{"id":71402,"date":"2010-01-07T06:43:13","date_gmt":"2010-01-07T06:43:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/07\/la-g4g-est-dans-les-pres-afghan-et-autres\/"},"modified":"2010-01-07T06:43:13","modified_gmt":"2010-01-07T06:43:13","slug":"la-g4g-est-dans-les-pres-afghan-et-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/07\/la-g4g-est-dans-les-pres-afghan-et-autres\/","title":{"rendered":"La G4G est dans les pr\u00e9s (afghan et autres\u2026)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La G4G est dans le pr\u00e9 (afghan et autres)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t7 janvier 2010  Nous revenons avec empressement sur la nouvelle que nous donnions fort succinctement hier <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_verite_est_dans_le_pre_afghan_06_01_2010.html\" class=\"gen\">6 janvier 2010<\/a> concernant le rapport du g\u00e9n\u00e9ral Flynn, adjoint pour le renseignement du g\u00e9n\u00e9ral McChrystal en Afghanistan. On sait que ce rapport, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la suite d&rsquo;une enqu\u00eate de plusieurs mois conduite en Afghanistan depuis juin 2009 (date d&rsquo;arriv\u00e9e de Flynn en Afghanistan, dans les bagages de McChrystal), conduit \u00e0 des conclusions catastrophiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une part, la situation du renseignement en Afghanistan est per\u00e7ue comme absolument catastrophique, cela huit ans apr\u00e8s l&rsquo;invasion du pays par les forces US  et, plus encore, se permettra-t-on d&rsquo;ajouter, trente ans apr\u00e8s le d\u00e9but (en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_afghanistan_et_zbig_et_le_proces_de_leur_histoire_30_12_2009.html\" class=\"gen\">juillet 1979<\/a>) de l&rsquo;engagement actif de la CIA en Afghanistan, avec plusieurs ann\u00e9es pass\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 des moudjahiddines anti-sovi\u00e9tiques, d&rsquo;o\u00f9 sortirent notamment les talibans et diverses autres forces plus ou moins organis\u00e9es. On observera \u00e0 ce propos que, d\u00e8s cette \u00e9poque, et malgr\u00e9 l&rsquo;orientation de l&rsquo;engagement US, des maladresses de la part de la CIA \u00e9taient constat\u00e9es, tenant de l&rsquo;absence compl\u00e8te de bon sens et d&rsquo;observation du r\u00e9el au profit de l&rsquo;\u00e9valuation des mati\u00e8res de force (ou dite <em>brute force<\/em>)  d&rsquo;ailleurs d\u00e9pendantes comme on va le voir ci-apr\u00e8s du classement dans le domaine confidentiel. C&rsquo;est ainsi que la CIA privil\u00e9gia le soutien \u00e0 des groupes extr\u00e9mistes islamistes aux d\u00e9pens de groupes plus mod\u00e9r\u00e9s, mais tout aussi anti-sovi\u00e9tiques, selon l&rsquo;argument de la <em>brute force<\/em>. Les enseignements qui furent tir\u00e9s, favorables \u00e0 ces techniques et tactiques, \u00e9taient fond\u00e9s sur la m\u00eame fausse analyse que celle de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;URSS et du communisme (l&rsquo;URSS s&rsquo;est effondr\u00e9e \u00e0 cause des pressions des USA pour la course aux armements). Les officiels du syst\u00e8me (am\u00e9ricaniste) n&rsquo;ont toujours pas compris que, dans les deux cas, c&rsquo;est l&rsquo;URSS qui s&rsquo;est perdue toute seule, comme une grande, et qu&rsquo;elle s&rsquo;effondra avec l&rsquo;aide dynamique de Gorbatchev, et que ce ne furent pas ses adversaires essentiellement (les moudjahiddines en Afghanistan et le CMI contre l&rsquo;URSS) qui obtinrent un tel r\u00e9sultat. (Pour l&rsquo;Afghanistan, on sait que le retrait fut d\u00e9cid\u00e9 par Gorbatchev en 1986, selon des conditions \u00e9vitant l&rsquo;aspect d&rsquo;une d\u00e9faite, moins \u00e0 cause de la situation sur le terrain  m\u00eame si celle-ci \u00e9tait mauvaise  qu&rsquo;\u00e0 cause de la situation pressante en URSS m\u00eame, notamment en fonction des mouvements de <em>glasnost<\/em> et de <em>perestro\u00efka<\/em> que le m\u00eame Gorbatchev avait lanc\u00e9s. La m\u00eame chose peut \u00eatre dite \u00e0 propos du d\u00e9sengagement d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Le deuxi\u00e8me enseignement est d\u00e9j\u00e0 contenu <em>in fine<\/em> dans le pr\u00e9c\u00e9dent. Il s&rsquo;agit du constat que les informations ouvertes sont plus utiles que les informations confidentielles pour mener la bataille en Afghanistan. Cette id\u00e9e est explicit\u00e9e par le site <em>Danger Room<\/em>, nous-m\u00eames reprenant une partie de l&rsquo;extrait que nous citions dans notre premi\u00e8re information sur la chose:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Part of the problem is cultural: The intelligence community tend to focus on information from classified sources: signals intercepts, information from informants, significant activity reports. But it overlooks the vast store of mostly unclassified data  polling data, patrol debriefs, minutes from local shuras, economic statistics  that helps counterinsurgents connect the dots. This vast and underappreciated body of information, almost all of which is unclassified, admittedly offers few clues about where to find insurgents, but it does provide elements of even greater strategic importance  a map for leveraging popular support and marginalizing the insurgency itself, the report states.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Put succinctly, the coalition has plenty of information about the enemy, but is clueless about the terrain it occupies and the communities it engages. In a recent project ordered by the White House, analysts could barely scrape together enough information to formulate rudimentary assessments of pivotal Afghan districts, the report states. It is little wonder, then, that many decision-makers rely more upon newspapers than military intelligence to obtain ground truth.&rsquo;<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Flynn&rsquo;s solution? For starters, have spies start acting more like journalists.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ce dernier point qui nous importe particuli\u00e8rement. Nous allons le traiter selon une double approche synth\u00e9tis\u00e9e, les deux se compl\u00e9tant: le point de vue de la G4G (Guerre de la 4\u00e8me G\u00e9n\u00e9ration) et le point de vue de la subjectivation de l&rsquo;information.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les trouvailles du g\u00e9n\u00e9ral Flynn, qui rel\u00e8vent d&rsquo;un bon sens et d&rsquo;un sens commun qui paraissent totalement \u00e9trangers aux services de renseignement et \u00e0 toutes la bureaucratie occidentaliste aujourd&rsquo;hui, concernent ce qu&rsquo;on nomme en g\u00e9n\u00e9ral la Guerre de 4\u00e8me G\u00e9n\u00e9ration. La notion G4G m\u00e9lange, on le sait, les aspects militaires et les aspects civils, avec les facteurs d\u00e9terminants de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de la souverainet\u00e9 (nationale ou pas, cela importe peu m\u00eame si l&rsquo;on parle essentiellement de souverainet\u00e9 nationale); et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, le facteur essentiel de l&rsquo;identit\u00e9. En traitant les aspects strictement militaires (qui b\u00e9n\u00e9ficient du statut <em>classified<\/em>), les questions de souverainet\u00e9, de l\u00e9gitimit\u00e9 et d&rsquo;identit\u00e9 disparaissent compl\u00e8tement au profit des questions techniques de force et, plus encore, dans notre \u00e9poque de technologisme, de <em>brute force<\/em>. L&rsquo;accent est mis sur les seuls combattants alors que les experts, commentateurs et philosophes du syst\u00e8me ne cessent de nous parler depuis des ann\u00e9es de gagner les curs et les esprits des populations. C&rsquo;est dire l&rsquo;impasse o\u00f9 l&rsquo;on se trouve, accentu\u00e9e par les m\u00e9thodes de combat, soi-disant pr\u00e9cises mais en r\u00e9alit\u00e9 brutales et <strong>surtout<\/strong> compl\u00e8tement d\u00e9shumanis\u00e9es, accentuant le caract\u00e8re ill\u00e9gitime et d\u00e9structurant de ces actions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se demande d&rsquo;ailleurs comment, avec de telles m\u00e9thodes, l&rsquo;entra\u00eenement qui va avec, les conceptions qui gouvernent tout cela, absolument inspir\u00e9es du technologisme et des notions inspir\u00e9es par ce nous nommons l\u00a0\u00bb<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a>, les troupes alli\u00e9es, principalement les troupes US, sous-\u00e9duqu\u00e9es du point de vue culturel et psychologique, habitu\u00e9es au supr\u00e9matisme technologique, etc.  comment, en un mot, elles arriveront \u00e0 trouver le ton juste pour suivre les conseils du g\u00e9n\u00e9ral Flynn. C&rsquo;est une chose de trouver certaines des erreurs qu&rsquo;on fait alors qu&rsquo;on se trouve engag\u00e9s dans un conflit G4G classique; c&rsquo;en est une autre de les corriger, alors que, depuis huit ans, les troupes alli\u00e9es se trouvent dans une position d&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 compl\u00e8te, en constante violation de la souverainet\u00e9 afghane et en constant d\u00e9ni de l&rsquo;identit\u00e9 afghane qui constituent des handicaps insurmontables dans une guerre G4G, alors qu&rsquo;on ne voit pas comment elles pourraient \u00eatre dans une autre position. De ce point de vue, nous serions plut\u00f4t tent\u00e9s d&rsquo;intituler le rapport Flynn : Pourquoi nous (am\u00e9ricanistes, occidentalistes) ne pouvons pas gagner. Il s&rsquo;agirait du constat que si, effectivement, la G4G se mesure dans son efficacit\u00e9 avec la contestation de la <em>brute force<\/em>, au moyen de la l\u00e9gitimit\u00e9, de la souverainet\u00e9 et de l&rsquo;identit\u00e9, celui qui a ces caract\u00e8res, malgr\u00e9 sa faiblesse de moyens, est vainqueur d&rsquo;avance. Il oppose une forte structuration \u00e0 une pouss\u00e9e d\u00e9structurante qui n&rsquo;a pas le socle de la moindre l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce cadre, la question de l&rsquo;information (sources confidentielles ou sources non-confidentielles) se modifie substantiellement. La question n&rsquo;est plus de <strong>disposer<\/strong> d&rsquo;informations, confidentielle ou pas,  mais de <strong>choisir<\/strong> des informations; et cela doit \u00eatre fait dans un cadre de communication o\u00f9 il faut introduire l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment fondamental de la transformation de l&rsquo;information par sa compl\u00e8te subjectivation. On ne doit pas oublier que, dans cette p\u00e9riode d&rsquo;intenses changements depuis 9\/11, ce sont au d\u00e9part les autorit\u00e9s elles-m\u00eames qui ont proclam\u00e9 la subjectivation de l&rsquo;information, faisant de cette d\u00e9cision un acte majeur aux cons\u00e9quences innombrables. (Nous constations cette affirmation officielle dans un texte du 10 janvier 2002 que nous avions en ligne le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-je_doute_donc_je_suis_rubrique_contexte_volume_17_n08_du_10_janvier_2002_13_03_2003.html\" class=\"gen\">13 mars 2003<\/a>.)<\/p>\n<h3>De la G4G \u00e0 l&rsquo;information subjectiv\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, le probl\u00e8me pos\u00e9 par l&rsquo;\u00e9tude de Flynn, consid\u00e9r\u00e9 en fonction de cette appr\u00e9ciation de la guerre en Afghanistan comme un conflit type G4G, consid\u00e9r\u00e9 d&rsquo;autre part en fonction de la subjectivation de l&rsquo;information, signale implicitement, sans le dire ni sans doute le r\u00e9aliser, le bouleversement de la fonction m\u00eame du renseignement. Les conditions g\u00e9n\u00e9rales impliquent que le renseignement ne peut plus se limiter \u00e0 l&rsquo;information brute, mais qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9valuer l&rsquo;information en fonction de r\u00e9f\u00e9rences clairement identifi\u00e9es  les r\u00e9f\u00e9rences de structuration et de d\u00e9structuration. Ces r\u00e9f\u00e9rences sont, \u00e0 notre sens, les enjeux essentiels de la crise g\u00e9n\u00e9rale en cours. Pour s&rsquo;adapter \u00e0 cette situation, il faut \u00e9videmment prendre conscience que la bataille en cours est entre forces structurantes et forces d\u00e9structurantes. Cela para\u00eet \u00e9videmment une t\u00e2che impossible pour le renseignement am\u00e9ricaniste, qui, d&rsquo;une part, ignore ces r\u00e9f\u00e9rences, qui, d&rsquo;autre part, s&rsquo;il les d\u00e9couvrait par une sorte d&rsquo;audace intellectuelle bien improbable, ne s&rsquo;en verrait pas moins comme une force structurante (dispensatrice de d\u00e9mocratie, des droits de l&rsquo;homme, etc.) alors que l&rsquo;am\u00e9ricanisme est une force d\u00e9structurante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn quelque sorte, le renseignement, pour rester cette activit\u00e9 fondamentale qu&rsquo;il pr\u00e9tend \u00eatre, dans le cadre des guerres G4G qui lui sont impos\u00e9es comme celle de l&rsquo;Afghanistan, devrait acqu\u00e9rir une dimension et des conceptions compl\u00e8tement diff\u00e9rentes de celles qu&rsquo;il a actuellement. Le renseignement est plac\u00e9 devant une t\u00e2che impossible parce qu&rsquo;il affronte l&rsquo;ennemi qu&rsquo;on lui a d\u00e9sign\u00e9  le terrorisme, si l&rsquo;on en croit les doctrines officielles occidentalistes  sur un terrain o\u00f9 il ne peut effectuer un travail efficace. Le renseignement dans une guerre G4G n&rsquo;est plus du renseignement m\u00eame op\u00e9rationnel au sens classique, alors qu&rsquo;il pourrait le rester s&rsquo;il menait la bataille contre le terrorisme dans le cadre policier classique (identification, p\u00e9n\u00e9tration des r\u00e9seaux, etc.); on observe d&rsquo;ailleurs que, m\u00eame lorsqu&rsquo;il \u00e9volue dans ce cadre et qu&rsquo;il retrouve ses fonctions classiques, il reste extr\u00eamement inefficace \u00e0 cause des imbroglios et des concurrences bureaucratiques qui interdisent \u00e0 l information (dans ce cas, il s&rsquo;agit bien de cela) de circuler d&rsquo;une fa\u00e7on efficace.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA cause des conditions de la guerre G4G et dans ce cadre, et \u00e0 cause de la subjectivation de l&rsquo;information, les termes m\u00eames du fonctionnement du renseignement ne sont plus les m\u00eames. Certes, le renseignement semblerait avoir une r\u00e9f\u00e9rence id\u00e9ologique (la lutte contre l&rsquo;islamisme), mais l&rsquo;on sait que cette r\u00e9f\u00e9rence est doublement fauss\u00e9e. Elle est fauss\u00e9e d&rsquo;abord dans la m\u00e9thode car il s&rsquo;agit de la lutte contre la terreur (le terrorisme), c&rsquo;est-\u00e0-dire une lutte contre une m\u00e9thode et non contre une id\u00e9ologie, et, bien entendu une m\u00e9thode que d&rsquo;autres id\u00e9ologies que l&rsquo;islamisme utilisent. Elle est fauss\u00e9e ensuite et surtout par la G4G, qui transforme les adversaires ou modifie ces adversaires  les talibans ne peuvent-ils \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 des patriotes dont le r\u00f4le est alors per\u00e7u comme structurant? Les adversaires en Afghanistan ne s&rsquo;\u00e9tendent-ils pas bien au-del\u00e0 des talibans et n&rsquo;acqui\u00e8rent-ils pas une dimension structurante de r\u00e9sistance au nom de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de l&rsquo;identit\u00e9? Dans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral, la subjectivation de l&rsquo;information pervertit compl\u00e8tement son usage et son utilit\u00e9 pour le renseignement dans la mesure o\u00f9 le renseignement ne peut plus situer les lignes id\u00e9ologiques amies et ennemies. Si l&rsquo;on ajoute les interf\u00e9rences comme la corruption, la drogue, etc., le d\u00e9sordre devient complet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tToutes ces remarques, si elles devaient \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es dans leurs logiques, nous conduiraient dans des domaines bien au-del\u00e0 et bien en-dehors de l&rsquo;Afghanistan. Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que certains \u00e9v\u00e9nements compl\u00e8tement hors du cadre classique des conflits m\u00e9ritaient de faire partie du cadre de la G4G si l&rsquo;on accepte les r\u00e9f\u00e9rence de structuration et de d\u00e9structuration (par exemple, une analyse sur une \u00ab<em>G4G r\u00e9volutionnaire<\/em>\u00bb, la situation politique de certains pays occidentalistes, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_elements_epars_d_une_revolution_postmoderne_une_g4g_revolutionnaire__05_08_2006.html?admin=1\" class=\"gen\">5 ao\u00fbt 2006<\/a>); et que, dans ce m\u00eame cadre d&rsquo;analyse, la G4G pouvait \u00eatre d\u00e9finie tr\u00e8s diff\u00e9remment qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est, avec des r\u00e9f\u00e9rences qui peuvent para\u00eetre \u00e0 premi\u00e8re vue surprenantes, par exemple comme un ph\u00e9nom\u00e8ne de type gaulliste (\u00ab<em>La G4G est-elle gaulliste?<\/em>\u00bb, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_g4g_est-elle_gaulliste_23_01_2009.html\" class=\"gen\">23 janvier 2009<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cet imbroglio de la G4G \u00e9largie \u00e0 des fonctions et des significations diff\u00e9rentes, il y a \u00e0 nouveau le facteur de d\u00e9sordre suppl\u00e9mentaire de la subjectivation de l&rsquo;information. Ce facteur implique que l&rsquo;information a un sens si, au lieu de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 des notions aujourd&rsquo;hui aussi vagues et totalement perverties que r\u00e9alit\u00e9 et v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 des notions comme structuration et d\u00e9structuration. Dans ce cas, le renseignement, lui, n&rsquo;a plus aucun sens  dans le sens, si l&rsquo;on ose dire, o\u00f9 il ne sait plus quel sens donner aux informations, de sources ouvertes ou pas qu&rsquo;importe, qu&rsquo;il collecte, puisque les notions de structuration et de d\u00e9structuration lui sont inconnues telles que nous les employons et telles qu&rsquo;elles s&rsquo;imposent, \u00e0 notre avis, pour d\u00e9finir la situation actuelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe renseignement aura beau faire toutes les \u00e9tudes et enqu\u00eates qu&rsquo;il veut, il se trouve confront\u00e9 \u00e0 une situation r\u00e9volutionnaire de type absolument in\u00e9dit, dont les termes r\u00e9volutionnaires n&rsquo;ont aucun lien avec les situations qu&rsquo;il conna\u00eet, pratique, recense, surveille, etc., y compris les situations r\u00e9volutionnaires classiques. Litt\u00e9ralement, il ne mesure pas et ne peut pas mesurer l&rsquo;enjeu de la situation qu&rsquo;il est cens\u00e9 \u00e9clairer, de la m\u00eame fa\u00e7on que le pouvoir politique l&rsquo;ignore lui-m\u00eame, de m\u00eame que l&rsquo;on ignore en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la fois les conditions r\u00e9elles et les buts des guerres qui sont men\u00e9es. L&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il faut passer aux sources ouvertes (\u00ab<em>Flynn&rsquo;s solution? For starters, have spies start acting more like journalists.<\/em>\u00bb) contient une partie de r\u00e9alit\u00e9, qui est \u00e9videmment li\u00e9 au fait que l&rsquo;essentiel des informations se trouvent en sources ouvertes et qu&rsquo;on y trouve de loin les plus int\u00e9ressantes, les plus enrichissantes, les plus ouvertes si l&rsquo;on peut dire en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 au sens d&rsquo;enrichies  mais alors, avec le probl\u00e8me capital du <strong>choix<\/strong> de l&rsquo;information importante\/int\u00e9ressante qui importe, \u00e0 faire au milieu d&rsquo;un d\u00e9luge d&rsquo;informations. Ce n&rsquo;est donc que d\u00e9placer le probl\u00e8me que de transformer les espions en journalistes; les journalistes eux-m\u00eames, face \u00e0 la subjectivation de l&rsquo;information, face \u00e0 la formulation et la d\u00e9finition compl\u00e8tement diff\u00e9rente des enjeux, face \u00e0 la masse d&rsquo;information qu&rsquo;il faut s\u00e9lectionner selon des crit\u00e8res nouveaux ignor\u00e9s de nombre d&rsquo;entre eux, rencontrent les m\u00eames difficult\u00e9s que les espions \u00e0 distinguer les informations importantes des informations accessoires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, le r\u00f4le de l&rsquo;intuition, celui de l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;un esprit d\u00e9gag\u00e9 des conformismes id\u00e9ologiques d\u00e9pass\u00e9es, celui de la distinction de la r\u00e9alit\u00e9 des enjeux et de la fa\u00e7on dont ils se manifestent, jouent un r\u00f4le essentiel dans le <strong>choix<\/strong> des informations importantes. Le r\u00f4le de l&rsquo;information (et du renseignement) n&rsquo;est plus un simple r\u00f4le d&rsquo;observation, de collecte, d&rsquo;interpr\u00e9tation technique, etc., mais un r\u00f4le actif d&rsquo;analyse \u00e0 la fois exp\u00e9riment\u00e9 et intuitive, avant m\u00eame de choisir l&rsquo;information, une d\u00e9marche \u00e0 la fois politique et historique pr\u00e9-existante \u00e0 la d\u00e9marche de la recherche et de la collecte de l&rsquo;information. Dans de telles conditions qui sont totalement absentes parce qu&rsquo;elles leur sont totalement \u00e9trang\u00e8res, occidentalistes et am\u00e9ricanistes n&rsquo;ont aucun espoir, ni de comprendre, ni, encore moins, de gagner la guerre de l&rsquo;Afghanistan.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est utile d&rsquo;ajouter, comme une sorte de <em>post-scriptum<\/em>, que toutes ces r\u00e9flexions et observations valent \u00e9videmment pour notre propre activit\u00e9 (notamment, ici \u00e0 <em>de defensa.org<\/em>), puisque nous sommes notamment du domaine du journalisme. Elles valent aussi pour nos lecteurs, leur fa\u00e7on de nous lire, de comprendre nos d\u00e9marches s\u00e9lectives de l&rsquo;information, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La G4G est dans le pr\u00e9 (afghan et autres) 7 janvier 2010 Nous revenons avec empressement sur la nouvelle que nous donnions fort succinctement hier 6 janvier 2010 concernant le rapport du g\u00e9n\u00e9ral Flynn, adjoint pour le renseignement du g\u00e9n\u00e9ral McChrystal en Afghanistan. On sait que ce rapport, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la suite d&rsquo;une enqu\u00eate de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[9100,3907,2926,5701,3100,3099,2807,6258,9101],"class_list":["post-71402","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-afghanistabn","tag-destructuration","tag-flynn","tag-g4g","tag-information","tag-psychologie","tag-renseignement","tag-structuration","tag-subjectivation"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71402","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71402"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71402\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71402"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71402"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71402"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}