{"id":71405,"date":"2010-01-08T06:16:50","date_gmt":"2010-01-08T06:16:50","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/08\/intervenir-au-yemen-les-militaires-us-prudentissime\/"},"modified":"2010-01-08T06:16:50","modified_gmt":"2010-01-08T06:16:50","slug":"intervenir-au-yemen-les-militaires-us-prudentissime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/08\/intervenir-au-yemen-les-militaires-us-prudentissime\/","title":{"rendered":"Intervenir au Y\u00e9men? Les militaires US <em>prudentissime<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><p>Comme l&rsquo;on sait, le d\u00e9bat est ouvert \u00e0 Washington sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;une intervention militaire US au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_yemen_yes_we_can_04_01_2010.html\" class=\"gen\">Y\u00e9men<\/a>, \u00e0 la suite de l&rsquo;affaire du vol 253. On peut consid\u00e9rer que les militaires viennent de prendre position sur la question avec une intervention de l&rsquo;amiral Mullen, le pr\u00e9sident du Joint Chief of Staff, le 6 janvier au soir, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence devant les \u00e9tudiants de l&rsquo;universit\u00e9 George Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe Wall Street <em>Journal<\/em> du <a href=\"http:\/\/online.wsj.com\/article\/SB126279143158217957.html?mod=WSJ_World_LEFTSecondNews\" class=\"gen\">7 janvier 2010<\/a>, notamment, rapporte l&rsquo;intervention du pr\u00e9sident du Joint Chief of Staff.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Adm. Mike Mullen, the chairman of the Joint Chiefs of Staff, appeared to rule out direct U.S. military action in Yemen, the home of the al Qaeda affiliate that has claimed responsibility for the alleged attempt to blow up a U.S. airliner on Christmas Day.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Speaking to students at George Washington University, Adm. Mullen, the nation&rsquo;s top military officer, was asked whether the U.S. was considering carrying out airstrikes on targets inside Yemen or deploying American ground forces there. He replied that the U.S. effort would be limited to helping fund and train the Yemeni security forces, some of whom are already mentored by small teams of elite American Special Operations forces. We&rsquo;ve worked &#8230; to support a growing Yemeni armed forces capability, Adm. Mullen said. We are going to continue to support the Yemeni government in the execution of their strategy to eliminate these terrorists.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Il est remarquable que l&rsquo;affirmation de Mullen ait \u00e9t\u00e9 faite, non dans le cours de son intervention mais, comme l&rsquo;indique le texte, en r\u00e9ponse \u00e0 une question. Cette circonstance  provoqu\u00e9e ou non, la question \u00e0 propos de la question publique demeure pos\u00e9e  implique que Mullen ne tenait pas \u00e0 faire une grande publicit\u00e9 de cette position des militaires mais qu&rsquo;il a saisi l&rsquo;occasion de la faire conna\u00eetre publiquement tout de m\u00eame. Cela marque la tension du climat politique \u00e0 Washington autour de cette question, avec des r\u00e9publicains qui exploitent \u00e0 fond l&rsquo;attentat manqu\u00e9 du vol 253 pour attaquer Obama sur la question de la lutte contre le terrorisme et le presser de faire quelque chose d&rsquo;important au Y\u00e9men. Il est difficile, ou plut\u00f4t risqu\u00e9 politiquement, pour le pr\u00e9sident du JCS, de faire une d\u00e9claration de cette sorte au cur d&rsquo;une conf\u00e9rence publique, dans un texte pr\u00e9par\u00e9; mais l&rsquo;occasion (la question d&rsquo;un des auditeurs) a fait le larron.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReste donc le fait de l&rsquo;extr\u00eame prudence des militaires US, qui pourrait se r\u00e9sumer au constat qu&rsquo;ils sont simplement oppos\u00e9s \u00e0 une intervention importante au Y\u00e9men et qu&rsquo;ils se contenteraient d&rsquo;unit\u00e9s sp\u00e9ciales comme le Pentagone a d\u00e9sormais l&rsquo;habitude d&rsquo;envoyer un peu partout selon les circonstances. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation qui rend bien compte des contradictions entre d&rsquo;une part la politique g\u00e9n\u00e9rale, qui est conduite sous la pression des diff\u00e9rents centres de pouvoir qui sont en cette sorte de circonstances tr\u00e8s bellicistes, avec la politique du Pentagone elle-m\u00eame qui est effectivement d&rsquo;intervenir partout o\u00f9 cela est possible, et d&rsquo;autre part les moyens disponibles. Ce dernier point concerne essentiellement les militaires, encore plus que les dirigeants civils du Pentagone et les planificateurs, qui sont parfaitement au courant de la situation tr\u00e8s difficile o\u00f9 se trouvent les forces arm\u00e9es actuellement, dans des conditions budg\u00e9taires elles-m\u00eames tr\u00e8s particuli\u00e8res. Le budget du Pentagone est colossal (en r\u00e9alit\u00e9 proche des $1.000 milliards) mais ne parvient pas \u00e0 fournir les forces ad\u00e9quates pour les op\u00e9rations engag\u00e9es et les structures de forces  \u00e0 conserver, ni m\u00eame \u00e0 stopper des processus de r\u00e9duction de ces structures (cas de l&rsquo;USAF), \u00e0 cause d&rsquo;une crise interne de gestion et de paralysie des processus bureaucratiques. La r\u00e9ponse de Mullen implique simplement que les militaires US n&rsquo;ont actuellement pas les moyens d&rsquo;une intervention cons\u00e9quente au Y\u00e9men.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMullen peut difficilement aller au-del\u00e0 de ce qu&rsquo;il a dit, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9tailler cette absence de moyens. Il sait que l&rsquo;administration Obama est fiscalement contrainte et ne pourrait augmenter le budget dans les proportions telles qui permettraient une augmentation des moyens  bien que des augmentations budg\u00e9taires soient d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9es pour les prochaines ann\u00e9es, simplement pour tenter de permettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9norme structure militaire de ne pas sombrer un peu plus qu&rsquo;elle n&rsquo;est en train de le faire. Mullen sait d&rsquo;autre part que s&rsquo;il admettait cette situation, il donnerait des armes aux r\u00e9publicains pour attaquer Obama sur une pr\u00e9tendue absence de moyens budg\u00e9taire pour que le Pentagone lutte contre le terrorisme, ce qu&rsquo;il ne peut se permettre vis-\u00e0-vis de son pouvoir civil. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tReste enfin la question de fond de savoir si Mullen serait partisan d&rsquo;une intervention au Y\u00e9men m\u00eame s&rsquo;il en avait les moyens. Sans doute pas pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 de la prudence en diverses occasions, alors que par ailleurs et contradictoirement, la politique du Pentagone, que Mullen soutient \u00e9galement, est celle de l&rsquo;expansionnisme belliciste, avec \u00e9galement le cas pr\u00e9cis de l&rsquo;extension de la guerre en Afghanistan. Ces contradictions sont simplement l&rsquo;illustration du d\u00e9sordre et de la crise de Washington, qui sont aussi le d\u00e9sordre et la crise du Pentagone. Il y a d\u00e9j\u00e0 plusieurs ann\u00e9es que l&rsquo;illusion des moyens et des capacit\u00e9s militaires US correspondant aux ambitions imp\u00e9riales des ann\u00e9es 2001-2003 (avec forte pr\u00e9paration dans les ann\u00e9es 1990) est compl\u00e8tement dissip\u00e9e. La machine militaire US est bien entendu, comme le reste aux USA, en pleine crise et dans une situation de tension de l&rsquo;utilisation de moyens disponibles extr\u00eamement pressante, tandis que s&rsquo;exacerbe plus que jamais la d\u00e9clamation de la politique interventionniste, pour des raisons politiciennes mais aussi pour des raisons psychologiques plus profondes. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 8 janvier 2010 \u00e0 06H15<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme l&rsquo;on sait, le d\u00e9bat est ouvert \u00e0 Washington sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;une intervention militaire US au Y\u00e9men, \u00e0 la suite de l&rsquo;affaire du vol 253. 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