{"id":71511,"date":"2010-02-01T21:57:47","date_gmt":"2010-02-01T21:57:47","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/01\/le-cas-villepin\/"},"modified":"2010-02-01T21:57:47","modified_gmt":"2010-02-01T21:57:47","slug":"le-cas-villepin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/01\/le-cas-villepin\/","title":{"rendered":"Le cas Villepin"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le cas Villepin<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t1er f\u00e9vrier 2010  D&rsquo;abord, il y a le jugement qui lave plus blanc que blanc de Dominique de Villepin dans l&rsquo;affaire <em>Clearstream<\/em>; cela, suivi de l&rsquo;appel, sans se presser, du Procureur de Paris qui prend aussit\u00f4t l&rsquo;apparence, avec bien des clins d&rsquo;yeux pour la r\u00e9alit\u00e9 des choses derri\u00e8re l&rsquo;apparence, d&rsquo;une vindicte du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise. Un Pr\u00e9sident n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;avoir de vindicte personnelle, \u00e0 moins d&rsquo;avoir l&rsquo;habilet\u00e9, ou la chance, que cette vindicte soit aussi et d&rsquo;abord une vindicte de la France. Avec Villepin, ce n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement le cas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJean-Fran\u00e7ois Kahn fait sur son nouveau <em>blog<\/em> (<em>Tourner la page<\/em>) un r\u00e9sum\u00e9 pol\u00e9mique de l&rsquo;affaire. <em>Clearstream<\/em> en soi ne nous int\u00e9resse gu\u00e8re, mais il est int\u00e9ressant que la justice ait compl\u00e8tement blanchi Villepin (ce qui \u00e9tait une compl\u00e8te \u00e9vidence, proclame le p\u00e9tulant JFK, qui n&rsquo;a jamais lui-m\u00eame cess\u00e9 de la r\u00e9p\u00e9ter); il est encore plus int\u00e9ressant que le Procureur ait fait appel apr\u00e8s un curieux temps de r\u00e9flexion; etc, etc.. On conna\u00eet la musique et l&rsquo;on sait d\u00e9sormais qu&rsquo;il nous est n\u00e9 un candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, adversaire direct de Sarko. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJean-Fran\u00e7ois Kahn de conclure sobrement:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>R\u00e9sultat des courses ? Il y a un nouveau candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. Que ce verdict rend soudain totalement cr\u00e9dible.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>L&rsquo;instrumentalisation de l&rsquo;affaire \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exclure, elle le conforte.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Depuis ce jeudi 28 janvier quelque chose a chang\u00e9 dans la carte politique fran\u00e7aise.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTrois jours plus tard, le <a href=\"http:\/\/www.jeanfrancoiskahn.com\/Comment-abattre-Villepin_a38.html\" class=\"gen\">31 janvier 2010<\/a>, le m\u00eame JFK nous pr\u00e9cise que Sarko et sa bande pr\u00e9parent des coups fourr\u00e9s d\u00e9vastateurs contre Villepin. La bataille sera rude, nul n&rsquo;en doute Mais laissons l\u00e0 l&rsquo;aspect franco-fran\u00e7ais ou, disons, de coupe-gorge parisien, et venons-en \u00e0 l&rsquo;essentiel. Il s&rsquo;agit d&rsquo;appr\u00e9cier cet \u00e9v\u00e9nement dans le contexte d&rsquo;une situation fran\u00e7aise qui refl\u00e8te la situation d&rsquo;une \u00e9poque et la crise d&rsquo;une civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, premi\u00e8re partie du propos, ceci: o\u00f9 en est Sarkozy? Il semble bien qu&rsquo;il soit arriv\u00e9 \u00e0 ses limites. M\u00eame l&rsquo;\u00e9tincelant discours anti-capitaliste (pas de lui, bien entendu) qu&rsquo;il a prononc\u00e9 \u00e0 Davos n&rsquo;a soulev\u00e9 que des haussements d&rsquo;\u00e9paule, alors qu&rsquo;il aurait d\u00fb constituer, dans un autre climat impos\u00e9 par l&rsquo;orateur et selon une autre dynamique de l&rsquo;orateur, s&rsquo;il avait su imposer l&rsquo;un et l&rsquo;autre, un cri de ralliement pour tous ceux qui s&rsquo;opposent \u00e0 l&rsquo;\u00e9pouvantable situation o\u00f9 nous nous agitons, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9pouvantable syst\u00e8me qui en est la cause. Le fait qu&rsquo;il n&rsquo;arrive plus \u00e0 susciter une telle adh\u00e9sion (alors qu&rsquo;il y avait r\u00e9ussi, par exemple, le 24 septembre 2008, avec un discours de la m\u00eame veine, \u00e0 Toulon) montre bien les limites du personnage et l&rsquo;absence de capacit\u00e9s cr\u00e9atrices de son \u00e9nergie. Sarkozy aurait pu faire quelque chose de grand s&rsquo;il avait <strong>appris<\/strong> (cela s&rsquo;apprend) \u00e0 comprendre ce qui importe dans ce qu&rsquo;il dit depuis presque trois ans, et \u00e0 le s\u00e9parer de ce qui n&rsquo;importe pas. En plus de lire les discours que les autres \u00e9crivent pour lui, il aurait d\u00fb s&rsquo;attacher \u00e0 leur signification. C&rsquo;est d&rsquo;usage et c&rsquo;est l&rsquo;usage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSa seule p\u00e9riode glorieuse fut sa pr\u00e9sidence europ\u00e9enne parce que les \u00e9v\u00e9nements le conduisirent \u00e0 ne dire et ne faire, pour l&rsquo;essentiel, que des choses importantes, camp\u00e9 sur une position nationale de grande force et de r\u00e9elle vertu dont il avait compris l&rsquo;int\u00e9r\u00eat politique pour lui et qui, occurrence remarquable, rencontrait effectivement la substance de la crise. Mais il semble bien que Sarko, en cette m\u00eame occurrence, n&rsquo;ait compris que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat et ne se soit gu\u00e8re attard\u00e9 \u00e0 la substance. De la phrase qui devrait \u00eatre fameuse du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle (des <em>M\u00e9moires de Guerre<\/em>), Sarkozy n&rsquo;est donc capable de distinguer que le bon placement politique: \u00ab<em>Tout peut, un jour, arriver, m\u00eame ceci qu&rsquo;un acte conforme \u00e0 l&rsquo;honneur et \u00e0 l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 apparaisse, en fin de compte, comme un bon placement politique<\/em>\u00bb; de compr\u00e9hension de l&rsquo;honneur et [de] l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9, point du tout. Il n&rsquo;a m\u00eame pas su retourner la phrase et admettre qu&rsquo;un bon placement politique peut \u00eatre \u00e9galement un acte conforme \u00e0 l&rsquo;honneur et \u00e0 l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9  et que c&rsquo;est, pour poursuivre dans le mode comptable et statistique \u00e9lectoraliste, tout b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, les \u00e9chos qui nous parviennent des possibilit\u00e9s (pour Sarko et la France) de lancer des choses importantes avec la Russie, dans le cadre de l&rsquo;Europe, comme nous en avons \u00e9voqu\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_securite_en_europe_en_2010_24_12_2009.html\" class=\"gen\">l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9<\/a>, apparaissent d&rsquo;une couleur moins \u00e9clatante. Un certain d\u00e9senchantement se fait jour, qui n&rsquo;est pas favoris\u00e9 certes par le comportement fantasque et stalinien des Kazakhs (qui pr\u00e9sident l&rsquo;OSCE et doivent permettre de donner un cadre important \u00e0 de telles initiatives europ\u00e9ennes), et par un certain d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des Russes, \u00e0 mesure, qui sembleraient plut\u00f4t tent\u00e9s de se replier sur leurs seuls int\u00e9r\u00eats. De ce haut fonctionnaire europ\u00e9en (et fran\u00e7ais) qui faisait ce constat nouveau et \u00e0 qui \u00e9tait adress\u00e9 officieusement la question Et Sarkozy?, il y eut cette r\u00e9ponse d\u00e9sabus\u00e9e: \u00ab<em>Avec lui, c&rsquo;est toujours la m\u00eame chose, il fait un coup et puis il passe \u00e0 autre chose, il oublie, et rien ne suit<\/em>\u00bb Peut-\u00eatre vendra-t-il tout de m\u00eame le <em>Mistral<\/em> aux Russes, ce qui nous vaudra quelques vagues.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est dans ce paysage g\u00e9n\u00e9ral, europ\u00e9en certes, voire un peu plus large, mais avec les cons\u00e9quences en France m\u00eame, o\u00f9 le d\u00e9clin du pr\u00e9sident fran\u00e7ais devient palpable, que r\u00e9appara\u00eet Villepin. Nous l&rsquo;avons vu l&rsquo;autre jour (vendredi soir, sur le <em>Grand Journal<\/em> de Canal Plus), montrant une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, plus calme qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude, moins volubile, moins f\u00e9brile, moins inutilement flamboyant et plus heureusement gagn\u00e9 par ce qu&rsquo;on nommerait presque une sagesse ironique Certains diraient, JFK en t\u00eate : pr\u00e9sidentiable. D&rsquo;ailleurs, les journalistes en cause, abandonnant leur strict sarkozysme de rigueur (Apathie en t\u00eate quoique <a href=\"http:\/\/blog.rtl.fr\/aphatie\/20100129\/le-stupefiant-appel-du-procureur-marin-29-01.html\" class=\"gen\">par la bande<\/a>), marquait une d\u00e9f\u00e9rence nouvelle pour l&rsquo;homme. Bref, on ne sait jamais.<\/p>\n<h3>La voie de la dissidence<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;existence de Villepin en-dehors des voies courantes de la politique, sans soutien solide d&rsquo;un parti, a longtemps \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme un handicap. On se rappelle qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00e9sign\u00e9 par certains, \u00e0 la fin de la pr\u00e9sidence Chirac, comme un Premier ministre sans l\u00e9gitimit\u00e9 puisque non \u00e9lu; dans les provinces postmodernistes de la d\u00e9mocratie id\u00e9ale, ces choses-l\u00e0  mettre un rapport de cause \u00e0 effet entre leur d\u00e9mocratie et la l\u00e9gitimit\u00e9  se disent encore parce que l&rsquo;impudence n&rsquo;a pas froid aux yeux. Dans les circonstances pr\u00e9sente, et avec un agent \u00e9lectoral comme Sarkozy qui le poursuit d&rsquo;une haine corse, ou napol\u00e9onienne, le ci-devant handicap peut devenir avantage. Ce serait l&rsquo;avantage du dissident, de l&rsquo;homme sans parti.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;expression est de convenance mais elle a de la substance, et il faut en garder l&rsquo;esprit apr\u00e8s l&rsquo;avoir pes\u00e9. Villepin doit \u00eatre un homme sans parti comme, avant lui, Michel Jobert et Philippe S\u00e9guin furent des hommes sans parti, m\u00eame s&rsquo;ils en \u00e9taient, m\u00eame s&rsquo;ils en fond\u00e8rent (Jobert  d&rsquo;ailleurs sans grand succ\u00e8s, qui se proclamait d&rsquo;ailleurs). Il y a une filiation entre ces trois hommes; il y en avait une entre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_jobert_a_seguin_12_01_2010.html\" class=\"gen\">Jobert et S\u00e9guin<\/a>; il y en a une entre S\u00e9guin et Villepin, simplement parce que Villepin r\u00e9appara\u00eet au moment o\u00f9 S\u00e9guin dispara\u00eet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa mort de S\u00e9guin fut salu\u00e9e par certains comme la disparition du seul homme en France, aujourd&rsquo;hui, qui aurait m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sident. A Villepin de rattraper l&rsquo;injustice faite \u00e0 S\u00e9guin en 1995, en se faisant ainsi pardonner la part qu&rsquo;il y prit, avec la pr\u00e9f\u00e9rence de Chirac pour Jupp\u00e9 alors que S\u00e9guin l&rsquo;avait fait \u00e9lire sur un de ces th\u00e8mes qu&rsquo;on qualifie en g\u00e9n\u00e9ral de mobilisateur de l&rsquo;\u00e9nergie nationale. La tactique s&rsquo;impose, comme la r\u00e9paration de l&rsquo;injustice: Villepin doit mener pour son compte la campagne que S\u00e9guin inspira \u00e0 Chirac, signifiant qu&rsquo;il comprend, lui, la phrase de De Gaulle (\u00ab<em>Tout peut, un jour, arriver, m\u00eame ceci qu&rsquo;un acte conforme \u00e0 l&rsquo;honneur et \u00e0 l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 apparaisse, en fin de compte, comme un bon placement politique<\/em>\u00bb). Ainsi Villepin recueillerait-il l&rsquo;h\u00e9ritage d&rsquo;outre-tombe de S\u00e9guin, qui remonte au-del\u00e0 de S\u00e9guin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet esprit d&rsquo;une candidature Villepin ainsi sugg\u00e9r\u00e9 dans sa tactique comme une manuvre r\u00e9pondant \u00e0 une conception noble de la politique, il faut maintenant envisager \u00e0 quoi pourrait correspondre une telle candidature. En d&rsquo;autres mots, quel serait l&rsquo;esprit de la substance d&rsquo;une telle candidature? Puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une candidature de dissidence, ce ne peut \u00eatre qu&rsquo;une strat\u00e9gie de crise. Assez curieusement, la campagne d&rsquo;un candidat Villepin devrait suivre une partie d&rsquo;un brouillon d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9, justement par son adversaire, le pr\u00e9sident actuel  lequel a fait de cette partie du brouillon une caricature. Samedi dernier, dans l&rsquo;\u00e9mission <em>Ca se dispute<\/em> (sur <em>I-T\u00e9l\u00e9<\/em>), Eric Zemmour faisait remarquer en \u00e9voquant l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une bagarre Sarko-Villepin, que si Villepin a son th\u00e8me d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, en face Sarko a Henri Guaino qui \u00e9crit pour lui sur le m\u00eame th\u00e8me. Question int\u00e9ressante dans cette hypoth\u00e8se: Guaino restera-t-il jusqu&rsquo;au bout avec Sarkozy, lui qu&rsquo;on dit d\u00e9senchant\u00e9 de cette chose \u00e9trange qu&rsquo;on nomme sarkozysme?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, le th\u00e8me est \u00e9vident. Nous n&rsquo;\u00e9chapperions pas \u00e0 la question de la France, \u00e0 la question de la nation. La voie naturelle trac\u00e9e \u00e0 Villepin, c&rsquo;est le lien qu&rsquo;il peut faire, lui, entre la question de la nation qui obs\u00e8de la France parce que le concept de nation, en tant que vertu structurante, est au cur de la crise du monde  et ce monde justement, les affaires du monde, marqu\u00e9es dans la m\u00e9moire du m\u00eame Villepin par le discours de f\u00e9vrier 2003 aux Nations Unies. Le lien  est d&rsquo;autant plus \u00e9vident que, partout, \u00e9clate l&rsquo;\u00e9vidence de l&rsquo;infamie que fut l&rsquo;attaque de l&rsquo;Irak par les bandits anglo-saxons pour lesquels Sarkozy, lui, ne peut s&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;avoir une tendresse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAssez curieusement, en envisageant cette bataille qui aura lieu  qui n&rsquo;aura pas lieu, qui sait et qu&rsquo;importe puisque seule importe pour l&rsquo;instant la r\u00e9alit\u00e9 des tensions existantes que fait na\u00eetre cette hypoth\u00e8se  on en oublierait qu&rsquo;il y aurait d&rsquo;autres candidats, d&rsquo;ici ou l\u00e0, de gauche et d&rsquo;ailleurs. La curiosit\u00e9 de la chose est qu&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une bataille Sarko-Villepin, parce que leur bataille mettrait n\u00e9cessairement au premier plan les questions essentielles de la crise du monde, le reste fait d\u00e9pass\u00e9, d\u00e9mod\u00e9, sans v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNe parlons pas politique, programmes, desseins cach\u00e9s et arri\u00e8re-pens\u00e9es, par simple piti\u00e9 pour le chroniqueur. Il est \u00e9vident que des palanqu\u00e9s d&rsquo;observateurs attentifs ont d\u00e9j\u00e0 dans leurs tiroirs autant de tonnes de dossiers pour vous d\u00e9montrer l&rsquo;infamie, le complot, la manuvre, la manipulation de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre, de l&rsquo;un et pas de l&rsquo;autre, de l&rsquo;un et de l&rsquo;autre. Il est \u00e9vident que d&rsquo;innombrables p\u00e9rip\u00e9ties nous attendent, \u00e0 commencer par une bataille personnelle dont la f\u00e9rocit\u00e9 n&rsquo;aura d&rsquo;\u00e9gale que l&rsquo;intensit\u00e9 des sentiments hostiles qu&rsquo;\u00e9prouvent les deux hommes l&rsquo;un pour l&rsquo;autre. Ce qui est en jeu \u00e9galement, comme tout ce qui concerne les choses d&rsquo;une certaine importance dans la crise du monde, c&rsquo;est une affaire de destin. C&rsquo;est cela qui doit \u00eatre l&rsquo;objet de notre attention.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne croyons certainement pas \u00e0 l&rsquo;homme providentiel. Cela s&rsquo;applique \u00e0 Villepin comme \u00e0 de Gaulle, comme \u00e0 Guy Mollet ou \u00e0 Edouard Balladur  comme \u00e0 Sarko lui-m\u00eame, puisque nous y sommes. Nous pensons plut\u00f4t qu&rsquo;il existe un destin de l&rsquo;Histoire qui, aujourd&rsquo;hui, s&rsquo;affirme avec des grondements terribles, avec une force inimaginable qui est \u00e0 la mesure de la crise dont il est lui-m\u00eame la matrice. La grandeur d&rsquo;un homme qui pr\u00e9tend \u00e0 la grandeur, c&rsquo;est de saisir la force de ce destin de l&rsquo;Histoire et de s&rsquo;y couler, de s&rsquo;y soumettre, en acceptant les orientations qu&rsquo;offre ce destin  en d\u00e9pit des sondages, des directives de la Commission europ\u00e9enne, de l&rsquo;amiti\u00e9 bicentenaire entre la France et l&rsquo;Am\u00e9rique et des \u00e9ditoriaux de Bernard-Henri L\u00e9vy. Quelques hommes en sont capables. De Gaulle fut l&rsquo;un de ceux-l\u00e0, jusqu&rsquo;\u00e0 oser affirmer qu&rsquo;il \u00e9tait l&rsquo;incarnation de la France, non par orgueil d\u00e9mesur\u00e9 mais par humilit\u00e9 extraordinaire et paradoxale  l&rsquo;homme s&rsquo;effa\u00e7ant derri\u00e8re un destin qui lui est sup\u00e9rieur. Aujourd&rsquo;hui, dans le fracas de la crise du monde, cette immense question rode partout. Disons simplement qu&rsquo;une candidature Villepin, \u00e0 cause du caract\u00e8re et des traits divers du personnage, tout cela face \u00e0 Sarko, permettrait au moins de r\u00e9aliser que cette question, effectivement, est plus que jamais pos\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt puis, cela tomberait si bien. 2012, comme nous annonce le calendrier des Mayas, devrait \u00eatre une ann\u00e9e <em>very sexy<\/em>. Cette m\u00eame ann\u00e9e, deux hommes (Sarko et Obama) qui furent annonc\u00e9s comme devant amener un changement profond seront confront\u00e9s \u00e0 leur r\u00e9\u00e9lection. Ils sont d\u00e9j\u00e0 us\u00e9s et fatigu\u00e9s. L&rsquo;\u00e9poque consomme vite.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cas Villepin 1er f\u00e9vrier 2010 D&rsquo;abord, il y a le jugement qui lave plus blanc que blanc de Dominique de Villepin dans l&rsquo;affaire Clearstream; cela, suivi de l&rsquo;appel, sans se presser, du Procureur de Paris qui prend aussit\u00f4t l&rsquo;apparence, avec bien des clins d&rsquo;yeux pour la r\u00e9alit\u00e9 des choses derri\u00e8re l&rsquo;apparence, d&rsquo;une vindicte du&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[7928,5353,9226,4590,3803],"class_list":["post-71511","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-7928","tag-clearstream","tag-presidentelles","tag-sarkozy","tag-villepin"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71511","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71511"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71511\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}