{"id":71469,"date":"2010-01-23T06:23:37","date_gmt":"2010-01-23T06:23:37","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/23\/notes-sur-mon-ennemi-favori\/"},"modified":"2010-01-23T06:23:37","modified_gmt":"2010-01-23T06:23:37","slug":"notes-sur-mon-ennemi-favori","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/01\/23\/notes-sur-mon-ennemi-favori\/","title":{"rendered":"Notes sur mon Ennemi favori"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">Notes sur mon Ennemi favori<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Pour lancer ces <em>Notes d&rsquo;Analyse<\/em>, nous allons faire appel \u00e0 un lecteur, \u00ab\u00a0<em>Philippe<\/em>\u00ab\u00a0, qui nous interroge en commentaire sur le <em>Forum<\/em>, ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-les_tambours_de_guerre_d_hillary_15_01_2010.html\">17 janvier 2009<\/a>, d&rsquo;un <em>Bloc-Notes<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_tambours_de_guerre_d_hillary_15_01_2010.html\">15 janvier 2010<\/a>, sur un discours d&rsquo;Hillary Clinton, consacr\u00e9 \u00e0 la Chine, \u00e0 l&rsquo;Asie, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Voici les remarques de \u00ab\u00a0<em>Philippe<\/em>\u00ab\u00a0:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0l&rsquo;existence de l&rsquo;ennemi semble \u00eatre une exigence de cette psychologie et de la politique qui l&rsquo;accompagne\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>D&rsquo;accord avec vous sur cet \u00e9trange besoin US de se faire des ennemis. Pourriez-vous toutefois nous aider \u00e0 \u00e9valuer concr\u00e8tement la capacit\u00e9 US r\u00e9elle d&rsquo;affronter ses chers ennemis sur un plan autre que rh\u00e9torique?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Que la Chine cherche ou non \u00e0 triompher sans combattre, cela ne tombe-t-il pas \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb pour les Etats Unis qui ne paraissent pas en \u00e9tat de la combattre sur le terrain, sauf \u00e0 d\u00e9clencher des aventures extr\u00eames.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Croyez-vous par ailleurs \u00e0 ce sc\u00e9nario noir et presque apocalyptique de la violente r\u00e9action d&rsquo;orgueil de l&#8217;empire affaibli?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>L&rsquo;histoire, me semble-t-il, montre que les empires fatigu\u00e9s se sont affaiss\u00e9s de diverses mani\u00e8res et quelquefois dans de sinistres craquements mais, sauf erreur, sans jamais renverser l&rsquo;in\u00e9luctable cours de leur d\u00e9clin.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est bien entendu \u00e0 propos des relations des USA avec la Chine que nous interpelle notre lecteur, et c&rsquo;est dans ce champ principalement que nous allons lui r\u00e9pondre, ou tenter de lui r\u00e9pondre. Pour autant, nous aborderons une autre perspective, plus large, car la question chinoise est subsidiaire d&rsquo;une autre question plus fondamentale, celle de l&rsquo;Ennemi pour les USA. En mati\u00e8re d'\u00a0\u00bbEnnemis\u00a0\u00bb, les USA semblent in\u00e9puisables, dans leur qu\u00eate, dans leur identification, dans leur mobilisation, dans leur \u00ab\u00a0d\u00e9couragement\u00a0\u00bb&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">De la difficult\u00e9 d&rsquo;avoir <strong>un<\/strong> Ennemi<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Justement, attachons-nous \u00e0 ce mot, d\u00e9j\u00e0 entre guillemets, de \u00ab\u00a0d\u00e9couragement\u00a0\u00bb&hellip; Le parcours chinois des USA est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant. En un peu plus d&rsquo;un an, ils ont effectu\u00e9 un parcours de \u00ab\u00a0relations\u00a0\u00bb avec la Chine qui semble, \u00e0 la r\u00e9flexion assez rapide, compl\u00e8tement extraordinaire. Bien entendu, ce parcours est li\u00e9 \u00e0 la crise de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, plus particuli\u00e8rement la crise du 15 septembre 2008; mais cette r\u00e9f\u00e9rence conjoncturelle illustre une situation structurelle et fondamentale, qui est celle de la psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, elle-m\u00eame en crise profonde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Rappelez-vous, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_chine_reprimande_les_usa_05_12_2008.html\">5 d\u00e9cembre 2008<\/a>, le secr\u00e9taire au tr\u00e9sor de l&rsquo;administration GW Bush Hank Paulson va en Chine. Il s&rsquo;y fait \u00ab\u00a0r\u00e9primander\u00a0\u00bb pour la politique financi\u00e8re suivie par les USA, qui a abouti \u00e0 la catastrophe du 15 septembre 2008.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La d\u00e9marche de Paulson, de l&rsquo;ancienne administration, fut poursuivie et confirm\u00e9e par la pr\u00e9sente administration, par une visite du secr\u00e9taire au tr\u00e9sor Geithner puis une visite d&rsquo;Hillary Clinton (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_sa_sebille_a_la_main_23_02_2009.html\">23 f\u00e9vrier 2009<\/a>), les deux demandant la bonne volont\u00e9 de la Chine pour soutenir les USA en d\u00e9tresse. Les Chinois r\u00e9pondent qu&rsquo;ils r\u00e9fl\u00e9chissent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Entretemps et parall\u00e8lement, une deuxi\u00e8me phase avait commenc\u00e9, d&rsquo;abord avec un article de Zbigniew Brzezinski dans le <em>Financial Times<\/em>, en janvier 2009, introduisant la proposition d&rsquo;un G2, sorte de condominium entre les USA et la Chine. La chose fut ensuite largement comment\u00e9e (voir notre <em>F&#038;C<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sauver_le_monde_ou_sauver_les_meubles_26_04_2009.html\">25 avril 2009<\/a>) et les sp\u00e9culations all\u00e8rent bon train pendant quelques mois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La Chine laissa assez vite percer son scepticisme devant cette proposition de G2, \u00e0 plusieurs occasions. Finalement, le verdict tomba lors de la visite d&rsquo;Obama en Chine, en novembre 2009. A cette occasion, la Chine repoussa formellement toute id\u00e9e de G2. (Voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_g2_et_moi_et_moi_et_moi__19_11_2009.html\">19 novembre 2009<\/a>: &laquo;<em>La Chine a d\u00e9clin\u00e9 la proposition am\u00e9ricaine de former un \u00ab\u00a0groupe des deux\u00a0\u00bb (G2), \u00e0 savoir une alliance politique avec les Etats-Unis, a annonc\u00e9 l&rsquo;agence Chine nouvelle, \u00e9voquant la position formul\u00e9e mercredi par le premier-ministre Wen Jiabao lors d&rsquo;une rencontre avec le pr\u00e9sident US Barack Obama&hellip;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; C&rsquo;est clairement et sans la moindre ambigu\u00eft\u00e9 depuis cette r\u00e9ponse que les USA ont adopt\u00e9 une nouvelle attitude, diam\u00e9tralement oppos\u00e9e, hostile \u00e0 la Chine, caract\u00e9ris\u00e9e par \u00ab\u00a0les tambours de guerre\u00a0\u00bb (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_tambours_de_guerre_d_hillary_15_01_2010.html\">15 janvier 2010<\/a>) et, plus r\u00e9cemment, l'\u00a0\u00bbaffaire Google\u00a0\u00bb, amenant aussit\u00f4t une <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2010\/jan\/22\/china-warns-us-internet-freedom\">r\u00e9plique<\/a> chinoise.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb US : trois petits tours et puis s&rsquo;en va&hellip;<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le moins qu&rsquo;on puisse dire est que l&rsquo;affaire fut rondement men\u00e9e. En un peu plus d&rsquo;un an, nous passons de l&rsquo;imploration \u00e0 genoux, \u00e0 la proposition abrupte et sans barguigner d&rsquo;un partenariat pour se partager le monde, \u00e0 une quasi d\u00e9claration de guerre rh\u00e9torique qui fait de la Chine l&rsquo;Ennemi \u00e0 abattre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La chose s&rsquo;est faite sans que la Chine ait accompli de grands forfaits, sinon de tenir une ligne \u00e0 la fois prudente et ferme en fonction des atouts qu&rsquo;elle d\u00e9tient et des faiblesses qu&rsquo;elle se reconna&icirc;t. On ne trouve l\u00e0-dedans nulle raison, du point de vue chinois, de se prosterner devant elle ou de la menacer des foudres de la guerre. Durant les quatorze mois pass\u00e9s en revue, la Chine ne changea rien de fondamental dans son attitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Au contraire, ce sont les USA qui ont chang\u00e9 constamment de rh\u00e9torique politique (plut\u00f4t que de politique) pour achever le circuit en une d\u00e9nonciation d&rsquo;un Ennemi qui menace l&rsquo;Asie toute enti\u00e8re et, derri\u00e8re, n&rsquo;en doutons pas, la civilisation elle-m\u00eame. Les agitations sont toutes \u00e0 mettre du c\u00f4t\u00e9 des USA, et elles ne portent \u00e0 nulle cons\u00e9quence essentielle. La seule position chinoise affirm\u00e9e a \u00e9t\u00e9 le refus du G2 qui correspond absolument, et d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement pr\u00e9visible, \u00e0 ses conceptions traditionnelles de souverainet\u00e9 nationale (dans le m\u00eame article du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sauver_le_monde_ou_sauver_les_meubles_26_04_2009.html\">26 avril 2009<\/a> qui pr\u00e9sentait la proposition de G2 de Brzezinski, nous expliquions pourquoi, \u00e0 notre sens, la Chine la refuserait); correspondant \u00e9galement, d&rsquo;une fa\u00e7on plus conjoncturelle, \u00e0 ce que la Chine percevait et per\u00e7oit des USA (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_g2_n_aura_pas_lieu_19_10_2009.html\">19 octobre 2009<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Une panoplie d'\u00a0\u00bbEnnemis\u00a0\u00bb<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Il faut observer qu&rsquo;entretemps, avant, pendant et apr\u00e8s, subsist\u00e8rent et subsistent d&rsquo;autres Ennemis au moins d&rsquo;aussi grande stature. Le terrorisme, qui m\u00e9rite une guerre \u00e9ternelle et majuscule (la Guerre contre la Terreur) \u00e0 lui tout seul, est l&rsquo;un d&rsquo;eux. Jusqu&rsquo;il y a peu, la Russie, rescap\u00e9e de l&rsquo;URSS, pouvait \u00e9galement pr\u00e9tendre au privil\u00e8ge ambigu de m\u00e9riter cette \u00e9tiquette. L&rsquo;Iran est \u00e9galement un standard du genre, r\u00e9guli\u00e8rement remis en selle et d\u00e9clar\u00e9 Ennemi du genre humain. Nous passons sur une poussi\u00e8re d&rsquo;autres Ennemis (Chavez, Castro lorsqu&rsquo;on se rappelle qu&rsquo;il est toujours vivant et ainsi de suite).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous irions m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 dire que, dans certains cas, l&rsquo;Ennemi prend l&rsquo;allure inattendue d&rsquo;une manifestation de \u00ab\u00a0<em>Mother Nature<\/em>\u00ab\u00a0, contre laquelle il importe de mobiliser les forces du Bien\/du Pentagone. Le tremblement de terre d&rsquo;Ha\u00efti n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 de cette fa\u00e7on.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre lecteur parle de l'\u00a0\u00bb\u00e9trange besoin de se faire des ennemis\u00a0\u00bb (&laquo;<em>D&rsquo;accord avec vous sur cet \u00e9trange besoin US de se faire des ennemis<\/em>&raquo;). Force est de constater que le stade de \u00ab\u00a0se faire des ennemis\u00a0\u00bb est pass\u00e9, que les USA en sont au stade o&ugrave; ils disposent d&rsquo;une panoplie d&rsquo;Ennemis, tous bien vivants et mobilisables \u00e0 tour de r\u00f4le, selon les besoins de la cause &ndash; mais quelle \u00ab\u00a0cause\u00a0\u00bb, d&rsquo;ailleurs? Tout est l\u00e0 finalement&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;esp\u00e8ce de quadrille dans\u00e9 autour de la Chine en quatorze mois a montr\u00e9 la souplesse des conceptions US \u00e0 cet \u00e9gard, y compris la souplesse d&rsquo;\u00e9chine \u00e9ventuellement. Il a surtout montr\u00e9 que le concept d'\u00a0\u00bbEnnemi\u00a0\u00bb ne repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui plus <strong>rien d&rsquo;ext\u00e9rieur<\/strong> aux USA, parce que le \u00ab\u00a0quadrille\u00a0\u00bb US correspond au d\u00e9sordre interne US et nullement \u00e0 des attitudes et des comportements chinois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour cette raison, nous ne croyons nullement \u00e0 une \u00ab\u00a0ligne\u00a0\u00bb anti-chinoise constante en train de s&rsquo;\u00e9tablir pouvant mener, par exemple, \u00e0 un conflit qui aurait la forme en apparence in\u00e9luctable que prenait parfois l&rsquo;affrontement USA-URSS durant la Guerre froide. Il ne nous \u00e9tonnerait nullement que, dans huit ou dix mois, Hillary Clinton se rend&icirc;t \u00e0 nouveau \u00e0 P\u00e9kin, \u00ab\u00a0s\u00e9bille \u00e0 la main\u00a0\u00bb, et que BHO c\u00e9l\u00e9br\u00e2t l&rsquo;Empire du Milieu. Cela n&rsquo;aura pas plus de signification que ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, y compris les \u00ab\u00a0tambours de guerre\u00a0\u00bb d&rsquo;Hillary.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Le gouvernement paroxystique de FDR<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Historiquement, le besoin d&rsquo;Ennemi des USA &ndash; ou ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 comme tel en g\u00e9n\u00e9ral &ndash; est connu. Les racines sont diverses et nombreuses, aussi bien dans les origines religieuses du pays, dans les politiques d&rsquo;\u00e9limination de certaines populations, dans l&rsquo;hyst\u00e9rie anti-socialiste commenc\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on institutionnalis\u00e9e en 1919, dans les proc\u00e9dures de type maccarthystes et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous estimons que, depuis 1933, un pas nouveau a \u00e9t\u00e9 franchi, avec l&rsquo;\u00e9tablissement, par Roosevelt, d&rsquo;un gouvernement de type paroxystique. Le constat d&rsquo;une Am\u00e9rique sur le bord de l&rsquo;effondrement, priv\u00e9e de tout \u00e9lan unitaire, de toute \u00e9nergie collective, tel que le nouveau pr\u00e9sident l&rsquo;observa \u00e0 son arriv\u00e9e au pouvoir en mars 1933, au pire de la Grande D\u00e9pression, lui sugg\u00e9ra la formule d&rsquo;une mobilisation permanente contre un \u00ab\u00a0Ennemi\u00a0\u00bb pour r\u00e9tablir les \u00e9nergies et ressouder l&rsquo;\u00e9lan collectif, y compris artificiellement. L&rsquo;Ennemi fut donc successivement ou parall\u00e8lement, c&rsquo;est selon, la Grande D\u00e9pression, le Nazi et le Japonais, le Communiste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La formule tint la route pendant deux tiers de si\u00e8cle, notamment avec le magnifique arrangement de la Guerre froide. En un sens et usant d&rsquo;un de nos concepts favoris, nous dirions que ces \u00ab\u00a0Ennemis\u00a0\u00bb \u00e9taient structurants (pour l&rsquo;Am\u00e9rique). L&rsquo;URSS fut, de loin, le plus structurant de tous, parce qu&rsquo;il parvint \u00e0 investir les USA d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 internationale, celle de dirigeant naturel du \u00ab\u00a0Monde libre\u00a0\u00bb avec le miracle de son h\u00e9g\u00e9monie transform\u00e9e en dispensatrice de la libert\u00e9, et qu&rsquo;il regroupa de mani\u00e8re durable la population US contre cet Ennemi. Puis l&rsquo;URSS s&rsquo;\u00e9croula, s&rsquo;effondra, se volatilisa.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">La \u00ab\u00a0crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb post-Guerre froide<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Peu avant cet \u00e9v\u00e9nement f\u00e2cheux pour l&rsquo;Am\u00e9rique, en mai 1988, Arbatov, conseiller de Gorbatchev, avait eu cette phrase terrible (pour <em>Newsweek<\/em>), devenue si c\u00e9l\u00e8bre, qui montre combien les Russes ont l&rsquo;odorat sensible lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des USA: &laquo;<em>Nous allons vous faire une chose terrible, nous allons vous priver d&rsquo;Ennemi.<\/em>&raquo; Une forte d\u00e9pression (psychologique, non \u00e9conomique, la situation \u00e9conomique, elle, se cantonnant \u00e0 une r\u00e9cession) suivit la chute de l&rsquo;URSS. William Pfaff parlait \u00e0 cette \u00e9poque, en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-quelques_notes_en_1992_sur_la_crise_americaine_post-guerre_froide_qui_n_a_jamais_ete_resolue_et_qui_conduit_a_9_11_par_william_pfaff_23_11_2003.html\">f\u00e9vrier 1992<\/a>, d&rsquo;une \u00ab\u00a0crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb (texte soulign\u00e9 en gras par nous):<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>So where do we Americans go now? Who are we now? I have no answer. I simply know that I find the idea of a multicultural or \u00ab\u00a0rainbow\u00a0\u00bb nation unconvincing. In ways it is a pleasing idea. It rights injustices. It invites a new social order of cooperation and goodwill. I fear that the actual results will be the contrary. But I do not know. I argue simply that the disorientation and anxiety felt by Americans in this aftermath, this hangover, of the Cold War, have to do<\/em> <strong><em>with the loss of an identity &mdash; not the loss of an enemy.<\/em><\/strong>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous-m\u00eames, nous observ\u00e2mes que cette d\u00e9pression de la psychologie dura jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1995 et qu&rsquo;elle ne fut vaincue que par des circonstances et des recettes artificielles et accidentelles \u00e0 la fois &ndash; nullement par la r\u00e9surgence d&rsquo;un nouvel Ennemi. (Voyez notre texte du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-d_atlanta-1996_a_new_orleans-2005_02_09_2005.html\">2 septembre 2005<\/a>, reprenant un extrait de l&rsquo;essai de Philippe Grasset, <em>Chroniques de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L&rsquo;absence d&rsquo;\u00e2me de l&rsquo;Am\u00e9rique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Ce rapide historique laisse percer le bout de notre oreille &ndash; de notre pens\u00e9e. Si nous croyons au besoin de l&rsquo;Am\u00e9rique \u00ab\u00a0de se faire des ennemis\u00a0\u00bb (un Ennemi), nous y croyons comme \u00e0 l&rsquo;acte d&rsquo;un transfert en termes psychanalytiques. L&rsquo;Am\u00e9rique a besoin d&rsquo;un Ennemi pour ne pas affronter sa propre r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelle est cette r\u00e9alit\u00e9? Nous revenons souvent sur ce fait: son inexistence en tant que nation, au sens r\u00e9galien et transcendantal du terme. Son absence d&rsquo;\u00e2me, si vous voulez pour le dire en d&rsquo;autres termes&hellip; Dans les ann\u00e9es 1920, l&rsquo;un des grands d\u00e9bats autour de l&rsquo;Am\u00e9rique, qui \u00e9tait elle-m\u00eame un objet de d\u00e9bat au travers de sa philosophie de d\u00e9veloppement renvoyant \u00e0 l'\u00a0\u00bb<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\">id\u00e9al de puissance<\/a>\u00a0\u00bb et au machinisme (\u00ab\u00a0fordisme\u00a0\u00bb), \u00e9tait l&rsquo;existence, ou plut\u00f4t l&rsquo;inexistence \u00ab\u00a0de l&rsquo;\u00e2me am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb &ndash; transcription dans ce cas, selon notre entendement, de \u00ab\u00a0l&rsquo;inexistence d&rsquo;une nation am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb. En 1928, dans <em>Psychanalyse de l&rsquo;Am\u00e9rique<\/em>, le comte de Keyserling \u00e9crivait que &laquo;<em>ce qu&rsquo;on peut appeler le \u00ab\u00a0manque d&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb des Am\u00e9ricains vient en premier lieu du fait que l&rsquo;Am\u00e9rique est encore une colonie, et que jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;heure actuelle une civilisation v\u00e9ritablement autochtone ne s&rsquo;y est pas d\u00e9velopp\u00e9e.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La Grande D\u00e9pression r\u00e9gla la question en montrant que l&rsquo;\u00e2me n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 venir, invitant FDR \u00e0 instituer ce gouvernement paroxystique dont nous avons parl\u00e9 plus haut. Depuis, l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e2me aidant, d\u00e9veloppant le \u00ab\u00a0bling bling\u00a0\u00bb \u00e0 la Sarko avant l&rsquo;heure (les banni\u00e8res \u00e9toil\u00e9es partout, <em>Disneyworld<\/em>, <em>Coca Cola<\/em>, Hollywood et la philosophie <em>people<\/em>, etc.), les USA n&rsquo;ont r\u00e9ussi \u00e0 faire qu&rsquo;une apparence de civilisation, une contre-civilisation ou une sous-civilisation, ou les deux, bref une chose d\u00e9guis\u00e9e en civilisation, en r\u00e9alit\u00e9 ennemie de tout ce qui est haut et d\u00e9structurante de la civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi rejoint-on l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab\u00a0crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;Am\u00e9rique, \u00e9voqu\u00e9e par Pfaff en f\u00e9vrier 1992. \u00ab\u00a0Crise d&rsquo;identit\u00e9\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire absence d&rsquo;identit\u00e9, non-existence en un sens&hellip; Selon cette id\u00e9e, l&rsquo;existence d&rsquo;un Ennemi vous donne la sensation d&rsquo;une existence, simplement parce qu&rsquo;il vous consid\u00e8re en tant qu&rsquo;\u00eatre puisqu&rsquo;il cherche \u00e0 vous vaincre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>(Certes, cela permet en plus \u00e0 la boutique de tourner et aux F-16 d&rsquo;\u00eatre vendus comme des petits pains. Mais cela, qui est assez pi\u00e8tre, n&#8217;emp\u00eache pas ceci, bien au contraire &ndash; la question de l'\u00a0\u00bb\u00e2me\u00a0\u00bb, de l'\u00a0\u00bb\u00eatre\u00a0\u00bb am\u00e9ricain &ndash; de l'\u00a0\u00bbidentit\u00e9 am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb et de l&rsquo;inexistence de la nation am\u00e9ricaine au sens transcendantal.)<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Comme Hamlet d\u00e9guis\u00e9 en Othello<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les derniers d\u00e9veloppements, depuis 1995, avec passage 9\/11 et d\u00e9cret officiel que la r\u00e9alit\u00e9 serait d\u00e9sormais fabriqu\u00e9e \u00e0 la Maison-Blanche (<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_virtualisme_repere_a_washington_23_10_2004.html\">virtualisme<\/a>, ou \u00ab\u00a0<em>faith-based community<\/em>\u00ab\u00a0), assortis de la d\u00e9couverte d&rsquo;Ennemis dans tous les coins qu&rsquo;on n&rsquo;arrive m\u00eame plus \u00e0 charger de la substance n\u00e9cessaire \u00e0 la satisfaction de sa propre qu\u00eate identitaire, ressort effectivement de la qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;une identit\u00e9 qui non seulement n&rsquo;existe pas, mais s&rsquo;est transform\u00e9e dans cette phase finale en une dynamique d\u00e9structurante destructrice de tout (la privatisation, la globalisation, la <em>strat\u00e9gie du choc<\/em> et le \u00ab\u00a0capitalisme de d\u00e9sastre\u00a0\u00bb de Noami Klein). Au bout du compte, 9\/15, l&rsquo;effondrement de Wall Street &ndash; et la derni\u00e8re ruse du Diable pour introduire la discorde civile, l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un pr\u00e9sident Africain-Am\u00e9ricain qui assume avec brio le r\u00f4le d&rsquo;un Hamlet postmoderne d\u00e9guis\u00e9e en un Othello qui serait en m\u00eame temps son Iago.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien entendu, la p\u00e9riode fut \u00e9galement marqu\u00e9e, observ\u00e9e objectivement, par l&rsquo;effondrement des capacit\u00e9s effectives, efficaces, de la puissance US, entre la marche triomphale sur Bagdad d&rsquo;avril 2003 et les divers embourbements et revers essuy\u00e9s depuis, jusqu&rsquo;\u00e0 des paralysies r\u00e9v\u00e9latrices et les crises \u00e0 mesure. Il semble bien que, non seulement l&rsquo;Am\u00e9rique ne se trouve plus d&rsquo;Ennemi, mais encore qu&rsquo;elle n&rsquo;ait plus la capacit\u00e9 d&rsquo;avoir un Ennemi ni m\u00eame celle de le concevoir d&rsquo;une fa\u00e7on s\u00e9rieuse. Sans doute ceci va-t-il avec cela, bien entendu.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Suicide d&rsquo;une nation qui n&rsquo;existe pas<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Un Ennemi d&rsquo;ailleurs, quel Ennemi? L&rsquo;Am\u00e9rique est en train de (re)d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 savoir qu&rsquo;elle n&rsquo;en a nul besoin, qu&rsquo;elle est son propre Ennemi. Son identit\u00e9 ne peut se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 elle qu&rsquo;en tant que n\u00e9gation d&rsquo;elle-m\u00eame, Ennemie d&rsquo;elle-m\u00eame. Elle cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment et d\u00e9risoirement \u00e0 s&rsquo;en faire, de l&rsquo;islamo-fasciste des dingues-<em>neocons<\/em> aux \u00e9nigmatiques Chinois que rien n&rsquo;arrive \u00e0 r\u00e9duire, ni les agenouillements de Geithner et d&rsquo;Hillary, ni les salamalecs de Brzezinski, ni les vitup\u00e9rations d&rsquo;Hillary &ndash; d\u00e9cid\u00e9ment bonne \u00e0 tout faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;Citons alors, \u00e0 nouveau, <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_desespoir_de_la_volonte_14_04_2008.html?admin=1\">Lincoln<\/a>, 29 ans en 1838, et son premier discours apr\u00e8s son \u00e9lection \u00e0 la Chambre comme Repr\u00e9sentant de l&rsquo;Illinois: &laquo;<em>A quel moment, donc, faut-il s&rsquo;attendre \u00e0 voir surgir le danger<\/em> [pour l&rsquo;Am\u00e9rique]<em>? Je r\u00e9ponds que, s&rsquo;il doit nous atteindre un jour, il devra surgir de nous-m\u00eames.<\/em> [&#8230;] <em>Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en \u00eatre nous-m\u00eames les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d&rsquo;hommes libres, nous devons \u00e9ternellement survivre, ou mourir en nous suicidant.<\/em>&raquo; (Le suicide s&rsquo;explique par le fait que la \u00ab\u00a0nation d&rsquo;hommes libres\u00a0\u00bb d\u00e9couvre qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas une nation et que la notion d'\u00a0\u00bbhommes libres\u00a0\u00bb est par cons\u00e9quent une chim\u00e8re, sorte d&rsquo;<em>American Dream<\/em> d&rsquo;un Lincoln combattant par cette conceptualisation sa terrible tendance au pessimisme et \u00e0 la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-obama_et_lincoln_et_lyautey_24_11_2008.html\">d\u00e9pression<\/a> de sa psychologie.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;y aura pas de \u00ab\u00a0Grande Guerre\u00a0\u00bb ultime des USA. Leurs tourments int\u00e9rieurs ont d\u00e9sormais pris le dessus, comme une mar\u00e9e que rien ne peut arr\u00eater, comme \u00e0 la Nouvelle Orl\u00e9ans, <em>circa<\/em> 2005, dont la vague en forme de r\u00e9plique, revigor\u00e9e par 9\/15, atteindrait le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_tempete_venue_du_massachusetts_22_01_2010.html\">Massachusetts-2010<\/a>. La bureaucratie de s\u00e9curit\u00e9 nationale arrive au blocage supr\u00eame du technologisme en bout de course, et elle sera autant incapable d&rsquo;arriver \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une attaque nucl\u00e9aire pour mourir en beaut\u00e9 qu&rsquo;elle n&rsquo;est capable de fabriquer un JSF. La ni\u00e8me guerre civile a peut-\u00eatre commenc\u00e9 dans le Massachusetts-2010. Ce pays qui ne fut jamais une nation est mort parce qu&rsquo;il se trouve in\u00e9luctablement et finalement confront\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais exist\u00e9 en tant que substance historique. La nouvelle est destin\u00e9e \u00e0 faire grand bruit dans nos salons \u00e9bouriff\u00e9s mais les Chinois restent impassibles. Ils savent bien, eux.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur mon Ennemi favori Pour lancer ces Notes d&rsquo;Analyse, nous allons faire appel \u00e0 un lecteur, \u00ab\u00a0Philippe\u00ab\u00a0, qui nous interroge en commentaire sur le Forum, ce 17 janvier 2009, d&rsquo;un Bloc-Notes du 15 janvier 2010, sur un discours d&rsquo;Hillary Clinton, consacr\u00e9 \u00e0 la Chine, \u00e0 l&rsquo;Asie, etc. Voici les remarques de \u00ab\u00a0Philippe\u00ab\u00a0: &laquo;\u00ab\u00a0l&rsquo;existence de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[1006,3977,7944,3081,3106,8279,5460,2645,3278,3896,8585,3080],"class_list":["post-71469","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyse","tag-brzezinski","tag-chine","tag-deltombe","tag-ennemi","tag-froide","tag-g2","tag-gouvernement","tag-guerre","tag-hillary","tag-lincoln","tag-paroxystique","tag-roosevelt"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71469"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71469\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}