{"id":71363,"date":"2009-12-21T07:23:25","date_gmt":"2009-12-21T07:23:25","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/21\/la-guerre-privatisee-donc-hors-de-controle\/"},"modified":"2009-12-21T07:23:25","modified_gmt":"2009-12-21T07:23:25","slug":"la-guerre-privatisee-donc-hors-de-controle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/21\/la-guerre-privatisee-donc-hors-de-controle\/","title":{"rendered":"La guerre privatis\u00e9e, donc hors de contr\u00f4le"},"content":{"rendered":"<p><p>On sait que la privatisation des forces militaires est une des grandes caract\u00e9ristiques des forces arm\u00e9es US depuis 9\/11. Un texte du <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/scahill\/2009\/12\/18\/stunning-statistics-about-the-war-every-american-should-know\/\" class=\"gen\">19 d\u00e9cembre 2009<\/a> de Jeremy Scahill sur <em>Antiwar.com<\/em> nous indique que l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;administration Obama n&rsquo;a rien chang\u00e9 au mouvement et que l&rsquo;Afghanistan est aujourd&rsquo;hui son centre d&rsquo;attraction principal. Les chiffres proviennent d&rsquo;un document officiel de la sous-commision du S\u00e9nat sur le contr\u00f4le des contrats g\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;administration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour le Pentagone en totalit\u00e9, 69% du personnel est administr\u00e9 sous contrats ext\u00e9rieurs priv\u00e9s, \u00e9videmment le chiffre le plus \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;histoire (\u00ab<em>the highest ratio of contractors to military personnel in US history<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a actuellement 104.000 personnes priv\u00e9es sous contrats du Pentagone en Afghanistan. Le renforcement de 30.000 hommes am\u00e8nera 56.000 contractants priv\u00e9s de plus. Il faut ajouter 3.600 contractants priv\u00e9s du d\u00e9partement d&rsquo;Etat et 14.000 de USAID. \u00ab<em>That means that the current total US force in Afghanistan is approximately 189,000 personnel (68,000 US troops and 121,000 contractors). And remember, that&rsquo;s right now. And that, according to <\/em>[<em>the commission<\/em>] <em>McCaskill, is a conservative estimate. A year from now, we will likely see more than 220,000 US-funded personnel on the ground in Afghanistan.<\/em>\u00bb Effectivement une estimation tr\u00e8s basse si l&rsquo;on prend en compte les contractants priv\u00e9s annonc\u00e9s ci-dessus, qui conduiraient le total plus proche de 300.000 que de 220.000.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Avec Obama, la tendance se poursuit  et m\u00eame s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re : \u00ab<em>In Afghanistan, the Obama administration blows the Bush administration out of the privatized water. According to a memo released by McCaskill&rsquo;s staff, From June 2009 to September 2009, there was a 40% increase in Defense Department contractors in Afghanistan.  During the same period, the number of armed private security contractors working for the Defense Department in Afghanistan doubled, increasing from approximately 5,000 to more than 10,000.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le contr\u00f4le de ces contractants priv\u00e9s est tr\u00e8s mauvais, parfois inexistant. La sous-commission McCaskill du S\u00e9nat cit\u00e9e par Scahill rapporte: \u00ab<em>In May 2009, DCMA<\/em> [Defense Contract Management Agency] <em>Director Charlie Williams told the Commission on Wartime Contracting that as many as 362 positions for Contracting Officer&rsquo;s Representatives (CORs) in Afghanistan were currently vacant.<\/em>\u00bb La situation est partout \u00e0 peu pr\u00e8s semblable \u00e0 celle que d\u00e9crit un officiel de USAID: \u00ab[T]<em>he agency is sending too much money, too fast with too few people looking over how it is spent. As a result, the agency does not know  where the money is going.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Les chiffres sont consid\u00e9rables et, pourtant, n&rsquo;\u00e9tonnent plus personne. Le fait que 69% du personnel du Pentagone ne d\u00e9pendent pas de la fonction publique, dans les conditions o\u00f9 on les voit, c&rsquo;est-\u00e0-dire hors de tout contr\u00f4le, explique ais\u00e9ment toutes les caract\u00e9ristiques de la machinerie habituelle du syst\u00e8me en cas d&rsquo;absence totale de contr\u00f4le: escroquerie, gaspillage, corruption, non application des consignes g\u00e9n\u00e9rales, actes ill\u00e9gaux de guerre, etc. Ces conditions sont exacerb\u00e9es sur les th\u00e9\u00e2tres de guerre, surtout les guerres actuelles qui r\u00e9pondent \u00e0 des sch\u00e9mas peu conventionnels avec l&rsquo;absence de front, l&rsquo;identification extr\u00eamement al\u00e9atoire des partis en pr\u00e9sence, les situations ill\u00e9gales qui interf\u00e8rent (trafic de drogue), etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn f\u00e9vrier 1994, un article retentissant de Robert D. Kaplan dans <em>Atlantic Monthly<\/em>, \u00ab<em>The Coming Anarchy<\/em>\u00bb, annon\u00e7ait une nouvelle \u00e9poque o\u00f9 les situations de d\u00e9sordre se multiplieraient de par le monde, dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s ou en d\u00e9veloppement, du fait de l&rsquo;absence d&rsquo;autorit\u00e9s locales. Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_the_coming_anarchy_et_8747_elle_est_la_a_new_orleans_usa__02_09_2005.html?admin=1\" class=\"gen\">2 septembre 2005<\/a>, nous nous interrogions de savoir si cette <em>coming anarchy<\/em> n&rsquo;\u00e9tait pas plut\u00f4t pr\u00e9sente au cur des USA, dans les r\u00e9actions erratiques de la puissance publique devant la d\u00e9vastation de la Nouvelle Orl\u00e9ans par l&rsquo;ouragan <em>Katrina<\/em>. Poser la question, c&rsquo;\u00e9tait certes y r\u00e9pondre. Le constat se v\u00e9rifie chaque jour et s&rsquo;amplifie. L&rsquo;anarchie annonc\u00e9e en 1994 est d&rsquo;abord celle qui est pr\u00e9sente au cur de la plus puissante organisation de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, le Pentagone, avec cet appel massif au secteur priv\u00e9 et l&rsquo;absence compl\u00e8te de contr\u00f4le qui l&rsquo;accompagne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu vu de la situation en Afghanistan des forces US telle qu&rsquo;elle est d\u00e9crite et de ce qui se pr\u00e9pare avec le renforcement, on peut avancer sans crainte de forcer l&rsquo;hypoth\u00e8se que l&rsquo;anarchie est beaucoup plus grande dans les forces US et leurs contractants civils qui pullulent que chez les talibans et dans les autres centres de r\u00e9sistance. C&rsquo;est l&rsquo;un des effets pas si paradoxaux d&rsquo;un syst\u00e8me qui s&rsquo;appuie sur l&rsquo;id\u00e9e, implicite ou explicite, que, pour sauver les autres de l&rsquo;anarchie, il faut provoquer l&rsquo;anarchie chez eux et faire place nette (<em>tabula rasa<\/em>) pour permettre \u00e0 ce syst\u00e8me de s&rsquo;installer. Mais le syst\u00e8me n&rsquo;abandonne pas pour autant ses autres travers et la d\u00e9sorganisation chez les autres  ou, disons, l&rsquo;organisation de l&rsquo;anarchie  demande une telle planification et une telle logistique \u00e0 la bureaucratie en place, en m\u00eame temps que la n\u00e9cessit\u00e9 de se montrer soi-m\u00eame comme l&rsquo;exemple de ce qu&rsquo;on veut imposer aux autres (\u00eatre d\u00e9sordre soi-m\u00eame), que l&rsquo;addition conduit \u00e0 une situation de d\u00e9sordre exemplaire chez nous, avant tous les autres  comme r\u00e9f\u00e9rence pour eux apr\u00e8s tout<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa <em>coming anarchy<\/em> est d\u00e9j\u00e0 parmi nous depuis longtemps, et le terme parmi nous pris au sens pr\u00e9cis. Elle est dans le syst\u00e8me lui-m\u00eame beaucoup plus que dans les situations de d\u00e9sordre que le syst\u00e8me pr\u00e9tend combattre. Elle est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, cr\u00e9\u00e9e par le syst\u00e8me, \u00e0 la fois volontairement (selon les th\u00e8ses du d\u00e9sordre cr\u00e9ateur appliqu\u00e9es depuis 2001 d&rsquo;une fa\u00e7on syst\u00e9matique dans les actions guerri\u00e8res en plus de l&rsquo;\u00e9conomie), \u00e0 la fois par sa m\u00e9canique elle-m\u00eame qui est fondamentalement cr\u00e9atrice de d\u00e9sordre. Tout cela rejoint parfaitement le sch\u00e9ma de la d\u00e9structuration que nous offrons pour caract\u00e9riser le syst\u00e8me et, par cons\u00e9quent, donne paradoxalement \u00e0 ses adversaires, notamment les talibans et le reste dans ce cas, une fonction, sinon une vertu structurante. Les observateurs vigilants de l&rsquo;orthodoxie postmoderniste, attentifs au port du voile par les femmes selon les r\u00e8gles religieuses strictes qui sont d\u00e9nonc\u00e9es, en seraient certainement fort \u00e9mus s&rsquo;ils savaient. Nous compatissons sans la moindre r\u00e9serve.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 21 d\u00e9cembre 2009 \u00e0 07H25<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On sait que la privatisation des forces militaires est une des grandes caract\u00e9ristiques des forces arm\u00e9es US depuis 9\/11. Un texte du 19 d\u00e9cembre 2009 de Jeremy Scahill sur Antiwar.com nous indique que l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;administration Obama n&rsquo;a rien chang\u00e9 au mouvement et que l&rsquo;Afghanistan est aujourd&rsquo;hui son centre d&rsquo;attraction principal. 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