{"id":71558,"date":"2010-02-13T09:49:44","date_gmt":"2010-02-13T09:49:44","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/13\/plaidoyer-pour-un-fonds-europeen-dinvestissement-fei\/"},"modified":"2010-02-13T09:49:44","modified_gmt":"2010-02-13T09:49:44","slug":"plaidoyer-pour-un-fonds-europeen-dinvestissement-fei","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/13\/plaidoyer-pour-un-fonds-europeen-dinvestissement-fei\/","title":{"rendered":"Plaidoyer pour un fonds europ\u00e9en d&rsquo;investissement (FEI)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Plaidoyer pour un fonds europ\u00e9en d&rsquo;investissement (FEI)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLes auteurs (1) estiment que si ce projet \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 par les gouvernements europ\u00e9ens, il pourrait avoir un r\u00f4le structurant en faveur de la dynamique europ\u00e9enne comparable \u00e0 celui que joue aujourd&rsquo;hui la monnaie unique. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComment mobiliser l&rsquo;\u00e9pargne europ\u00e9enne au service d&rsquo;investissements strat\u00e9giques \u00e0 long terme? La France a bien s\u00fbr lanc\u00e9 son Grand emprunt de 35 milliards, mais avec toutes ses limites tant hexagonales qu&rsquo;en termes d&rsquo;obligation de remboursement par l&rsquo;imp\u00f4t.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous proposons ici un projet \u00e0 la fois beaucoup plus ambitieux et moins contraignant, \u00e0 savoir la mise en place d&rsquo;un Fonds europ\u00e9en d&rsquo;investissement dot\u00e9 en r\u00e9gime de croisi\u00e8re d&rsquo;environ 1.500 \u00e0 2.000 milliards d&rsquo;euros de fonds propres ( soit l&rsquo;\u00e9quivalent des r\u00e9serves de change de la Chine), investis d&rsquo;une mani\u00e8re permanente. En cas de r\u00e9ussite, un tel projet pourrait avoir pour la construction europ\u00e9enne un effet aussi structurant que la d\u00e9cision de mettre en place une monnaie commune.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi une telle id\u00e9e? Parce que l&rsquo;Europe est aujourd&rsquo;hui menac\u00e9e de disparition face \u00e0 la concurrence politico-\u00e9conomique des nouvelles grandes puissances \u00e9mergentes, compl\u00e9tant dor\u00e9navant la traditionnelle concurrence am\u00e9ricaine, qui elle ne faiblit pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Europe poss\u00e8de \u00e0 vrai dire de nombreuses ressources potentielles, tant en termes de ressources humaines que de comp\u00e9tences scientifiques et techniques ou de capacit\u00e9s industrielles. Mais ces ressources sont sous-employ\u00e9es du fait d&rsquo; une demande insuffisante, aggrav\u00e9e par un ch\u00f4mage massif et une absence de protection face \u00e0 la concurrence \u00e9trang\u00e8re non soumise aux taxes sociales et aux contraintes de la protection environnementale. En fait, ces ressources dispara\u00eetront en quelques ann\u00e9es si rien n&rsquo;est fait pour les prot\u00e9ger.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRappelons que la liste des \u00e9quipements et besoins \u00e0 financer a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie depuis longtemps. Il s&rsquo;agit: 1. d&rsquo;investir dans les universit\u00e9s, les grandes Ecoles et les laboratoires de recherche; 2. de lancer de grands projets structurants: infrastructures de transport, de t\u00e9l\u00e9communication et d&rsquo;habitat, \u00e9nergies sous leurs diverses formes, espace, d\u00e9fense; 3. d&rsquo;initialiser des fili\u00e8res industrielles d\u00e9bouchant sur des produits de consommation ou d&rsquo;\u00e9quipement \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e et \u00e9conomes en \u00e9nergie et mati\u00e8res premi\u00e8res (concernant par exemple les nano-objets, la robotique, les v\u00e9hicules \u00e9lectriques, les industries culturelles et les loisirs num\u00e9riques&#8230;. ).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInsistons sur le fait qu&rsquo;il ne s&rsquo;agira pas de financer des d\u00e9penses de consommation, mais de d\u00e9penses d&rsquo;investissement, rentables entre 5 et 20 ans selon les secteurs. Ils ne g\u00e9n\u00e9reront donc pas d&rsquo;inflation, mais de la prosp\u00e9rit\u00e9, sans compromettre d&rsquo;autres politiques europ\u00e9ennes comme celles de la lutte contre la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Les projets \u00e0 vocation transeurop\u00e9enne ou paneurop\u00e9enne seront privil\u00e9gi\u00e9s. Des partenariats avec des pays europ\u00e9ens voisins, notamment la Russie, devront \u00eatre envisag\u00e9s, s&rsquo;ils se r\u00e9v\u00e8lent strat\u00e9giquement utiles. Il en sera de m\u00eame (voir ci-dessous) de projets int\u00e9ressant divers Etats africains m\u00e9diterran\u00e9ens ou sub-sahariens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour satisfaire ces besoins, il faut investir. Mais on ne peut pas faire appel aux financements non europ\u00e9ens. Ceux-ci ne s&rsquo;int\u00e9resseront aux investissements en Europe qu&rsquo;\u00e0 condition de les contr\u00f4ler, transformant ainsi l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne en \u00e9conomie domin\u00e9e de type coloniale. Leur contr\u00f4le sera \u00e9conomique, mais aussi politique et finalement culturel. Ainsi les d\u00e9tenteurs des p\u00e9trodollars risquent d&rsquo;investir au service des Etats et mouvances islamiques. Les fonds chinois ou provenant d&rsquo;autres pays \u00e9mergents ne seront pas davantage d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn objecte que l&rsquo;Europe ne dispose pas d&rsquo;\u00e9pargne mobilisable. C&rsquo;est \u00e9videmment faux. Rien qu&rsquo;en France, les diverses \u00e9pargnes mobili\u00e8res et immobili\u00e8res peuvent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es \u00e0 4.000 milliards d&rsquo;euros. Le dixi\u00e8me, soit 400 milliards, pourrait ainsi \u00eatre mobilis\u00e9 volontairement par leurs d\u00e9tenteurs, s&rsquo;ils trouvaient dans des participations \u00e0 un organisme public europ\u00e9en un rendement garanti sup\u00e9rieur \u00e0 celui fourni par les caisses d&rsquo;\u00e9pargne. Etendu \u00e0 l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe, le dispositif pourrait collecter entre 1500 et 2000 milliards, d\u00e9bloqu\u00e9s par tranches annuelles de 500 milliards.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne sera certes pas envisageable de proposer de l&rsquo;\u00e9pargne forc\u00e9e sous la forme des emprunts de guerre de 1914-18. Il faudra par contre faire appel \u00e0 la fois au patriotisme europ\u00e9en des petits et moyens \u00e9pargnants et des entreprises, mais aussi \u00e0 leur int\u00e9r\u00eat personnel. Pour cela, il sera indispensable de les s\u00e9curiser, en mettant en place au niveau le plus officiel des institutions europ\u00e9ennes un Fonds europ\u00e9en d&rsquo;investissement convenablement transparent et contr\u00f4l\u00e9, tant dans son fonctionnement global que dans le choix des op\u00e9rations qu&rsquo;il financera.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;Union europ\u00e9enne dispose \u00e0 cet \u00e9gard de quelques pr\u00e9c\u00e9dents, notamment les financements de la recherche\/d\u00e9veloppement. Les proc\u00e9dures n&rsquo;en sont pas sans d\u00e9fauts, mais les Etats europ\u00e9ens sont suffisamment experts et int\u00e8gres pour assurer une s\u00e9curisation du syst\u00e8me ici propos\u00e9, malgr\u00e9 l&rsquo;ampleur nouvelle de l&rsquo;ambition. Le Fonds garantira par exemple un rendement de 3.5% environ aux investisseurs, pour des pr\u00eats \u00e0 dur\u00e9e illimit\u00e9e , mais remboursables sous certaine conditions (\u00e0 l&rsquo;exemple des TSDI (1)). Le financement sera r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, au profit de projets offrant le maximum de valeur ajout\u00e9e intellectuelle ou technique. En outre, les int\u00e9r\u00eats per\u00e7us pourront \u00eatre d\u00e9fiscalis\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, l&rsquo;Europe se devant pour sa propre stabilit\u00e9 de financer le d\u00e9veloppement d&rsquo;investissements productifs au Maghreb et en Afrique subsaharienne, des fonds d&rsquo;investissements analogues pourraient \u00eatre propos\u00e9s, en liaison avec le Fonds europ\u00e9en, \u00e0 certains de nos voisins africains, mais cette fois-ci plus directement investis dans des PME \u00e0 caract\u00e8re industriel et commercial, avec \u00e9galement un avantage fiscal \u00e9ventuel \u00e0 la cl\u00e9 pour les investisseurs.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Paul Baquiast et J\u00e9rome Leddet <\/p>\n<\/p>\n<h4>Note<\/h4>\n<p>(1) Jean-Paul Baquiast, administrateur de plusieurs sites de caract\u00e8re scientifique et politique, a d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs textes dans <em>Ouverture libre<\/em> (voir le dernier d&rsquo;entre eux, du  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_hommes_et_des_robots_03_02_2010.html\" class=\"gen\">3 f\u00e9vrier 2010<\/a>). J\u00e9rome Leddet est administrateur de l&rsquo;Insee, \u00e9conomiste et consultant financier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(2) TSDI : titres subordonn\u00e9s \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, comparables \u00e0 des obligations perp\u00e9tuelles.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plaidoyer pour un fonds europ\u00e9en d&rsquo;investissement (FEI) Les auteurs (1) estiment que si ce projet \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9 par les gouvernements europ\u00e9ens, il pourrait avoir un r\u00f4le structurant en faveur de la dynamique europ\u00e9enne comparable \u00e0 celui que joue aujourd&rsquo;hui la monnaie unique. Comment mobiliser l&rsquo;\u00e9pargne europ\u00e9enne au service d&rsquo;investissements strat\u00e9giques \u00e0 long terme? 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