{"id":71336,"date":"2009-12-11T15:23:26","date_gmt":"2009-12-11T15:23:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/11\/introduction-de-la-grace-de-lhistoire\/"},"modified":"2009-12-11T15:23:26","modified_gmt":"2009-12-11T15:23:26","slug":"introduction-de-la-grace-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/11\/introduction-de-la-grace-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"Introduction de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Introduction de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t17 octobre 2009  Un lecteur, Geo, nous demande une intervention qui nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement. On trouve l&rsquo;intervention de Geo sur notre <em>Forum<\/em> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum.html\" class=\"gen\">g\u00e9n\u00e9ral<\/a> \u00e0 la date du 4 octobre 2009, et sur le <em>Forum<\/em> d&rsquo;un texte datant du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-l_europe-puissance_par_inspiration_07_04_2005.html\" class=\"gen\">7 avril 2005<\/a>, sous le titre \u00ab<em>L&rsquo;Europe-puissance  par inspiration<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre lecteur s&rsquo;adresse \u00e0 Philippe Grasset et cite le livre \u00e0 venir tr\u00e8s prochainement, qui sera mis en vente en feuilleton sur ce site, <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>; il cite \u00e9galement un texte explicitement sign\u00e9 Philippe Grasset. C&rsquo;est au m\u00eame Grasset \u00e0 prendre la parole, avec le je que tout le monde comprend, aussit\u00f4t apr\u00e8s l&rsquo;extrait de l&rsquo;intervention de notre lecteur qui pose directement ses questions. Notre lecteur oppose, sur un point particulier, R\u00e9gis Debray, qui avait sign\u00e9 la pr\u00e9face de <em>La chronique de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em> (Mols, 2003), de Philippe Grasset, \u00e0 ce m\u00eame Grasset. L&rsquo;opposition signal\u00e9 par notre lecteur n&#8217;emp\u00eache certainement pas  c&rsquo;est l&rsquo;avis de Grasset  un accord g\u00e9n\u00e9ral des deux esprits, comme on le lit dans la pr\u00e9face cit\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici l&rsquo;extrait principal de l&rsquo;intervention de Geo:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A l&rsquo;oppos\u00e9 de vos vues, il y aurait donc r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un transcendant aux USA, et absence d&rsquo;une telle r\u00e9f\u00e9rence non seulement en Europe, ce qui va avec vos descriptions, mais aussi en France. (Seule la France est capable de se penser libre dans l&rsquo;ensemble europ\u00e9en, \u00e9criviez vous en 2005, mais peut-elle le vouloir? La Grande Nation peut m\u00eame sembler pionni\u00e8re de l&rsquo;esprit suicidaire par abus d&rsquo;immanence.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Pourrait on avoir quelques pr\u00e9cisions sur vos vues sur ce sujet, sur votre perception de nations historiques et d&rsquo; artefact anti-historiques, assez peu claire parfois.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>(Je pense que votre opus annonc\u00e9 de m\u00e9tahistoire a entre autres pour but de pr\u00e9ciser ces aspects de vos conceptions, mais je serai preneur d&rsquo;un expos\u00e9 synth\u00e9tique sur le site de De defensa, comme d&rsquo;autres, j&rsquo;imagine.)<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa plume est \u00e0 Philippe Grasset puisque c&rsquo;est \u00e0 lui qu&rsquo;on s&rsquo;adresse<\/p>\n<h3>La ci-devant Grande Nation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tJe vais essayer de faire court parce que si je me laisse conduire par ma plume  c&rsquo;est bien plus qu&rsquo;une image  je risque de faire au moins aussi long que <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, ce qui n&rsquo;aurait gu\u00e8re de sens, en d\u00e9florant le sujet et en privant les app\u00e9tits cupides de <em>dedefensa.org<\/em> du mets sonnant et tr\u00e9buchant qui lui est si cher et qui scandalise certains. En d&rsquo;autres mots, je vais poser et d\u00e9velopper certains points, sans aller au fond des choses en aucune fa\u00e7on. Vous vous rattraperez, je l&rsquo;esp\u00e8re, avec <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJe vais proc\u00e9der par une succession de points, qui sembleraient au premier coup d&rsquo;il en vrac, qui ne le sont pas pourtant. Je m&rsquo;en tiendrai, Geo, \u00e0 votre question sur nations historiques et artefact anti-historique. Pour simplifier, la premi\u00e8re expression d\u00e9signant la France, la seconde les USA (Je tente toujours d&rsquo;\u00e9viter avec un z\u00e8le de scripteur d&rsquo;appliquer le mot nation aux USA, et d&rsquo;y mettre le mot pays. Ce n&rsquo;est pas pour rien.) A mon sens, on aura fait un tour synth\u00e9tique, comme vous dites, de la question; ce qui signifie qu&rsquo;on aura effleur\u00e9 le fondement du sujet. Pour le d\u00e9veloppement, voyez <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, qui ne saurait tarder. (On en reparlera dans deux, trois ou quatre semaines, selon les moyens du bord).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas, sachez que je parle au-del\u00e0 de la morale conventionnelle, ou en-dehors de la morale conventionnelle qui charge, en observant l&rsquo;histoire telle qu&rsquo;elle la con\u00e7oit, tel et tel r\u00e9gimes, tel et tel syst\u00e8mes, telle et telle entit\u00e9s politiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 peu pr\u00e8s tous, d&rsquo;horreurs sans nom. Cela permet d&rsquo;induire un jugement politique sans appel, au meilleur compte possible. Par morale conventionnelle, j&rsquo;entends la morale que nous avons invent\u00e9e aujourd&rsquo;hui pour pouvoir mieux condamner les crimes d&rsquo;hier et dissimuler les crimes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, puisque notre syst\u00e8me a r\u00e9ussi la performance d&rsquo;inventer aujourd&rsquo;hui d&rsquo;autres sortes de crimes, notamment gr\u00e2ce \u00e0 un habile et intensif maquillage communicationnel, s&rsquo;inventant ainsi une vertu d&rsquo;aujourd&rsquo;hui par rapport aux crimes d&rsquo;hier. Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;histoire ni de la morale, c&rsquo;est un tour de magie de <em>music-hall<\/em>  <em>dito<\/em>, du virtualisme. Je pars du principe qu&rsquo;il n&rsquo;existe nul r\u00e9gime, nul syst\u00e8me, nulle entit\u00e9 politique d&rsquo;une r\u00e9elle importance historique qui n&rsquo;aient \u00e0 son passif des choses ha\u00efssables, cruelles et condamnables, tout cela relevant des circonstances in\u00e9luctables de l&rsquo;Histoire. Mais ceci est une autre histoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Une nation est une cr\u00e9ation de l&rsquo;Histoire, plus ou moins longue, plus ou moins heureuse. Et j&rsquo;entends l&rsquo;Histoire avec une part essentielle de Myst\u00e8re  cela fait partie de ma vision du monde, c\u00f4t\u00e9 intuition et conviction, \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser, certes Dans le raisonnement qui suit, vous devez imp\u00e9rativement en tenir compte, quitte \u00e0 conclure pour le tout: tout \u00e7a, \u00e0 la poubelle. C&rsquo;est votre responsabilit\u00e9, comme le choix de cette dimension est de ma responsabilit\u00e9. (Plus loin, par contre, je me permets d&rsquo;avancer un argument <strong>objectif<\/strong> \u00e0 ce propos, pour mieux m&rsquo;en expliquer.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa nation s&rsquo;organise autour d&rsquo;un centre, qui est g\u00e9ographique, culturel, linguistique  et aussi, et surtout, qui est ou qui devient inspirateur  ce dernier mot, de l&rsquo;ordre du Myst\u00e8re, dans son sens le plus haut, comme signal\u00e9 plus haut. Ce mouvement, activ\u00e9 par l&rsquo;Histoire et nourrie par elle, cr\u00e9e une identit\u00e9 collective, puis une l\u00e9gitimit\u00e9, puis une souverainet\u00e9  dans cet ordre, \u00e0 mon sens  et cette chronologie, chose essentielle parce qu&rsquo;elle r\u00e9pond \u00e0 la nature historique m\u00eame. Pour \u00e9tablir l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame sur la nation, bien plus que les bureaux de vote, il faut que l&rsquo;homme et le r\u00e9gime en place repr\u00e9sentent et servent ces trois imp\u00e9ratif: identit\u00e9, l\u00e9gitimit\u00e9, souverainet\u00e9. Ces caract\u00e8res, s&rsquo;ils ont un sens temporel, ne peuvent \u00eatre r\u00e9duits \u00e0 cette dimension (toujours la m\u00eame pr\u00e9occupation du spirituel).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa France est n\u00e9e quelque part (la pr\u00e9cision m&rsquo;importe assez peu), peut-\u00eatre avec le bapt\u00eame de Clovis, peut-\u00eatre avec la fili\u00e8re des Philippe (Auguste et Le Bel), certainement confirm\u00e9e avec Jeanne  Jeanne d&rsquo;Arc, cr\u00e9atrice de ce que, notamment, Sieburg (dans <em>Dieu est-il fran\u00e7ais?<\/em>) nomme le nationalisme mystique, avec comme cerise sur le g\u00e2teau l&rsquo;Eglise de Rome en France nationalis\u00e9e par la France, gr\u00e2ce aux habilet\u00e9s dialectiques de la berg\u00e8re de Domr\u00e9my. (A propos, Shaw fait de Jeanne la premi\u00e8re protestante de l&rsquo;Histoire, ce qui en dit long sur la souplesse fran\u00e7aise, ou la souplesse de la perception des conceptions fran\u00e7aises.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJe ne vois absolument aucune rupture dans l&rsquo;Histoire de France, avec la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Pour moi, la R\u00e9volution fran\u00e7aise est un \u00e9v\u00e9nement de rupture d&rsquo;une civilisation et non d&rsquo;une nation, donc qui \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;histoire de France. Elle n&rsquo;a pas transform\u00e9 la France, elle a cr\u00e9\u00e9, avec deux autres \u00e9v\u00e9nements parall\u00e8les (la R\u00e9volution am\u00e9ricaine et le choix de la thermodynamique comme source d&rsquo;\u00e9nergie), un courant historique radicalement diff\u00e9rent o\u00f9 se trouve la France comme les autres, mais qui n&rsquo;a pas transform\u00e9 la substance de la France. Apr\u00e8s la R\u00e9volution, la France dig\u00e8re et int\u00e8gre la R\u00e9volution dans la continuit\u00e9 de sa propre histoire, sans rompre cette continuit\u00e9. (Depuis on d\u00e9bat sur la r\u00e9volution  la R\u00e9volution est un bloc? Ou bien, 1789 contre 1793? Etc.  histoire de faire tenir la chose dans notre histoire, selon les caprices des caf\u00e9s de Saint-Germain-des-Pr\u00e8s  bonne chance pour la digestion.). La R\u00e9volution, elle, dans toute sa dimension <D>d\u00e9structurante<D> qui est sa caract\u00e9ristique fondamentale selon moi, appartient \u00e0 l&rsquo;histoire du monde et au tournant que cette histoire prend \u00e0 la jointure fin XVIII\u00e8me-d\u00e9but XIX\u00e8me. (Ceux qui ont lu <em>dde.crisis<\/em> du 10 septembre 2009, savent que je consid\u00e8re que cette jointure ouvre une deuxi\u00e8me civilisation occidentale  on verra \u00e7a dans <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe apr\u00e8s tout fort logique est qu&rsquo;on verra, <em>stricto sensu<\/em> selon la perception que j&rsquo;en ai, la France en lutte contre les cons\u00e9quences de la R\u00e9volution dont elle a accouch\u00e9e et qu&rsquo;elle a l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Histoire. C&rsquo;est le cas, par exemple, de la bataille de Verdun selon mon interpr\u00e9tation, comme on peut le <a href=\"http:\/\/www.lesamesdeverdun.com\/\" class=\"gen\">lire<\/a> dans <em>Les \u00e2mes de Verdun<\/em>. La France a fait la R\u00e9volution mais la France est contre la <strong>d\u00e9structuration<\/strong> du monde. Or, la R\u00e9volution dont elle a accouch\u00e9e et qui s&rsquo;est inscrite dans l&rsquo;histoire du monde en la modifiant est <strong>d\u00e9structuration<\/strong> pure (la France a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e par sa R\u00e9volution, chose maistrienne \u00e9videmment). Dilemme  qui fait de la France un passionnant sujet d&rsquo;\u00e9tude, et l&rsquo;objet de passions sans fin puisqu&rsquo;elle est, par sa substance m\u00eame, en lutte permanente contre le caract\u00e8re d\u00e9structurant fondamental de cet immense \u00e9v\u00e9nement dont elle a accouch\u00e9 C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;elle n&rsquo;usurpe certes pas son titre de Grande Nation, en luttant contre ce qui est sorti de ses entrailles, et en r\u00e9sistant \u00e0 ses entrailles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour le reste, pour conclure sur ce point, vous m&rsquo;interrogez: \u00ab<em>Seule la France est capable de se penser libre dans l&rsquo;ensemble europ\u00e9en, \u00e9criviez vous en 2005, mais peut-elle le vouloir?&#8230;<\/em>\u00bb La question n&rsquo;est pas de savoir si la France <strong>veut<\/strong>, parce que la France <strong>est<\/strong>. Cela n&rsquo;est pas pr\u00f4ner la libert\u00e9 ou la combattre, l&rsquo;appr\u00e9cier ou la d\u00e9nigrer, c&rsquo;est \u00eatre habit\u00e9 par la libert\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insu de son plein gr\u00e9. En ce sens, je termine donc ma phrase, que je pensais compl\u00e8te par le seul sens du contexte o\u00f9 je l&rsquo;\u00e9crivais La France n&rsquo;a pas \u00e0 vouloir se penser libre, elle ne peut que se penser libre. En un sens, amusant, paradoxal, etc., la France est prisonni\u00e8re de la libert\u00e9 qui l&rsquo;habite. (Lisez donc certaines histoires de la IV\u00e8me R\u00e9publique tant d\u00e9cri\u00e9e pour sa d\u00e9cadence, ou bien lisez certains passages de ce texte sur <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-extrait_de_memoires_du_dehors_de_philippe_grasset_la_crise_de_suez_de_l_automne_1956_vue_d_alger.html\" class=\"gen\">l&rsquo;exp\u00e9dition de Suez<\/a> de 1956; voyez les diff\u00e9rences de comportement entre les m\u00e9diocres Fran\u00e7ais  Mollet, Pineau &#038; compagnie  et les brillants Britanniques  Eden, MacMillan  o\u00f9 seuls les Fran\u00e7ais se pensent libres vis-\u00e0-vis des Am\u00e9ricains. Sans gloire, sans panache, voire sans intelligence ni grandeur, mais ils se pensent libres. Le r\u00e9sultat peut \u00eatre catastrophique d&rsquo;ailleurs, cela n&rsquo;est pas le propos. Je parle d&rsquo;une sp\u00e9cificit\u00e9 dont je ne puis expliquer la cause ni comprendre le cheminement. L&rsquo;intuition parle, pas l&rsquo;intelligence, et l&rsquo;intuition dit : c&rsquo;est la transcendance. Prenez-en ce qu&rsquo;il vous plaira.)  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tout cela vous dit qu&rsquo;une nation est ce quelque chose qui a une substance li\u00e9e \u00e0 une transcendance n\u00e9e de l&rsquo;Histoire, celle-ci (l&rsquo;Histoire) per\u00e7ue comme un Myst\u00e8re, \u00e9ventuellement d\u00e9terministe  mais sur ce point, avec des accommodements avec le Ciel, car je voudrais bien parvenir \u00e0 une d\u00e9finition <strong>absolument<\/strong> acceptable du concept de d\u00e9terminisme  concept \u00e0 mon sens beaucoup plus relatif qu&rsquo;on ne fait, beaucoup plus mall\u00e9able. Cette transcendance n&rsquo;assure ni de la dignit\u00e9 de ses habitants, qui varie grandement, ni de la loyaut\u00e9 de ses \u00e9lites, qui est \u00e9lastique, ni de la grandeur de ses dirigeants, qui est erratique; ni des d\u00e9faites, ni des p\u00e9riodes de d\u00e9cadence et ainsi de suite. Elle <strong>est<\/strong>, point final, ce qui fait qu&rsquo;elle r\u00e9siste aux d\u00e9faites et se rel\u00e8ve de ses p\u00e9riodes de d\u00e9cadences, et parvient \u00e0 continuer <strong>malgr\u00e9<\/strong> ses \u00e9lites (ce dernier point, le plus bel exploit).<\/p>\n<h3>Passons \u00e0 l&rsquo;artefact<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t Je pense qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement plus r\u00e9v\u00e9lateur de l&rsquo;aspect faussaire des USA qui se voudraient nation, et qui ne sont qu&rsquo;artefact antihistorique, que ce passage de la carri\u00e8re de Robert E. Lee, gentilhomme dans tous les sens du terme selon sa r\u00e9putation et le plus grand soldat qu&rsquo;aient connu les USA (ou bien doit-on dire qu&rsquo;aient connu les CSA pour Confederate States of America?). Voyez simplement <em>Wikip\u00e9dia<\/em>, \u00e0 <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Robert_E._Lee\" class=\"gen\">Robert E. Lee<\/a>, et ce passage:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In early 1861, President Abraham Lincoln invited Lee to take command of the entire Union Army. Lee declined because his home state of Virginia was seceding from the Union, despite Lee&rsquo;s wishes. When Virginia seceded from the Union in April 1861, Lee chose to follow his home state.<\/em>\u00bb. A la suite de cela, Lee va prendre la t\u00eate de l&rsquo;Arm\u00e9e de la Virginie du Nord et s&rsquo;imposer comme le plus grand strat\u00e8ge de la Guerre de S\u00e9cession, et de toute l&rsquo;histoire militaire des USA. Lee, grand soldat (de l&rsquo;arm\u00e9e des Etats-Unis) avant la Guerre de S\u00e9cession, promis au plus hautes destin\u00e9es dans cette arm\u00e9e (des USA), qui, pourtant, refuse l&rsquo;offre de Lincoln de diriger l&rsquo;arm\u00e9e des Etats-Unis pour suivre son Etat de Virginie, dont il d\u00e9sapprouve pourtant la d\u00e9cision de faire s\u00e9cession, alors qu&rsquo;il est lui-m\u00eame anti-esclavagiste. Et il s&rsquo;agit bien de s\u00e9cession, nullement d&rsquo;une guerre civile o\u00f9 l&rsquo;on resterait \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du m\u00eame pays, comme s&#8217;emploie  \u00e0 tenter de nous le faire accroire (on comprend pourquoi) le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme qui emploie l&rsquo;expression <em>Civil War<\/em> et jamais Guerre de S\u00e9cession Quelle est la nation de Lee? Les USA ou la Virginie? <em>Right or wrong, my country<\/em>?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Lisez, pour comprendre ce cas extraordinaire du g\u00e9n\u00e9ral Lee et, par extrapolation intuitive, de la fausset\u00e9 du terme de nation dans le cas des USA, le r\u00e9cit de la reddition de Lee \u00e0 Appomatox, en avril 1865, faite au g\u00e9n\u00e9ral Ulysse S. Grant, chef des arm\u00e9es du Nord, d&rsquo;apr\u00e8s les m\u00e9moires de Grant lui-m\u00eame. Grant, le vainqueur para\u00eet-il, angoiss\u00e9, balbutiant, n&rsquo;osant aborder le sujet de la reddition devant cet homme dont il fut le subordonn\u00e9 et qu&rsquo;il admire tant, parlant de leurs souvenirs communs de West Point, etc.; et Lee lui-m\u00eame, rappelant \u00e0 Grant qu&rsquo;on se trouvait r\u00e9unis l\u00e0 pour d\u00e9terminer les modalit\u00e9s de la reddition du Sud. Grant \u00e9crit: \u00ab<em>What General Lee&rsquo;s feelings were I do not know. As he was a man of much dignity, with an impassible face, it was impossible to say whether he felt inwardly glad that the end had finally come, or felt sad over the result, as was too manly to show it. Whatever his feelings, they were entirely concealed from my observation ; but my own feelings, which had been quite jubilant on the receipt of his letter, were sad and depressed. I felt like anything rather than rejoicing at the downfall of a foe who had fought so long and valiantly, and had suffered so much for a cause<\/em> [&#8230;] <em>Our conversation grew so pleasant that I almost forgot the object of our meeting. After the conversation had run in this style for some time, General Lee called my attention to the object of our meeting<\/em> [&#8230;] <em>Then we gradually fell off again into conversation about matters foreign to the subject which had brought us together. This continued for some little time, when General Lee again interrupted the course of the conversation by suggested that the terms I proposed to give his army ought to be written out.<\/em>\u00bb Qui est le vainqueur de qui, sur le fond des choses, hors de la quincaillerie et de la cruaut\u00e9 de la guerre? De quel c\u00f4t\u00e9 se trouve l&rsquo;imposture? Le symbolisme de la sc\u00e8ne est \u00e9difiant.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s la Guerre de S\u00e9cession, qui avait prouv\u00e9 par le fer et par le feu de la machinerie humaine qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de nation am\u00e9ricaine puisqu&rsquo;il avait fallu le fer et le feu de la machinerie humaine pour faire croire qu&rsquo;il y en avait une, le reste n&rsquo;est qu&rsquo;une longue suite de montages, de propagande, d&rsquo;organisation th\u00e9\u00e2trale d&rsquo;un sentiment patriotique qui, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;exister, sera continuellement repr\u00e9sent\u00e9 et mis en sc\u00e8ne pour accr\u00e9diter l&rsquo;existence d&rsquo;une nation. Tous les <em>usual suspects<\/em> sont pr\u00e9sents Cherchez un peu, et trouvez un film standard d&rsquo;Hollywood o\u00f9 n&rsquo;apparaisse pas, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, sur un mur, sur un bureau, dans les latrines ou sur le soutien gorge d&rsquo;une majorette, la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e? Comment voulez-vous accepter l&rsquo;exemple, souvent cit\u00e9, de la ferveur patriotique d&rsquo;une nation autour d&rsquo;Obama  ferveur, je veux bien, mais patriotique?  avec l&rsquo;exemple de son inauguration, int\u00e9gralement financ\u00e9e, dans son organisation, y compris nombre de d\u00e9placements en autocars vers Washington, par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_keynesianisme_inaugural__19_01_2009.html\" class=\"gen\">Wall Street<\/a>, premier <em>sponsor<\/em> de la campagne BHO  Wall Street qui sera pay\u00e9 en retour, on sait comment?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les USA sont une cr\u00e9ation humaine sans rapport avec l&rsquo;Histoire et m\u00eame <strong>contre<\/strong> l&rsquo;Histoire, de A jusqu&rsquo;\u00e0 Z, avec les magouilles habituelles d&rsquo;une assembl\u00e9e d&rsquo;avocats et de riches fortunes, avec quelques grands esprits sans aucun doute  mais, tout de m\u00eame, en ayant pris soin, ou en ayant eu la chance que le plus subversif d&rsquo;entre ces esprits, Thomas Jefferson, soit coinc\u00e9 dans son ambassade parisienne de 1785 \u00e0 1790, pendant que s&rsquo;\u00e9laborait la Constitution (1787-1788). Voici ce que dit de la formation des USA un grand esprit contemporain aux USA, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-jacques_barzun_le_vrai_american_dream_l_american_dream_destine_a_etre_fracasse_03_04_2006.html\" class=\"gen\">Jacques Barzun<\/a>  tiens, n\u00e9 dans la banlieue parisienne, au d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, puis gloire de l&rsquo;Universit\u00e9 US, essayiste, critique du New York <em>Times<\/em>, philosophe de l&rsquo;art  auteur, avant de mourir, de ce chef d&rsquo;uvre qu&rsquo;est <em>From Dawn to Decadence,  500 Years of Western Cultural Life<\/em> (1999)  dont j&rsquo;affectionne tant cette d\u00e9finition de la R\u00e9volution am\u00e9ricaine (qu&rsquo;il appelle, lui, comme les Fran\u00e7ais, la Guerre d&rsquo;Ind\u00e9pendance):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>If anything, the aim of the american War of Independance was reactionary : back to the good old days! Taxpayers, assemblymen, traders, and householders wanted a return to the conditions before the latter-day English policies. The appeal was to the immemorial rights of Englishmen: self governments through represetatives and taxation granted by local assemblies, not set arbitrarily by the king. No new Idea entailing a shift in forms of power  the marks of revolutions  was proclaimed. The 28 offenses that King George was accused of had long been familiar in England. The language of the Declaration is that of a protest against abuses of power, not of proposals for recasting the government on new principles.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[B]<em>ack to the good old days!<\/em>? Ce n&rsquo;est certainement pas le retour \u00e0 une nation am\u00e9ricaine qui n&rsquo;existait pas davantage. Et ainsi en fut-il de cette cr\u00e9ation humaine, m\u00e9lange d&rsquo;int\u00e9r\u00eats corporatistes et individuels, de verbiage d&rsquo;avocat, de manuvres de couloir, de corruption (d\u00e9j\u00e0), sur fond d&rsquo;\u00e9nervement excit\u00e9 des id\u00e9es des Lumi\u00e8res r\u00e9pandues par une communication d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plein r\u00e9gime. O\u00f9 est l&rsquo;Histoire, l\u00e0-dedans, la cr\u00e9atrice des nations avant que les hommes ne r\u00e9alisent le ph\u00e9nom\u00e8ne? L&rsquo;Am\u00e9rique est un d\u00e9fi \u00e0 l&rsquo;Histoire, cr\u00e9atrice des nations, donc elle n&rsquo;est pas une nation. Elle est un conglom\u00e9rat, comme on dit d&rsquo;un <em>trust<\/em> qui rach\u00e8te tous ses concurrents pour gagner son monopole. Il n&rsquo;y a nulle part la perception d&rsquo;une transcendance, de l&rsquo;existence d&rsquo;un bien public. Les fonctionnaires sont loyaux \u00e0 leurs agences, \u00e0 leurs minist\u00e8res, \u00e0 leur parti, etc. Un signe \u00e9vident de cette inexistence du bien public se trouve dans l&rsquo;extraordinaire changement de personnel administratif \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une nouvelle administration, qui porte sur plusieurs milliers de fonctionnaires (4.000 \u00e0 5.000), ce qui implique \u00e9videmment que la principale r\u00e9f\u00e9rence dans l&rsquo;action des fonctionnaires du gouvernement est la r\u00e9f\u00e9rence partisane et nullement le bien public.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les USA sont une cr\u00e9ation des textes \u00e9labor\u00e9s par des compromis de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s divers repr\u00e9sentant des int\u00e9r\u00eats divers. L&rsquo;organe sup\u00e9rieur, la Cour Supr\u00eame, est soumis aux m\u00eames r\u00e8gles. Il s&rsquo;agit, non d&rsquo;un Etat de Droit puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de droit r\u00e9galien, mais d&rsquo;un conglom\u00e9rat d&rsquo;int\u00e9r\u00eat rassembl\u00e9 sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;un droit qui est d&rsquo;abord un catalogue de r\u00e8gles du jeu pour faire tenir l&rsquo;ensemble, taillables et corv\u00e9ables \u00e0 merci ces r\u00e8gles, de la m\u00eame fa\u00e7on que, pour la justice, accus\u00e9 et accusateur peuvent n\u00e9gocier des arrangements qui n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec la r\u00e9alit\u00e9 objective de la faute et de la punition dont la justice devrait avoir \u00e0 rendre compte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTocqueville disait en 1831 (<em>Voyage en Am\u00e9rique<\/em>, La Pl\u00e9iade, p.231):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Quand on r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la nature de cette soci\u00e9t\u00e9-ci, on voit jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point l&rsquo;explication de ce qui pr\u00e9c\u00e8de: la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine est compos\u00e9e de mille \u00e9l\u00e9ments divers nouvellement rassembl\u00e9s.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Les hommes qui vivent sous ses lois sont encore anglais, fran\u00e7ais, allemands, hollandais. Ils n&rsquo;ont ni religion, ni murs, ni id\u00e9es communes; jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent on ne peut dire qu&rsquo;il y ait un caract\u00e8re am\u00e9ricain \u00e0 moins que ce soit celui de n&rsquo;en point avoir. Il n&rsquo;existe point ici de souvenirs communs, d&rsquo;attachements nationaux. Quel peut donc \u00eatre le seul lien qui unisse les diff\u00e9rentes parties de ce vaste corps?<\/em> <strong><em>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat.<\/em><\/strong>\u00bb (Soulign\u00e9 par Tocqueville lui-m\u00eame.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Guerre de S\u00e9cession n&rsquo;a <strong>rien<\/strong> chang\u00e9 dans l&rsquo;esprit de la chose, pour la formation d&rsquo;un caract\u00e8re am\u00e9ricain. Elle a fait prendre conscience qu&rsquo;il \u00e9tait urgent d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer plus que jamais le vaste moyen de la communication pour la construction d&rsquo;une apparence de nation fond\u00e9e sur les symboles, le conformisme, pour faire tenir l&rsquo;architecture forc\u00e9e par la guerre, tandis que la soci\u00e9t\u00e9 a, au contraire, suivi et accentu\u00e9 le mod\u00e8le communautaire qui est l&rsquo;antith\u00e8se du mod\u00e8le national, tout cela enrob\u00e9 dans un symbolisme national omnipr\u00e9sent. Le symbolisme en Am\u00e9rique n&rsquo;est pas l&rsquo;expression du sacr\u00e9 mais une tentative d\u00e9risoire de figurer le sacr\u00e9 qui n&rsquo;existe pas. (A cet \u00e9gard, je ne confonds pas religion et sacr\u00e9, qui ne sont pas n\u00e9cessairement confondus  oh, mon Dieu, bien loin de l\u00e0.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 1928, le comte de Keyserling \u00e9crivait dans <em>Psychanalyse de l&rsquo;Am\u00e9rique<\/em> que \u00ab<em>ce qu&rsquo;on peut appeler le manque d&rsquo;\u00e2me des Am\u00e9ricains vient en premier lieu du fait que l&rsquo;Am\u00e9rique est encore une colonie, et que jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure actuelle une civilisation v\u00e9ritablement autochtone ne s&rsquo;y est pas d\u00e9velopp\u00e9e.<\/em>\u00bb Ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 apr\u00e8s 1928 n&rsquo;a rien chang\u00e9 non plus (suite), sinon accentu\u00e9 le montage virtualiste de la communication et assur\u00e9 la dictature du syst\u00e8me du complexe militaro-industriel qui na\u00eet en 1935-1936. Et l&rsquo;on peut continuer dans ce constat jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, avec accentuation du virtualisme communicationnel sur la nation et accentuation du caract\u00e8re de syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, qui est \u00e0 vocation expansionniste et globalisante pour <strong>survivre<\/strong>, qui est le contraire <strong>absolu<\/strong> du concept de nation. (Bas\u00e9 sur la souverainet\u00e9 et l&rsquo;identit\u00e9, la nation doit d\u00e9fendre ce principe et, par cons\u00e9quent, respecter souverainet\u00e9 et identit\u00e9 des autres nations. C&rsquo;est ce que comprirent et exprim\u00e8rent parfaitement Talleyrand et Louis XVIII lors du Congr\u00e8s de Vienne de 1814, qui affirm\u00e8rent comme principe de base que la France abandonnerait tous les territoires conquis depuis 1789, alors m\u00eame que les alli\u00e9s de la coalition anti-napol\u00e9onienne \u00e9taient incertains \u00e0 cet \u00e9gard, pour certains de ces territoires.)<\/p>\n<h3>Sur un point central<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t J&rsquo;\u00e9voque maintenant un point central, qui concerne la question de la transcendance, du Myst\u00e8re, etc., c&rsquo;est-\u00e0-dire la question de l&rsquo;intervention de forces non humaines dans notre histoire  ce qui fait qu&rsquo;histoire devient Histoire. J&rsquo;en ai parl\u00e9 plus haut, mais sous forme d&rsquo;une conviction et rien d&rsquo;autre. Cette fois, je d\u00e9veloppe un argument que je consid\u00e8re comme <strong>objectif<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Raisonnons avec notre raison puisque c&rsquo;est la seule chose qu&rsquo;autorisent nos autorit\u00e9s non-eccl\u00e9siastiques. Car je pr\u00e9tends que c&rsquo;est la raison qui me pousse lorsque j&rsquo;affirme qu&rsquo;il faut, dans nos temps d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, chercher autre chose que ce que nous donne l&rsquo;histoire scientifique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qui nous conduit \u00e0 une impasse. Je ne vois rien de mieux pour expliciter cela, que de citer un extrait de l&rsquo;introduction de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>  introduction qui sera mise prochainement en ligne sur ce site.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Il faut accepter l&rsquo;id\u00e9e que les m\u00e9thodologies que nous avons d\u00e9velopp\u00e9es pour r\u00e9former et reformer l&rsquo;histoire, fermement d\u00e9pendantes de la science et soumises \u00e0 la morale du jour qui triomphe d\u00e9sormais en enfermant l&rsquo;intelligence et en contraignant la sensibilit\u00e9, que ces m\u00e9thodologies sont impuissantes et nihilistes. Nous ne sommes plus capables de rien comprendre ni de rien ressentir de notre pass\u00e9, \u00e0 force de l&rsquo;avoir enferm\u00e9 dans des anath\u00e8mes qui ne concernent que nos frustrations, nos peurs, nos hyst\u00e9ries  tr\u00e8s pr\u00e9sentes, tr\u00e8s actuelles les unes et les autres, sans rapport avec notre pass\u00e9  indignes de notre pass\u00e9, sans aucun doute  repouss\u00e9es par lui, comme il se fait d&rsquo;un corps \u00e9tranger qui veut forcer et tordre la nature du monde. Le fruit atrophi\u00e9 de cette st\u00e9rilit\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e dans la pompe et l&rsquo;arrogance, c&rsquo;est la perte vertigineuse de la compr\u00e9hension de notre situation, de la substance de notre identit\u00e9, de la signification de notre existence. La m\u00e9thodologie historique que nous avons d\u00e9velopp\u00e9e au nom de la science et de l&rsquo;id\u00e9ologie qui sert la science r\u00e9duit notre situation \u00e0 un point tel que nous ne comprenons plus rien du temps pr\u00e9sent, et que nous ne savons plus qui nous sommes, et quels sont notre n\u00e9cessit\u00e9 et notre destin. Nous mourons de l&rsquo;inf\u00e9condit\u00e9 de l&rsquo;esprit et du dess\u00e8chement de l&rsquo;\u00e2me. Nous sommes de pauvres h\u00e8res en haillons de notre esprit, avec des \u00e2mes qui sont comme des breloques trompeuses, pr\u00e9sentes pour la figuration, contraintes et \u00e9touff\u00e9es par l&rsquo;infamie. Nous tournons en rond, comme des aveugles, comme des fous, comme des fant\u00f4mes de nos pauvres croyances disparues. Nous entendons gronder autour de nous une temp\u00eate comme seul un Dieu peut en concevoir le dessein et nous ne voyons rien. Notre souffrance est immense et, pour celui qui n&rsquo;en appelle pas \u00e0 l&rsquo;intuition, souffrance absolument indicible, subie comme un ch\u00e2timent sans attendus ni verdict. La voie royale que je tente d&#8217;emprunter est trac\u00e9e pour tenter de sortir de cette prison qui nous contraint.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJ&rsquo;entends signifier par la qu&rsquo;au point o\u00f9 nous en sommes, non seulement de d\u00e9cadence, mais de d\u00e9sarroi et de chaos de notre propre signification, toutes les voies de la compr\u00e9hension de notre histoire et de l&rsquo;Histoire doivent \u00eatre explor\u00e9es. C&rsquo;est dire autrement, bien entendu, avec m\u00e9nagement pour les \u00e2mes sensibles, qu&rsquo;il faut explorer \u00e0 nouveau les voies sur lesquelles, depuis bien plus d&rsquo;un si\u00e8cle, p\u00e8se de tout son poids un interdit terroriste. Pour cette raison, et pour r\u00e9pondre \u00e0 la raison m\u00eame qui est priv\u00e9e de la tentative globale d&#8217;embrasser notre situation \u00e0 cause de cet interdit terroriste, je ne m&rsquo;interdis en aucun cas d&rsquo;envisager des cas d\u00e9passant \u00e9videmment les bornes impos\u00e9es. Pour cette raison, toujours la m\u00eame, les questions de transcendance, de m\u00e9tahistoire, ne doivent plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des tabous m\u00e9ritant l&rsquo;excommunication ou le ridicule, mais envisag\u00e9s simplement avec la raison, appuy\u00e9e \u00e9ventuellement (c&rsquo;est mon cas) sur l&rsquo;intuition et la conviction, et d\u00e9velopp\u00e9s avec logique et constance.<\/p>\n<h3>Sur un deuxi\u00e8me point central<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t Tr\u00e8s, tr\u00e8s rapide, celui-l\u00e0. Il concerne l&rsquo;attitude des intellectuels fran\u00e7ais vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Am\u00e9rique, qui est implicitement \u00e9voqu\u00e9 par notre lecteur, au travers de la r\u00e9f\u00e9rence qu&rsquo;il donne. <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> d\u00e9veloppe notamment une th\u00e8se selon laquelle le pro-am\u00e9ricanisme  ce que je d\u00e9signe, pour de bonnes raisons, par l&rsquo;expression <em>American Dream<\/em>  est au d\u00e9part pure cr\u00e9ation fran\u00e7aise, des salons fran\u00e7ais, donc des intellectuels, mais aussi du peuple dans une certaine mesure. (La grande \u00e9tude de Ren\u00e9 R\u00e9mond, <em>Les Etats-Unis devant l&rsquo;opinion publique fran\u00e7aise, 1815-1851<\/em> [1961] est \u00e9clairante \u00e0 ce sujet, m\u00eame si l&rsquo;auteur ne va pas jusqu&rsquo;\u00e0 cette conclusion <em>stricto sensu<\/em>.) Le premier <em>American Dream<\/em> fut totalement fran\u00e7ais et connut sa p\u00e9riode de gloire intense entre 1815 et 1830\/1835, avant de conna\u00eetre un long d\u00e9clin jusqu&rsquo;\u00e0 la p\u00e9riode 1919-1933 de mise en cause radicale de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. (Ces dates de 1919-1933 sont \u00e9videmment explicit\u00e9es et justifi\u00e9es dans le livre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui complique l&rsquo;affaire, en effet, est que ce premier <em>American Dream<\/em> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u par l&rsquo;Am\u00e9rique elle-m\u00eame, ce qu&rsquo;elle est devenue (ce qu&rsquo;elle \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9) Cela a conduit la France \u00e0 des attitudes anti-am\u00e9ricanistes (et non anti-am\u00e9ricaines), tandis qu&rsquo;un deuxi\u00e8me <em>American Dream<\/em> apparaissait, pure cr\u00e9ation sociologique et de propagande US, en 1931. J&rsquo;expose longuement ce cas dans <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, qui doit conduire \u00e0 observer que faire de la France une nation anti-am\u00e9ricaine est le plus complet contre-sens historique et psychologique de l&rsquo;\u00e9poque moderniste. (Par contre, certes, la France est anti-am\u00e9ricaniste, contre le syst\u00e8me, et c&rsquo;est sa gloire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction de La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire 17 octobre 2009 Un lecteur, Geo, nous demande une intervention qui nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement. On trouve l&rsquo;intervention de Geo sur notre Forum g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la date du 4 octobre 2009, et sur le Forum d&rsquo;un texte datant du 7 avril 2005, sous le titre \u00abL&rsquo;Europe-puissance par inspiration\u00bb. 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