\/strong> la situation ne fut plus favorable \u00e0 la coop\u00e9ration profonde, structurelle et v\u00e9ritablement fondatrice des armements en Europe qu&rsquo;en cette p\u00e9riode 1985-1990, avec la France disposant d&rsquo;opportunit\u00e9s remarquables. Depuis, rien de semblable n&rsquo;a exist\u00e9. (Pour l&rsquo;avenir, on verra dans un troisi\u00e8me article sur le sujet.) Il est \u00e9vident, sinon aveuglant, que l&rsquo;occasion existait d&rsquo;un second programme d&rsquo;avion de combat europ\u00e9en bas\u00e9 sur le <em>Rafale<\/em>, qui aurait occup\u00e9 une place puissante et f\u00e9conde s&rsquo;il avait exist\u00e9, vue la m\u00e9diocrit\u00e9 du premier programme (l&rsquo;<em>Eurofighter<\/em>) et sa propre dynamique. Il y aurait eu certainement des cons\u00e9quences politiques importantes, du point de vue europ\u00e9en et du point de vue transatlantique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;occasion fut rat\u00e9e essentiellement \u00e0 cause de la France. Les tribulations politiciennes internes, d&rsquo;abord. Le gouvernement Chirac (cohabitation \u00e0 partir de mars 1986) torpilla, simplement parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une initiative de Mitterrand, cette remarquable initiative lanc\u00e9e en septembre 1985 par le pr\u00e9sident fran\u00e7ais (le GEPAM, ou Groupement Europ\u00e9en de Production des Avions Militaires) et d\u00e9j\u00e0 accept\u00e9e par nombre de pays europ\u00e9ens. Le GEPAM aurait organis\u00e9 et int\u00e9gr\u00e9 un deuxi\u00e8me programme d&rsquo;avion de combat europ\u00e9en bas\u00e9 sur le <em>Rafale<\/em>, dans un sens beaucoup plus politique et europ\u00e9aniste que l&rsquo;<em>Eurofighter<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La fascination US, ensuite, avec la tentative du ministre de la d\u00e9fense (Giraud) du gouvernement Chirac de faire un avion transatlantique avec le <em>Rafale<\/em> du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais et le F-18 <em>Hornet<\/em> du c\u00f4t\u00e9 US  le <em>Hornet<\/em>-2000. Cette initiative dura un peu plus d&rsquo;un an avant de s&rsquo;\u00e9teindre devant l&rsquo;habituel <em>diktat<\/em> US (nous dirigeons tout) et elle eut pour effet collat\u00e9ral une d\u00e9mobilisation fran\u00e7aise pour lancer le <em>Rafale<\/em> comme deuxi\u00e8me programme europ\u00e9en. Cela pesa son poids dans la tentative belge.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Enfin, la tentative belge, de mettre la Belgique dans une coop\u00e9ration <em>Rafale<\/em>, avec achat d&rsquo;avions de production et perspective d&rsquo;europ\u00e9anisation du <em>Rafale<\/em> par une autre voie que le GEPAM. Les Fran\u00e7ais y furent pitoyables. Ils confi\u00e8rent leur campagne de prospection interne (contacts avec le gouvernement belge et les financements n\u00e9cessaires) \u00e0 un homme dont ils ne comprirent jamais qu&rsquo;il jouait double jeu. Leur campagne de relations publiques consista \u00e0 en dire le moins possible, alors que le public belge aurait pu soutenir un projet qui impliquait un tr\u00e8s fort apport technologique \u00e0 la Belgique. Il faudra peut-\u00eatre que la France absorbe une partie de la Belgique pour que les Fran\u00e7ais commencent \u00e0 comprendre quelque chose \u00e0 la Belgique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Face aux Fran\u00e7ais, en Belgique, les USA n&rsquo;avaient rien. Ils firent donc leur boulot: ils invent\u00e8rent un avion sur papier (l&rsquo;<em>Agile Falcon<\/em>) pour pr\u00e9tendre figurer dans une comp\u00e9tition; il firent leurs pressions habituelles. Le Pentagone (la DIA) lan\u00e7a une campagne de d\u00e9sinformation, notamment contre les journalistes qui soutenaient les Fran\u00e7ais. L&rsquo;on vit cette situation incroyable de la DST relayant vers les SR belges certaines de ces informations que lui avait donn\u00e9es la DIA, pour discr\u00e9diter ces journalistes. La DST n&rsquo;y vit que du feu, gobant les fables sur des agents du KGB alors qu&rsquo;elle participait inconsciemment au blanchiment d&rsquo;informations tendant \u00e0 discr\u00e9diter des journalistes pro-<em>Rafale<\/em>. Les SR belges, eux, comprirent la manuvre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ces diverses remarques doivent servir, autant sinon plus qu&rsquo;au rappel de l&rsquo;article pr\u00e9c\u00e9dent, d&rsquo;introduction \u00e0 cette seconde partie de la carri\u00e8re et du destin  deux choses diff\u00e9rentes, au reste  de l&rsquo;avion de combat <em>Rafale<\/em>. Il s&rsquo;agit donc de la p\u00e9riode dite <em>post<\/em>-Guerre froide, mais largement continu\u00e9e, poursuivie, apr\u00e8s 9\/11 et le reste, pratiquement jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours heureux et actuels. <\/p>\n<h3>La Guerre froide finie, vive la guerre chaude<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa fin de la Guerre froide, brutale comme on la conna\u00eet, amena un vent de panique parmi les constructeurs d&rsquo;armement. Ce vent avait nom les dividendes de la paix (c&rsquo;est-\u00e0-dire, r\u00e9duction des d\u00e9penses militaires, des budgets, des besoins et ainsi de suite). Le jugement g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tait bien entendu que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement allait se r\u00e9percuter gravement sur les exportations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre \u00e9v\u00e9nement contribua, soit \u00e0 brouiller les cartes, soit \u00e0 \u00e9claircir les jeux des acteurs en pr\u00e9sence. La guerre du Golfe premi\u00e8re du nom commen\u00e7a, dans sa phase pr\u00e9paratoire, un peu plus d&rsquo;un mois apr\u00e8s l&rsquo;invasion du Kowe\u00eft par Saddam, par une \u00e9norme commande en septembre 1990 de l&rsquo;Arabie Saoudite de divers mat\u00e9riels US, portant sur $23 milliards. La premi\u00e8re explication \u00e9vidente \u00e9tait que l&rsquo;Arabie, outre de s&rsquo;armer pour le futur, payait les USA pour l&rsquo;intervention promise contre Saddam, \u00e0 partir du territoire saoudien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa seconde, \u00e0 consid\u00e9rer dans la perspective historique, est que les USA lan\u00e7ait une offensive majeure pour \u00e9craser les prix et les march\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exportation, par leur puissante industrie de d\u00e9fense elle-m\u00eame concern\u00e9e par les dividendes de la paix. Tout cela se faisait avec l&rsquo;aide active du gouvernement US, qui soutenait parall\u00e8lement, en sous-main, une \u00e9norme restructuration de cette industrie qui aboutirait \u00e0 r\u00e9duire une dizaine de soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 capacit\u00e9s multiples \u00e0 trois g\u00e9ants: Lockheed Martin, Boeing et Northrop Grumman. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, les USA \u00e9taient sur le sentier de la guerre pour sauver leur industrie d&rsquo;armement attaqu\u00e9e par les dividendes de la paix. Cela passait par la conqu\u00eate par tous les moyens  pressions politiques, pressions militaires, soutiens monnay\u00e9s, etc  des march\u00e9s ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<h3>Une r\u00e9action chaotique de la France<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tComment r\u00e9agirent les Fran\u00e7ais, et Dassault en particulier, face aux m\u00eames \u00e9v\u00e9nements, et devant ce qui fut aussit\u00f4t per\u00e7u comme l&rsquo;offensive US d\u00e9crite ci-dessus? Ce fut une r\u00e9action chaotique, m\u00e9langeant des appr\u00e9ciations exactement contraires qui, d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s caract\u00e9ristique, \u00e9pousaient l&rsquo;attitude politique g\u00e9n\u00e9rale de la France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous souvenons parfaitement de cette p\u00e9riode o\u00f9 les discours qui vous \u00e9taient tenus en <em>a-parte<\/em> \u00e9taient de deux ordres, parfois dans une m\u00eame conversation et sans souci de la contradiction. D&rsquo;une part, il vous \u00e9tait affirm\u00e9 que les Am\u00e9ricains avaient comme projet d&rsquo;exercer une ma\u00eetrise absolue sur les march\u00e9s ext\u00e9rieurs et, pour cette raison, leur premier objectif \u00e9tait de tuer Dassault, jug\u00e9 comme le seul vrai concurrent. Ce jugement (Dassault, seul vrai concurrent) n&rsquo;\u00e9tait pas faux  et il reste vrai. Les Russes \u00e9taient plong\u00e9s dans le chaos eltsinien, les Britanniques suivaient les USA et auraient une niche, une autorisation de vendre ici ou l\u00e0  et c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s tout. Au reste, la consid\u00e9ration US pour Dassault est une constante historique de l&rsquo;histoire moderne de l&rsquo;a\u00e9ronautique, d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9e par un rapport fameux de la RAND Corporation de 1969, d\u00e9crivant avec admiration, les m\u00e9thodes et les capacit\u00e9s du constructeur fran\u00e7ais.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette appr\u00e9ciation fran\u00e7aise sur la volont\u00e9 pr\u00e9datrice des USA \u00e9tait accompagn\u00e9e d&rsquo;une volont\u00e9 affirm\u00e9e d&rsquo;en d\u00e9coudre, appuy\u00e9e sur la conviction d&rsquo;une part de disposer d&rsquo;un mat\u00e9riel et de syst\u00e8me ad\u00e9quats pour le faire, d&rsquo;autre part de rencontrer le d\u00e9sir de nombre de pays qui seraient d\u00e9sireux de se d\u00e9gager de la tutelle US apr\u00e8s cette p\u00e9riode de Guerre froide. (La commande de Ta\u00efwan pour des <em>Mirage<\/em> 2000, en 1992, fit croire \u00e0 cette possibilit\u00e9.) Mais aussit\u00f4t, ce propos relativement r\u00e9aliste sinon h\u00e9ro\u00efque \u00e9tait contredit par un autre propos, paradoxal dans sa contradiction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn m\u00eame temps qu&rsquo;on identifiait cette volont\u00e9 d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie pr\u00e9datrice qu&rsquo;il fallait combattre, on observait que les USA seraient sans doute conduits \u00e0 reconna\u00eetre qu&rsquo;ils ne pourraient pas tout prendre en charge dans les march\u00e9s ext\u00e9rieurs et qu&rsquo;ils laisseraient \u00e0 la France une part de ces march\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait supposer que serait renouvel\u00e9e, d&rsquo;une fa\u00e7on explicite et dans les conditions nouvelles de l&rsquo;apr\u00e8s-Guerre froide, la situation qui s&rsquo;\u00e9tait \u00e9tablie durant la Guerre froide. La France avait attir\u00e9 \u00e0 elle une part variant de 7% \u00e0 10% des march\u00e9s ext\u00e9rieurs en s&rsquo;appuyant sur une politique ext\u00e9rieure qui pr\u00f4nait implicitement une troisi\u00e8me voie (ni le bloc am\u00e9ricaniste ni le bloc communiste). On esp\u00e9rait que serait donc renouvel\u00e9 cet arrangement, cette fois d&rsquo;une fa\u00e7on formelle et \u00e0 deux (une deuxi\u00e8me voie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;am\u00e9ricanisme triomphant), qui impliquait une sorte d&rsquo;accord tacite avec les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette double appr\u00e9ciation contradictoire refl\u00e9tait somme toute la politique fran\u00e7aise elle-m\u00eame. On continuait \u00e0 affirmer l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale, tout en sachant, et en acceptant ce risque, que cela pouvait d\u00e9boucher sur une confrontation avec les USA. D&rsquo;autre part, on caressait l&rsquo;espoir qu&rsquo;apr\u00e8s tout, cette situation pourrait \u00eatre accept\u00e9e telle quelle par les USA, et \u00eatre p\u00e9rennis\u00e9e sans affrontement, simplement par une reconnaissance mutuelle de ces diff\u00e9rences. Il y avait l\u00e0 une crise latente, presque une crise d&rsquo;identit\u00e9 de la politique fran\u00e7aise, tent\u00e9e de subsister telle qu&rsquo;elle \u00e9tait, sur l&rsquo;acquis gaullien du temps de la Guerre froide, entre la crainte de l&rsquo;affrontement in\u00e9vitable et l&rsquo;esp\u00e9rance utopique d&rsquo;un arrangement possible. <\/p>\n<h3>Une politique d&rsquo;arrangement et d&rsquo;affrontement<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette incertitude, d&rsquo;ailleurs compr\u00e9hensible en partie par l&rsquo;incertitude \u00e9prouv\u00e9e par rapport \u00e0 la politique US et, surtout, par rapport aux r\u00e9actions des autres nations confront\u00e9es au comportement politique US, se solda d&rsquo;une fa\u00e7on qu&rsquo;on pourrait juger irr\u00e9m\u00e9diable par l&rsquo;\u00e9chec. La France engagea le <em>Rafale<\/em> dans quelques grands objectifs o\u00f9 elle jugeait avoir raisonnablement le champ libre, comme dans la longue campagne pour obtenir une importante commande des Emirats Arabes Unis. M\u00eame si elle r\u00e9ussit \u00e0 vendre des <em>Mirage<\/em> 2000 (2000-9), elle trouva tr\u00e8s vite une concurrence acharn\u00e9e, et bient\u00f4t politiquement irr\u00e9sistible, avec le F-16 Block 60 contre le <em>Rafale<\/em>. La France perdit le march\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on qui devait faire comprendre qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait jamais plus une attitude plut\u00f4t arrangeante des USA pour ne pas trop lui disputer une conqu\u00eate qui aurait fait partie de sa propre niche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, elle prit \u00e0 certaines occasions, le parti d&rsquo;affronter les USA directement, comme en Cor\u00e9e du Sud lorsque le <em>Rafale<\/em> fut notamment oppos\u00e9 au F-15K de Boeing (McDonnell Douglas). L\u00e0 aussi, elle perdit, toujours pour les m\u00eames causes d&rsquo;une machinerie impitoyable et d&rsquo;une grande puissance, utilis\u00e9e avec d\u00e9termination pour l&#8217;emporter par tous les moyens, notamment les moyens de la pression politique et de la corruption install\u00e9e presque comme un \u00e9tendard claquant au vent. A chaque fois, m\u00eame si d&rsquo;autres concurrents \u00e9taient pr\u00e9sents, sans aucun doute le concurrent fran\u00e7ais, le <em>Rafale<\/em>, \u00e9tait per\u00e7u par les Am\u00e9ricains comme le concurrent principal, celui qu&rsquo;il importait d&rsquo;\u00e9craser plut\u00f4t que de le vaincre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est le moment de ressortir une fois de plus la fameuse phrase du g\u00e9n\u00e9ral US au g\u00e9n\u00e9ral belge Briquemont, en 1993, lorsque Briquemont commandait les forces de l&rsquo;ONU \u00e0 Sarajevo : \u00ab<em>Nous autres, aux USA, nous ne r\u00e9solvons pas les probl\u00e8mes, nous les \u00e9crasons.<\/em>\u00bb Ainsi, Dassault, et la France par extension, \u00e9taient toujours un probl\u00e8me pour les USA.<\/p>\n<h3>L&rsquo;illusion europ\u00e9enne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tParall\u00e8lement, une autre voie semblait s&rsquo;ouvrir et fut effectivement suivie. L\u00e0 encore, Dassault suivit les orientations de la politique fran\u00e7aise dans la voie europ\u00e9enne. On observera que c&rsquo;est, par rapport au diagnostic que nous avons pos\u00e9 concernant la p\u00e9riode 1985-1990, curieusement \u00e0 contretemps. Il y avait, dans l&rsquo;esprit des Fran\u00e7ais, l&rsquo;id\u00e9e que le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Europe dans les ann\u00e9es 1990, autour (avant et apr\u00e8s) du trait\u00e9 de Maastricht et de l&rsquo;adoption de l&rsquo;euro, une logique europ\u00e9enne d&rsquo;int\u00e9gration qui se r\u00e9percuterait au niveau des armements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSans doute ce domaine  les armements  manifeste-t-il plus qu&rsquo;aucun autre la tromperie politique compl\u00e8te qu&rsquo;est la dynamique europ\u00e9enne des ann\u00e9es 1990, bien abusivement identifi\u00e9e comme int\u00e9gratrice puisqu&rsquo;elle ne l&rsquo;est que pour des contraintes \u00e9conomiques et finalement pro-am\u00e9ricanistes et nullement pour de v\u00e9ritables avantages europ\u00e9ens. La d\u00e9cennie 1990 est encombr\u00e9e de communications, d&rsquo;esquisses de programmes, de projets divers d&rsquo;une politique industrielle, d&rsquo;une politique europ\u00e9enne de l&rsquo;armement, etc., sans qu&rsquo;aucun r\u00e9sultat s\u00e9rieux avec une capacit\u00e9 de structuration n&rsquo;ait pu \u00eatre atteint. Les concepts d&rsquo;un march\u00e9 europ\u00e9en de l&rsquo;armement, d&rsquo;une pr\u00e9f\u00e9rence europ\u00e9enne, etc., avec une dimension politique europ\u00e9enne, furent impitoyablement \u00e9cras\u00e9s et d\u00e9lay\u00e9s entre deux forces d&rsquo;une puissance semblable: la croyance quasi-religieuse des institutions europ\u00e9ennes au dogme lib\u00e9ral de l&rsquo;absence de protection et de pr\u00e9f\u00e9rence au profit d&rsquo;un lib\u00e9ralisme sans frein de la concurrence qui ne pouvait profiter qu&rsquo;\u00e0 ceux (les USA) qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en place (en Europe) et d&rsquo;ore et d\u00e9j\u00e0 les plus puissants; l&rsquo;oc\u00e9an de bureaucratie et de r\u00e9glementation produit par les m\u00eames bureaucraties, qui soumettait tout projet \u00e0 l&rsquo;invasion th\u00e9orique de r\u00e8gles, d&rsquo;exigences r\u00e9f\u00e9rentielles, etc., qui n&rsquo;eurent comme effet que la paralysie de toute dynamique politique, y compris europ\u00e9enne bien entendu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette jungle faite essentiellement pour tout changer bureaucratiquement sans rien permettre politiquement, la France, accus\u00e9e-vedette pour sa politique d&rsquo;ind\u00e9pendance et son hostilit\u00e9 suppos\u00e9e \u00e0 tout ce qui avait trait \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence am\u00e9ricaniste, ne connut que des d\u00e9boires \u00e0 la mesure inverse de ses esp\u00e9rances. Pour le <em>Rafale<\/em> et les projets de programme d&rsquo;avion de combat pouvant refl\u00e9ter une r\u00e9elle dynamique europ\u00e9enne (au contraire de l&rsquo;<em>Eurofighter<\/em>, ce monstre mi-OTAN mi-europ\u00e9en servant d&rsquo;outil de corruption de l&rsquo;Etat-BAE), 2002 fut le coup de massue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 2002, quand cinq pays europ\u00e9ens d\u00e9cid\u00e8rent d&rsquo;entrer dans le programme JSF pour un investissement total d\u00e9passant $4 milliards  la somme aurait permis de lancer un programme europ\u00e9en  la Commission europ\u00e9enne ne fit pas la moindre remarque. Il fallut l&rsquo;intervention priv\u00e9e d&rsquo;un fonctionnaire europ\u00e9en aupr\u00e8s du commissaire europ\u00e9en aux relations ext\u00e9rieures Chris Patten, pour que celui-ci prenne sur soi de t\u00e9l\u00e9phoner au Premier ministre hollandais, la veille de la d\u00e9cision hollandaise en faveur du JSF, pour le presser de faire un choix europ\u00e9en. L&rsquo;affaire n&rsquo;\u00e9tait pas de la comp\u00e9tence de Patten, mais celui-ci fut le seul commissaire \u00e0 la juger suffisamment importante pour intervenir  sans succ\u00e8s, bien entendu.<\/p>\n<h3>Le marteau-pilon du JSF<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, les ann\u00e9es 2001-2008 sont comme la moisson des grains catastrophiques sem\u00e9s dans les ann\u00e9es 1990. L\u00e0 aussi, la question que nous d\u00e9veloppons suit la situation politique g\u00e9n\u00e9rale, avec l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 et l&rsquo;esp\u00e8ce d&rsquo;hyst\u00e9rie h\u00e9g\u00e9monique qui s&#8217;empara des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme nous l&rsquo;avons vu par ailleurs (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_le_jsf_post-9_11_et_l_american_nightmare_03_11_2009.html\" class=\"gen\">3 novembre 2009<\/a>), le programme JSF b\u00e9n\u00e9ficia dans une mesure extraordinaire du climat, encore plus que de la politique elle-m\u00eame, qui s&rsquo;installa apr\u00e8s 9\/11. Il devint bien plus qu&rsquo;un favori ou qu&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence, il \u00e9tablit une sorte d&rsquo;absolutisme de la prospective des march\u00e9s d&rsquo;armement \u00e0 l&rsquo;exportation. Ce fut une sorte de p\u00e9riode d&rsquo;anesth\u00e9sie, essentiellement entre 2001-2002 et 2008, avec un d\u00e9but de redressement assez significatif pour qu&rsquo;on puisse parler d&rsquo;un changement structurel en vue sur la fin de la p\u00e9riode, surtout de la part de la Russie, correspondant d&rsquo;ailleurs au redressement politique de ce pays sous la direction de Poutine. En effet, la description de la domination totalitaire du JSF ne signifie pas que des ventes n&rsquo;eurent pas lieu, mais toute prospective \u00e9tait d\u00e9sormais li\u00e9e \u00e0 la perspective de l&rsquo;arriv\u00e9e sur le march\u00e9 de ce programme qui, \u00e0 partir de cette date, soumettrait l&rsquo;ensemble du march\u00e9 \u00e0 ses conditions. Le seul point qui d\u00e9tonait un peu \u00e9tait que cette date d&rsquo;arriv\u00e9e du JSF sur le march\u00e9 \u00e9tait insensiblement mais r\u00e9guli\u00e8rement retard\u00e9e \u00e0 mesure que le temps de cette p\u00e9riode passait.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette affirmation de puissance du JSF se fit sous toutes les formes et par tous les moyens, y compris ceux des plus basses besognes. L&rsquo;assassinat du dirigeant populiste hollandais Pim Fortuyn, le 6 mai 2002, \u00e0 quelques jours du vote d&rsquo;\u00e9lections o\u00f9 il aurait emmen\u00e9 son parti \u00e0 la victoire, alors qu&rsquo;il avait d\u00e9clar\u00e9 son opposition au JSF et que le nouveau Parlement allait devoir voter sur la d\u00e9cision du gouvernement d&rsquo;entrer dans le programme, les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jsf_de_fortuyn_30_06_2002.html\" class=\"gen\">manipulations<\/a> grossi\u00e8res qui suivirent  tout cela rel\u00e8ve effectivement des basses besognes et des murs du crime organis\u00e9, auxquels les ambassades US sont accoutum\u00e9es en Europe depuis les p\u00e9rip\u00e9ties des r\u00e9seaux <em>Gladio<\/em>. Ces r\u00e9seaux jou\u00e8rent, eux aussi, un r\u00f4le dans le verrouillage des (cinq) pays europ\u00e9ens dans le programme JSF.<\/p>\n<h3>Le <em>Rafale<\/em> anesth\u00e9si\u00e9 par le JSF<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Rafale<\/em> fran\u00e7ais subit de plein fouet cette p\u00e9riode de totalitarisme politico-technologique, \u00e0 partir d&rsquo;une position d\u00e9j\u00e0 fortement d\u00e9grad\u00e9e. En g\u00e9n\u00e9ral, les Fran\u00e7ais ne donn\u00e8rent qu&rsquo;une analyse parcellaire de la situation g\u00e9n\u00e9rale de la domination US qui semblait en train de s&rsquo;\u00e9tablir pour presque un si\u00e8cle. Du c\u00f4t\u00e9 de Dassault, il \u00e9tait de coutume de se plaindre, en l&rsquo;admirant secr\u00e8tement, de la puissance et [de] l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;offensive marketing du JSF, soutenue par le gouvernement US. Le constat plus g\u00e9n\u00e9ral, chez le constructeur o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit n&rsquo;\u00e9tait plus celui du temps de Marcel Dassault, \u00e9tait celui d&rsquo;une d\u00e9faite in\u00e9luctable sanctionnant une puissance am\u00e9ricaine jug\u00e9e d\u00e9sormais irr\u00e9sistible, et la certitude que le programme JSF serait men\u00e9 \u00e0 son terme sans probl\u00e8me majeur, et instituerait effectivement un quasi-monopole US sur les march\u00e9s d&rsquo;armement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa vision des autorit\u00e9s gouvernementales fran\u00e7aises, quand il y en avait une, se r\u00e9sumait \u00e0 un fatalisme catastrophique qui compl\u00e9tait l&rsquo;humeur de Dassault. Cette attitude fut r\u00e9sum\u00e9e par une observation, dite sur un ton s\u00e9rieux, que nous fit un membre du cabinet du ministre de la d\u00e9fense du gouvernement Jospin, en 2001, alors que nous l&rsquo;interrogions sur les possibilit\u00e9s de l&rsquo;avenir du <em>Rafale<\/em> \u00e0 l&rsquo;exportation : \u00ab<em>De toutes les fa\u00e7ons, nous finirons par faire un JSF transatlantique avec les Am\u00e9ricains, une id\u00e9e \u00e0 laquelle nous r\u00e9fl\u00e9chissons s\u00e9rieusement, et la question sera r\u00e9solue d&rsquo;une fa\u00e7on rentable et entre alli\u00e9s loyaux.<\/em>\u00bb Les socialistes au pouvoir \u00e0 cette \u00e9poque correspondaient bien \u00e0 la d\u00e9finition que le chev\u00e8nementiste Didier Motchane avait donn\u00e9 d&rsquo;eux dans son livre <em>Un atlantisme \u00e0 la charentaise  De Jarnac \u00e0 Maastricht, dix ans de politique \u00e9trang\u00e8re<\/em> (1992).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Rafale<\/em> fit en 2001 la comp\u00e9tition hollandaise de s\u00e9lection pour le remplacement des F-16 en service (la premi\u00e8re du nom, car il y a eu d&rsquo;autre depuis, pour le m\u00eame programme de renouvellement des F-16), qui aboutit au choix hollandais d&rsquo;entrer dans le programme JSF. Il s&rsquo;y classa presque \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec le JSF, selon des crit\u00e8res techniques existants, contre des crit\u00e8res techniques et budg\u00e9taires du JSF sur papier, qui n&rsquo;ont cess\u00e9 de se d\u00e9grader depuis. Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_hollande_le_jsf_et_le_destin_de_l_europe_30_01_2002.html\" class=\"gen\">30 janvier 2002<\/a>, apr\u00e8s l&rsquo;annonce de la s\u00e9lection du JSF, nous \u00e9crivions:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Et voil\u00e0 que la RNethAF, dans un acc\u00e8s de transparence inattendu et qui laisse \u00e0 penser \u00e0 certains, a laiss\u00e9 filer dans le domaine public (dans la presse n\u00e9erlandaise) les cotations des candidats,  dans les domaines technologiques et op\u00e9rationnels essentiellement. Les r\u00e9sultats, quantifi\u00e9s \u00e0 partir des crit\u00e8res de la RNethAF, dont on conna\u00eet le s\u00e9rieux et le professionnalisme, sont les suivants: 6,97 pour le JSF, 6,95 pour le Rafale, 5,83 pour le Typhoon, 5,80 pour le F-16C-60.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Le tournant de 2008<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tRien ne changea vraiment jusqu&rsquo;en 2008, ann\u00e9e \u00e0 laquelle nous arr\u00eaterons notre exploration car c&rsquo;est bien l&rsquo;ann\u00e9e d&rsquo;un <strong>grand tournant<\/strong>. (Bien entendu, nous faisons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la grande crise financi\u00e8re de septembre 2008 et \u00e0 tout ce qui s&rsquo;en est suivi.) Les Fran\u00e7ais subissait ce qu&rsquo;ils jugeaient \u00eatre le destin in\u00e9luctable de la domination US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;arriv\u00e9e de Sarkozy \u00e0 la pr\u00e9sidence en mai 2007 laissa pr\u00e9sager la possibilit\u00e9 de relancer une dynamique de marketing \u00e0 l&rsquo;exportation qui \u00e9voluait dans ce climat lugubre. Effectivement, des mesures de r\u00e9organisation furent d\u00e9cid\u00e9es, justement sous l&rsquo;impulsion du nouveau pr\u00e9sident, tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par le dossier <em>Rafale<\/em>. Il est difficile de mesurer l&rsquo;importance et l&rsquo;effet sp\u00e9cifiques de ce renouvellement de l&rsquo;effort du gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;exportation, dans la mesure o\u00f9 son plein rendement commen\u00e7a \u00e0 s&rsquo;affirmer en 2008, qui est cette ann\u00e9e d&rsquo;une importance cruciale \u00e0 cause d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements d\u00e9passant la seule situation fran\u00e7aise et changeant cette situation par un autre facteur que les initiatives int\u00e9rieures. Quoi qu&rsquo;il en soit, cet effort eut lieu et, s&rsquo;il b\u00e9n\u00e9ficia des circonstances, son \u00e0-propos n&rsquo;en est que plus \u00e9vident.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas, tout \u00e9tait pr\u00eat pour un complet changement de la situation g\u00e9n\u00e9rale. Cela concerne le <em>Rafale<\/em> mais, comme on le comprend, cela illustre \u00e9galement tous les domaines de la vie internationale et de la situation de crise du monde. 2008 \u00e9quivaut largement \u00e0 2001, \u00e0 l&rsquo;inverse sans nul doute.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur le Rafale et l&rsquo;exportation (II) Nous poursuivons notre travail de documentation historique, selon notre point de vue (et notre exp\u00e9rience directe de nombre des \u00e9v\u00e9nements rapport\u00e9s) sur l&rsquo;avion de combat fran\u00e7ais Rafale en particulier, sur le r\u00f4le de la France dans l&rsquo;exportation des armements et sur l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;exportation des armements en g\u00e9n\u00e9ral.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3301,5597,250,3501,3502,4607,8922,3219],"class_list":["post-71272","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-dassault","tag-exportation","tag-jsf","tag-lockheed","tag-martin","tag-politique","tag-predatrice","tag-rafale"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71272","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71272"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71272\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}