{"id":71347,"date":"2009-12-15T13:25:44","date_gmt":"2009-12-15T13:25:44","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/15\/de-la-vertu-paradoxale-de-limpuissance\/"},"modified":"2009-12-15T13:25:44","modified_gmt":"2009-12-15T13:25:44","slug":"de-la-vertu-paradoxale-de-limpuissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/15\/de-la-vertu-paradoxale-de-limpuissance\/","title":{"rendered":"De la vertu paradoxale de l&rsquo;impuissance"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">De la vertu paradoxale de l&rsquo;impuissance<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t15  d\u00e9cembre 2009  Nous revenons sur un probl\u00e8me implicite mais fondamental, qui r\u00e9appara\u00eet indirectement mais \u00e0 intervalles r\u00e9guliers, particuli\u00e8rement depuis la crise du 15 septembre 2008. Il s&rsquo;agit en apparence du probl\u00e8me du pouvoir et de la position id\u00e9ologique des directions politiques; nous disons en apparence parce que ce probl\u00e8me est, \u00e9nonc\u00e9 comme nous le faisons, singuli\u00e8rement faux et r\u00e9solu d&rsquo;avance. N\u00e9anmoins il se pose et se repose, par l&rsquo;exercice r\u00e9gulier de ce pouvoir et la manifestation r\u00e9guli\u00e8re de cette position id\u00e9ologique du fait des diverses pressions contradictoires de la crise en cours. Nous disons diverses pressions en constatant qu&rsquo;il s&rsquo;agit de pressions n\u00e9cessairement contradictoires, ce qui fait \u00e9videmment l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous soulevons cette question \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;\u00e9pisode qui a sembl\u00e9 opposer la France \u00e0 l&rsquo;Angleterre, avec comme principaux protagonistes Sarkozy, Brown et la <em>City<\/em> (avec des comparses d&rsquo;occasion qui n&rsquo;ont aucune importance pour le propos, ni d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;ailleurs, comme Barnier \u00e0 son nouveau poste de Commissaire europ\u00e9en).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons \u00e9voqu\u00e9 cette question Sarkozy-Brown-la <em>City<\/em> \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un <em>Faits &#038; Commentaires<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sarkozy_et_la_city_rencontre_du_troisieme_type_03_12_2009.html\" class=\"gen\">3 d\u00e9cembre 2009<\/a>, puis d&rsquo;une notes dans notre rubrique <em>Bloc-Notes<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-brown_et_sarko_font_article_commun_contre_les_banques_et_la_city_par_consequent_10_12_2009.html\" class=\"gen\">10 d\u00e9cembre 2009<\/a>. L&rsquo;affaire s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e en trois s\u00e9quences principales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Une intervention tonitruante de Sarkozy (discours \u00e0 Toulon, le 26 novembre 2009) contre la <em>City<\/em>, annon\u00e7ant que, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Barnier dans sa nouvelle position, la France allait mettre la <em>City<\/em> au pas en lui imposant des r\u00e9gulations d&rsquo;autorit\u00e9, notamment sur les bonus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Une r\u00e9action furieuse de la <em>City<\/em>, suivie par la presse britannique qui va bien avec, accompagn\u00e9e  par des commentaires indirects d&rsquo;officiels gouvernementaux allant dans le m\u00eame sens. L&rsquo;id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale se manifestait selon trois axes: (1) de quoi se m\u00eale la France, qui pr\u00e9tend manipuler une position de Commissaire europ\u00e9en \u00e0 son avantage propre; (2) l&rsquo;Europe est bien un instrument qui menace la puissance britannique qui existe avec la <em>City<\/em>; (3) ils pourront faire ce qu&rsquo;ils voudront, nous sommes les plus forts. Le pouvoir politique suivit absolument cette r\u00e9action et une proposition de rencontre de Sarkozy avec Brown, venue de fa\u00e7on assez piteuse de Sarkozy, fut repouss\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Deux jours apr\u00e8s ces r\u00e9actions britanniques, le gouvernement Brown annon\u00e7ait une super-taxe sur les bonus de 50%. Fureur et menaces de la <em>City<\/em>, Brown faisant exactement ce que Sarko annon\u00e7ait qu&rsquo;il allait faire par Barnier interpos\u00e9 (\u00ab<em>Sarkozy will be delighted<\/em>\u00bb, commentait le <em>Daily Telegraph<\/em>). Sarkozy et Brown se rencontraient et se tapaient dans le dos \u00e0 Bruxelles, pour le sommet de l&rsquo;UE, apr\u00e8s avoir sign\u00e9 un article commun dans le Wall Street <em>Journal<\/em>, appelant les USA \u00e0 suivre la voie qu&rsquo;ils tra\u00e7aient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, tout le monde de s&rsquo;exclamer sur la vanit\u00e9 de cette super-taxe, sa limitation dans le temps, son inefficacit\u00e9, la tartufferie de la mesure, etc. Bref, une mesure prise pour la galerie, par pr\u00e9occupation \u00e9lectoraliste et autres du m\u00eame tabac  chose compl\u00e8tement incontestable. Cet aspect assez pi\u00e8tre de l&rsquo;aventure ne nous int\u00e9resse pas vraiment, parce que nous n&rsquo;avons absolument <strong>aucun<\/strong> espoir dans l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;action, voire de l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 de l&rsquo;action des hommes politiques dans le contexte et les cadres o\u00f9 ils \u00e9voluent actuellement. Ce qui nous int\u00e9resse est que les \u00e9v\u00e9nements <strong>forcent<\/strong> les hommes politiques \u00e0 de telles actions, m\u00eame trompeuses et illusoires  comment pourrait-il en \u00eatre autrement comme on le verra plus loin?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous pla\u00e7ons d&rsquo;un point de vue g\u00e9n\u00e9ral selon lequel <strong>plus personne<\/strong>, y compris les hommes politiques bien s\u00fbr mais y compris les banquiers \u00e9galement (y compris les g\u00e9n\u00e9raux, y compris les experts, y comprisetc.), n&rsquo;a de r\u00e9el et d\u00e9cisif contr\u00f4le sur les \u00e9v\u00e9nements. La r\u00e9alit\u00e9, pour nous, est que les \u00e9v\u00e9nements sont si puissants qu&rsquo;ils forcent les hommes, et qu&rsquo;ils les forcent dans certaines directions. Nous parlons donc des effets <strong>impr\u00e9vus<\/strong> de politiques <strong>involontaires<\/strong>. Ces deux expressions sont extraites de la conclusion de notre <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sarkozy_et_la_city_rencontre_du_troisieme_type_03_12_2009.html\" class=\"gen\">3 d\u00e9cembre 2009<\/a>, que nous nous permettons de citer. Elle est importante parce qu&rsquo;elle \u00e9claire bien notre appr\u00e9ciation de la situation:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Au final de toute cette salade pleine d&rsquo;ingr\u00e9dients \u00e0 la recette douteuse, nous nous y retrouvons parfaitement. La com\u00e9die est incertaine, jou\u00e9e par des ombres insaisissables, discourant dans la nuit selon les r\u00e8gles d&rsquo;un double langage qui va jusqu&rsquo;\u00e0 se d\u00e9doubler lui-m\u00eame selon les circonstances, se comportant sans vergogne et croyant exister alors qu&rsquo;ils sont des personnages maistriens selon les r\u00e8gles les plus inflexibles du domaine. Les caract\u00e8res \u00e9tant ainsi de peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, nous int\u00e9ressent essentiellement les effets impr\u00e9vus de leurs politiques involontaires. Ils sont parfois excellents, les effets.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tP\u00e9riode maistrienne en effet, en ce sens que les \u00e9v\u00e9nements sont si puissants qu&rsquo;ils sont hors de tout contr\u00f4le. On s&rsquo;int\u00e9resse souvent de savoir si nous sommes dans une p\u00e9riode pr\u00e9-r\u00e9volutionnaire, si le peuple va descendre dans la rue avec des fourches et des piques, etc. Certains hommes politiques le croient. Ils se trompent, non sur l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement lui-m\u00eame, dont personne ne sait rien, mais sur la chronologie. Nous ne sommes pas dans une p\u00e9riode pr\u00e9-r\u00e9volutionnaire, nous sommes au cur de la R\u00e9volution, en pleine r\u00e9volution, en cours, sous nos yeux, en g\u00e9n\u00e9ral paresseux ou ferm\u00e9s   une r\u00e9volution absolument d\u00e9cha\u00een\u00e9e. C&rsquo;est pourquoi nous disons que la p\u00e9riode est maistrienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Voyez dans ce texte du 25 mai 2005 de notre Lettre d&rsquo;Analyse <em>de defensa<\/em>, mis en ligne le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_moment_sublime_rubrique_analyse_volume_20_n17_du_25_mai_2005_04_06_2005.html?admin=1\" class=\"gen\">4 juin 2005<\/a>, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur duquel on trouve le compte-rendu que nous faisons de l&rsquo;analyse de Joseph de Maistre d&rsquo;un grand \u00e9v\u00e9nement historique comme la R\u00e9volution fran\u00e7aise, lorsque la puissance de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement soumet totalement l&rsquo;homme \u00e0 sa dynamique. Notre conviction compl\u00e8te est que nous sommes dans ce type de p\u00e9riode historique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui nous int\u00e9resse, ce ne sont pas les \u00e9v\u00e9nements que d\u00e9clenchent nos pr\u00e9tendus hommes de pouvoir (politiques, banquiers, etc.), dont nous avons dit ce que nous pensons, mais bien les effets impr\u00e9vus de leurs politiques involontaires sur la marche puissante d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui les dominent compl\u00e8tement. Dans le cas qui nous importe ici, le r\u00e9sultat net est ce que de Gaulle appelait la discorde chez l&rsquo;ennemi. (Pour nous, les diff\u00e9rents <em>establishment<\/em> en place, au degr\u00e9 de d\u00e9cadence qu&rsquo;ils ont atteint, sont l&rsquo;ennemi dans la mesure o\u00f9 ils servent le syst\u00e8me qui est, lui, l&rsquo;ennemi fondamental.) L&rsquo;\u00e9pisode Sarko-Brown-la <em>City<\/em> a exacerb\u00e9 un peu plus la sourde opposition entre monde politique et monde financier, deux complices \u00e9videmment mais qui, devant la crise, sont conduits de plus en plus \u00e0 se replier sur leurs int\u00e9r\u00eats particuliers qui s&rsquo;av\u00e8rent antagonistes: le monde politique, sa position de pouvoir public, qui implique des \u00e9lections r\u00e9guli\u00e8res et la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une apparence d&rsquo;autorit\u00e9 (dans ce cas contre les banquiers) pour satisfaire l&rsquo;\u00e9lectorat, autorit\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;a \u00e9videmment plus, s&rsquo;il l&rsquo;eut jamais (nous parlons de la g\u00e9n\u00e9ration en place); le monde financier, sa position de privil\u00e8ges \u00e9hont\u00e9s au service d&rsquo;un m\u00e9canisme absolument destructeur qui alimente crise sur crise, qu&rsquo;il veut absolument pr\u00e9server sans rien c\u00e9der et sans accepter le moindre reproche quant \u00e0 sa n\u00e9cessit\u00e9 fondamentale et \u00e0 la dignit\u00e9 de sa position qui va avec selon sa propre interpr\u00e9tation, par cons\u00e9quent sa position au plus haut de la hi\u00e9rarchie du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn appendice, notons que nous d\u00e9crivons la situation europ\u00e9enne, bas\u00e9e sur des \u00c9tats nation o\u00f9 le pouvoir politique b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une dimension r\u00e9galienne, particuli\u00e8rement dans les cas fran\u00e7ais et britannique. Aux USA, nud central de la crise, la situation est tr\u00e8s diff\u00e9rente, avec un pouvoir politique qui ne veut ni ne peut <strong>rien<\/strong> faire de fondamentalement antagoniste contre les centres de pouvoir dont il d\u00e9pend directement (ni contre Wall Street, ni contre le Pentagone, etc.) parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas l&rsquo;\u00e9chappatoire r\u00e9galienne, cette vertu supr\u00eame de l&rsquo;Histoire dont les USA sont totalement d\u00e9pourvus. Pourtant, la m\u00eame situation de discorde chez l&rsquo;ennemi existe selon un autre registre; elle se manifeste aussi bien au Congr\u00e8s (\u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_et_ron_paul_en_rock_star_du_congres_01_12_2009.html\" class=\"gen\">Chambre<\/a>, certes, mais m\u00eame au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bernanke_face_au_senat_avec_un_brin_de_contestation_07_12_2009.html\" class=\"gen\">S\u00e9nat<\/a>), que dans des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_bon_docteur_paul_est_vraiment_une_rock_star_04_12_2009.html\" class=\"gen\">effets<\/a> publics (impr\u00e9vus) assez <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-tea_party_deuxieme_parti_us_08_12_2009.html\" class=\"gen\">remarquables<\/a> puisqu&rsquo;ils brisent la bonne ordonnance du syst\u00e8me du parti unique avec ses deux ailes. Encore une fois, n&rsquo;\u00e9tant en aucune fa\u00e7on devins, surtout lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation si incontr\u00f4lable, nous n&rsquo;attendons rien de pr\u00e9cis qui soit directement contr\u00f4l\u00e9 de l&rsquo;action du ph\u00e9nom\u00e8ne Ron Paul ni de celle du ph\u00e9nom\u00e8ne <em>Tea Party<\/em>, tout en reconnaissant l&rsquo;importance exceptionnelle, voire la vertu de ces deux choses. Simplement, nous constatons l&rsquo;approfondissement incessant, dans ce cas de fa\u00e7on indirecte par des ph\u00e9nom\u00e8nes populaires entra\u00eenant des cons\u00e9quences dans ce sens, du ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ral de discorde chez l&rsquo;ennemi, et nous tenons ce fait pour essentiel. (Concr\u00e8tement, on pourrait bien en voir les premiers <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retour_a_1999_en_infiniment_pire_12_12_2009.html \" class=\"gen\">effets<\/a> sur l&rsquo;\u00e9volution du parti r\u00e9publicain.)<\/p>\n<h3>Leur impuissance paradoxalement cr\u00e9atrice<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela nous am\u00e8ne au cur de notre propos, qui sera une conclusion, qui s&rsquo;impose d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;elle-m\u00eame (la plume et la pens\u00e9e sont \u00e9galement maistriennes). Il concerne l&rsquo;impuissance du pouvoir politique face aux autres forces, ou centres de pouvoir, de l&rsquo;<em>establishment<\/em>  les banquiers en l&rsquo;occurrence, et ce pourrait \u00eatre les g\u00e9n\u00e9raux, les publicistes, les pr\u00e9sentateurs de TV, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes hommes politiques ont une place particuli\u00e8re dans notre analyse parce qu&rsquo;ils sont ceux \u00e0 propos desquels le bruit court qu&rsquo;ils d\u00e9tiennent et exercent le pouvoir supr\u00eame (au nom du peuple ou de Tartempion, peu importe). Bien entendu, s&rsquo;exclame-t-on aussit\u00f4t, ils n&rsquo;exercent plus ce pouvoir supr\u00eame! Par exemple, l&rsquo;\u00e9pisode Sarko-Brown-la <em>City<\/em> le montre indirectement. Et alors? Qu&rsquo;y a-t-il de nouveau dans ce constat qui vaut, au moins depuis trois d\u00e9cennies (depuis que le pouvoir am\u00e9ricaniste d\u00e9r\u00e9gule et globalise \u00e0 tour de bras, depuis la fin de la pr\u00e9sidence Carter et les pr\u00e9sidences Reagan)? Qui vaut, peut-\u00eatre, depuis bien plus longtemps? Qui vaut, peut-\u00eatre, depuis toujours? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(C&rsquo;est le probl\u00e8me du pouvoir  autre et vaste probl\u00e8me sortant du cadre de cette analyse  mais dont nous disons ces quelques mots utiles pour ce cas. Nous tenons pour l&rsquo;id\u00e9e que ceux que nous qualifierions comme les plus <strong>grands<\/strong> hommes et femmes politiques, par exemple un Talleyrand ou un de Gaulle, et m\u00eame une Jeanne d&rsquo;Arc  mais certainement pas un Napol\u00e9on, type m\u00eame de l&rsquo;aventurier selon la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_choc_profond_des_armes_et_l_aventure_c_est_l_aventure_rubriques_analyse_volume_23_n05_et_06_10_et_25_novembre_2007_19_12_2007.html\" class=\"gen\">d\u00e9finition<\/a> de Guglielmo Ferrero  sont des hommes et des femmes qui ont <strong>conscience<\/strong> de ce que leur action, ou leur pouvoir, n&rsquo;est qu&rsquo;une n\u00e9gociation permanente avec les forces historiques en action dont ils reconnaissance la puissance sup\u00e9rieure. Il s&rsquo;agit de parvenir \u00e0 des arrangements qui soient les moins dommageables possibles pour les relations entre les nations  ou les peuples si l&rsquo;on est sensible au mot de nation  tout en \u00e9tant les plus avantageux possibles pour la nation dont ils ont la charge mais dans un cadre g\u00e9n\u00e9ral qui doit \u00eatre respect\u00e9. De ce point de vue, on conclura que l&rsquo;homme politique ne d\u00e9tient pas le pouvoir supr\u00eame mais qu&rsquo;il d\u00e9tient des pouvoirs qui y contribuent. S&rsquo;il est un grand homme politique, il sait cela et agit dans le sens de conforter un pouvoir supr\u00eame qu&rsquo;il ne contr\u00f4le pas, ainsi bien mieux plac\u00e9, puisque d\u00e9barrass\u00e9 de l&rsquo;aveuglement de la vanit\u00e9, pour le conforter efficacement, sinon d\u00e9cisivement. La force qu&rsquo;il tire de cette attitude, c&rsquo;est la l\u00e9gitimit\u00e9 de sa position, ressentie par tous [y compris la position d&rsquo;un Talleyrand au Congr\u00e8s de Vienne] et, par cons\u00e9quent, l&rsquo;irr\u00e9futabilit\u00e9 de son autorit\u00e9 intellectuelle et morale.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la situation actuelle est que l&rsquo;impuissance des hommes politiques est aujourd&rsquo;hui av\u00e9r\u00e9e, criante, publique, obsc\u00e8ne; l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la situation actuelle est que le r\u00f4le de pression des autres centres de pouvoir (banquiers, g\u00e9n\u00e9raux, etc.) est aujourd&rsquo;hui av\u00e9r\u00e9e, criante, publique, obsc\u00e8ne. La situation du pouvoir \u00e0 cet \u00e9gard n&rsquo;est pas pire qu&rsquo;en 1995 par exemple, mais elle est \u00e9vidente, elle est <strong>scandaleusement<\/strong> \u00e9vidente. Tous ces braves gens que sont nos dirigeants politiques, extr\u00eamement conformistes, ne d\u00e9testent rien tant que le scandale public qui ternit leur r\u00e9putation (et, accessoirement mais d&rsquo;une fa\u00e7on fondamentalement pr\u00e9occupante pour eux, les font descendre dans les sondages). Probl\u00e8me<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAttention: nous ne disons pas qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui les hommes politiques n&rsquo;ont pas des pouvoirs, nous disons qu&rsquo;ils apparaissent impuissants et donc qu&rsquo;ils apparaissent comme n&rsquo;exer\u00e7ant pas leurs pouvoirs. La cause en est que, jusqu&rsquo;ici, leur exercice des pouvoirs dont ils disposent se faisait dans une proportion variable mais toujours imposante au profit de l&rsquo;<em>establishment<\/em> (dont les banquiers, les g\u00e9n\u00e9raux, etc.)  c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9lite \u00e9clair\u00e9e et vertueuse d&rsquo;une nation lorsque les choses vont bien, une association de bandits et d&rsquo;irresponsables lorsque les choses se g\u00e2tent  et cela, exclusivement et fort visiblement depuis ces fameux trente ans (cette fois, nous pouvons dater la chose), lorsque fut d\u00e9clench\u00e9e la r\u00e9volution d\u00e9r\u00e9gulatrice de la globalisation qui amorce la phase ultime de la crise g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;effondrement du syst\u00e8me et que les \u00e9lites sont devenues cette association de bandits et d&rsquo;irresponsables. D\u00e8s lors que s&rsquo;installe la crise g\u00e9n\u00e9rale, comment, pour les hommes politiques, continuer \u00e0 exercer ces pouvoirs au profit de l&rsquo;<em>establishment<\/em> devenu ce qu&rsquo;il est alors que le bon peuple, qui souffre et qui vote, leur reproche violemment cet exercice dans le sens o\u00f9 il va? L&rsquo;impuissance des hommes politiques n&rsquo;est pas dans leur absence de pouvoirs mais dans le constat qu&rsquo;ils risquent la chute s&rsquo;ils continuent \u00e0 les exercer comme ils font depuis trente ans, avec de plus en plus de difficult\u00e9s et de dommages pour eux. Ils h\u00e9sitent, ils sont furieux. Ils sont impuissants par paralysie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme tous les impuissants furieux de l&rsquo;\u00eatre, et d&rsquo;\u00eatre pris en flagrant d\u00e9lit de l&rsquo;\u00eatre, et en m\u00eame temps paniqu\u00e9s par cette exposition de leur impuissance qui pourrait leur co\u00fbter leurs positions, ils commencent alors \u00e0 conna\u00eetre des amorces de r\u00e9volte au plus durent la crise et l&rsquo;absence de retour \u00e0 la normalit\u00e9. (Tout cela parce que les conditions historiques ne permettent plus un retour \u00e0 la normalit\u00e9.) C&rsquo;est alors qu&rsquo;appara\u00eet ce que nous nommons leur impuissance cr\u00e9atrice, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette situation o\u00f9 les hommes politiques ne savent plus comment exercer leurs pouvoirs mais connaissent, par saccades ou par foucades, des r\u00e9voltes temporaires o\u00f9 ils d\u00e9cident (ils le peuvent) l&rsquo;une ou l&rsquo;autre mesure face aux pressions de leurs complices charg\u00e9s de privil\u00e8ges devenus obsc\u00e8nes mais qui entendent les conserver (les banquiers dans ce cas). C&rsquo;est alors que la situation devient int\u00e9ressante puisqu&rsquo;appara\u00eet et tend \u00e0 s&rsquo;\u00e9largir ce mouvement de discorde chez l&rsquo;ennemi, alors que se cr\u00e9ent des pr\u00e9c\u00e9dents (des sortes de jurisprudences) d&rsquo;attaques contre les autres pouvoirs, attaques dont les hommes politiques mesurent aussit\u00f4t (sondages) les avantages pour eux. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on se place d&rsquo;un point de vue objectif de volont\u00e9 de destruction du syst\u00e8me, il est absolument n\u00e9cessaire que ces mesures \u00e9pisodiques n&rsquo;aient pas d&rsquo;effets durables. Brown-Sarko d\u00e9cident une mesure qui fait du bruit mais n&rsquo;aura gu\u00e8re d&rsquo;effets? Fort bien Les banquiers sont furieux contre les politiques (ils sont mis en cause publiquement et leur vanit\u00e9 les conduit \u00e0 d\u00e9tester cela) mais ils retrouvent vite leurs privil\u00e8ges. La discorde chez l&rsquo;ennemi s&rsquo;est accentu\u00e9e tandis que l&rsquo;on revient \u00e0 la situation o\u00f9 appara\u00eetra tr\u00e8s vite une nouvelle occasion d&rsquo;une nouvelle foucade des hommes politique, d&rsquo;une nouvelle fureur des banquiers, d&rsquo;une nouvelle aggravation de la discorde chez l&rsquo;ennemi. Il ne faut pas chercher \u00e0 am\u00e9liorer le syst\u00e8me (par exemple en faisant des banquiers des citoyens exemplaires), il faut chercher \u00e0 accro\u00eetre sans cesse la discorde chez l&rsquo;ennemi. La crise est l\u00e0, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Histoire toute-puissante, pour acc\u00e9l\u00e9rer ce mouvement-l\u00e0 avec sa pression constante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre analyse (d\u00e9truire aveugl\u00e9ment) est-elle nihiliste? Nous repoussons absolument ce jugement, selon l&rsquo;id\u00e9e du nihilisme cr\u00e9ateur de Nietzsche (une critique nihiliste d&rsquo;un syst\u00e8me nihiliste, pour le d\u00e9truire, c&rsquo;est-\u00e0-dire un nihilisme tactique retournant contre l&rsquo;adversaire ses propres armes, dans ce cas \u00e0-la-Sun tzi). Les nihilistes, ce sont eux, ceux qui tiennent le syst\u00e8me. Contre cette situation, il faut frapper et frapper sans cesse (philosophie au marteau de Nietzsche), essentiellement en favorisant leur discorde, mais ne surtout pas chercher \u00e0 r\u00e9former avec un but constructif. On ne r\u00e9forme pas le nihilisme qui est une mati\u00e8re sans retour. Le nihilisme de l&rsquo;attaque sans but constructif contre le nihilisme qui a atteint son degr\u00e9 suicidaire ultime, c&rsquo;est la sagesse m\u00eame; la d\u00e9structuration des structures d\u00e9structurantes (le syst\u00e8me financier, le Pentagone) est \u00e9videmment un mouvement structurant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question centrale, fondamentale et unique, la seule qui importe, est bien de savoir si ce syst\u00e8me peut \u00eatre sauv\u00e9, r\u00e9form\u00e9, am\u00e9lior\u00e9, etc. Si la r\u00e9ponse est oui, vous avez raison de vilipender Sarko-Brown pour leurs mesures-bidon. Si la r\u00e9ponse est non, applaudissez-les, ces tristes sires, en attendant la prochaine algarade. Quant \u00e0 nous et la question centrale, fondamentale et unique, on s&rsquo;en doute, notre religion est faite  syst\u00e8me qui ne peut \u00eatre, qui ne <strong>doit<\/strong> pas \u00eatre sauv\u00e9. Et ne nous demandez pas ce que tous les adeptes de TINA (<em>There Is No Alternative<\/em>) vous envoient \u00e0 la figurer pour justifier de laisser la noyade se poursuivre: que mettrez-vous \u00e0 la place du syst\u00e8me que vous voulez d\u00e9truire? Notre r\u00e9ponse \u00e9vidente tient \u00e0 cette parabole assez commune, et que nous avons d\u00e9j\u00e0 dite: lorsque vous vous noyez parce que le ma\u00eetre-nageur totalement incomp\u00e9tent vous a appris un style de nage qui vous fait couler \u00e0 pic, avant tout et sans penser plus loin vous arr\u00eatez cette nage pour remonter \u00e0 la surface pour respirer, apr\u00e8s avoir assomm\u00e9 votre foutu ma\u00eetre-nageur qui voudrait vous retenir au fond; plut\u00f4t que d\u00e9battre, au fond de l&rsquo;eau et en \u00e9touffant, pour d\u00e9cider quel autre ma\u00eetre-nageur vous contacterez pour vous apprendre un autre style de nage, ou, pire encore, discuter avec le m\u00eame ma\u00eetre-nageur d&rsquo;un autre style de nage qu&rsquo;il pourrait vous apprendre. Remplacez style de nage par syst\u00e8me et vous y \u00eates.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la vertu paradoxale de l&rsquo;impuissance 15 d\u00e9cembre 2009 Nous revenons sur un probl\u00e8me implicite mais fondamental, qui r\u00e9appara\u00eet indirectement mais \u00e0 intervalles r\u00e9guliers, particuli\u00e8rement depuis la crise du 15 septembre 2008. 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