{"id":71387,"date":"2009-12-30T12:01:18","date_gmt":"2009-12-30T12:01:18","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/30\/notes-sur-une-descente-aux-enfers\/"},"modified":"2009-12-30T12:01:18","modified_gmt":"2009-12-30T12:01:18","slug":"notes-sur-une-descente-aux-enfers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2009\/12\/30\/notes-sur-une-descente-aux-enfers\/","title":{"rendered":"Notes sur une \u201cdescente aux enfers\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur une descente aux enfers<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a fort peu, une question de jours en fait, une note interne de la pr\u00e9sidence de l&rsquo;UE (nous nous permettrons de ne pas pr\u00e9ciser laquelle, entre celle des six mois rotatifs et celle de Van Rompuy)  ce n&rsquo;est pas rien dans la hi\u00e9rarchie, une note de la pr\u00e9sidence  commen\u00e7ait par cette remarque: \u00ab<em>The U.S. Foreign Policy is going down to hell<\/em>\u00bb Signification? La politique ext\u00e9rieure US est en train de descendre aux enfers, disons comme au temps de l&rsquo;\u00e9poque GW Bush, lorsque les Europ\u00e9ens, malgr\u00e9 toutes les d\u00e9votions coutumi\u00e8res, \u00e9prouvaient de singuli\u00e8res angoisses dans l&rsquo;attente de la prochaine initiative de politique ext\u00e9rieure des USA Descente dans la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, avec une id\u00e9ologie du nihilisme achev\u00e9 et un instinct de b\u00e9tail d\u00e9cadent  mais en pire, avec l&rsquo;absence d&rsquo;alternative puisque Obama lui-m\u00eame <strong>\u00e9tait<\/strong> suppos\u00e9 \u00eatre l&rsquo;alternative.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn signe dans ce sens  outre, bien entendu, l&rsquo;affaire afghane et ses encha\u00eenements grotesques  c&rsquo;est l&rsquo;Iran; pas l&rsquo;Iran de la ni\u00e8me r\u00e9volte d\u00e9mocratique mais l&rsquo;Iran du nucl\u00e9aire d\u00e9nonc\u00e9 et combattu avant qu&rsquo;il n&rsquo;existe, si jamais il doit exister Il y a un \u00e9ditorial de Alan J. Kuperman, fort remarqu\u00e9, dans le New York <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2009\/12\/24\/opinion\/24kuperman.html?_r=3&#038;ref=opinion&#038;pagewanted=all\" class=\"gen\">23 d\u00e9cembre 2009<\/a>, qui propose comme seule fa\u00e7on de stopper l&rsquo;Iran ( \u00ab<em>There&rsquo;s Only One Way to Stop Iran<\/em>\u00bb)  bien s\u00fbr, qui ne l&rsquo;aurait jur\u00e9?  de l&rsquo;attaquer Et, conseil au pr\u00e9sident Obama, \u00ab[t]<em>he sooner the United States takes action, the better<\/em>\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlan J. Kuperman est un homme fort honorable, pas un de ces <em>neocons<\/em> allum\u00e9s, de grotesque m\u00e9moire: directeur du Nuclear Proliferation Prevention Program, \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Austin, Texas. Son \u00e9dito est partout consid\u00e9r\u00e9 comme une sorte d&rsquo;appel aux armes, selon le code am\u00e9ricaniste d&rsquo;une hypocrisie qui \u00e9gale les pratiques de syst\u00e8me r\u00e9unies de l&rsquo;<em>intelligentsia<\/em> britannique et de la <em>Pravda<\/em> de l&rsquo;\u00e9poque brejn\u00e9vienne. Qu&rsquo;il soit retransmis par le New York <em>Times<\/em> n&rsquo;a rien pour \u00e9tonner. Nous savons ce que vaut \u00e9videmment, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_gout_des_armes_02_12_2009.html\" class=\"gen\">go\u00fbt<\/a> de la guerre et de la mort, l&rsquo;esprit lib\u00e9ral postmoderniste que le NYT a la r\u00e9putation de repr\u00e9senter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Apr\u00e8s une embellie de quelques mois o\u00f9 l&rsquo;on put croire possible que <em>yes, we can<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on pouvait envisager de changer la politique am\u00e9ricaniste, le constat qui commence \u00e0 se r\u00e9pandre est celui de la descente aux enfers. Le syst\u00e8me est le plus fort et emporte Obama, comme les autres, un Obama dont d\u00e9sormais toutes les qualit\u00e9s montrent leur double sombre, les d\u00e9fauts qui lui correspondent.<\/p>\n<h3>La trag\u00e9die en pr\u00e9paration, <em>as usual<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans <em>The Dissident Voice<\/em> du <a href=\"http:\/\/dissidentvoice.org\/2009\/12\/bomb-bomb-iran-lessons-from-iraq-unlearned\/\" class=\"gen\">26 d\u00e9cembre 2009<\/a>, Jeremy R. Hammond analyse le texte du Kuperman de service; c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il nous offre une appr\u00e9ciation de la montagne de mensonges et d&rsquo;actes hypocrites qui, d\u00e9sormais, depuis la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier, sont la marque de la politique am\u00e9ricaniste vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran. Le dossier est d&rsquo;une lourdeur \u00e9difiante. Nous n&rsquo;en retiendrons que deux passages du texte de Hammond qui, accol\u00e9s, nous donne l&rsquo;explication du Grand Tout.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Thus, the bombing of Iran is a foreseeable and unavoidable consequence of the present U.S. policy towards Iran. This consequence, admittedly, might very well be disastrous, but the obvious solution  to alter U.S. policy  is simply inconceivable. A change of policy is off the table. The resort to violence is not<\/em> [] <em>At stake is U.S. credibility, in the Mafioso sense of the word. Washington simply can&rsquo;t have a country defying its orders. That&rsquo;s the bottom line. That&rsquo;s the underlying foundation of the policy of the Obama administration, carried over from the policy of his predecessor.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tKuperman, bien entendu, ne doute pas une seconde que la le\u00e7on sera bien comprise. Elle ne porte pas sur un pays qui va avoir la bombe, puisque Kuperman reconna\u00eet lui-m\u00eame comme tr\u00e8s basse cette possibilit\u00e9 pour le temps pr\u00e9sent et le terme pr\u00e9visible, pour l&rsquo;Iran. Elle concerne un pays qui refuse de se plier aux ordres. Quant \u00e0 la le\u00e7on elle-m\u00eame, ou plut\u00f4t aux moyens de la donner, le Kuperman en question retarde de quelques d\u00e9cennies. Voici un avis que nous tenons pour \u00e9clair\u00e9 d&rsquo;un expert proche du Pentagone sur l&rsquo;\u00e9tat actuel des capacit\u00e9s de projection de force des USA (Le terme <em>to vaporize<\/em> signifiant l&#8217;emploi de l&rsquo;arme nucl\u00e9aire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>We can&rsquo;t even really threaten a country like Iran unless we committ to vaporizing it  they can shut down the Gulf of Hormuz quite easily if it becomes a gotterdamerung type scenario This of course would make Russia happy  they&rsquo;d get that $150+ oil they need. And then some. The US gets almost a quarter of it&rsquo;s oil from the Gulf, Europe two-thirds and Japan 90%. Frankly, I think the US needs to bite the bullet and shift from a Power Projection mentality to Sea Control and Coastal Control. Our SSN\/SSGN Force gives us some significant power projection capability and I wouldn&rsquo;t want to lose that, but the truth of the matter is that Power Projection is something we simply can no longer afford on a massive scale.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi apparaissent les positions de l&rsquo;\u00e9ventuelle trag\u00e9die en pr\u00e9paration: il est absolument indispensable de faire ce que nous ne pouvons plus faire. Aucune autre option n&rsquo;est acceptable. C&rsquo;est ce que la pr\u00e9sidence de l&rsquo;UE nomme la descente aux enfers de la politique ext\u00e9rieure des USA.<\/p>\n<h3>La pens\u00e9e-robot de la puissance US<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 expos\u00e9s les bruits et quelques avis; l&rsquo;expos\u00e9 ne signifie nullement que nous craignions une attaque US contre l&rsquo;Iran demain ou apr\u00e8s. Nous croyons profond\u00e9ment que les USA n&rsquo;ont plus la capacit\u00e9 de monter une attaque contre l&rsquo;Iran car leur quincaillerie est \u00e0 l&rsquo;image de leurs banques et de leur r\u00e9flexion intellectuelle, au niveau de robots d\u00e9traqu\u00e9s. La puissance militaire am\u00e9ricaniste US est aujourd&rsquo;hui paralys\u00e9e par son propre poids, par ses propres exigences de soutien logistiques. La situation est au point o\u00f9, comme l&rsquo;on sait, il faut plus d&rsquo;un an pour d\u00e9ployer 30.000 hommes en Afghanistan; elle est au point o\u00f9 certains experts estiment que les n\u00e9cessit\u00e9s logistiques que s&rsquo;impose la machine US sont telles qu&rsquo;elles pourraient causer l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;op\u00e9ration de d\u00e9ploiement en Afghanistan (voir Melvin A. Goodman, le <a href=\"\/www.baltimoresun.com\/news\/opinion\/oped\/bal-op.logistics08dec08,0,5624940.story\" class=\"gen\">8 d\u00e9cembre 2009<\/a> dans le Baltimore <em>Sun<\/em> : \u00ab<em>Logistical nightmares may doom U.S. surge in Afghanistan<\/em>\u00bb). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui subsiste, c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e intangible de la puissance am\u00e9ricaniste. Malgr\u00e9 les revers, les auditions du Congr\u00e8s qui mettent en lumi\u00e8re les limites et les incapacit\u00e9s catastrophiques de la chose (le Pentagone), la <em>narrative<\/em> psychologiquement inconsciente de la puissance US subsiste. Les canaux de communication, s&rsquo;ils d\u00e9taillent tous les avatars et les crises du Pentagone, v\u00e9hiculent \u00e0 c\u00f4t\u00e9, comme dans un autre r\u00e9seau cloisonn\u00e9, la certitude de l&rsquo;infaillibilit\u00e9 et de l&rsquo;in\u00e9luctabilit\u00e9 de cette puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette croyance, qui ressort de l&rsquo;<em>hubris<\/em> de la psychologie am\u00e9ricaniste, est substantiv\u00e9e par les \u00e9normes sommes allou\u00e9es au Pentagone. Alors que dans les analyses critiques, ces sommes alimentent l&rsquo;accusation de gaspillage et d&rsquo;inefficacit\u00e9 paralysante, l&rsquo;<em>hubris<\/em> am\u00e9ricaniste les comptabilise au contraire comme la preuve de cette puissance intacte et plus forte que jamais. Il n&rsquo;y a rien \u00e0 faire contre ce qui rel\u00e8ve du blocage psychologique; nous avons affaire \u00e0 des robots, d&rsquo;allure \u00e9l\u00e9gante et fort bien mis, dont la programmation est hors de contr\u00f4le. <\/p>\n<h3>Ankara, ou l&rsquo;incompr\u00e9hension du monde<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on \u00e9largit cette perspective de l&rsquo;attitude durcie des USA vis-\u00e0-vis de l&rsquo;Iran, dans la crise iranienne, on mesure plus pr\u00e9cis\u00e9ment les possibilit\u00e9s de d\u00e9g\u00e2ts \u00e9pouvantables qui sont en train d&rsquo;\u00eatre caus\u00e9s, et qui pourraient \u00eatre infiniment plus graves si cette politique continuait \u00e0 \u00eatre incontr\u00f4l\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;incontr\u00f4lable possibilit\u00e9 d&rsquo;une attaque. Cet \u00e9largissement de la perspective concerne la Turquie, qui est un acteur de plus en plus <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_role_grandissant_de_la_turquie_dans_la_crise_iranienne_28_12_2009.html\" class=\"gen\">central<\/a> de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est en effet, allant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se la plus extr\u00eame que recommande Kupelman, aller jusqu&rsquo;aux hypoth\u00e8ses les plus extr\u00eames concernant la Turquie. On sait qu&rsquo;Erdogan a indirectement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_impuissance_par_israel_17_12_2009.html\" class=\"gen\">\u00e9voqu\u00e9<\/a> des r\u00e9actions extr\u00eames de la Turquie si un incident affectait l&rsquo;espace a\u00e9rien turc en cas d&rsquo;attaque isra\u00e9lienne (\u00ab<em> Turkish Prime Minister Tayyip Erdogan stated that if Israel crossed over into Turkey&rsquo;s airspace in order to bomb Iran then their answer to Israel shall be like that of an earthquake<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue se passerait-il si les USA effectuaient une telle op\u00e9ration? Se passeraient-ils de leurs forces a\u00e9riennes bas\u00e9es en Turquie? Les Turcs interdiraient-ils leur emploi? D&rsquo;ailleurs, les USA pourraient-ils se passer, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;espace a\u00e9rien turc pour effectuer leur op\u00e9ration, eux qui affectionnent l&#8217;emploi de tous les moyens possibles? On n&rsquo;oubliera pas que la Turquie a refus\u00e9 en 2003 le passage d&rsquo;une division de l&rsquo;U.S. Army vers l&rsquo;Irak lors de l&rsquo;invasion de ce pays; les USA \u00e9taient, \u00e0 cette \u00e9poque, infiniment plus puissants qu&rsquo;ils ne sont aujourd&rsquo;hui, et la Turquie infiniment mieux dispos\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui Imagine-t-on, par exemple, l&rsquo;arm\u00e9e turque investissant la base d&rsquo;Incirlink, qui serait essentielle pour une attaque contre l&rsquo;Iran, qui est essentielle pour le trafic militaire US vers l&rsquo;Afghanistan, qui est officiellement une base de l&rsquo;OTAN (Car, entretemps, nous n&rsquo;avons pas oubli\u00e9 que la Turquie fait partie de l&rsquo;OTAN.) <\/p>\n<h3>Copenhague ou l&rsquo;ignorance du monde<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn \u00e9largissant plus encore la perspective pour embrasser l&rsquo;essentiel des relations internationales, la question est, \u00e0 ce point, de savoir si les USA sont effectivement revenus \u00e0 une politique quasiment bushiste. Ou bien, \u00e9largissons encore la question, cette <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">politique<\/a> de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct, comme dit Harlan K. Ullman, n&rsquo;est-elle pas la politique in\u00e9vitable des USA aujourd&rsquo;hui? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa catastrophe de Copenhague l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pour tout le monde, mais encore plus pour les USA. Comme on l&rsquo;a <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-personne_n_a_une_chaise_pour_le_president_obama_28_12_2009.html\" class=\"gen\">vu<\/a>, Obama y a \u00e9t\u00e9 humili\u00e9. C&rsquo;est la cons\u00e9quence de la perception qu&rsquo;Obama n&rsquo;a rien chang\u00e9 \u00e0 la politique US d&rsquo;une part, de l&rsquo;absence compl\u00e8te de pr\u00e9paration de la conf\u00e9rence par les USA d&rsquo;autre part. Plus que jamais, l&rsquo;approche US est unilat\u00e9raliste, comme si rien d&rsquo;autre que les USA n&rsquo;existaient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tArrivant \u00e0 Copenhague, le pr\u00e9sident et son \u00e9quipe \u00e9taient persuad\u00e9s qu&rsquo;un simple claquement de doigt rallierait comme d&rsquo;habitude les fid\u00e8les et les vassaux, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 peu pr\u00e8s tout le monde, autour du pr\u00e9sident. La seule rencontre qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e \u00e9tait celle de Medvedev, en marge de la conf\u00e9rence, et elle portait sur les n\u00e9gociations START-II de r\u00e9ductions des armements strat\u00e9giques. Obama y tient et il sait que, pour signer un tel trait\u00e9, il faut \u00eatre deux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion tir\u00e9e de Copenhague constitue la confirmation de ce qu&rsquo;on pressentait depuis l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier. Obama n&rsquo;a rien chang\u00e9 \u00e0 la politique US  s&rsquo;il l&rsquo;a tent\u00e9 effectivement  et cette politique US s&rsquo;av\u00e8re par cons\u00e9quent \u00eatre autre chose que le simple accident d&rsquo;une \u00e9poque (9\/11 et la suite) et d&rsquo;un homme (Bush). La <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">politique<\/a> de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct n&rsquo;est ni un accident ni en enjeu, <strong>c&rsquo;est<\/strong> la politique US, point final.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3>Tokyo, ou la politique du Pentagone<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOu, plut\u00f4t, c&rsquo;est la politique inspir\u00e9e par la principale puissance dans l&rsquo;assemblage et la mosa\u00efque des pouvoirs bureaucratiques. De ce point de vue, le Pentagone est aujourd&rsquo;hui tout-puissant, et que cette toute-puissance soit install\u00e9e sur une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent n&rsquo;a rien que de tr\u00e8s logique; il s&rsquo;agit du miroir et du cur de la crise du syst\u00e8me lui-m\u00eame, bien s\u00fbr.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe pouvoir s&rsquo;exprime par la place prise dans la diplomatie US par le Pentagone. Certaines relations ext\u00e9rieures rel\u00e8vent presque exclusivement du Pentagone, comme les relations avec Ta\u00efwan, la Cor\u00e9e du Sud, le Japon, Isra\u00ebl. Les r\u00e9sultats sont souvent catastrophiques lorsque de vrais probl\u00e8mes surgissent, comme on le voit avec le Japon <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-usa-japon_pentagone_en_action_tension_plus_que_jamais_en_hausse_25_12_2009.html\" class=\"gen\">aujourd&rsquo;hui<\/a>. Pour autant, rien n&rsquo;est chang\u00e9 dans la ligne dure du Pentagone et la position officielle US aujourd&rsquo;hui est que les Japonais c\u00e9deront. Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr mais rien, \u00e9galement, ne modifiera d&rsquo;un pouce cette analyse de la situation.<\/p>\n<h3>La Constitution existe-t-elle encore?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, et selon l&rsquo;habituelle dichotomie de la perception de leur propre pays par nombre d&rsquo;experts US, cette pr\u00e9pond\u00e9rance du Pentagone est de plus en plus d\u00e9nonc\u00e9e, de plus en plus crainte, de plus en plus per\u00e7ue comme catastrophique. Ainsi ne change-t-on pas de politique tout en observant qu&rsquo;elle est sans doute catastrophique. Ainsi ne change-t-on rien \u00e0 la toute-puissance du Pentagone tout en observant que c&rsquo;est une catastrophe pour les USA, que cela menace l&rsquo;essence m\u00eame du la Grande R\u00e9publique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette critique est vraiment g\u00e9n\u00e9rale. On peut lire dans le Washington <em>Post<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/story\/2008\/12\/19\/ST2008121902949.html\" class=\"gen\">21 d\u00e9cembre 2009<\/a>, un texte qui sonne l&rsquo;alarme par rapport \u00e0 la puissance du Pentagone. Il est de Thomas A. Schweich, qui est le fils d&rsquo;un colonel de l&rsquo;USAF, qui occupa un poste de direction de la lutte anti-drogue en Afghanistan dans l&rsquo;administration Bush. Rien d&rsquo;une colombe lib\u00e9rale et d\u00e9faitiste, Thomas A. Schweich.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>We no longer have a civilian-led government. It is hard for a lifelong Republican and son of a retired Air Force colonel to say this, but the most unnerving legacy of the Bush administration is the encroachment of the Department of Defense into a striking number of aspects of civilian government. Our Constitution is at risk.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Washington, comme un zoo qui chante <em>Bomb! Bomb! Bomb!<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui appara\u00eet le plus impressionnant dans ce tableau g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est la m\u00e9diocrit\u00e9 sans mesure du comportement d&rsquo;apparence de l&rsquo;<em>establishment<\/em> US en m\u00eame temps que toutes ces sottises, ces crises et ces risques sont reconnus et mesur\u00e9s. C&rsquo;est une \u00e9trange invasion d&rsquo;intelligences incontestables, dipl\u00f4m\u00e9es, reconnues et dipl\u00f4m\u00e9es, qui finissent par r\u00e9duire leur r\u00e9flexion par des conclusions d&rsquo;une cr\u00e9tinerie h\u00e9b\u00e9t\u00e9e qui les portent \u00e0 psalmodier <em>bomb, bomb, bomb !<\/em>  \u00e0 la mani\u00e8re de McCain, plut\u00f4t sur un air des <em>Beach Boys<\/em> que sur les notes d&rsquo;un <em>adagio<\/em> de Bach. Le s\u00e9nateur Lieberman, qui a sans doute mal compris sa derni\u00e8re communication avec Tel Aviv et oubli\u00e9 l&rsquo;Iran, annonce que le Yemen pourrait \u00eatre la troisi\u00e8me guerre de la guerre contre la terreur, qui suivrait les triomphes irakien et afghan. Le tout (un attentat <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_terrorisme_aux_echecs_29_12_2009.html\" class=\"gen\">manqu\u00e9<\/a>, d\u00e9cid\u00e9ment plus <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/2009\/12\/professor-bombing-political-gift-for-gop\/\" class=\"gen\">efficace<\/a> qu&rsquo;un attentat r\u00e9ussi) entra\u00eene une <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2009\/dec2009\/yeme-d30.shtml\" class=\"gen\">escalade<\/a> verbale en forme de surench\u00e8re belliciste d&rsquo;une pauvret\u00e9 sans bornes entre les r\u00e9publicains, les d\u00e9mocrates, Obama &#038; compagnie. C&rsquo;est \u00e0 qui \u00e9voquera les plans les plus audacieux et les plus d\u00e9cisifs pour une chouette petite guerre de plus contre le Yemen. La fascination du nihilisme est un des tr\u00e8s grands ph\u00e9nom\u00e8nes psychologiques de notre fin pr\u00e9cipit\u00e9e de civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous serions fermement tent\u00e9s de voir dans cette situation une des meilleures illustrations de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_grace_de_l_histoire_ouverture_18_12_2009.html\" class=\"gen\">la th\u00e8se<\/a> de  <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em> selon laquelle notre syst\u00e8me repr\u00e9sente une invasion de l&rsquo;esprit par la ferraille et le technologisme, l&rsquo;esprit ayant pour mission de justifier intellectuellement, voire spirituellement l&#8217;emploi syst\u00e9matique et aveugle de la ferraille pour la r\u00e9solution des probl\u00e8mes du monde. L&rsquo;id\u00e9e est aujourd&rsquo;hui en repr\u00e9sentation permanente \u00e0 Washington. Les critiques de ces m\u00eames esprits contre eux-m\u00eames (contre la politique qu&rsquo;ils soutiennent), lorsqu&rsquo;ils parviennent \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper un instant de cette situation schizophr\u00e9nique, ne changent \u00e9videmment rien. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe syst\u00e8me est bloqu\u00e9, certes, et ce n&rsquo;est pas une nouvelle. Les esprits le sont aussi, et c&rsquo;est \u00e0 peine plus nouveau mais tout de m\u00eame orignal quand cela se manifeste de la sorte. L&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien est devenu une sorte de zoo o\u00f9 les grands esprits font les beaux \u00e0 la mani\u00e8re des caniches, enferm\u00e9s dans leurs cages de ferrailles et de quincailleries diverses. Avec le New York <em>Times<\/em>, ils ont leur <em>Pravda<\/em>, encore plus hypocrite et m\u00e9prisable que la v\u00e9ritable. Ce syst\u00e8me est simplement \u00e0 vomir.<\/p>\n<h3>La derni\u00e8re chance ayant \u00e9t\u00e9 g\u00e2ch\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est aussi \u00e0 p\u00e9rir, ce syst\u00e8me, car cette descente aux enfers est celle d&rsquo;un g\u00e9ant absolument vid\u00e9 de sa substance et totalement discr\u00e9dit\u00e9, comme le pr\u00e9sident Obama a pu le constater \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-personne_n_a_une_chaise_pour_le_president_obama_28_12_2009.html\" class=\"gen\">Copenhague<\/a>  mais non, sans doute ne l&rsquo;a-t-il pas not\u00e9. La descente aux enfers, dans ces conditions, est diablement risqu\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation nous instruit d&rsquo;un fait essentiel: personne ne peut plus rien pour changer la politique US, pour regagner le contr\u00f4le du syst\u00e8me. Si Obama n&rsquo;a pas r\u00e9ussi, et notre conviction est qu&rsquo;il l&rsquo;a tent\u00e9 d&rsquo;une certaine fa\u00e7on dans les 6-8 premiers mois de son mandat, personne n&rsquo;y parviendra, compte tenu de tous les avantages dont il disposait au d\u00e9part (jeunesse, popularit\u00e9, bonne r\u00e9putation dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> mais une position de marginalit\u00e9 \u00e0 cause de sa condition d&rsquo;Africain-Am\u00e9ricain, intelligence brillante, etc.). BHO \u00e9tait la derni\u00e8re chance de la Grande R\u00e9publique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous attendons avec int\u00e9r\u00eat 2010 et les \u00e9lections <em>mid-term<\/em>, avec les surprises possibles, car la situation actuelle repr\u00e9sente une telle tension qu&rsquo;effectivement bien des surprises sont possibles. La moindre n&rsquo;est certes pas celle d&rsquo;un agacement d&rsquo;une opinion publique de plus en plus pouss\u00e9e \u00e0 bout, avec un il <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_enigme_us_pour_2010_c_est_tea_party_30_12_2009.html\" class=\"gen\">int\u00e9ress\u00e9<\/a> vers <em>Tea Party<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une descente aux enfers Il y a fort peu, une question de jours en fait, une note interne de la pr\u00e9sidence de l&rsquo;UE (nous nous permettrons de ne pas pr\u00e9ciser laquelle, entre celle des six mois rotatifs et celle de Van Rompuy) ce n&rsquo;est pas rien dans la hi\u00e9rarchie, une note de la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[3156,3878,2631,9074,9075,4390,6379,2773,4662,8360,8361,4883,7069,3194,4607,3014,8256,2613,2671,9076],"class_list":["post-71387","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-aux","tag-conformisme","tag-de","tag-descente","tag-enfers","tag-et","tag-exterieure","tag-iran","tag-japon","tag-lideologie","tag-linstinct","tag-lieberman","tag-party","tag-pentagone","tag-politique","tag-systeme","tag-tea","tag-turquie","tag-us","tag-yemen"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71387","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71387"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71387\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71387"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71387"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71387"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}