{"id":71555,"date":"2010-02-12T10:13:33","date_gmt":"2010-02-12T10:13:33","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/12\/la-deroute-de-lideal-de-puissance\/"},"modified":"2010-02-12T10:13:33","modified_gmt":"2010-02-12T10:13:33","slug":"la-deroute-de-lideal-de-puissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/12\/la-deroute-de-lideal-de-puissance\/","title":{"rendered":"La d\u00e9route de l&rsquo;\u201cid\u00e9al de puissance\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La d\u00e9route de l&rsquo;id\u00e9al de puissance<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t12 f\u00e9vrier 2010  Il existe aujourd&rsquo;hui une similitude d&rsquo;attitudes r\u00e9actives face \u00e0 la crise syst\u00e9mique et eschatologique qui, dans le domaine \u00e9conomique pris dans son sens le plus large, est pass\u00e9e en toute logique comptable du secteur financier au secteur de la puissance publique (de l&rsquo;Etat). En toute logique comptable, \u00e9crivons-nous, puisque les finances publiques, en sauvant le secteur financier dans une \u00e9trange victoire \u00e0 la Pyrrhus temporaire remport\u00e9e sur la crise, ont transf\u00e9r\u00e9 le poids de cette crise du secteur financier sur eux-m\u00eames. Les perspectives de cette \u00e9volution se placent dans la probl\u00e9matique de la grande crise de la politique de ce que nous nommons l&rsquo;id\u00e9al de puissance, tel que le proposait Guglielmo <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">Ferrero<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa similitude d&rsquo;attitudes dont nous parlons affecte essentiellement les deux composants de base, les deux piliers de la civilisation occidentaliste et am\u00e9ricaniste, les USA et l&rsquo;Europe,  et particuli\u00e8rement l&rsquo;Allemagne pour le cas europ\u00e9en, pour la situation pr\u00e9sente. Dans les deux cas, il existe une pouss\u00e9e de type d\u00e9volution, ou s\u00e9cession pour le cas des USA selon la r\u00e9f\u00e9rence historique connue. Deux exemples du jour, l&rsquo;un isol\u00e9 et l&rsquo;autre public et massif, illustrent cette situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour les USA, nous nous r\u00e9f\u00e9rons au texte que signale un de nos lecteurs (voir le <em>Forum<\/em> de ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-un_autre_massachusetts_09_02_2010.html\" class=\"gen\">11 f\u00e9vrier 2010<\/a> de notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_autre_massachusetts_09_02_2010.html\" class=\"gen\">9 f\u00e9vrier 2010<\/a>). Le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 est celui de Ron Holland, du <a href=\"http:\/\/www.lewrockwell.com\/holland\/holland13.1.html\" class=\"gen\">11 f\u00e9vrier 2010<\/a> sur <em>LewRockwell.com<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une plaidoirie classique, qui est dans nombre d&rsquo;esprits aux USA, y compris dans le mouvement <em>Tea Party<\/em>, d&rsquo;un abandon sous une forme ou l&rsquo;autre de la solidarit\u00e9 forc\u00e9e du centralisme washingtonien qui est aujourd&rsquo;hui marqu\u00e9 par une dette et un d\u00e9ficit colossaux, au profit de la dimension de l&rsquo;Etat de l&rsquo;Union. Cette id\u00e9e est <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-rires_jaunes_et_secession_spirituelle__25_04_2009.html\" class=\"gen\">courante<\/a> aux <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_usa_aux_dsa_l_hypothese_finale_03_01_2009.html\" class=\"gen\">USA<\/a> depuis la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_triste_etat_de_l_etat_de_californie_ou_la_republique_de_schwarzenegger_02_02_2009.html\" class=\"gen\">crise<\/a>, dans la mesure o\u00f9 la catastrophique situation de Washington saigne les Etats au travers de la contribution f\u00e9d\u00e9rale qui leur est impos\u00e9e (au sens strict du mot). Un passage historique int\u00e9ressant du texte de Holland concerne les origines de la Guerre de S\u00e9cession, conform\u00e9ment aux conceptions des libertariens (<em>LewRockwell.com<\/em> est un important site de cette tendance), qui privil\u00e9gie l&rsquo;explication \u00e9conomique centrale, en g\u00e9n\u00e9ral ignor\u00e9e sinon combattue pour des raisons id\u00e9ologiques \u00e9videntes, contre la <em>narrative<\/em> classique, justement id\u00e9ologique (la cause de l&rsquo;esclavage).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>We need to forget the causes of the earlier War Between the States, regional differences, slavery, tariffs and other related issues. The new secession effort will be state based but a national movement all across the United States ranging from Vermont to Georgia, Texas to Alaska etc. Economic survival and prosperity rather than regional issues will be motivating factor.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The first secession was a product of anti-southern tariff taxes resulting in the Southern states paying the majority of the revenue to fund the distant federal government. A mistaken defense of the dying institution of slavery by slaveholding elites in the South also contributed to the failed secession effort. Third, the advancement of corporate manufacturing profits and railroad expansionism by the Northeastern establishment elites were a major contributor. Finally the promotion of a conflict by the European Rothschild banking interests funding both the Northern abolitionists and the Southern secessionists guaranteed a violent breakup of what should have been a peaceful parting of the states.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un texte de <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/tony-paterson-the-view-from-germany-1897137.html\" class=\"gen\">12 f\u00e9vrier 2010<\/a> donne un bon aper\u00e7u du climat en Allemagne face aux demandes de soutien financier \u00e0 la Gr\u00e8ce, dans la crise qu&rsquo;elle traverse. La r\u00e9action va, chez certains commentateurs, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exigence d&rsquo;un retour au <em>Deutsch Mark<\/em>. Ce climat explique fondamentalement l&rsquo;attitude de Merkel au sommet de l&rsquo;UE d&rsquo;hier, repoussant toute intervention financi\u00e8re en soutien de la Gr\u00e8ce. Tony Paterson \u00e9crit:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Germans have certainly reacted angrily to the European Union&rsquo;s deal to help out financially stricken Greece. Some commentators have even suggested that a bailout will spark calls for the scrapping of the euro and a return to the country&rsquo;s once-treasured Deutsche Mark.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>No money for the bankrupt Greeks! was the blunt headline in the mass-circulation Bild newspaper. It accused Chancellor Angela Merkel of attempting to play down what would inevitably be Germany&rsquo;s large contribution to any rescue package, given that it is Europe&rsquo;s largest economy. In a reference to the Maastricht Treaty, Bild pointed out: European Union countries are protected against paying off the debts of other member states by the so-called bailout clause.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Holger Steltzner, a commentator on Germany&rsquo;s conservative Frankfurter Allgemeine newspaper, went a step further. We signed a treaty which expressly forbids one member of the currency union paying off the debts of another. If this central commandment is not adhered to then the Germans will want the Mark back.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Over the past fortnight, the German media have carried lengthy reports about the extent of everyday Greek corruption. On the streets of Berlin yesterday, the news that Germany would probably emerge as the biggest contributor to any bailout was received with alarm.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans les deux cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;un m\u00eame mouvement, comme on doit le comprendre. Les parties du tout, devant les folies que la politique du tout (Washington) ou au nom du tout (UE) a engendr\u00e9es (notamment le d\u00e9ficit public), refusent la moindre responsabilit\u00e9 dans cette op\u00e9ration et veulent s&rsquo;en retirer. Certes, il y a des nuances claires, voire importantes, entre les deux cas, mais l&rsquo;esprit de la chose est similaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour les USA, le cas est clair. Les Etats de l&rsquo;Union restent des entit\u00e9s avec des caract\u00e9ristiques identitaires et des pr\u00e9rogatives souveraines dans certains domaines. Ils ont adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Union selon une proc\u00e9dure contractuelle, quelles que soient les pratiques douteuses qui, dans nombre de cas, ont marqu\u00e9 cette adh\u00e9sion. Ce contrat supposait des avantages pour eux \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;obligations nouvelles, comme tout contrat implique. Aujourd&rsquo;hui, ils constatent que ces avantages se sont transform\u00e9s en charge, voire en obligations quasiment arbitraires de participer \u00e0 une faillite collective qui ne serait pour l&rsquo;essentiel que le fait de la politique de l&rsquo;autorit\u00e9 centrale. Cette analyse des partisans d&rsquo;un statut nouveau des Etats, certains allant jusqu&rsquo;\u00e0 la s\u00e9cession, met de c\u00f4t\u00e9 tous les arguments soi-disant sup\u00e9rieurs (patriotisme, sentiment national am\u00e9ricaniste), avec d&rsquo;ailleurs nombre d&rsquo;arguments qui ram\u00e8nent involontairement \u00e0 sa juste place la <em>narrative<\/em> absolument et scandaleusement faussaire des USA devenus une vraie nation. La politique de Washington, prisonni\u00e8re des divers centres de pouvoir (Wall Street, le Pentagone) et de leurs influences, et prisonni\u00e8re de la dictature des bureaucraties, est devenue, toujours selon cette conception, un bras s\u00e9culier extirpant une d\u00eeme colossale des Etats de l&rsquo;Union, qui, dans le contexte g\u00e9n\u00e9rale de crise, r\u00e9duit ceux-ci \u00e0 la mis\u00e8re et les pousse vers la crise fondamentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour l&rsquo;Allemagne, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour l&rsquo;Europe, le cas est notoirement diff\u00e9rent. Les Etats de l&rsquo;UE restent de v\u00e9ritables Etats-nations, ou disons plut\u00f4t des nations pour vraiment signifier la substance historique de la chose,  des nations avec leurs pouvoirs r\u00e9galiens \u00e9ventuels (pour celles qui en ont car il y a dans ces nations de l&rsquo;UE toute une gradation, du quasi z\u00e9ro absolu de la nation jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;autre extr\u00eame de la Grande Nation),  des nations avec leurs identit\u00e9s, leurs souverainet\u00e9s, plus ou moins affirm\u00e9es selon les unes et les autres, \u00e0 l&rsquo;image des pouvoirs r\u00e9galiens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il est int\u00e9ressant que ce soit d&rsquo;Allemagne que nous viennent ces \u00e9chos s\u00e9cessionnistes. L&rsquo;Allemagne est, parmi les grands de l&rsquo;UE, la moins nation des Etats-nations. Elle l&rsquo;est tr\u00e8s peu si pas du tout, conjoncturellement mais aussi historiquement (voir plus loin). Au contraire, c&rsquo;est elle, principalement, qui a uvr\u00e9 pour transformer en substance le projet europ\u00e9en: lanc\u00e9 selon l&rsquo;esprit fondamental de la neutralisation des terribles conflits entre nations europ\u00e9ennes, tout en conservant aux nations leur sp\u00e9cificit\u00e9, le projet a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9 et s&rsquo;est transform\u00e9 en une attaque supranationale <strong>contre<\/strong> le principe de la nation. (On voit qu&rsquo;on \u00e9carte ici la notion d&rsquo;Etat qui, dans le terme d&rsquo;Etat-nation, n&rsquo;est que secondaire et caract\u00e9rise le moyen, tandis que le mot nation caract\u00e9rise la substance.) Cette attaque fut conduite par une pens\u00e9e moderniste d\u00e9structurante, ais\u00e9ment identifiable dans un mouvement \u00e0 la fois technocratique pour la substance et lib\u00e9rale pour l&rsquo;id\u00e9ologie, qui caract\u00e9rise la modernit\u00e9. (Notez bien que le mot technocratie est form\u00e9 des mots grecs <em>tekn\u00e9<\/em>, pour technique et arts, et de <em>kratos<\/em>, pour pouvoir; qu&rsquo;il pourrait, selon l&rsquo;esprit de notre \u00e9volution s\u00e9mantique et politique, venir aussi bien du rassemblement des mots technologisme, qui contient l&rsquo;id\u00e9e de technique, et bureaucratie, qui contient l&rsquo;id\u00e9e de pouvoir,  et nous retrouvons avec le technologisme et la bureaucratie deux des trois piliers de la puissance r\u00e9gnante et en pleine crise aujourd&rsquo;hui,  le troisi\u00e8me \u00e9tant la communication.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Allemagne fut le principal moteur (faussement) national de ce mouvement, ce qui a toujours entretenu une formidable ambigu\u00eft\u00e9 dans le mythe du couple franco-allemand. Pour la France, le couple saluait et scellait la pacification des relations entre deux nations qui s&rsquo;\u00e9taient tant combattues,  selon l&rsquo;illusion fran\u00e7aise \u00e0 notre sens que l&rsquo;Allemagne est une nation. Pour l&rsquo;Allemagne, il renfor\u00e7ait la force dont la finalit\u00e9 est (\u00e9tait?) une supranationalit\u00e9 o\u00f9 cette m\u00eame Allemagne esp\u00e8re (esp\u00e9rait?) jouer le r\u00f4le essentiel; pour elle, il s&rsquo;agit du substitut de la notion d&#8217;empire qui a toujours gouvern\u00e9 son destin, au contraire de la substance nationale en France.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on historiquement ironique, l&rsquo;actuelle r\u00e9volte allemande (<em>raus<\/em> l&rsquo;euro, retour au DM!) se fait donc contre un projet d&rsquo;esprit sp\u00e9cifiquement allemand. Dans ce cas, le rapprochement avec le cas des USA devient plus acceptable, puisque la r\u00e9action allemande vient effectivement du constat que ce qu&rsquo;elle imaginait \u00eatre un contrat (l&rsquo;id\u00e9e europ\u00e9enne) s&rsquo;av\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9favorable pour elle en termes financiers. Bien entendu, ce constat est possible \u00e0 cause de la crise du d\u00e9ficit, mais il d\u00e9passe et renforce cette crise \u00e0 la fois et, dans un curieux mouvement circulaire ferm\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation qu&rsquo;on peut et qu&rsquo;on doit en donner pour d\u00e9couvrir sa formidable dimension, revient \u00e0 la crise du d\u00e9ficit disons par la grande porte en lui donnant soudain les dimensions de la crise syst\u00e9mique et eschatologique de la modernit\u00e9, entre forces d\u00e9structurantes et forces structurantes. C&rsquo;est bien l&rsquo;absence de substance transcendantale du contrat de la modernit\u00e9 (type USA et type Europe supranationale) qui rend ce contrat inop\u00e9rant en cas de crise,  alors que la notion de crise est n\u00e9cessairement un des composants essentiels de l&rsquo;Histoire qui est une chose tragique,  mais certes, qui croit \u00e0 l&rsquo;Histoire et au sens tragique parmi tous ces contractants? La transcendance, par sa nature, \u00e9carte les \u00e9go\u00efsmes individuels, le contrat, par ses termes, les exacerbe,  et cette diff\u00e9rence est extr\u00eamement puissante dans le cas des crises engendr\u00e9es par la trag\u00e9die historique. La crise actuelle montre que cette Europe contractuellement supranationale n&rsquo;a <strong>aucune<\/strong> transcendance et n&rsquo;en aura jamais, et qu&rsquo;elle constitue, face \u00e0 la crise, un \u00e9chec destin\u00e9 \u00e0 se manifester par de brutaux mouvements de rupture.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tParall\u00e8lement dans ce cas, certes, le destin des USA est similaire, et va lui aussi vers la rupture (le fractionnement, la s\u00e9cession, etc.). Mais les effets seront formidablement diff\u00e9rents parce que, dans notre psychologie, sous la forte influence de la communication d&rsquo;essence am\u00e9ricaniste dans sa forme et le plus souvent dans son contenu, les USA sont un, peut-\u00eatre plus un dans notre imaginaire postmodernis\u00e9 que n&rsquo;importe quelle entit\u00e9, et anim\u00e9 dans sa puissance d&rsquo;influence par l&rsquo;<em>American Dream<\/em>. La rupture de ce un qui semblait indivisible bien qu&rsquo;il d\u00e9sign\u00e2t paradoxalement une entit\u00e9 par essence plurielle (les USA),  magie de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>, cela,  constituera une r\u00e9volution psychologique qui brisera la civilisation postmoderniste. (Il faut toujours se rappeler comme absolument significatif ce tour de passe-passe plus id\u00e9ologiquement s\u00e9mantique que grammatical qui, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la Guerre de S\u00e9cession, fit passer l&rsquo;abr\u00e9viation USA du pluriel au singulier dans la langue anglo-am\u00e9ricaine: de <em>The USA are<\/em> \u00e0 <em>The USA is<\/em>.) Pour l&rsquo;Europe, par contre, un choc de rupture \u00e9ventuel, sinon de plus en plus probable, n&rsquo;aurait pas, ou n&rsquo;aura pas n\u00e9cessairement des effets catastrophiques de cette sorte pour ses composants nationaux (avec les variables de transcendance nationale qu&rsquo;on a vues); il pourrait m\u00eame d\u00e9boucher sur des situations plus saines et plus cr\u00e9atrices de v\u00e9ritables unions ou ententes de nations.<\/p>\n<h3>Le verdict de l&rsquo;Histoire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous voudrions compl\u00e9ter l&rsquo;analyse ci-dessus, qui nous a fait rapidement passer des conceptions \u00e9conomiques (finance, d\u00e9ficit) aux conceptions politiques hautes, les secondes gouvernant les premi\u00e8res qui ne sont que des ex\u00e9cutantes ou des cons\u00e9quences, en passant, \u00e0 un degr\u00e9 plus haut encore, des conceptions politiques hautes \u00e0 l&rsquo;Histoire dans toute sa grandeur. Ce n&rsquo;est pas un hasard si les deux entit\u00e9s concern\u00e9es par cette analyse, et par la crise elle-m\u00eame, sont les USA avec leur projet contractuellement int\u00e9grationniste menac\u00e9 de toutes parts mais surtout par leurs propres composants, et l&rsquo;Allemagne au sein de l&rsquo;Europe et avec son projet europ\u00e9en mis en cause par elle-m\u00eame. (Nous parlons bien dans ce cas de l&rsquo;interpr\u00e9tation politique et historique, et non de l&rsquo;interpr\u00e9tation \u00e9conomique qui r\u00e9duit tout le monde \u00e0 la m\u00eame gamelle globalis\u00e9e et permet aux \u00e9conomistes de se prendre pour des historiens.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec ces deux pays que nous tendrions \u00e0 consid\u00e9rer plut\u00f4t comme deux entit\u00e9s dans ce cas, on retrouve les forces porteuses de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance contre l&rsquo;id\u00e9al de perfection, les deux notions propos\u00e9es par Ferrero et que nous reprenons \u00e0 notre compte dans nos conceptions g\u00e9n\u00e9rales. (On retrouve bien entendu tout cela dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/section-la_grace_de_l_histoire.html\" class=\"gen\">l&rsquo;essai<\/a> <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>.) Le raccourci est donc saisissant. La crise syst\u00e9mique et eschatologique actuelle est bien celle de ce que nous nommons la deuxi\u00e8me civilisation occidentale caract\u00e9ris\u00e9e par la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance; cette politique, que conduisirent ou plut\u00f4t suivirent, l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, par des moyens bellicistes et d\u00e9structurants, l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Am\u00e9rique-USA qui en furent les interpr\u00e8tes et les outils bien plus que les conceptrices. Ces deux entit\u00e9s, qui ne furent jamais des nations au sens transcendantal, furent et sont n\u00e9cessairement conduites par une politique de d\u00e9structuration qui attaque le principal facteur structurant de la grande politique qu&rsquo;est la nation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette attaque fut \u00e9videmment soutenue par le moyen de la communication, et l&rsquo;une de ses sous-branches qu&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9ologie, chargeant de tous les maux les nations avec invention des concepts qui vont bien (nationalisme), alors que le d\u00e9sordre des nations dans l&rsquo;\u00e9poque moderniste vient essentiellement des \u00e9v\u00e9nements d\u00e9structurants colossaux de la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, qui d\u00e9clench\u00e8rent une dynamique d\u00e9structurante naturellement orient\u00e9e contre la substance structurante de la nation. (Ces \u00e9v\u00e9nements: la R\u00e9volution am\u00e9ricaine, la r\u00e9volution de la thermodynamique et la R\u00e9volution fran\u00e7aise interpr\u00e9t\u00e9e comme une explosion fran\u00e7aise aberrante d\u00e9clenchant une puissance m\u00e9canique d\u00e9structurante et inventant les id\u00e9ologies pour habiller cette puissance m\u00e9canique.) Ces deux entit\u00e9s, Allemagne et USA, eurent et ont toujours des ambitions imp\u00e9riales, non pas dans le sens historique pur si glorieux pour l&rsquo;<em>hubris<\/em> des psychologies r\u00eaveuses mais sous la forme d&rsquo;une sorte d&rsquo;instinct structurel que l&rsquo;Histoire impose, o\u00f9 la notion d&#8217;empire s&rsquo;oppose n\u00e9cessairement \u00e0 la notion de nation,  et, en langage modernis\u00e9 selon nos conceptions,  la force d\u00e9structurante contre la r\u00e9sistance structurante. C&rsquo;est tout cela qui est dans la phase finale de sa crise<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi notre grande crise se d\u00e9gage peu \u00e0 peu des scories des interpr\u00e9tations parcellaires (crise du syst\u00e8me financier, crise du d\u00e9ficit, crise du Pentagone, etc.) pour se rapprocher de sa substance m\u00eame. Ni les USA, ni l&rsquo;Europe dans ses structures actuelles n&rsquo;y r\u00e9sisteront,  cela, avec les nuances essentielles qu&rsquo;on a dites plus haut, pour les cons\u00e9quences pour chacune de ces entit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9route de l&rsquo;id\u00e9al de puissance 12 f\u00e9vrier 2010 Il existe aujourd&rsquo;hui une similitude d&rsquo;attitudes r\u00e9actives face \u00e0 la crise syst\u00e9mique et eschatologique qui, dans le domaine \u00e9conomique pris dans son sens le plus large, est pass\u00e9e en toute logique comptable du secteur financier au secteur de la puissance publique (de l&rsquo;Etat). 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