{"id":71428,"date":"2010-01-13T06:37:59","date_gmt":"2010-01-13T06:37:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/13\/la-dimension-catastrophique-de-lattaque-contre-la-cia-en-afghanistan\/"},"modified":"2010-01-13T06:37:59","modified_gmt":"2010-01-13T06:37:59","slug":"la-dimension-catastrophique-de-lattaque-contre-la-cia-en-afghanistan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/13\/la-dimension-catastrophique-de-lattaque-contre-la-cia-en-afghanistan\/","title":{"rendered":"La dimension catastrophique de l&rsquo;attaque contre la CIA en Afghanistan"},"content":{"rendered":"<p><p>Nous publions des extraits de deux articles concernant l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;importance de l&rsquo;attaque contre la CIA, en Afghanistan le 30 d\u00e9cembre 2009, une attaque dont le d\u00e9roulement lui-m\u00eame est extraordinaire selon les termes du <em>Financial Times<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Effectivement, un article du <em>Financial Times<\/em>, assez court, du 11 janvier 2010, sous la forme d&rsquo;un \u00e9ditorial pr\u00e9sentant l&rsquo;opinion du journal. L&rsquo;article (\u00ab<em>Intelligence fiasco in Afghanistan<\/em>\u00bb) donne quelques d\u00e9tails sur l&rsquo;attaque du camp de la CIA mais, surtout, met en \u00e9vidence l&rsquo;extraordinaire importance que le quotidien attribue \u00e0 cette op\u00e9ration et \u00e0 son succ\u00e8s. Nous citons le dernier paragraphe de l&rsquo;article, en soulignant la derni\u00e8re phrase qui r\u00e9sume assez fid\u00e8lement le sentiment g\u00e9n\u00e9ral: \u00ab<em>Second, the seductive drone technology enabling the US to conduct offshore counter-terrorism is not cost-free. The Obama administration has sharply increased the use of unmanned Predators. Yet, leaving aside the legal and moral questions of a campaign of extra-judicial killings, this is provoking a political backlash. Baitullah Mehsud, butcher though he was, was eliminated only after 14 drone strikes killed some 300 people. Which prompts a third consideration: the US is desperately short of human intelligence  clueless its deputy chief of military intelligence in Afghanistan said last week. This war will be<\/em> <strong><em>a forlorn enterprise unless that changes.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un article de <em>Stratfor.com<\/em> le m\u00eame 11 janvier 2010, de George Friedman et Scott Stewart, \u00ab<em>The Khost Attack and the Intelligence War Challenge<\/em>\u00bb. C&rsquo;est un article remarquablement d\u00e9taill\u00e9 du point de vue technique, fait par des connaisseurs sinon d&rsquo;ancien praticiens des op\u00e9rations de renseignement, qui rend le m\u00eame son d&rsquo;une \u00e9valuation catastrophique (pour les USA) de cette op\u00e9ration. La citation que nous pr\u00e9sentons est de la fin de l&rsquo;article \u00e9galement, donnant par cons\u00e9quent une appr\u00e9ciation g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The United States cannot hope to reach any satisfactory solution in Afghanistan unless it can win the intelligence war. But the damage done to the CIA in this attack cannot be overestimated. At least one of the agency&rsquo;s top analysts on al Qaeda was killed. In an intelligence war, this is the equivalent of sinking an aircraft carrier in a naval war. The United States can&rsquo;t afford this kind of loss.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>We have argued that in any insurgency, the insurgents have a built-in advantage. It is their country and their culture, and they are indistinguishable from everyone else. Keeping them from infiltrating is difficult.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This was a different matter. Al-Balawi was Jordanian; his penetration of the CIA was less like the product of an insurgency than an operation carried out by a national intelligence service. And this is the most troubling aspect of this incident for the United States. The operation was by all accounts a masterful piece of tradecraft beyond the known abilities of a group like the TTP <\/em>[Tehrik-i-Taliban Pakistan]<em>. Even though al-Balawi&rsquo;s appearance was a lucky break for the TTP, not the result of an intentional, long-term operation, the execution of the operation that arose as a result of that lucky break was skillfully done  and it was good enough to deliver a body blow to the CIA. The Pakistani Taliban would thus appear far more skilled than we would have thought, which is the most important takeaway from this incident, and something to ponder.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous tenons ces deux artticles pour particuli\u00e8rement importants, dans leur signification autant que dans leur contenu. Ils m\u00e9ritent sans aucun doute un commentaire d\u00e9taill\u00e9.<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Ces deux textes sont particuli\u00e8rement significatifs, pour nous, pour au moins trois raisons:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les deux m\u00e9dias sont sont aucun doute proches de la cause et des m\u00e9thodes anglo-saxonnes, sinon leurs repr\u00e9sentants les plus comp\u00e9tents dans un domaine (l&rsquo;\u00e9conomie pour le FT) ou l&rsquo;autre (le renseignement et l&rsquo;analyse g\u00e9opolitique pour <em>Stratfor.com<\/em>), selon les appr\u00e9ciations anglo-saxonnes de ces domaines. Qu&rsquo;on partage ou non leurs options, leurs points de vue sont int\u00e9ressants mais, en plus, ils sont marqu\u00e9s par la comp\u00e9tence dans leurs domaines de pr\u00e9dilection, et une comp\u00e9tence g\u00e9n\u00e9rale pour une appr\u00e9ciation orient\u00e9e tr\u00e8s anglo-saxonne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les commentaires et analyses viennent pr\u00e8s de deux semaines apr\u00e8s l&rsquo;attaque. Les deux m\u00e9dias ont des contacts privil\u00e9gi\u00e9s avec les services de renseignement de leurs pays respectifs  surtout la soci\u00e9t\u00e9 <em>Stratfor.com<\/em>, qui a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e (en 1996-1997) avec une \u00e9quipe d&rsquo;analystes de la DIA qui venait de quitter cette agence de renseignement du Pentagone et qui a gard\u00e9 avec elle des liens \u00e9troits. Pour le FT, il ne fait gu\u00e8re de doute que son \u00e9valuation a \u00e9t\u00e9 largement aliment\u00e9e par le MI6 britannique; sa comp\u00e9tence dans les questions \u00e9conomiques est ici remplac\u00e9e par la comp\u00e9tence de ses informateurs pour la question trait\u00e9e, parce que l&rsquo;influence du FT est jug\u00e9e d&rsquo;une telle importance qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 qu&rsquo;il devait en cette occasion \u00e9mettre un jugement cat\u00e9gorique venu des sources effectivement les plus comp\u00e9tentes. En d&rsquo;autres mots, nous avons, avec ces deux articles, une translation extr\u00eamement s\u00e9rieuse et juste du point de vue des services de renseignement anglo-saxons, non pas \u00e0 chaud mais apr\u00e8s une \u00e9valuation serr\u00e9e et en profondeur des conditions de cette op\u00e9ration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le troisi\u00e8me point concerne \u00e9videmment l&rsquo;\u00e9valuation elle-m\u00eame. Elle est compl\u00e8tement partag\u00e9e, que ce soit pour le c\u00f4t\u00e9 US ou pour le c\u00f4t\u00e9 britannique. Le jugement catastrophique de cette op\u00e9ration est certainement un point remarquable, avec la conclusion annexe mais fondamentale, et rarement exprim\u00e9e de cette fa\u00e7on par les deux m\u00e9dias, d&rsquo;une guerre perdue si rien de fondamental n&rsquo;est chang\u00e9, et perdue tr\u00e8s rapidement, parce que le domaine du renseignement est per\u00e7u comme le pivot et la clef de cette guerre. (D&rsquo;habitude les jugements pessimistes sur l&rsquo;Afghanistan sont justifi\u00e9s, par ces deux m\u00e9dias, par d&rsquo;autres acteurs que les acteurs anglo-saxons, notamment les autres pays de l&rsquo;OTAN engag\u00e9s en Afghanistan.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;aspect le plus remarquable, pour notre propos, est le troisi\u00e8me point, les deux premiers servant essentiellement \u00e0 justifier le cr\u00e9dit qu&rsquo;on doit accorder au troisi\u00e8me. Il s&rsquo;agit du constat catastrophique de l&rsquo;op\u00e9ration. L&rsquo;attaque semble \u00eatre per\u00e7ue comme une d\u00e9faite majeure pour les Anglo-Saxons (pour l&rsquo;OTAN, si l&rsquo;on veut) en Afghanistan. L&rsquo;image de <em>Stratfor.com<\/em> concernant la perte du meilleur sp\u00e9cialiste d&rsquo;al Qa\u00efda au sein de la CIA est impressionnante, lorsqu&rsquo;on sait l&rsquo;importance que tient aujourd&rsquo;hui un porte-avions dans la puissance strat\u00e9gique de l&rsquo;U.S. Navy (\u00ab<em>In an intelligence war, this is the equivalent of sinking an aircraft carrier in a naval war<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe catastrophisme nous semblerait presque excessif. Si l&rsquo;on tient compte des \u00e9l\u00e9ments \u00e9galement cit\u00e9s, notamment sur cette publication tardive impliquant des analyses en profondeur, nous en concluons que ce jugement est justifi\u00e9 par une appr\u00e9ciation de tous les \u00e9l\u00e9ments, y compris ceux qui sont moins ou qui ne sont pas mentionn\u00e9s. La catastrophe doit \u00eatre ici mesur\u00e9e en termes relatifs par rapport aux capacit\u00e9s du renseignement anglo-saxon, \u00e0 ses activit\u00e9s et \u00e0 la forme de ses activit\u00e9s. La description de la catastrophe nous conduirait presque \u00e0 penser qu&rsquo;avec la mort de sept de ses officiers, la CIA est d\u00e9capit\u00e9e dans le domaine de la lutte contre al Qa\u00efda, notamment en Afghanistan  ce qui laisserait beaucoup \u00e0 penser sur les r\u00e9elles capacit\u00e9s du renseignement anglo-saxon dans la lutte contre le terrorisme et les milieux islamistes, alors qu&rsquo;il est tout entier orient\u00e9 vers cette lutte, avec des moyens impressionnants, depuis au moins le 11 septembre 2001, et orient\u00e9 en partie importante depuis les ann\u00e9es 1980. Cela laisse \u00e9galement beaucoup \u00e0 penser, de fa\u00e7on plus d\u00e9cisive et sans surprise v\u00e9ritable, sur ses capacit\u00e9s d&rsquo;adaptation. On pourrait observer que la CIA se confirme comme le plus puissant et le plus mauvais service de renseignement des grands pays occidentaux, pour des raisons structurelles d&rsquo;inadaptation chronique, d&rsquo;impossibilit\u00e9s psychologiques et culturelles, de scl\u00e9rose bureaucratique. (Un jugement annexe pourrait \u00eatr\u00e9 port\u00e9 sur le MI6 qui nous semble, depuis qu&rsquo;il collabore \u00e0 fond dans les domaines concern\u00e9s avec le renseignement US, depuis 9\/11, avoir perdu nombre de ses capacit\u00e9s traditionnelles, notamment du point de vue de la finesse d&rsquo;analyse, de la culture et de la psychologie.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre aspect de ce jugement catastrophique concerne les capacit\u00e9s en mati\u00e8re de renseignement qui sont apparues, selon l&rsquo;analyse du renseignement anglo-saxon, chez les organisations terroristes et proches, ou assimil\u00e9es. Il semble que les Anglo-Saxons, apr\u00e8s des ann\u00e9es d&rsquo;erreurs extraordinaires, aient r\u00e9ussi \u00e0 susciter chez leurs adversaires la cr\u00e9ation d&rsquo;organisations efficaces et tr\u00e8s professionnelles en mati\u00e8re de renseignement et de <em>covert actions<\/em>. Ainsi, l&rsquo;Ouest, et le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste, seraient-ils arriv\u00e9s, par leur extraordinaire incomp\u00e9tence et leur non moins extraordinaire incompr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;ils appr\u00e9hendent, \u00e0 susciter la cr\u00e9ation chez leurs adversaires de ce qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent poss\u00e9der depuis si longtemps et qui s&rsquo;av\u00e8re chaque jour de plus en plus inexistant: des services de renseignement efficaces et capables d&rsquo;actions d\u00e9cisives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes services de renseignement anglo-saxons sont d\u00e9sormais devant un handicap nouveau. Cette attaque va cr\u00e9er (ou aggraver) chez eux une culture de d\u00e9faitisme et de catastrophique qui va acc\u00e9l\u00e9rer leur crise interne, et, \u00e9videmment, peser encore plus sur le conflit en Afghanistan. Ils seront de plus en plus pusillanimes et prudents dans leurs actions, de plus en plus d\u00e9fensifs de crainte de nouvelles attaques de ce genre, selon un r\u00e9flexe bureaucratique habituel. En un mot, ils seront encore moins efficaces, ce qui constituerait une performance inou\u00efe et la mesure de la crise de la bureaucratie anglo-saxonne de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 13 janvier 2010 \u00e0 06H35<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous publions des extraits de deux articles concernant l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;importance de l&rsquo;attaque contre la CIA, en Afghanistan le 30 d\u00e9cembre 2009, une attaque dont le d\u00e9roulement lui-m\u00eame est extraordinaire selon les termes du Financial Times Effectivement, un article du Financial Times, assez court, du 11 janvier 2010, sous la forme d&rsquo;un \u00e9ditorial pr\u00e9sentant l&rsquo;opinion&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[3236,2870,6045,3104,2851,2807,3160,2852],"class_list":["post-71428","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-afghanistan","tag-attaque","tag-catastrophe","tag-cia","tag-financial","tag-renseignement","tag-stratfor","tag-times"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71428","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71428"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71428\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71428"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71428"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71428"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}