{"id":71319,"date":"2009-12-07T12:13:00","date_gmt":"2009-12-07T12:13:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/07\/notes-sur-la-guerre-personnelle-du-president-obama\/"},"modified":"2009-12-07T12:13:00","modified_gmt":"2009-12-07T12:13:00","slug":"notes-sur-la-guerre-personnelle-du-president-obama","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/07\/notes-sur-la-guerre-personnelle-du-president-obama\/","title":{"rendered":"Notes sur la guerre personnelle du pr\u00e9sident Obama"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur la guerre personnelle du pr\u00e9sident Obama<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLa premi\u00e8re d\u00e9cision du pr\u00e9sident Obama dans son discours du 1er d\u00e9cembre 2009 est celle d&rsquo;envoyer 30.000 hommes de plus en Afghanistan, et de demander une contribution importante aux alli\u00e9s de l&rsquo;OTAN (on parle de 7.000 hommes venant d&rsquo;une myriade de pays difficiles \u00e0 identifier, dans une confusion exemplaire de cette sorte de d\u00e9marche). Cette d\u00e9cision est interpr\u00e9t\u00e9e comme l&rsquo;installation d&rsquo;Obama comme pr\u00e9sident de guerre (<em>War President<\/em>). Elle est applaudie par tout le parti belliciste aux USA et ailleurs, jusqu&rsquo;\u00e0 la sacralisation d\u00e9cisive que constitue le soutien des n\u00e9o-conservateurs (voir <em>Antiwar.com<\/em> le <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/eli-clifton\/2009\/12\/04\/neocons-get-warm-and-fuzzy\/\" class=\"gen\">5 d\u00e9cembre 2009<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa deuxi\u00e8me d\u00e9cision d&rsquo;Obama qui est de commencer le retrait des forces US d&rsquo;Afghanistan en juillet 2011 repr\u00e9sente une nuance rationnelle fondamentale du <em>War President<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un <em>War President<\/em> qui se veut mesur\u00e9 et n&rsquo;entend pas se laisser entra\u00eener dans un conflit sans fin. La d\u00e9cision consiste \u00e0 dire: j&rsquo;entreprends cette guerre comme une guerre limit\u00e9e dans le temps, pour r\u00e9gler un probl\u00e8me strat\u00e9gique qui m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par la politique de mon pr\u00e9d\u00e9cesseur. Mon vrai but est bien de finir cette guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien  avec les r\u00e9serves d&rsquo;usage, cela va de soi. Comme nous en informe Tom Engelhardt dans son texte du <a href=\"http:\/\/www.commondreams.org\/view\/2009\/12\/03-5\" class=\"gen\">3 d\u00e9cembre 2009<\/a> (notamment sur <em>CommonDream.org<\/em>):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In his address, Obama offered July 2011 as the date to begin a withdrawing the first U.S. troops from Afghanistan.  (After 18 months, our troops will begin to come home.)  However, according to the Washington-insider Nelson Report, a White House on background press briefing Tuesday afternoon made it far clearer that the president was talking about a conditions based withdrawal. It would, in other words, depend on objective conditions on the ground, on whether the Afghans had met the necessary benchmarks.  When asked about the scaling back of the American war effort, General McChrystal recently suggested a more conservative timeline  sometime before 2013  seconded hazily by Said Jawad, the Afghan ambassador to Washington.  Secretary of Defense Robert Gates refers to this as a \u00ab\u00a0thinning out\u00a0\u00bb of U.S. forces.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes n\u00e9o-conservateurs, qui sont devenus en trois coups de plume des soutiens inconditionnels de BHO  on a les soutiens qu&rsquo;on peut et qu&rsquo;on m\u00e9rite   ne l&rsquo;entendent pas de cette oreille formelle et privil\u00e9gient la belle relativit\u00e9 des choses politiciennes. Pour eux, ce d\u00e9lai n&rsquo;est qu&rsquo;une manuvre pour tenter de faire taire l&rsquo;opposition \u00e0 la guerre pendant au moins 18 mois, et d&rsquo;ainsi acheter du temps pour agir. \u00ab[T]<em>he July 2011 date also buys Obama time. It enables him to push off pressure to begin withdrawing, or to rethink the basic strategy, for 18 months. We&rsquo;ve come pretty far from all the talk about off ramps at three or six-month intervals in 2010 that we were hearing just a little while ago<\/em>\u00bb, \u00e9crit William Kristoll le 2 d\u00e9cembre. Depuis, comme on le lit <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-vous_avez_bien_dit_juillet_2011_07_12_2009.html\" class=\"gen\">par ailleurs<\/a>, les choses ne se sont pas clarifi\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autres prennent une appr\u00e9ciation \u00e0 la fois moins haute (moins strat\u00e9gique) mais plus fondamentale. Ils consid\u00e8rent que, selon les m\u00e9thodes de guerre US et selon que l&rsquo;on sait des intentions du commandement US, le destin de cette guerre est d&rsquo;accro\u00eetre encore le d\u00e9sordre et l&rsquo;\u00e9chec qu&rsquo;elle constitue jusqu&rsquo;ici. La critique est ici moins sur l&rsquo;intention que sur la m\u00e9thodologie. Le r\u00e9sultat appr\u00e9hend\u00e9 est la catastrophe. C&rsquo;est le cas de William S. Lind, dans son texte \u00ab<em>O=W<\/em>\u00bb (ou encore Obama \u00e9gale Bush), le <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/lind\/2009\/12\/04\/o-equals-w\/\" class=\"gen\">5 d\u00e9cembre 2009<\/a>. Ses explications sont marqu\u00e9es bien entendu par le th\u00e9oricien de la guerre de la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (G4G) qu&rsquo;il est, autant que par le constat des limites de la puissance US. Apr\u00e8s avoir conclu \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec pr\u00e9visible, Lind termine par un jugement abrupt et d\u00e9finitif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The real choice Obama faced was not how many troops to send. We do not have enough troops to commit a militarily meaningful number. The real choice was to get out now or get out later. His duty as chief executive, the state of America&rsquo;s treasury (empty), concern for the well-being of our troops and their families, and the hopelessness of the situation all dictated he get out now. By punting the decision, he showed America and the world what he is made of<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt sa conclusion lapidaire : \u00ab<em>Dec. 1, 2009, was the date the Obama presidency failed.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Les pr\u00e9misses de la guerre<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t On a \u00e0 peine glos\u00e9, et on aurait du le faire un peu plus, sur le fait que la d\u00e9cision du 1er d\u00e9cembre 2009 n&rsquo;est pas la premi\u00e8re d\u00e9cision d&rsquo;Obama de renforcement des forces US en Afghanistan. Le nouveau pr\u00e9sident avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9 un premier renforcement en mars 2009. Cette d\u00e9cision suivait des demandes urgentes des militaires datant d&rsquo;avant son \u00e9lection. Dans <em>The Nation<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.thenation.com\/blogs\/dreyfuss\/503295\" class=\"gen\">5 d\u00e9cembre 2009<\/a>, Robert Dreyfuss observe que le renforcement de 30.000 hommes du 1er d\u00e9cembre, r\u00e9pondant au plan McChrystal, r\u00e9pond en fait \u00e0 des demandes des militaires datant \u00e9galement de 2008, et principalement suscit\u00e9es par Gates, dont Dreyfuss fait le principal inspirateur de l&rsquo;actuelle d\u00e9cision d&rsquo;\u00e9largir la guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes interpr\u00e9tations ont la vertu de r\u00e9tablir une continuit\u00e9 entre ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 avant Obama (notamment la relance de la guerre \u00e0 partir de 2005) et ce qui se passe aujourd&rsquo;hui. Elles s&rsquo;inscrivent en partie en faux contre la perception g\u00e9n\u00e9rale qui est qu&rsquo;une nouvelle guerre a commenc\u00e9 le 1er d\u00e9cembre 2009. Nous disons en partie parce que nous connaissons bien la puissance de la perception dans un monde plong\u00e9 dans la subjectivation de l&rsquo;information, et donc l&rsquo;effet de transformation de la r\u00e9alit\u00e9 que la perception impose \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 devenue insaisissable. Cette perception s&rsquo;est impos\u00e9e en trois mois, au long des r\u00e9flexions et des vaticinations strat\u00e9giques d&rsquo;Obama et de son \u00e9quipe. En ao\u00fbt 2009, avec le rapport McChrystal, c&rsquo;\u00e9tait encore un nouvel \u00e9pisode de la m\u00eame guerre. Le 1er d\u00e9cembre 2009, c&rsquo;est une nouvelle guerre. Ainsi en a d\u00e9cid\u00e9 notre perception.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe fait p\u00e8sera lourd car il engage Obama bien plus qu&rsquo;il ne le voudrait sans doute, peut-\u00eatre bien plus qu&rsquo;il ne l&rsquo;a jamais voulu. D\u00e9sormais, il est engag\u00e9 \u00e0 100% dans cette guerre. Les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_gout_des_armes_02_12_2009.html\" class=\"gen\">lib\u00e9raux bellicistes<\/a> (pl\u00e9onasme) ont raison, avec leur catastrophique interpr\u00e9tation du monde: c&rsquo;est bien le <em>Churchill moment<\/em> d&rsquo;Obama  mais d&rsquo;un Churchill \u00e0 mesure de notre temps et de ce qu&rsquo;est devenu la guerre, cette d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de ce que ces m\u00eames lib\u00e9raux bellicistes aiment tant. Lind n&rsquo;a pas tort sur l&rsquo;essentiel, s&rsquo;il a raison dans son analyse op\u00e9rationnelle de l&rsquo;\u00e9chec annonc\u00e9: \u00ab<em>Dec. 1, 2009, was the date the Obama presidency failed.<\/em>\u00bb (En d&rsquo;autres mots: Obama ne survivra pas \u00e0 un \u00e9chec de son but de remporter la victoire en 18 mois.)<\/p>\n<h3>L&#8217;emploi du mot <em>surge<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAu d\u00e9part, l&rsquo;augmentation des effectifs constitue un <em>surge<\/em> de l&rsquo;engagement US en Afghanistan, \u00e0 l&rsquo;image de celui de 2007 en Irak. Il y a une immense dimension psychologique, d&rsquo;une psychologie malade, presque une incantation, dans l&#8217;emploi du mot <em>surge<\/em>. La chose est servie comme un f\u00e9tiche  quoiqu&rsquo;on notera qu&rsquo;elle est devenue d&rsquo;un emploi d\u00e9licat parce que, en un sens, elle contredit l&rsquo;interpr\u00e9tation ci-dessus que la d\u00e9cision du 1er d\u00e9cembre est une nouvelle guerre. On ne fait un <em>surge<\/em> que dans une guerre d\u00e9j\u00e0 en cours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tN\u00e9anmoins, le mot reste d&#8217;emploi courant. Il est une incantation qui relie d&rsquo;une fa\u00e7on suspecte, sinon malsaine, les conceptions de l&rsquo;\u00e9quipe Obama \u00e0 celles de l&rsquo;\u00e9quipe qui l&rsquo;a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Il constitue une capitulation devant la <em>narrative<\/em> de l&rsquo;administration GW Bush selon laquelle, finalement, le <em>surge<\/em> de 2007 et du magicien Petraeus a \u00e9t\u00e9 une victoire-surprise et une victoire-\u00e9clair en Irak apr\u00e8s trois ans d&rsquo;une calamit\u00e9 sans exemple. Le <em>surge<\/em> fut en r\u00e9alit\u00e9 une d\u00e9cision de retrait de la puissance US de la guerre, ici en payant une partie des insurg\u00e9s et en leur donnant une quasi-autonomie, l\u00e0 en se repliant sur des points d&rsquo;appui et en transf\u00e9rant des pouvoirs \u00e0 ces forces, avec en plus un maximum d&rsquo;autorit\u00e9 au pouvoir central irakien. Le r\u00e9sultat est que les USA ne contr\u00f4lent plus grand&rsquo;chose en Irak et que l&rsquo;Irak poursuit sa propre route dans un \u00e9tat de partition <em>de facto<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mot <em>surge<\/em> est donc l\u00e0 pour rappeler une <em>narrative<\/em> de victoire, de retournement de situation, au prix de l&rsquo;abandon de tous les buts strat\u00e9giques US, donc une victoire de type virtualiste. (Ne parlons pas des bases US en Irak comme des avantages strat\u00e9giques dans l&rsquo;\u00e9tat de d\u00e9cr\u00e9pitude et d&rsquo;inutilit\u00e9 de la force militaire US. Ce sont plut\u00f4t des abc\u00e8s de fixation qui p\u00e8sent sur le budget US et, en cas de malheur, font de ces bases des forteresses assi\u00e9g\u00e9es d\u00e9pendant de lignes de communication qui seraient ais\u00e9ment coup\u00e9es.) C&rsquo;est une tentative d&rsquo;influer sur la perception pour qu&rsquo;elle accueille la perspective d&rsquo;une victoire vite, tr\u00e8s vite  18 mois, ce qui n&rsquo;est pas loin de correspondre  surprise, surprise  \u00e0 la chronologie de la <em>narrative<\/em> du <em>surge<\/em> en Irak. Le sch\u00e9ma bushiste, repris par le bon docteur Petraeus, a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9.<\/p>\n<h3>L&rsquo;obsession nucl\u00e9aire de <em>AfPak<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMais, justement, cette notion de <em>surge<\/em>  apparence de fausse victoire et perte de contr\u00f4le du pays  contredit l&rsquo;un des buts, le <strong>vrai<\/strong> but de la guerre. La d\u00e9cision du 1er d\u00e9cembre ne concerne pas l&rsquo;Afghanistan mais <em>AfPak<\/em> (l&rsquo;acronyme fait de Afghanistan-Pakistan). Le vrai but de la guerre, c&rsquo;est indirectement mais fondamentalement le contr\u00f4le du nucl\u00e9aire pakistanais. Pour cela un <em>surge<\/em> \u00e0-la-Bush ne suffira pas, car il faut un v\u00e9ritable contr\u00f4le de l&rsquo;Afghanistan, direct ou indirect, et non pas un retrait <em>de facto<\/em> de la situation dynamique, comme en Irak, impliquant une abdication de l&rsquo;influence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut donc une v\u00e9ritable victoire, une v\u00e9ritable stabilisation de l&rsquo;Afghanistan, pour \u00e9liminer l&rsquo;une des pressions principales (quoique indirectes) sur le nucl\u00e9aire pakistanais. Il faut une v\u00e9ritable structure de gouvernement et d&rsquo;administration, fonctionnant d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9mocratique et acceptable, appuy\u00e9e sur des bases puissantes, avec une arm\u00e9e et des forces de s\u00e9curit\u00e9 entrain\u00e9es et loyales. Lorsqu&rsquo;on conna\u00eet l&rsquo;\u00e9tat de toutes ces choses apr\u00e8s la r\u00e9\u00e9lection de Karza\u00ef en septembre, ce vu pieu rel\u00e8ve de la plaisanterie qui ne fait rire personne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est bien l\u00e0 le nud op\u00e9rationnel et politique concret de toute cette crise en Afghanistan m\u00eame (le reste de la crise se passant \u00e0 Washington). Il repose sur la pr\u00e9occupation bien \u00e9tablie d&rsquo;Obama pour le nucl\u00e9aire, qui touche \u00e9galement toute son \u00e9quipe. Cette pr\u00e9occupation pas loin d&rsquo;\u00eatre obsessionnelle <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-folies_pakistanaises_05_05_2009.html\" class=\"gen\">concerne<\/a> essentiellement le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-panique_pakistanaise_a_washington_dc_08_05_2009.html\" class=\"gen\">Pakistan<\/a> avec l&rsquo;hypoth\u00e8se du terrorisme avec des capacit\u00e9s nucl\u00e9aires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette situation peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la seule <strong>vraie<\/strong> cause op\u00e9rationnelle et strat\u00e9gique concr\u00e8te de la d\u00e9cision du 1er d\u00e9cembre 2009. Cela n&rsquo;est pas rassurant pour autant, l&rsquo;hypoth\u00e8se Pakistan\/nucl\u00e9aire terroriste \u00e9tant particuli\u00e8rement incertaine, impr\u00e9cise, et un argument pour toutes les saisons, pour toutes les initiatives envisageables du c\u00f4t\u00e9 US o\u00f9 l&rsquo;on a l&rsquo;esprit f\u00e9cond. Plut\u00f4t qu&rsquo;avoir l\u00e0 un cas strat\u00e9gique clair, on a au contraire une interf\u00e9rence majeure dans l&rsquo;appr\u00e9ciation mesur\u00e9e de la situation strat\u00e9gique.<\/p>\n<h3>Irak et Afghanistan, similaires ou pas?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPuisque l&rsquo;on parle \u00e9galement de <em>surge<\/em> comme en Irak, on est justifi\u00e9 de poser une question comparative. Y a-t-il une diff\u00e9rence entre l&rsquo;Irak et l&rsquo;Afghanistan, du point de vue politique plus largement consid\u00e9r\u00e9es, hors les consid\u00e9rations techniquement strat\u00e9giques et op\u00e9rationnelles, et de communication, qu&rsquo;on a \u00e9voqu\u00e9es plus haut? Plusieurs, et de taille: avant l&rsquo;Irak, il n&rsquo;y avait rien eu de majeur pour les forces US, dans la s\u00e9quence historique consid\u00e9r\u00e9e; avec l&rsquo;Afghanistan, il y a eu l&rsquo;Irak <strong>avant<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Irak \u00e9tait un conflit qui avait sa strat\u00e9gie propre, concernant l&rsquo;Irak lui-m\u00eame; qu&rsquo;on la juge absurde, n\u00e9faste voire mal\u00e9fique, n&#8217;emp\u00eache pas qu&rsquo;elle existait. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;abattre Saddam, de faire <em>tabula rasa<\/em> de ce r\u00e9gime et du pays qu&rsquo;il avait fa\u00e7onn\u00e9, et de faire surgir de toutes pi\u00e8ces un oasis de march\u00e9 libre et de d\u00e9mocratie (dans cet ordre) dans le d\u00e9sert de M\u00e9sopotamie. Au moins, avec l&rsquo;Irak, on pouvait dire : on a gagn\u00e9, on a perdu, ou bien, mieux encore  ce qui fut fait apr\u00e8s trois ann\u00e9es de calvaire  faisons comme si nous avions gagn\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRien de semblable en Afghanistan \u00e0 ce stade. Il y a eu <em>regime change<\/em> depuis longtemps, avec la chute des talibans et l&rsquo;installation de Karza\u00ef; il n&rsquo;est nullement question de bouleverser fondamentalement les structures du pays, les ennemis sont \u00e0 la fois identifi\u00e9s et insaisissables, \u00e0 la fois localis\u00e9s et pr\u00e9sents partout, fortement implant\u00e9s et fortement diversifi\u00e9s. Les probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre tiennent \u00e0 la fois \u00e0 des traditions, \u00e0 des structures, \u00e0 des accidents innombrables qui refl\u00e8tent un \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du pays qu&rsquo;il n&rsquo;est dans l&rsquo;intention de personne de bouleverser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA la diff\u00e9rence de l&rsquo;Irak au d\u00e9but de la guerre, l&rsquo;Afghanistan au d\u00e9but de la guerre d&rsquo;Obama ne pr\u00e9sente aucun sympt\u00f4me qui puisse \u00eatre radicalement trait\u00e9 avec l&rsquo;espoir que ce traitement soit d\u00e9cisif. La m\u00e9thode ne peut \u00eatre que dans l&rsquo;infinit\u00e9 des nuances, de l&rsquo;adaptation, de l&rsquo;accommodement, toutes ces choses qui sont aussi \u00e9trang\u00e8res aux g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;am\u00e9ricanisme que la diversit\u00e9 culturelle et l&rsquo;existence de la diff\u00e9rence.<\/p>\n<h3>Intronisation de la politique de la raison<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, et toujours dans le domaine politique mais en y ajoutant la psychologie, la plus grande diff\u00e9rence entre l&rsquo;Irak et l&rsquo;Afghanistan, dans le chef d&rsquo;Obama, c&rsquo;est le changement de m\u00e9thodologie politique. Pour en revenir \u00e0 notre fameuse et si utile classification sugg\u00e9r\u00e9e par Harlan K. Ullman, il s&rsquo;agit de remplacer la trop fameuse <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">politique<\/a> de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct par la politique de la raison qui correspond au caract\u00e8re et aux intentions d&rsquo;Obama. En un sens, le d\u00e9lai observ\u00e9 depuis la demande de McChrystal (fin ao\u00fbt) et la d\u00e9cision du 1er d\u00e9cembre qui rencontre presque compl\u00e8tement cette demande est une fa\u00e7on de r\u00e9tablir la pr\u00e9\u00e9minence de la politique de la raison. L&rsquo;annonce du d\u00e9but du d\u00e9part des troupes en juillet 2011 l&rsquo;est \u00e9galement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDreyfuss, cit\u00e9 plus haut, qui met Gates en cause comme principal inspirateur du <em>surge<\/em>, observe \u00e9galement que Gates s&rsquo;est constamment oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;annonce publique d&rsquo;une date (juillet 2011) pour entamer le retrait. Cette d\u00e9cision de rendre publique cette date de retrait est du pr\u00e9sident Obama lui-m\u00eame. Dans ce cas, BHO poursuit la rationalisation de sa d\u00e9cision, explicitant par l&rsquo;argument du remplacement de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct par la politique de la raison cette explication en substance de sa d\u00e9marche que nous donnions plus haut: j&rsquo;entreprends cette guerre comme une guerre limit\u00e9e dans le temps, pour r\u00e9gler un probl\u00e8me strat\u00e9gique qui m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par la politique de mon pr\u00e9d\u00e9cesseur. Mon vrai but est bien de finir cette guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme l&rsquo;on voit \u00e9galement, cette tentative se heurte d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un d\u00e9sordre et \u00e0 une pol\u00e9mique consid\u00e9rable. L&rsquo;annonce de la date de juillet 2011 est sans aucun doute, selon l&rsquo;appr\u00e9ciation que nous en donnons ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-vous_avez_bien_dit_juillet_2011_07_12_2009.html\" class=\"gen\">7 d\u00e9cembre 2009<\/a>, un ferment de prolongement et de relance de la crise afghane \u00e0 Washington m\u00eame.<\/p>\n<h3>La liquidation de la politique de la raison<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe dernier point est particuli\u00e8rement important, comme exemple d\u00e9monstratif d&rsquo;un processus en cours \u00e0 Washington, du chef d&rsquo;Obama, selon les meilleures intentions du monde, et qui risque, si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait, d&rsquo;aboutir \u00e0 un \u00e9chec complet. En agissant comme il le fait, en tentant de transformer la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct en politique de la raison par une simple m\u00e9thodologie formelle, et nullement sur le fond (la politique elle-m\u00eame), il ne fait que compromettre irr\u00e9m\u00e9diablement la seconde. La politique de la raison devient un faux-nez pour la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct. Les <em>neocons<\/em> ont compris cela, si l&rsquo;on en juge aux fr\u00e9tillements divers de Kristoll et du plantureux Kagan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une th\u00e8se que nous d\u00e9veloppons dans le prochain <em>dde.crisis<\/em> (du 10 d\u00e9cembre 2009), pour marquer l&rsquo;\u00e9chec principal de BHO  disons, de la m\u00e9thode BHO. Il n&rsquo;arrivera \u00e0 rien en douceur. Une politique de la raison implique une liquidation en grandes pompes de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct  dans ce cas, le retrait d&rsquo;Afghanistan. <em>Dear<\/em> BHO, hors de rupture point de salut.<\/p>\n<h3>Ce qui est en jeu<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui est en jeu avec l&rsquo;Afghanistan, comme avec d&rsquo;autres crises en cours d&rsquo;ailleurs? C&rsquo;est la compromission d\u00e9finitive, la destruction d\u00e9finitive de la politique de la raison et le triomphe apr\u00e8s coup de la <LIEN=http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html>politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct sous le faux-nez de la raison. S&rsquo;il poursuit dans la voie qu&rsquo;il a choisie, Obama compl\u00e8te Bush en lui donnant la respectabilit\u00e9 de la raison dont il s&rsquo;est institu\u00e9 le grand pr\u00eatre. C&rsquo;est la conclusion in\u00e9vitable qu&rsquo;inspire l&rsquo;\u00e9trange d\u00e9cision du 1er d\u00e9cembre 2009, \u00e0 la fois \u00e9nergique et compromise, \u00e0 la fois guerri\u00e8re (jusqu&rsquo;en 2011) et pacificatrice (\u00e0 partir de juillet 2011), mariant le feu \u00e0 l&rsquo;eau en esp\u00e9rant obtenir une p\u00e2t\u00e9e pour chat adaptable \u00e0 la d\u00e9mocratie et annihilatrice des suppos\u00e9es ambitions nucl\u00e9aires des terroristes qui pullulent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela observ\u00e9 sans complaisance excessive mais sans alarmisme extraordinaire, tout ce raisonnement chaotique se termine par deux questions essentielles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Premi\u00e8re question : le syst\u00e8me peut-il produire autre chose que la <LIEN=http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html>politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct? Il se pourrait bien qu&rsquo;il soit trop tard \u00e0 cet \u00e9gard et que GW Bush n&rsquo;ait fait que crier le roi  est nu bien plus que d\u00e9shabiller le souverain, en lan\u00e7ant sa politique qui fut cr\u00fbment ce qu&rsquo;elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, de mani\u00e8re un peu dissimul\u00e9e, avant lui. Apr\u00e8s tout, le Kosovo ne valait gu\u00e8re mieux que l&rsquo;Irak et, aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Afghanistan, avec en plus (ou en moins) l&rsquo;immense d\u00e9sarroi que l&rsquo;on conna\u00eet bien et auquel on compatit \u00e9videmment de l&rsquo;attaque du 11 septembre. Dans ce cas, la politique de raison du pr\u00e9sident Obama devient une ambition bien path\u00e9tique tant elle est irr\u00e9aliste, et sa guerre devrait montrer cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Deuxi\u00e8me question : Obama s&rsquo;apercevra-t-il de cette substitution, et du r\u00f4le indigne que les circonstances font jouer \u00e0 sa politique de la raison, et se r\u00e9voltera-t-il contre cela, notamment \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;Afghanistan? Il faudrait, pour cela, qu&rsquo;il ait perdu confiance dans le syst\u00e8me et <strong>rien<\/strong> ne le montre pour l&rsquo;instant. Echec de l&rsquo;<em>American<\/em> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-american_gorbatchev_29_10_2008.html\" class=\"gen\">Gorbatchev<\/a>? Cette question finale n&rsquo;est pas nouvelle et la possibilit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9ponse positive (\u00e9chec) ne cesse de grandir chaque jour.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur la guerre personnelle du pr\u00e9sident Obama La premi\u00e8re d\u00e9cision du pr\u00e9sident Obama dans son discours du 1er d\u00e9cembre 2009 est celle d&rsquo;envoyer 30.000 hommes de plus en Afghanistan, et de demander une contribution importante aux alli\u00e9s de l&rsquo;OTAN (on parle de 7.000 hommes venant d&rsquo;une myriade de pays difficiles \u00e0 identifier, dans une&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[8986,3236,2631,4390,3494,8360,8361,2622,1012,1104,3004,6208,3379,4607,5535,4146],"class_list":["post-71319","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-8986","tag-afghanistan","tag-de","tag-et","tag-juillet","tag-lideologie","tag-linstinct","tag-la","tag-lind","tag-neocons","tag-nucleaire","tag-obama","tag-pakistan","tag-politique","tag-raison","tag-talibans"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71319","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71319"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71319\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71319"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71319"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71319"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}