{"id":71519,"date":"2010-02-03T12:03:02","date_gmt":"2010-02-03T12:03:02","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/03\/le-complot-permanent-a-linterieur-du-complot-permanent\/"},"modified":"2010-02-03T12:03:02","modified_gmt":"2010-02-03T12:03:02","slug":"le-complot-permanent-a-linterieur-du-complot-permanent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/03\/le-complot-permanent-a-linterieur-du-complot-permanent\/","title":{"rendered":"Le complot permanent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du complot permanent"},"content":{"rendered":"<p><p>Puisque l&rsquo;on parle du complot permanent de la bureaucratie du Pentagone (ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_coup_d_etat_permanent_et_la_chute_finale_03_02_2010.html\" class=\"gen\">3 f\u00e9vrier 2010<\/a>), parlons du cur secret et profond de ce complot  le <em>black budget<\/em>, l&rsquo;allocation destin\u00e9e \u00e0 des projets secrets et sans justification publique n\u00e9cessaire. Le site <em>Danger Room<\/em> observe, le <a href=\"http:\/\/www.wired.com\/dangerroom\/2010\/02\/pentagons-black-budget-tops-56-billion\/\" class=\"gen\">2 f\u00e9vrier 2010<\/a>, qu&rsquo;avec $56 milliards, le <em>black budget<\/em> du Pentagone de l&rsquo;ann\u00e9e fiscale 2011 bat tous les records, suivant d&rsquo;ailleurs une courbe d&rsquo;augmentation permanente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Defense Department just released its king-sized, $708 billion budget for the next fiscal year. Much of the proposed spending is fairly detailed  noting exactly how many helicopters the Pentagon plans to buy and how many troops it plans on playing. But about $56 billion goes simply to classified programs, or to projects known only by their code names, like Chalk Eagle and Link Plumeria. That&rsquo;s the Pentagon&rsquo;s black budget.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cobbling together this round figure for the military&rsquo;s hush-hush projects is easier than it seems. The Pentagon&rsquo;s separate ledgers for operations, research and procurement all contain line items for classified programs. Add those to the non-sensical, all-caps programs, and you&rsquo;ve got yourself an estimate for the Pentagon&rsquo;s secretive efforts.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Last year, that budget grew to more than $50 billion  the largest-ever sum, according to Aviation Week&rsquo;s Bill Sweetman, a longtime black-budget seer. A few more billion were added for wartime operations, for a total of $54 billion. This year&rsquo;total would be $2 billion higher, a 3.7 percent increase.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> En fait, l&rsquo;augmentation est beaucoup plus consid\u00e9rable, d&rsquo;une ann\u00e9e fiscale (FY2010) l&rsquo;autre (FY2011), que les 3,7% mentionn\u00e9s. Initialement, le <em>black budget<\/em> pour l&rsquo;ann\u00e9e FY2010 d\u00e9passait de quelques dizaines de $millions le cap des $50 milliards. C&rsquo;est donc une augmentation de largement plus de 10% entre les deux ann\u00e9es fiscales; il est plus que probable qu&rsquo;avec les ajouts en cours d&rsquo;exercice, l&rsquo;ann\u00e9e fiscale FY2011 d\u00e9passera les $60 milliards. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une somme sup\u00e9rieure au budget de la d\u00e9fense de pays comme ceux de la France, du Royaume-Uni, du Japon. (Difficile \u00e0 comparer avec les budgets de la d\u00e9fense de la Chine et de la Russie, dont les estimations varient, mais sans doute fort proche.) Nous ne sommes pas loin du moment o\u00f9 le <em>black budget<\/em> du Pentagone deviendra le deuxi\u00e8me budget de la d\u00e9fense du monde derri\u00e8re le budget du Pentagone lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>black budget<\/em>, c&rsquo;est le domaine absolument r\u00e9serv\u00e9 du Pentagone, le cur du cur du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_coup_d_etat_permanent_et_la_chute_finale_03_02_2010.html\" class=\"gen\">complot permanent<\/a>, cette fois au niveau de la technologie et des syst\u00e8mes. Les projets les plus fous et les plus provocateurs, les plus d\u00e9stabilisants et les plus futuristes, voire les plus \u00e9sot\u00e9riques du point de vue de la technologie, sont d\u00e9velopp\u00e9s. Inutile de dire que le gaspillage va de pair, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a effectivement aucun contr\u00f4le ext\u00e9rieur. Seuls quelques parlementaires (les pr\u00e9sidents des chambres et des deux partis, les pr\u00e9sidents des commissions sur le renseignement) sont inform\u00e9s par le Pentagone du contenu du <em>black budget<\/em>, et ils le sont en fait en termes effectivement \u00e9sot\u00e9riques puisque les programmes sont d\u00e9sign\u00e9s par des codes et des acronymes incompr\u00e9hensibles, qui ne disent rien de leur contenu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est le <em>black budget<\/em> qui est l&rsquo;h\u00e9ritier le plus assur\u00e9 des tendances id\u00e9ologiques profondes du Complexe militaro-industriel, appuy\u00e9es sur la puissance absolue de la technologie au service d&rsquo;une politique de puissance (id\u00e9al de puissance), avec en arri\u00e8re-plan des conceptions supr\u00e9matistes anglo-saxonnes. Un auteur du domaine, Nick Cook, a analys\u00e9 les proximit\u00e9s entre les origines du Complexe et le Pentagone d&rsquo;une part, et les m\u00e9thodes de la science nazie d\u00e9velopp\u00e9e par la SS d&rsquo;autre part. (Voir notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deux_textes_sur_les_origines_du_complexe_militaro_industriel_cmi_americain_26_01_2003.html?admin=1\" class=\"gen\">26 janvier 2003<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>black budget<\/em> est, par cons\u00e9quent, le domaine par d\u00e9finition du mythe de la puissance du Pentagone, qui habite tant d&rsquo;esprits. Il recouvre tous les phantasmes, toutes les suppositions les plus extraordinaires concernant le d\u00e9veloppement d&rsquo;armes, de syst\u00e8mes, de processus de destruction, d&rsquo;interventions d\u00e9stabilisantes, li\u00e9s \u00e9videmment \u00e0 tout ce qu&rsquo;on per\u00e7oit et suppose d&rsquo;intentions h\u00e9g\u00e9moniques, destructrices et apocalyptiques du Pentagone. C&rsquo;est le domaine d&rsquo;\u00e9lection des hypoth\u00e8ses relevant de la science-fiction, de l&rsquo;histoire secr\u00e8te, des complots sans nombre, des r\u00e9f\u00e9rences qui vont des grands initi\u00e9s \u00e0 la simple bande dessin\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, le champ est ouvert pour ces vaticinations o\u00f9 le jugement de la raison est fortement color\u00e9 des emportements de l&rsquo;imaginaire, sinon de l&rsquo;obsession. Nous aurions tendance \u00e0 mod\u00e9rer tout cela d&rsquo;un b\u00e9mol consid\u00e9rable, sans en conna\u00eetre davantage pour autant (mais pas moins que ceux qui font les hypoth\u00e8ses  il s&rsquo;agit du jugement du bon sens). Le <em>black budget<\/em>, c&rsquo;est aussi le domaine o\u00f9 aucun frein n&rsquo;est mis aux tendances autodestructrices de la bureaucratie du Pentagone, \u00e0 sa pratique du gaspillage, \u00e0 son enfermement dans des conceptions absolument virtualistes, \u00e0 son go\u00fbt pour les projets les plus d\u00e9raisonnables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;un des grands courants technologiques d\u00e9velopp\u00e9 sous la houlette du <em>black budget<\/em> fut la technologie furtive (<em>stealth technology<\/em>), absolument secr\u00e8te du d\u00e9but des ann\u00e9es 1970 \u00e0 1980, puis gard\u00e9 encore dans le domaine du <em>black budget<\/em> apr\u00e8s que son existence ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980  cette technologie, ou cet ensemble de technologies constamment pr\u00e9sent\u00e9 comme le caract\u00e8re m\u00eame de l&rsquo;invisibilit\u00e9 assur\u00e9e pour les v\u00e9hicules de combat, essentiellement a\u00e9riens. On ne peut dire que cette exp\u00e9rience soit une r\u00e9ussite, quand on voit combien elle a pes\u00e9 et p\u00e8se plus que jamais sur les tendances op\u00e9rationnelles de l&rsquo;USAF notamment, pour des r\u00e9sultats plus que contestables, \u00e0 des co\u00fbts absolument extraordinaires, au point qu&rsquo;on se demande si ce progr\u00e8s n&rsquo;est pas en v\u00e9rit\u00e9 une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retour_sur_la_stealth_technology_premiere_partie_22_07_2005.html?admin=1\" class=\"gen\">entrave<\/a> dramatique. L&rsquo;ATB (Advanced Technology Bomber), devenu B-2, est un produit du <em>black budget<\/em> et l&rsquo;on voit \u00e0 quelle catastrophe la chose a abouti lorsqu&rsquo;elle fut confront\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9: un programme r\u00e9duit \u00e0 21 avions pour un co\u00fbt officiel de $2,5 milliards l&rsquo;exemplaire (et, selon des \u00e9valuations secr\u00e8tes de l&rsquo;Arm\u00e9e de l&rsquo;Air fran\u00e7aise, allant en r\u00e9alit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 $6 milliards l&rsquo;exemplaire). L&rsquo;imp\u00e9ratif de la technologie furtive est un des facteurs importants du semi-\u00e9chec ou de l&rsquo;\u00e9ventuel \u00e9chec catastrophique des programmes F-22 et F-35. C&rsquo;est un facteur important dans l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration et la r\u00e9v\u00e9lation de la crise du technologisme. La technologie furtive est sans aucun doute l&rsquo;arch\u00e9type de l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;on doit avoir vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00e9trange m\u00e9thode du <em>black budget<\/em> d\u00e9velopp\u00e9e par le Pentagone.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 3 f\u00e9vrier 2010 \u00e0 11H52<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Puisque l&rsquo;on parle du complot permanent de la bureaucratie du Pentagone (ce 3 f\u00e9vrier 2010), parlons du cur secret et profond de ce complot le black budget, l&rsquo;allocation destin\u00e9e \u00e0 des projets secrets et sans justification publique n\u00e9cessaire. 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