{"id":71442,"date":"2010-01-18T01:29:56","date_gmt":"2010-01-18T01:29:56","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/18\/massachusetts-tea-party-et-bho\/"},"modified":"2010-01-18T01:29:56","modified_gmt":"2010-01-18T01:29:56","slug":"massachusetts-tea-party-et-bho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/18\/massachusetts-tea-party-et-bho\/","title":{"rendered":"Massachusetts, <em>Tea Party<\/em> et BHO"},"content":{"rendered":"<p><p>Hier, Obama \u00e9tait dans le Massachusetts, pour soutenir la candidate au si\u00e8ge de Ted Kennedy d\u00e9c\u00e9d\u00e9, la d\u00e9mocrate Martha Coakley. Soudainement, les d\u00e9mocrates se sont aper\u00e7us qu&rsquo;elle \u00e9tait menac\u00e9e par son adversaire r\u00e9publicain (celui-ci, avec une avance de 4 points dans les sondages, le 15 janvier) et ils sonnent la mobilisation. Ce serait un \u00e9v\u00e9nement grave et symboliquement d\u00e9vastateur pour les d\u00e9mocrates, parce que, depuis 1972 et la premi\u00e8re \u00e9lection de Ted Kennedy, le si\u00e8ge est rest\u00e9 constamment dans leur camp, comme un bastion du parti.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa chose est importante aussi pour l&rsquo;arithm\u00e9tique parlementaire. Si les d\u00e9mocrates perdent le si\u00e8ge, ils perdent leur majorit\u00e9 de 60 si\u00e8ges au S\u00e9nat, qui leur permet d&rsquo;\u00e9carter les manuvres de retardement (<em>filibuster<\/em>) au S\u00e9nat. La loi sur les soins de sant\u00e9, le joyau ch\u00e8rement acquis de la premi\u00e8re ann\u00e9e de pr\u00e9sidence Obama, serait notamment mise en cause.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci, surtout, est int\u00e9ressant: cette situation piteuse des d\u00e9mocrates est pour une bonne part due \u00e0 l&rsquo;action du mouvement <em>Tea Party<\/em>, qui a servi de tremplin au candidat r\u00e9publicain et qui sugg\u00e8re \u00e0 nombre de d\u00e9mocrates qu&rsquo;il est temps de montrer un certain m\u00e9contentement \u00e0 la repr\u00e9sentation nationale majoritaire  d\u00e9mocrate au Congr\u00e8s, d\u00e9mocrate \u00e0 la Maison-Blanche. Le s\u00e9millant Bill Clinton, pourtant en instance de d\u00e9part pour Ha\u00efti, est venu pr\u00eater main forte \u00e0 Martha Coakley le 15 janvier (Joe Conason, le <a href=\"http:\/\/salon.com\/news\/martha_coakley\/index.html?story=\/opinion\/conason\/2010\/01\/15\/clinton_coakley\" class=\"gen\">15 janvier 2010<\/a>, sur <em>Salon.com<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>When Bill Clinton flew up to Massachusetts on Friday afternoon to campaign with Martha Coakley, he brought a special message for Bay State Democrats facing the enraged right-wing activists mobilized around her opponent Scott Brown.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>You need to take back this tea party idea, he told the wildly cheering crowds in Boston and later in Worcester. They say that the original Boston Tea Party was anti-government, but that is wrong. The Massachusetts Bay Colony had a strong government. They weren&rsquo;t liberal or conservative, they were communitarians, which means they knew we&rsquo;re all in this together. What they opposed was the abuse of power. But the aim of the Republican Party and Senate nominee Brown, he charged, is to protect the modern abusers of power  namely, the corporate and financial leaders whose depredations can only be curtailed by strong, responsive government.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Coakley echoed Clinton&rsquo;s populist theme, accusing Brown of wanting to spare the nation&rsquo;s largest banks from paying back the billions of federal bailout dollars  even while the bankers paid themselves seven or eight-figure bonuses. The rich and well-connected will always be able to hire someone to speak for them. But who is going to speak for the rest of us? That is why I&rsquo;m running for the Senate.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains commentateurs jugent que les d\u00e9mocrates sont sur le point d&rsquo;imploser en une r\u00e9volte contre leur direction, et l&rsquo;\u00e9lection du Massachussetts en serait la premi\u00e8re manifestation. Ainsi de Jack Wheeler, dans sa lettre d&rsquo;information <em>Behind the Lines<\/em> du 14 janvier 2010. (Wheeler est l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 la droite de Cheney, question tendance.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>For all their power-grabbing fascist arrogance, the Democrats in Washington are coming to resemble Mack Sennett&rsquo;s bumbling-fumbling Keystone Kops more with each passing day.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Republicans in Washington are in a certain kind of awe over the Dems&rsquo; performance.  Walk around the halls of Capitol Hill.  You don&rsquo;t need name tags to identify the Pubs from the Dems.  The former are walking with zest and smiling cheerfully &#8211; except when they cast a glance of astonished puzzlement at the latter shuffling dejectedly along and refusing to look at their cheerier colleagues in the eye.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>How could everything go to hell so quickly?  That&rsquo;s the question both are asking themselves.  It is a mystery to both. I guess we really are in a state of shock and awe over what they have done to themselves, says a buddy of mine who&rsquo;s chief of staff to a principal GOP Senator.  I just hope we learn the right lesson from it. You think the TeaParty folks are mad at the Pelosi-Reid-Obama Gang? he asked me rhetorically.  That&rsquo;s just anger in a teapot compared to the cauldron of hate boiling the Left.  One by one, he listed the Dem constituencies that are in a state of disgusted rage.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> C&rsquo;est une int\u00e9ressante occurrence, ces difficult\u00e9s d\u00e9mocrates dans un Etat si compl\u00e8tement assur\u00e9 pour eux, cette diatribe de Clinton contre <em>Tea Party<\/em>, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de la principale force d&rsquo;opposition et une force attractive pour certains d\u00e9mocrates, enfin ces rumeurs sur la col\u00e8re des d\u00e9mocrates contre leurs propres repr\u00e9sentants. Tout cela mesure la fragilit\u00e9 de la situation int\u00e9rieure pour Obama, qui deviendrait, si les d\u00e9mocrates perdaient demain l&rsquo;Etat sacr\u00e9 des Kennedy, une crise nationale du parti et une crise fondamentale pour le pr\u00e9sident. On mesure, \u00e0 la petitesse de causes potentielles d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;on devine gigantesques dans leurs effets, la tension qui habite aujourd&rsquo;hui les structures du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9lection du Massachusetts est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat (quel qu&rsquo;en soit le r\u00e9sultat) parce qu&rsquo;elle marque une intrusion tonitruante de <em>Tea Party<\/em> sur la sc\u00e8ne politique officielle, dans le cadre d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement majeur. Elle pousse \u00e0 des raisonnements ambigus, et celui-ci, dans ce cas, sugg\u00e9r\u00e9 sans doute par quelque historien de haute vol\u00e9e du syst\u00e8me. Lorsque Bill Clinton oppose l&rsquo;argument du gouvernement fort de la Massachusetts Bay Colony contre l&rsquo;argument de <em>Tea Party<\/em> contre un gouvernement fort, il fait un dangereux faux sens. Il glorifie la force du gouvernement de l&rsquo;Etat de l&rsquo;Union, voire sa l\u00e9gitimit\u00e9, alors que <em>Tea Party<\/em> s&rsquo;oppose d&rsquo;abord \u00e0 la puissance du gouvernement du centre f\u00e9d\u00e9ral (ne parlons pas d&rsquo;Etat, car il n&rsquo;y en a pas), \u00e0 laquelle il d\u00e9nie instinctivement, sans conscience affirm\u00e9e de la chose, sa l\u00e9gitimit\u00e9. Clinton ne fait pas l&rsquo;apologie du gouvernement central mais celle du gouvernement de l&rsquo;Etat de l&rsquo;Union, ce qui est proche d&rsquo;un raisonnement s\u00e9cessionniste  ce qui sera interpr\u00e9t\u00e9 comme tel par beaucoup, notamment ceux qui, d\u00e9j\u00e0, demandent plus de pouvoir aux Etats de l&rsquo;Union et moins au centre f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Tea Party<\/em> confirme \u00e0 cette occasion son r\u00f4le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-danse_autour_de_tea_party_08_01_2010.html\" class=\"gen\">d\u00e9structurant<\/a> que nous avons distingu\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres occasions. L&rsquo;essentiel dans le cas pr\u00e9sent se r\u00e9sume \u00e0 deux points, qui ont peu \u00e0 voir avec l&rsquo;arithm\u00e9tique parlementaire et beaucoup avec la situation du pays r\u00e9el des USA. Le premier point est que <em>Tea Party<\/em> devient une force publique et politique d&rsquo;une importance telle que les deux partis du syst\u00e8me sont oblig\u00e9s de raisonner et de manuvrer en fonction d&rsquo;une situation qui \u00e9chappe aux r\u00e8gles du syst\u00e8me. Cela favorise bien des erreurs, bien des d\u00e9rapages incontr\u00f4l\u00e9s, et exp\u00e9die une circonstance politique majeure et jusqu&rsquo;ici r\u00e9gl\u00e9e comme du papier \u00e0 musique entre les deux partis sur une <em>terra incognita<\/em> de la politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe second point d\u00e9coule du premier. Peu importe en l&rsquo;occurrence de savoir qui sera \u00e9lu, mais importent essentiellement les effets de l&rsquo;\u00e9lection en fonction du poids de <em>Tea Party<\/em>. La cons\u00e9quence principale est bien le d\u00e9sordre nouveau ainsi cr\u00e9\u00e9, du fait d&rsquo;une force politique difficilement identifiable, et encore plus difficilement contr\u00f4lable. Dans la pire des hypoth\u00e8ses (pour les d\u00e9mocrates), le plus important n&rsquo;est pas que les d\u00e9mocrates perdent leur majorit\u00e9 de 60 si\u00e8ges mais bien qu&rsquo;ils entreraient d\u00e8s mercredi matin dans une crise majeure de coh\u00e9sion d&rsquo;abord dans la perspective des \u00e9lections de novembre 2010, \u00e0 tous les niveaux des Etats selon les situations locales, et entre les parlementaires et le pr\u00e9sident au niveau national. La situation ne serait pas n\u00e9cessairement meilleure pour les r\u00e9publicains, qui auraient de plus en plus besoin de <em>Tea Party<\/em> pour consolider leur possible victoire de novembre, et qui seraient de plus en plus d\u00e9pendants par cons\u00e9quent d&rsquo;une force de plus en plus incontr\u00f4lable, renforc\u00e9e dans ce cas par l&rsquo;\u00e9ventuelle victoire du Massachusetts prise ici comme hypoth\u00e8se.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn comprend combien les buts politiques de <em>Tea Party<\/em>, si quelqu&rsquo;un arrive pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 les identifier, n&rsquo;ont enfin que peu d&rsquo;importance. L&rsquo;essentiel est bien s\u00fbr le trouble profond que le mouvement introduit dans le jeu politique des deux principaux partis, qui ressemble si souvent \u00e0 une complicit\u00e9 objective renvoyant \u00e9videmment au syst\u00e8me, dans ce cas syst\u00e8me de parti unique dont ils sont les deux ailes.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 18 janvier 2010 \u00e0 01H27<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hier, Obama \u00e9tait dans le Massachusetts, pour soutenir la candidate au si\u00e8ge de Ted Kennedy d\u00e9c\u00e9d\u00e9, la d\u00e9mocrate Martha Coakley. Soudainement, les d\u00e9mocrates se sont aper\u00e7us qu&rsquo;elle \u00e9tait menac\u00e9e par son adversaire r\u00e9publicain (celui-ci, avec une avance de 4 points dans les sondages, le 15 janvier) et ils sonnent la mobilisation. 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