{"id":71426,"date":"2010-01-13T04:25:12","date_gmt":"2010-01-13T04:25:12","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/13\/lapres-copenhague-ou-la-grace-de-lhistoire\/"},"modified":"2010-01-13T04:25:12","modified_gmt":"2010-01-13T04:25:12","slug":"lapres-copenhague-ou-la-grace-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/13\/lapres-copenhague-ou-la-grace-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"L&rsquo;apr\u00e8s Copenhague ou la Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire"},"content":{"rendered":"<p><h4>Introduction<\/h4>\n<p>Quant on voit \u00e0 l&rsquo;occasion des f\u00eates des centaines de millions d&rsquo;Europ\u00e9ens de tous \u00e2ges manifester leur joie (souvent alcoolis\u00e9e) \u00e0 entrer dans une nouvelle ann\u00e9e, on est tent\u00e9 de se demander, quitte \u00e0 passer pour un proph\u00e8te de mauvaise augure, s&rsquo;ils se rendent bien compte des changements de mode de vie que l&rsquo;\u00e9volution du monde leur imposera dans un proche avenir. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes personnes qui font la f\u00eate se d\u00e9solidarisent de facto des 15 \u00e0 30%, sinon plus, de leurs compatriotes qui ne font pas la f\u00eate parce qu&rsquo;ils se situent, comme on dit, au dessous du seuil de pauvret\u00e9. Beaucoup de ceux-ci  ne sont ni \u00e2g\u00e9s ni malades mais simplement ch\u00f4meurs. Or  ceux qui b\u00e9n\u00e9ficient encore d&rsquo;un emploi ou d&rsquo;un revenu garanti, gr\u00e2ce auquel ils peuvent cette ann\u00e9e encore faire la f\u00eate, devraient peut-\u00eatre se demander comment ils pourront dans l&rsquo;avenir conserver le m\u00eame mode de vie, confront\u00e9s aux centaines de millions de travailleurs chinois et indiens dor\u00e9navant aussi efficaces professionnellement qu&rsquo;eux, et qui par ailleurs acceptent des niveaux de vie voisins de ceux des travailleurs pauvres europ\u00e9ens. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a beaucoup glos\u00e9 sur la Chine, usine du monde. Il est \u00e9vident que si l&rsquo;Europe ne r\u00e9agit pas intelligemment face \u00e0 la concurrence chinoise, elle pourra fermer toutes ses usines et lieux de production. Des travailleurs chinois viendront peut-\u00eatre travailler en Europe comme ils le font d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;Asie du sud-est et en Afrique. Ceci m\u00eame dans le domaine agricole. Certaines compagnies ne s&rsquo;int\u00e9ressent-elles pas \u00e0 des terres europ\u00e9ennes ou russes ? Quant \u00e0 l&rsquo;Inde on commence \u00e0 comprendre qu&rsquo;elle est en passe de devenir la soci\u00e9t\u00e9 de service du monde. Aujourd&rsquo;hui pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des services exportables sont en Inde, du centre d&rsquo;appel jusqu&rsquo;aux analyses m\u00e9dicales et bancaires. Les atouts indiens  sont importants et uniques. L&rsquo;Inde poss\u00e8de aujourd&rsquo;hui pr\u00e8s de 70 millions de dipl\u00f4m\u00e9s sup\u00e9rieurs, plus qu&rsquo;il n&rsquo;y a d&rsquo;habitants en France ! L&rsquo;Inde ne s&rsquo;est pas lanc\u00e9e dans une r\u00e9volution industrielle impossible pour elle du fait de ses infrastructures hors d&rsquo;usage. Elle est directement pass\u00e9e \u00e0 la r\u00e9volution des services qui repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui pr\u00e8s des 2\/3 du PIB du pays.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRappelons par ailleurs que ni Chine ni l&rsquo;Inde ne se soucient d&rsquo;\u00e9lever le niveau de vie de la  population dans son ensemble. Elles se satisfont de r\u00e9mun\u00e9rer le niveau social sup\u00e9rieur (\u00e0 des salaires qui d&rsquo;ailleurs chez nous seraient consid\u00e9r\u00e9s comme de mis\u00e8re). Le reste du peuple est maintenu dans la pauvret\u00e9,  par un r\u00e9gime politique qui demeure tr\u00e8s peu d\u00e9mocratique en Chine et par le syst\u00e8me de castes qui joue le m\u00eame r\u00f4le en Inde, au demeurant r\u00e9put\u00e9e la plus grande d\u00e9mocratie du monde. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Europ\u00e9ens, faut-il par ailleurs le leur rappeler, ne disposent pas des sources d&rsquo;\u00e9nergie primaire et de mati\u00e8res premi\u00e8res qui permettent aux pays producteurs de garder pour eux la plus grande partie des b\u00e9n\u00e9fices en r\u00e9sultant. Certes, un certain nombre d&rsquo;entre eux poss\u00e8dent encore de solides fortunes immobili\u00e8res et mobili\u00e8res. Mais d&rsquo;une part celles-ci sont tr\u00e8s mal r\u00e9parties. D&rsquo;autre part la crise r\u00e9cente a montr\u00e9 que leur valeur d\u00e9pend de march\u00e9s fluctuants sur lesquels les propri\u00e9taires ont peu de moyens d&rsquo;action. Elles ne garantissent donc les revenus r\u00e9guliers provenant d&rsquo;un travail productif. Quant \u00e0 l&rsquo;innovation technologique, si elle n&rsquo;est pas encore enti\u00e8rement aux mains des pays asiatiques, elle reste encore pour l&rsquo;essentiel situ\u00e9e aux Etats-Unis. L&rsquo;Europe prend chaque ann\u00e9e un retard que l&rsquo;on ne veut pas voir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;on consid\u00e9rait que l&rsquo;Europe ne devrait pas ou ne pourrait pas se prot\u00e9ger de la concurrence chinoise, indienne (et am\u00e9ricaine) , il faudrait se r\u00e9signer \u00e0 r\u00e9mun\u00e9rer les travailleurs de tous niveaux aux normes asiatiques, ou, autre solution, r\u00e9duire les consommations de la population aux normes de celles des populations asiatiques. On pourra pr\u00e9senter ceci comme une forme de d\u00e9croissance, apr\u00e8s tout moralement d\u00e9fendable.  Mais nos joyeux f\u00eatards europ\u00e9ens accepteraient-ils ces perspectives,  que nous venons de d\u00e9crire tr\u00e8s sommairement. Ou bien pensent-ils que, de toutes, fa\u00e7ons, ils pourront y \u00e9chapper ? Comment alors imaginent-ils s&rsquo;y prendre ? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous faisons ci-dessous quelques propositions permettant d&rsquo;affronter, entre autres, la Chine et l&rsquo;Inde (sans oublier les Etats-Unis). D&rsquo;autres experts ou mouvements politiques encore marginaux le font aussi de leurs cot\u00e9s. Mais il faut se persuader qu&rsquo;il ne s&rsquo;agira pas de r\u00e9formettes ne remettant pas en cause le syst\u00e8me capitaliste lib\u00e9ral actuel. Aussi bien pour le moment, personne ne veut y penser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBonne Ann\u00e9e donc aux Europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h2 class=\"common-article2\">L&rsquo;apr\u00e8s Copenhague ou la Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tNous empruntons ce titre \u00e0 l&rsquo;excellent livre dont notre ami Philippe Grasset commence la publication sur le site <em>dedefensa.org<\/em>. Nous sommes heureux de participer par cette publication \u00e0 des \u00e9changes avec les correspondants tous int\u00e9ressants qu&rsquo;il a su r\u00e9unir depuis de nombreuses ann\u00e9es autour de ses irrempla\u00e7ables analyses. Qu&rsquo;il puisse les poursuivre longtemps. Elles sont indispensables \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;intelligence politique dont on voudrait trouver des exemples plus nombreux dans la presse en ligne<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour nous, dans l&rsquo;imm\u00e9diat, la Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire viendra peut-\u00eatre de la crise ouverte par l&rsquo;apr\u00e8s-Copenhague. Elle pourrait r\u00e9habiliter, au profit de l&rsquo;Europe, des processus de gouvernement r\u00e9galien qui avaient fait la grandeur de la France. <\/p>\n<h4>Souverainet\u00e9 et puissance<\/h4>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, depuis le trait\u00e9 de Ma\u00ebstricht (f\u00e9vrier 1992) jusqu&rsquo;au trait\u00e9 de Lisbonne, offre l&rsquo;image d&rsquo;une lente d\u00e9structuration. Dans aucun domaine, l&rsquo;Europe ne s&rsquo;est organis\u00e9e sur le mod\u00e8le des super-Etats qui sont ses concurrents, Etats-Unis, Chine, Russie et bient\u00f4t quelques autres.  Le Trait\u00e9 de Ma\u00ebstricht n&rsquo;a pas permis de doter l&rsquo;Europe des diff\u00e9rents attributs de la puissance qui auraient pu en faire un alter ego des autres puissances mondiales.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, le  Pacte de stabilit\u00e9 d\u00e9cid\u00e9  au Sommet de Bruxelles de mai 1998 visait \u00e0 renforcer l&rsquo;Union europ\u00e9enne par  l&rsquo;instauration de la monnaie unique et par diverses mesures d&rsquo;accompagnement au sein des onze pays ayant accept\u00e9 d&rsquo;abandonner leurs monnaies nationales \u00e0 partir  du 01\/01\/1999. Mais les Etats se sont born\u00e9s \u00e0 une coordination mon\u00e9taire a minima au sein de la zone euro. Aucun instrument permettant un gouvernement \u00e9conomique et financier au sein de cette zone n&rsquo;a pu \u00eatre mis en place. Aujourd&rsquo;hui, malgr\u00e9 l&rsquo;aggravation des crises financi\u00e8res et \u00e9conomiques accompagn\u00e9e de celle des  concurrences ext\u00e9rieures, il n&rsquo;est toujours pas possible de conduire en commun les politiques \u00e9conomiques et industrielles qui s&rsquo;imposeraient. A fortiori, aucune  harmonisation des droits de douanes, fiscaux, sociaux et du travail, ne peut encore \u00eatre envisag\u00e9e. Nous avions d\u00e9crit ce m\u00e9canisme d\u00e9sastreux dans notre ouvrage de 2007, <em>L&rsquo;Europe et le vide de puissance<\/em>. Depuis il s&rsquo;est encore accentu\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais que sont les attributs de la puissance et en quoi l&rsquo;Europe en a-t-elle besoin pour survivre dans la comp\u00e9tition avec les autres Etats ? Nous les avions \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans l&rsquo;ouvrage cit\u00e9. Les uns tiennent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tendue du territoire, aux effectifs de la population et \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s direct aux sources d&rsquo;\u00e9nergie et de mati\u00e8res premi\u00e8res. Sur ce plan, l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas favoris\u00e9e. D&rsquo;autres tiennent au mode de gouvernement : la possibilit\u00e9 de mobiliser d&rsquo;une fa\u00e7on coordonn\u00e9e les ressources nationales. Sur ce plan les r\u00e9gimes autoritaires ou dictatoriaux paraissent les plus comp\u00e9titifs, mais il ne faut pas penser que le pluralisme d\u00e9mocratique soit en lui-m\u00eame un handicap, m\u00eame s&rsquo;il ne facilite pas la prise rapide de d\u00e9cisions. Encore faut-il qu&rsquo;il existe des Etats capables de mener ce que l&rsquo;on appelait traditionnellement des politiques  r\u00e9galiennes, faisant pr\u00e9valoir les int\u00e9r\u00eats g\u00e9n\u00e9raux de long terme sur les int\u00e9r\u00eats particuliers de court terme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe mod\u00e8le fran\u00e7ais de l&rsquo;Etat mis en place apr\u00e8s le premier Empire et confirm\u00e9 sous les 3e, 4e et 5e r\u00e9publiques, correspondait en principe \u00e0 cette d\u00e9finition, bien que s&rsquo;exer\u00e7ant avec difficult\u00e9s compte tenu des conflits suscit\u00e9s par les r\u00e9sistances des nombreux int\u00e9r\u00eats particuliers. Aujourd&rsquo;hui, sous la pression de l&rsquo;id\u00e9ologie lib\u00e9rale et de la privatisation, l&rsquo;Etat r\u00e9galien caract\u00e9risant le R\u00e9publique fran\u00e7aise voit ses comp\u00e9tences de plus en plus diminu\u00e9es. Il para\u00eet de plus en plus incapable de r\u00e9pondre aux demandes qui lui sont adress\u00e9es par les populations. Malgr\u00e9 cela, il dispose en g\u00e9n\u00e9ral encore d&rsquo;un certain nombre de moyens d&rsquo;actions, notamment gr\u00e2ce aux diverses administrations, dont beaucoup d&rsquo;autres Etats europ\u00e9ens sont priv\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Union europ\u00e9enne, en tant qu&rsquo;institution, est malheureusement d\u00e9pourvue de tels moyens, puisque les opinions politiques lui ont refus\u00e9 le statut d&rsquo;Etat f\u00e9d\u00e9ral. Le trait\u00e9 de Lisbonne entrant dor\u00e9navant en application, n&rsquo;a pas beaucoup accru les capacit\u00e9s d&rsquo;action de l&rsquo;Union. N\u00e9anmoins, celles-ci ne sont pas inexistantes. Encore faudrait-il que les Etats-membres s&rsquo;accordent pour les mettre en uvre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa Constitution am\u00e9ricaine a dot\u00e9 d\u00e8s les origines le <em>melting pot<\/em> des diff\u00e9rentes populations et cultures rassembl\u00e9es sur le sol am\u00e9ricain d&rsquo;un Etat f\u00e9d\u00e9ral aux comp\u00e9tences limit\u00e9es par l&rsquo;existence des Etats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s, mais disposant cependant des moyens n\u00e9cessaires \u00e0 la construction d&rsquo;un Etat fort. Mais celui-ci, contrairement au mod\u00e8le fran\u00e7ais,  a toujours repos\u00e9 sur une alliance de fait entre les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et publics. C&rsquo;est ce qu&rsquo;exprime le concept de complexe industriel, militaire et politique (MICC), lequel associe de fa\u00e7on souvent peu transparente les repr\u00e9sentants des pouvoirs \u00e9conomiques et ceux des administrations f\u00e9d\u00e9rales. Ce mode de gouvernement a permis d\u00e8s le d\u00e9but du 20e si\u00e8cle et plus particuli\u00e8rement d\u00e8s la fin de la seconde guerre mondiale la superpuissance am\u00e9ricaine. La superpuissance am\u00e9ricaine, du fait de l&rsquo;intrication \u00e9troite entre les industriels, les universit\u00e9s et les diff\u00e9rentes agences gouvernementales, s&rsquo;est caract\u00e9ris\u00e9e par le d\u00e9veloppement syst\u00e9matique d&rsquo;une panoplie de moyens scientifiques et industriels visant \u00e0 assurer une domination globale, aussi bien dans le domaine militaire que civil. Les superpuissances \u00e9mergentes, telle la Chine et l&rsquo;Inde, s&rsquo;efforcent de suivre cet exemple, mais elles sont encore loin du but.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn ouvrage r\u00e9cent de l&rsquo;essayiste politique am\u00e9ricano-allemand Frederick William Engdahl, <em>Full Spectrum Dominance: Totalitarian Democracy in the New World Order Third Millennium<\/em> (2009),  donne de la politique am\u00e9ricaine de domination globale une description que d&rsquo;aucuns jugeront partisane mais qui dans l&rsquo;ensemble para\u00eet incontestable. La guerre contre le 3e Reich, puis la guerre froide avec l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, ont justifi\u00e9 la mobilisation de ressources consid\u00e9rables, notamment en termes de ma\u00eetrise de l&rsquo;espace terrestre, a\u00e9rien et spatial. La disparition de l&rsquo;URSS, incapable de suivre ce rythme, a oblig\u00e9 le complexe militaro-industriel \u00e0 se donner de nouveaux ennemis, potentiellement r\u00e9els mais exag\u00e9r\u00e9ment grossis.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, apr\u00e8s la lutte contre un terrorisme international que l&rsquo;on pouvait croire un peu essouffl\u00e9e, (il faudra suivre cependant les suites qui seront donn\u00e9es \u00e0 la tentative d&rsquo;attentat \u00e0 bord du vol 253 de la Northwest Airlines le 25 d\u00e9cembre 2009), c&rsquo;est la confrontation avec les grandes puissances \u00e9mergentes pr\u00e9cit\u00e9es, notamment la Chine, qui fait l&rsquo;objet d&rsquo;une mobilisation syst\u00e9matique. L&rsquo;objectif n&rsquo;en est pas uniquement militaire, bien entendu. Il vise aussi \u00e0 contenir par diff\u00e9rents moyens l&rsquo;offensive de la Chine pour acc\u00e9der aux sources traditionnelles de la puissance am\u00e9ricaine dans le monde, p\u00e9trole, mati\u00e8res premi\u00e8res, produits agricoles, voies maritimes et a\u00e9riennes,  march\u00e9s de consommation en r\u00e9sultant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette politique suivie avec la plus grande continuit\u00e9 depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle, les Etats-Unis ont toujours refus\u00e9 que les Etats europ\u00e9ens, soit \u00e0 titre individuel, soit dans le cadre de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, se dotent des moyens de la souverainet\u00e9. Ils ont toujours veill\u00e9 \u00e0 les maintenir dans un \u00e9tat de d\u00e9pendance diplomatique et \u00e9conomique, que ce soit dans les relations bilat\u00e9rales fa\u00e7onn\u00e9es par l&rsquo; Atlantisme, que ce soit surtout au sein de l&rsquo;Otan ou dans le cadre des institutions financi\u00e8res internationales permettant au profit de la puissance am\u00e9ricaine la manipulation du dollar et des moyens de cr\u00e9dits. Ils ont toujours veill\u00e9 par ailleurs \u00e0 ce que les Etats europ\u00e9ens n&rsquo;acqui\u00e8rent pas  ce que nous avions nomm\u00e9 les technologies de souverainet\u00e9,  dans un colloque tenu \u00e0 Paris, en avril 2004 conjointement avec l&rsquo;Union paneurop\u00e9enne,  auquel Philippe Grasset avait particip\u00e9 (<a href=\"http:\/\/www.admiroutes.asso.fr\/europepuissancescientifique\/programme.htm\" class=\"gen\">http:\/\/www.admiroutes.asso.fr\/europepuissancescientifique\/programme.htm<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un ensemble de moyens de recherches, d&rsquo;industries et de techniques devenues aujourd&rsquo;hui indispensables \u00e0 la puissance politique : sciences fondamentales, calcul, intelligence artificielle, bio et nanotechnologies, etc. Il s&rsquo;agit aussi des applications en d\u00e9rivant permettant  la ma\u00eetrise de l&rsquo;\u00e9nergie, des t\u00e9l\u00e9communications, de l&rsquo;espace et, bien entendu, des armements modernes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa France gaulliste, le seul Etat europ\u00e9en qui avait pour conserver son ind\u00e9pendance refus\u00e9 au moins en partie la domination technologique am\u00e9ricaine,  a suscit\u00e9 contre elle  l&rsquo;hostilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale du Monde Libre, c&rsquo;est-\u00e0-dire des Etats-Unis et des gouvernements  domin\u00e9s par eux. Tout a \u00e9t\u00e9 fait, ouvertement et plus souvent encore de fa\u00e7on couverte, pour emp\u00eacher que les grands programmes d&rsquo;ind\u00e9pendance et de souverainet\u00e9 technologique engag\u00e9s en France aboutissent ou trouvent des clients en dehors de la France. Au sein m\u00eame de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, une opposition tr\u00e8s largement suscit\u00e9e par les milieux favorables \u00e0 la domination am\u00e9ricaine s&rsquo;est progressivement rassembl\u00e9e contre la poursuite de ces programmes. Le nucl\u00e9aire civil et la d\u00e9fense ont polaris\u00e9 les oppositions. Ce sentiment demeure encore tr\u00e8s fort. On vient de la constater en observant la satisfaction avec laquelle de nombreux milieux se sont r\u00e9jouis de l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;offre nucl\u00e9aire fran\u00e7aise \u00e0 Abou Dhabi. Un \u00e9chec de la promotion du Rafale au Br\u00e9sil ou dans les Emirats susciterait la m\u00eame satisfaction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn certain nombre de grands pays europ\u00e9ens ont cependant accept\u00e9 de participer \u00e0 des programmes industriels communs, principalement civils, \u00e9pisodiquement militaires. Mais ils l&rsquo;ont fait avec r\u00e9ticence, en multipliant les pr\u00e9cautions pour que les produits correspondants restent soumis \u00e0 la concurrence internationale et aux strat\u00e9gies \u00e0 court terme des actionnaires. Il fallait \u00e9viter qu&rsquo;ils ne puissent \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s aux opinions publiques comme un retour du r\u00e9galien. Ceci a multipli\u00e9 les difficult\u00e9s de conceptions et de r\u00e9alisations. On citera le programme Airbus ou le programme Galil\u00e9o dans le domaine de la localisation satellitaire. Il existe certes aujourd&rsquo;hui une ind\u00e9niable coop\u00e9ration industrielle europ\u00e9enne, mais il serait injuste passer sous silence le fait que, sans les efforts de la France, il ne se serait pas pass\u00e9 grand-chose. Fr\u00e9d\u00e9ric d&rsquo;Allest a ainsi indiqu\u00e9, lors d&rsquo;une \u00e9mission r\u00e9cente consacr\u00e9e \u00e0 Ariane 5, que ce fut gr\u00e2ce au pr\u00e9sident Pompidou (le dernier des Gaullistes?)  que la France a refus\u00e9 de confier son sort aux lanceurs de la Nasa. Sans la France, il n&rsquo;y aurait pas eu ni Agence Spatiale europ\u00e9enne ni base de Kourou. On peut penser aussi que les quelques produits spatiaux  europ\u00e9ens, fussent-ils d\u00e9velopp\u00e9s de fa\u00e7on ind\u00e9pendante par certains pays au d\u00e9triment de la n\u00e9cessaire coop\u00e9ration, comme c&rsquo;est le cas dans le domaine des satellites, n&rsquo;auraient pas vu le jour sans la France. En mati\u00e8re de recherche \u00e0 tr\u00e8s long terme enfin, la France participe activement \u00e0 deux organismes qui n&rsquo;auraient pas vu le jour en Europe sans son activisme et dont l&rsquo;action sera d\u00e9terminante, le Grand collisionneur \u00e0 hadrons du Cern et le prochain centre Iter du CEA destin\u00e9 \u00e0 exp\u00e9rimenter la fusion nucl\u00e9aire. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans des domaines civils dont l&rsquo;importance strat\u00e9gique n&rsquo;est pas moindre, la France a su se doter ou conserver, souvent en coop\u00e9ration avec des entreprises europ\u00e9ennes, de puissantes industries, dans les secteurs de l&rsquo;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, du ferroviaire, de l&rsquo;automobile, de la pharmacie et de l&rsquo;environnement. Bien s\u00fbr, elle n&rsquo;est pas la seule. L&rsquo;Allemagne a fait aussi bien sinon mieux dans tous ces secteurs. Mais c&rsquo;est r\u00e9jouissant. Certains critiquent le TGV fran\u00e7ais en constatant avec ironie que les Chinois viennent de choisir l&rsquo;homologue allemand Inter-Cities Express (ICE) de Siemens pour rouler sur la plus grande voie \u00e0 grande vitesse du monde, de Canton \u00e0 Wuhan. D&rsquo;abord, c&rsquo;est oublier que l&rsquo;ICE allemand s&rsquo;est beaucoup inspir\u00e9 des techniques et de l&rsquo;exp\u00e9rience fran\u00e7aise. De plus, un  succ\u00e8s allemand \u00e0 l&rsquo;exportation doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, en France m\u00eame, comme un succ\u00e8s de l&rsquo;Europe toute enti\u00e8re. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut enfin mentionner le domaine militaire. On se gausse de constater que la France a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de d\u00e9velopper seule des syst\u00e8mes d&rsquo;armes dont les autres Etats europ\u00e9ens n&rsquo;ont pas voulu pour leur propre d\u00e9fense. Mais ce ne fut pas parce que ces armements \u00e9taient de mauvaise qualit\u00e9. Au contraire, avec l&rsquo;exp\u00e9rience, ils se r\u00e9v\u00e8lent parmi les meilleurs du monde. Les \u00e9checs ou les difficult\u00e9s de la France r\u00e9sult\u00e8rent principalement de  l&rsquo;activisme du MICC am\u00e9ricain et son entrisme dans les cercles politiques europ\u00e9ens, qui ont ferm\u00e9 la porte aux armements fran\u00e7ais. Dans un monde enti\u00e8rement mondialis\u00e9, ouvert, o\u00f9 les sources de croissance et de richesse paraissent tr\u00e8s largement li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9tention des capitaux et \u00e0 la sp\u00e9culation financi\u00e8re, l&rsquo;Europe, demandait-on, a-t-elle besoin de se doter de toutes ces armes, non seulement co\u00fbteuses mais inutiles ? Les \u00e9conomistes r\u00e9p\u00e9taient \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 que le mod\u00e8le anglo-saxon des services financiers, illustr\u00e9 en Europe par les succ\u00e8s de la Grande Bretagne, \u00e9tait  pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 un mod\u00e8le fran\u00e7ais o\u00f9 l&rsquo;accent avait traditionnellement \u00e9t\u00e9 mis sur la possession en propre d&rsquo;un certain nombre des technologies de puissance \u00e9num\u00e9r\u00e9es ci-dessus. Le monde n&rsquo;\u00e9tait pas en guerre et l&rsquo;Europe pouvait compter, disait-on,  sur les moyens de d\u00e9fense rassembl\u00e9s au sein de l&rsquo;Otan sous l&rsquo;\u00e9gide de la superpuissance am\u00e9ricaine afin de faire face \u00e0 d&rsquo;\u00e9ventuelles agressions. Aussi bien, aujourd&rsquo;hui encore, l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9fense de l&rsquo;Europe ind\u00e9pendante de l&rsquo;Otan et des mat\u00e9riels am\u00e9ricains reste consid\u00e9r\u00e9e, \u00e0 Londres et \u00e0 Bruxelles notamment, comme relevant de la volont\u00e9 d&rsquo;affaiblir l&rsquo; Alliance atlantique et de pactiser avec les ennemis de l&rsquo;Occident. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, avec le succ\u00e8s des gouvernements lib\u00e9raux en Europe, avec la volont\u00e9 souvent affich\u00e9e du pr\u00e9sident fran\u00e7ais Nicolas Sarkozy de favoriser la privatisation des fili\u00e8res industrielles et technologiques fran\u00e7aises, les int\u00e9r\u00eats financiers ont repris le pas sur les d\u00e9fenseurs d&rsquo;une g\u00e9ostrat\u00e9gie europ\u00e9enne bas\u00e9e sur des technologies de souverainet\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes \u00e9tats-majors des autres pays europ\u00e9ens, cependant, avec l&rsquo;intensification des crises et des tensions que nous \u00e9voquerons dans la seconde partie de cet article, avec \u00e9galement l&rsquo;affaiblissement de la puissance militaire am\u00e9ricaine, commencent \u00e0 regarder avec un d\u00e9but d&rsquo;int\u00e9r\u00eat le fait que la France, pays europ\u00e9en, dispose en propre de moyens militaires pouvant venir en appui de strat\u00e9gies  de d\u00e9fense ou de coop\u00e9ration internationale, par exemple avec la Russie. Ils utilisent d&rsquo;ailleurs sans h\u00e9siter certains de ses moyens quand l&rsquo;urgence l&rsquo;exige, par exemple en ce qui concerne l&rsquo;observation satellitaire militaire. Il est possible que tr\u00e8s vite, ils comprennent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de travailler avec la France dans d&rsquo;autres domaines, plut\u00f4t qu&rsquo;attendre tout de fournisseurs am\u00e9ricains de plus en plus embourb\u00e9s dans les difficult\u00e9s, comme le montre l&rsquo;exemple du Joint Strike Fighter F-35, dont le MICC avait voulu faire l&rsquo;arme fatale pour \u00e9liminer toute industrie a\u00e9ronautique europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais plus en profondeur, les relations internationales risquent de prendre un tour tout nouveau, \u00e0 la suite de l&rsquo;\u00e9chec de la conf\u00e9rence de Copenhague sur le climat. Ce sont ces perspectives que nous voudrions examiner dans la seconde partie de cet article. Dans ce cas, ceux qui en France et dans les autres pays europ\u00e9ens voudraient d\u00e9velopper  une r\u00e9elle coop\u00e9ration entre Etats europ\u00e9ens en mati\u00e8re de recherche, de d\u00e9veloppement et de grands \u00e9quipements civils et militaires, pourraient de nouveau \u00eatre entendus. Economies de guerre obligent. Voyons comment. <\/p>\n<h4>Des \u00e9conomies de guerre <\/h4>\n<p>Ce n&rsquo;est pas faire preuve de pessimisme injustifi\u00e9 que constater les menaces de toutes sortes pesant dor\u00e9navant sur l&rsquo;avenir politique et \u00e9conomique du monde.  La crise \u00e9conomique et financi\u00e8re ayant d\u00e9but\u00e9 en 2008 ne cessera de s&rsquo;aggraver quoiqu&rsquo;en disent les \u00e9conomistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien plus, la grande crise environnementale ayant justifi\u00e9 la mise en place du protocole de Kyoto ne cesse elle aussi de s&rsquo;aggraver. Des pronostics tr\u00e8s pessimistes (voir celui de James Hansen  repris sur notre  site (<a href=\"http:\/\/www.europesolidaire.eu\/article.php?article_id=422&#038;r_id=\" class=\"gen\">http:\/\/www.europesolidaire.eu\/article.php?article_id=422&#038;r_id=<\/a>) montrent que la plan\u00e8te  courre au d\u00e9sastre, du fait de l&rsquo;incapacit\u00e9 actuelle des gouvernements \u00e0 agir.  Or la conf\u00e9rence des Nations Unies tenue \u00e0 Copenhague en d\u00e9cembre 2009 a mis en \u00e9vidence le fait que les mesures tr\u00e8s \u00e9nergiques et co\u00fbteuses n\u00e9cessaires pour limiter le r\u00e9chauffement climatique et prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9 ne seront pas prises dans les d\u00e9lais voulus. Deux superpuissances se sont entendues implicitement pour ne rien faire de s\u00e9rieux, les Etats-Unis et la Chine. Certes, en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9, ce sont les Etats-Unis qui sont les plus coupables, car non seulement ils sont ceux qui polluent le plus, mais ils ont les moyens technologiques de r\u00e9duire leurs pollutions. La Chine, pour le moment, ne peut pas faire. Il reste qu&rsquo;elle menace, par sa taille m\u00eame, les \u00e9quilibres \u00e9conomiques actuels, \u00e0 la fois comme puissance importatrice et comme puissance exportatrice. On ne pourra pas attendre des autres pays du monde qu&rsquo;ils se laissent mettre en difficult\u00e9, voire envahir,  sans r\u00e9agir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMalheureusement l&rsquo;Europe, qui avait \u00e0 Copenhague toute la l\u00e9gitimit\u00e9 pour s&rsquo;inviter dans le  duo USA-Chine, s&rsquo;est effac\u00e9e. Ceci principalement parce que, n&rsquo;\u00e9tant pas structur\u00e9e comme une puissance, elle ne disposait d&rsquo;aucun des moyens, y compris de r\u00e9torsion, lui permettant de s&rsquo;affranchir de la tutelle am\u00e9ricaine et \u00eatre prise au s\u00e9rieux \u00e0 P\u00e9kin. Pourtant elle avait montr\u00e9 qu&rsquo;elle pourrait \u00e0 l&rsquo;avenir mieux que les Etats-Unis et la Chine r\u00e9duire ses propres pollutions. De plus elle est mieux dispos\u00e9e  qu&rsquo;eux \u00e0 aider les petits Etats. Un G3+, Europe, Chine, USA, auxquels on ajouterait la Russie, l&rsquo;Inde et le Br\u00e9sil, pourrait parfaitement gouverner la plan\u00e8te en tentant d&rsquo;\u00e9viter la conjonction des menaces \u00e9conomiques et environnementales, si  quelques super-Etats donnaient l&rsquo;exemple.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe avait une occasion historique pour se positionner ainsi en Super-Etat et participer \u00e0 ce grand projet. Malheureusement, par atlantisme rampant ou simplement par manque de vision,  ses chefs d&rsquo;Etat n&rsquo;ont pas su la saisir. Cependant, les opportunit\u00e9s pour ce faire se reposeront certainement. Des groupements informels, un G3, un G5 ou un G+, ne pourront se substituer ind\u00e9finiment \u00e0 des institutions internationales reconnues par tous. M\u00eame si de telles  institutions sont lourdes et apparemment impuissantes en cas de grandes crises, elles demeurent irrempla\u00e7ables. Le probl\u00e8me de droit public international pos\u00e9 aujourd&rsquo;hui consiste, selon nous, \u00e0 d\u00e9finir \u00e0 partir d&rsquo;une ONU \u00e0  198 Etats, un Conseil de S\u00e9curit\u00e9 environnement comportant en premier lieu les grands Etats ou super-Etats, les seuls capables de s&rsquo;entendre dans ces domaines si la n\u00e9cessit\u00e9 l&rsquo;exigeait L&rsquo;Europe devrait participer sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec les autres super-Etats, en tant que membre permanent, \u00e0 ce Conseil de S\u00e9curit\u00e9 environnement. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci \u00e9tant, il ne faudrait pas esp\u00e9rer qu&rsquo;un tel Conseil de S\u00e9curit\u00e9 puisse  supprimer les affrontements entre ses membres les plus puissants. L&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;actuel  Conseil de S\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU, mis en place \u00e0 l&rsquo;occasion de la guerre froide, a montr\u00e9 que les Etats-Unis et l&rsquo;URSS n&rsquo;ont cess\u00e9 de s&rsquo;y mesurer en d\u00e9veloppant sans arr\u00eat leurs moyens militaires et civils. Mais ils ont \u00e9vit\u00e9 la guerre mondiale, du fait des capacit\u00e9s de r\u00e9plique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;autre dont chacun des deux Grands disposait.  Il en sera de m\u00eame en termes diff\u00e9rents dans la perspective du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 environnement envisag\u00e9 ici. Si un membre refuse de se soumettre \u00e0 des mesures collectives jug\u00e9es indispensables, il devra se voir appliquer des mesures de r\u00e9torsions, pouvant aller dans les cas graves jusqu&rsquo;\u00e0 un emploi limit\u00e9 de la force arm\u00e9e, de la part des autres membres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci veut dire que chacun des 4 ou 5 Super-Etats qui seront membres permanents de ce Conseil de S\u00e9curit\u00e9 devront se doter, par eux-m\u00eames et en toute ind\u00e9pendance les uns des autres,  de la panoplie compl\u00e8te des technologies de souverainet\u00e9. Un tel objectif serait \u00e9videmment \u00e0 la port\u00e9e des Etats-Unis, plus difficile mais faisable en ce qui concerne la Chine, mais totalement impossible pour l&rsquo;Europe. Celle-ci, nous l&rsquo;avons vu,   ne dispose ni des structures politiques d&rsquo;un Super-Etat, ni, ce qui est bien plus handicapant, des technologies de souverainet\u00e9 ad\u00e9quates. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais est-ce exact que l&rsquo;Europe ne dispose pas de telles technologies de souverainet\u00e9 ?  La France, nous venons de la rappeler, et quelques grands Etats europ\u00e9ens avec elle, ont r\u00e9ussi \u00e0 se doter de l&rsquo;amorce de telles technologies. Il suffirait de s&rsquo;appuyer sur elles pour sortir de la d\u00e9pendance qui handicape encore l&rsquo;action diplomatique et \u00e9conomique de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tContrairement aux  ressources de la City de Londres en ing\u00e9nierie financi\u00e8re qui ont  longtemps fait la force \u00e9conomique et m\u00eame politique de la Grande-Bretagne et qui sont d\u00e9structurantes pour l&rsquo;Etat britannique,  les technologies fran\u00e7aises et leurs r\u00e9pliques europ\u00e9ennes sont structurantes, pour reprendre un terme cher \u00e0 notre ami Philippe Grasset. Autrement dit, elles supposent pour survivre et servir qu&rsquo;existe et fonctionne un Etat fort, capables de financer les investissements dont elles ont besoin et de les prot\u00e9ger par la voie r\u00e9galienne. Elles supposent aussi des citoyens poss\u00e9dant un sens \u00e9lev\u00e9 de la Nation et du territoire, acceptant les sacrifices \u00e0 consentir, en \u00e9change de la protection apport\u00e9e aux nationaux. Les m\u00eames valeurs pourraient \u00eatre transpos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de l&rsquo;Europe. Certes, en France, avec la personne de l&rsquo;actuel chef de l&rsquo;Etat et sous l&rsquo;influence d&rsquo;une droite affairiste tendant \u00e0 redevenir la plus b\u00eate du monde, ces valeurs sont en plein discr\u00e9dit. Elles ne sont gu\u00e8re en meilleure posture chez nos voisins.  Mais elles demeurent cependant vivaces dans le cur des citoyens de toutes professions et de tous niveaux hi\u00e9rarchiques qui continuent contre vents et mar\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper le potentiel scientifique et industriel que nous venons d&rsquo;\u00e9voquer sommairement. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe point noir actuel, concernant l&rsquo;influence des diff\u00e9rentes technologies de puissance et de souverainet\u00e9 dont dispose la France, est qu&rsquo;elles suscitent encore le rejet a priori des autres Etats europ\u00e9ens. Ceci pour diverses raisons plus conjoncturelles que fondamentales, essentiellement en fait parce que ces Etats croyaient pouvoir s&rsquo;en passer et que la suppos\u00e9e suffisance fran\u00e7aise \u00e0 les imposer froissait leurs susceptibilit\u00e9s. Egalement peut-\u00eatre aussi parce que la France, dans son ensemble, administrations et grandes entreprises publiques et priv\u00e9es r\u00e9unies, n&rsquo;avaient pas fait assez d&rsquo;effort pour nouer des alliances sur un plan d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec des partenaires europ\u00e9ens. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais le v\u00e9ritable obstacle au d\u00e9veloppement en Europe de grands programmes technologiques sur le mod\u00e8le fran\u00e7ais est que les premiers de ceux-ci reposaient tr\u00e8s largement sur des financements publics, avec le recours \u00e0 des gestions de type administratif. On \u00e9tait aux antipodes \u00e0 ce qu&rsquo;imposait  le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme devenu la doxa \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990 : appel \u00e0 des financements priv\u00e9s collect\u00e9s par le secteur financier, gestion purement commerciale, recherche de rentabilit\u00e9 imm\u00e9diate, acceptation des proc\u00e9dures dites du march\u00e9 : d\u00e9localisations, licenciements,  rachat par des fonds d&rsquo;investissement \u00e9trangers, rejet de tout r\u00e9flexe national stigmatis\u00e9 du terme de patriotisme industriel. D&rsquo;une part sous l&rsquo;influence des Etats-Unis qui voulaient se r\u00e9server le monopole des grands programmes structurants, d&rsquo;autre part sous l&rsquo;influence des d\u00e9tenteurs de capitaux sp\u00e9culatifs non europ\u00e9ens (p\u00e9tro-dollars, fonds chinois) souhaitant pouvoir racheter tous les anciens bijoux de familledl europ\u00e9ens, les gouvernements europ\u00e9ens n&rsquo;ont jamais voulu rompre l&rsquo;encha\u00eenement vicieux qui les privait progressivement de toute influence strat\u00e9gique. Ils n&rsquo;ont jamais os\u00e9 affirmer que l&rsquo;essentiel des nouveaux investissements dans les technologies de puissance indispensables au maintien de leur souverainet\u00e9 n\u00e9cessitait d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9 hors march\u00e9, sur le mod\u00e8le des d\u00e9penses d&rsquo;\u00e9quipements militaires : financements prot\u00e9g\u00e9s et march\u00e9s prot\u00e9g\u00e9s notamment&#8230;Ceci tout au moins jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 ces technologies devenues adultes pourraient  le cas \u00e9ch\u00e9ant et sans obligation d&rsquo;aucune sorte  affronter la concurrence internationale. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn bon exemple des aberrations r\u00e9sultant de la d\u00e9cision de d\u00e9velopper des technologies de souverainet\u00e9 en respectant les r\u00e8gles d&rsquo;un lib\u00e9ralisme  que d&rsquo;ailleurs aucun des concurrents de l&rsquo;Europe ne s&rsquo;applique \u00e0 lui-m\u00eame est fourni par les al\u00e9as du programme europ\u00e9en Galil\u00e9o d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9. Alors que celui-ci aurait du depuis d\u00e9j\u00e0 quelquesann\u00e9es \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9 en comp\u00e9tition avec le GPS am\u00e9ricain et les programmes russes et chinois, il en est encore aux phases de lancement des appels d&rsquo;offres pour la livraison des satellites.  Le projet perdra ainsi sur tous les tableaux. D&rsquo;une part il arrivera trop tard pour permettre des applications commerciales commercialisables, d&rsquo;autre part il ne donnera pas aux administrations  et arm\u00e9es europ\u00e9ennes les outils de g\u00e9olocalisation dont elles auraient besoin  sans recourir \u00e0 l&rsquo;assistance am\u00e9ricaine. Ceci pour ne pas mentionner des co\u00fbts globaux dont personne ne s&rsquo;amuse \u00e0 faire la somme&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn objectera qu&rsquo;une grande partie des technologies de souverainet\u00e9 dont l&rsquo;Europe selon nous devrait se donner la ma\u00eetrise rel\u00e8vent plus des investissements civils ordinaires que des investissements strat\u00e9giques, militaires ou spatiaux. Pourquoi dans ce cas prendre le risque de les soumettre \u00e0 des proc\u00e9dures publiques d\u00e9rogatoires du droit commun, avec le danger  d&rsquo;encourager les gaspillages, favoritismes politiques, \u00e9ventuellement corruptions ? Pour une raison tr\u00e8s simple. C&rsquo;est parce que si l&rsquo;Europe a pris du retard dans certains de ses domaines, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que les r\u00e8gles du capitalisme priv\u00e9 et du n\u00e9o-lib\u00e9ralisme,  exploit\u00e9es par des concurrents plus forts qu&rsquo;elle,  ne lui ont pas permis de r\u00e9aliser les investissements n\u00e9cessaires. Ce qui s&rsquo;est produit dans le pass\u00e9 se renouvellera. Imagine-t-on que la Chine laissera aux pays europ\u00e9ens la possibilit\u00e9 de concevoir et vendre des \u00e9crans solaires ou des automobiles \u00e9lectriques, y compris en Europe, si les industriels europ\u00e9ens travaillant dans ces branches ne sont pas prot\u00e9g\u00e9s. La Chine dispose de deux armes absolues, sa main d&rsquo;uvre quasi gratuite (souvent d&rsquo;ailleurs export\u00e9e) et le taux de change anormalement bas de sa monnaie. Pourquoi ferait-elle des cadeaux aux Europ\u00e9ens, d&rsquo;autant plus que ceux-ci ont progressivement perdu l&rsquo;avance technologique qui pouvait en faire momentan\u00e9ment des partenaires \u00e0 m\u00e9nager ? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDu c\u00f4t\u00e9 des Etats-Unis, des arguments diff\u00e9rents mais aux r\u00e9sultats similaires continueront \u00e0 jouer comme ils l&rsquo;ont toujours fait pour priver l&rsquo;Europe des occasions de se donner des outils comp\u00e9titifs en propre : informatique, r\u00e9seaux, intelligence artificielle, bio et nanotechnologies, etc. L&rsquo;Europe pour survivre dans l&rsquo;apr\u00e8s Copenhague devra donc en revenir au r\u00e9galien sur le mod\u00e8le fran\u00e7ais. Ce qui ne devrait pas pour autant l&#8217;emp\u00eacher de chercher \u00e0 perfectionner celui-ci pour en faire un v\u00e9ritable instrument de guerre \u00e9conomique comp\u00e9titif. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConcr\u00e8tement, quelles proc\u00e9dures envisager ? La m\u00e9thode la plus simple consisterait, dans un premier temps, \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser des coop\u00e9rations renforc\u00e9es 1). Celles-ci regrouperaient les Etats volontaires pour mettre au point des fili\u00e8res technologiques r\u00e9pondant \u00e0 des besoins d\u00e9finis en commun et pour lesquelles ils disposent de capacit\u00e9s suffisantes. C&rsquo;est pratiquement de cette fa\u00e7on que se sont \u00e9labor\u00e9es les fili\u00e8res europ\u00e9ennes Airbus et Ariane. La France a certes fait initialement l&rsquo;apport de technologies  r\u00e9sultant d&rsquo;investissements ant\u00e9rieurs, mais tr\u00e8s vite, des dizaines sinon des centaines de laboratoires et d&rsquo;industriels provenant de la plupart des pays europ\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s. Cela n&rsquo;est pas sans poser de redoutables probl\u00e8mes de coordination dans la ma\u00eetrise d&rsquo;uvre, avec augmentation probable des co\u00fbts et des d\u00e9lais, comme on l&rsquo;a vu dans le cas de l&rsquo;Airbus A 380 ou du transporteur militaire A400M, mais il s&rsquo;agit du prix \u00e0 payer pour cr\u00e9er de v\u00e9ritables communaut\u00e9s de d\u00e9veloppeurs et d&rsquo;utilisateurs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl conviendrait par contre de faire admettre une diff\u00e9rence essentielle, par rapport aux actuels programmes Airbus et Ariane dont la plupart des produits visent un march\u00e9 non prot\u00e9g\u00e9 et sont soumis aux imp\u00e9ratifs d&rsquo;une rentabilit\u00e9 d\u00e9finies non par des gouvernements mais par des actionnaires. La plupart des projets que nous envisageons dans cet article devraient \u00eatre con\u00e7us et conduits, nous l&rsquo;avons dit, comme des programmes militaires, sans se pr\u00e9occuper a priori de la rentabilit\u00e9 des investissements. Certes, la perspective de les vendre sur le march\u00e9 international ne serait pas \u00e0 exclure, mais ce ne serait pas leur l&rsquo;objectif premier. Il s&rsquo;agirait, rappelons-le, de programmes de souverainet\u00e9. L&rsquo;Europe les d\u00e9finirait en fonction des avantages politiques qu&rsquo;elle y trouverait : ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des autres puissances, possibilit\u00e9s de faire na\u00eetre des comp\u00e9tences qui sans de tels programmes n&rsquo;auraient jamais vu le jour.  Ce ne serait que lorsque les programmes ou projets fondateurs auraient donn\u00e9 de bons r\u00e9sultats que leurs produits pourraient \u00eatre offerts sur les march\u00e9s europ\u00e9ens voire sur les  march\u00e9s internationaux sans protections autres que celles impos\u00e9es par le souci de la r\u00e9ciprocit\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu plan des cr\u00e9dits, balayons l&rsquo;argument de la dette. Rien qu&rsquo;en France, les \u00e9pargnes priv\u00e9es d\u00e9passent les 4.000 milliards d&rsquo;euros. Il serait tr\u00e8s possible d&rsquo;offrir \u00e0 ces \u00e9pargnants des obligations garanties \u00e0 long terme permettant de recueillir les 400 milliards n\u00e9cessaires pour commencer \u00e0 investir s\u00e9rieusement. Que l&rsquo;on ne nous parle pas non plus d&rsquo;inflation. Les ressources non utilis\u00e9es ou gaspill\u00e9es abondent encore en Europe. <\/p>\n<h4>Conclusion<\/h4>\n<p>Nous \u00e9voquons ici une v\u00e9ritable sortie du capitalisme n\u00e9o-lib\u00e9ral, concernant un grand nombre de secteurs \u00e9conomiques. On pourrait employer le terme de mise en place d&rsquo;une \u00e9conomie mixte g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. La chose serait parfaitement envisageable dans le cadre d&rsquo;un gouvernement \u00e9conomique et financier de la zone euro, accompagn\u00e9 d&rsquo;une harmonisation  progressive des r\u00e8glementations sociales et fiscales. Ce gouvernement s&rsquo;accompagnerait \u00e9videmment  d&rsquo;importantes r\u00e9formes politiques et administratives, que nous n&rsquo;aborderons pas ici. Bornons-nous \u00e0 signaler que la France, disposant sans doute pour quelques temps encore, d&rsquo;une des meilleures administrations du monde, tant au plan des services techniques  qu&rsquo;au plan administratif, pourrait  participer avec comp\u00e9tence \u00e0 la mise en place de l&rsquo;administration europ\u00e9enne requise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais, rassurons nos voisins. Si des proc\u00e9dures marqu\u00e9es du sceau de l&rsquo;urgence strat\u00e9gique \u00e9taient dor\u00e9navant retenues  dans les fili\u00e8res civiles \u00e9voqu\u00e9es au d\u00e9but de cet article, partout notamment o\u00f9 de nouveaux investissements lourds seront n\u00e9cessaires du fait des technologies \u00e9conomes en \u00e9nergie qui s&rsquo;imposeront, la France ne serait plus la seule \u00e0 proposer des savoir-faire autour desquels s&rsquo;associeraient les potentiels industriels et de recherche des autres Etats. Chaque Etat europ\u00e9en poss\u00e8de des capacit\u00e9s en propre qui restent inexploit\u00e9es faute d&rsquo;\u00eatre associ\u00e9es \u00e0 celles des autres. Sans coordination,  ces m\u00eames Etats en sont r\u00e9duits \u00e0 s&rsquo;adresser \u00e0 des produits non europ\u00e9ens dont le plus souvent, ils n&rsquo;acqui\u00e8rent pas la ma\u00eetrise. De toutes fa\u00e7ons, r\u00e9p\u00e9tons-le, l&rsquo;objectif initial ne sera pas  de faire des profits capitalistes, mais de mener des combats pour la souverainet\u00e9. Les co\u00fbts et les d\u00e9lais en seront peut-\u00eatre accrus initialement, mais les retomb\u00e9es \u00e0 terme seront inestimables.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Paul Baquiast<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"\/www.automates-intelligents.com\" class=\"gen\">www.automates-intelligents.com<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"\/www.admiroutes.asso.fr\" class=\"gen\">www.admiroutes.asso.fr<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"\/www.europesolidaire.eu\/cont.php\" class=\"gen\">www.europesolidaire.eu\/cont.php<\/a><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Quant on voit \u00e0 l&rsquo;occasion des f\u00eates des centaines de millions d&rsquo;Europ\u00e9ens de tous \u00e2ges manifester leur joie (souvent alcoolis\u00e9e) \u00e0 entrer dans une nouvelle ann\u00e9e, on est tent\u00e9 de se demander, quitte \u00e0 passer pour un proph\u00e8te de mauvaise augure, s&rsquo;ils se rendent bien compte des changements de mode de vie que l&rsquo;\u00e9volution&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[7895,2631,398,3969,8386,2622],"class_list":["post-71426","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-baquiast","tag-de","tag-europe","tag-grace","tag-lhistoire","tag-la"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71426","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71426"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71426\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71426"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71426"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71426"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}