{"id":71565,"date":"2010-02-16T05:42:26","date_gmt":"2010-02-16T05:42:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/16\/obama-et-la-narrative-des-choses\/"},"modified":"2010-02-16T05:42:26","modified_gmt":"2010-02-16T05:42:26","slug":"obama-et-la-narrative-des-choses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/16\/obama-et-la-narrative-des-choses\/","title":{"rendered":"Obama et la <em>narrative<\/em> des choses"},"content":{"rendered":"<p><p>Steve Clemons, de <em>The Washington Note<\/em>, avait fait grand cas de l&rsquo;article de Edward Luce, du <em>Financial Times<\/em>, sur le fonctionnement de l&rsquo;\u00e9quipe de la Maison-Blanche autour de Barack Obama. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_bande_des_4_a_la_maison_blanche_08_02_2010.html\" class=\"gen\">8 f\u00e9vrier 2010<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_methode_bho_caricature_de_la_methode_nixon_11_02_2010.html\" class=\"gen\">9 f\u00e9vrier 2010<\/a> sur ce site.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y revient indirectement en commentant une interview (intervention parl\u00e9e, en vid\u00e9o) par ce m\u00eame Edward Luce de John Podesta, qui travailla \u00e0 la Maison-Blanche pendant les deux mandats Clinton, terminant comme chef de cabinet du Pr\u00e9sident \u00e0 partir de 1998; c&rsquo;est lui, Podesta, qui dirigea l&rsquo;\u00e9quipe de transition d&rsquo;Obama, entre novembre 2009 et janvier 2010. Clemons pr\u00e9sente l&rsquo;interview de Podesta le <a href=\"http:\/\/www.thewashingtonnote.com\/archives\/2010\/02\/john_podesta_ob\/\" class=\"gen\">15 f\u00e9vrier 2010<\/a> sur son site <em>The Washington Note<\/em>. Selon Podesta, Obama \u00ab<em>has lost the narrative in the country<\/em>\u00bb et pourrait conna\u00eetre le m\u00eame d\u00e9sastre \u00e9lectoral que Clinton connut en novembre 1994<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Podesta says that the White House has lost the narrative in the country and that this needs to be fixed. He said that this problem can&rsquo;t be fixed by one speech once in a while. More needs to be done. Podesta also says that politics in America today sucks.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Here is Luce&rsquo;s intro and Podesta&rsquo;s comment about serious trouble ahead:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Barack Obama, US president, has lost control of the political narrative and needs to make more use of his cabinet in order to regain it, says John Podesta, the man who headed the president&rsquo;s transition team.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>My friends in the White House would agree with this, that they lost the narrative,&rsquo; Mr Podesta said in an interview for View from DC, the Financial Times&rsquo; video series from Washington. Clearly that needs not one speech once in a while: it needs, I think, to be constantly reinforced. And not just by the president, but by his entire team He&rsquo;s got a terrific cabinet. Use it. Get out into the country and use it.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Podesta, who was also a chief of staff to Bill Clinton, drew parallels with the former president&rsquo;s difficulties in his first two years, which culminated in the 1994 Republican takeover of Congress following the failure of healthcare reform.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>When asked whether the failure of this latest attempt at healthcare reform would result in a similar electoral massacre&rsquo; for the Democratic party at the mid-term elections in November, he said: I subscribe to that view.&rsquo;<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Washington est encore assez loin, en temps politique compt\u00e9, des \u00e9lections du <em>mid-term<\/em> (novembre prochain) et Obama entre \u00e0 peine dans sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e de mandat. Pourtant, le temps para\u00eet \u00e9trangement court et, surtout, se d\u00e9rouler tr\u00e8s vite. Effectivement, dans le m\u00eame temps l&rsquo;on ressent Obama comme encore en train de s&rsquo;installer dans ses fonctions et l&rsquo;on parle d\u00e9j\u00e0 du d\u00e9sastre possible, sinon probable, qui va le priver des pr\u00e9rogatives principales et de l&rsquo;autonomie de ses fonctions. En aucun cas, l&rsquo;administration Clinton n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 paralys\u00e9e <strong>avant<\/strong> m\u00eame le d\u00e9sastre de novembre 1994, qui constitua tout de m\u00eame une surprise politique, alors qu&rsquo;Obama est <strong>d\u00e9j\u00e0<\/strong> paralys\u00e9 par la perspective du possible, sinon probable d\u00e9sastre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEst-ce cela qu&rsquo;on nomme perdre le contr\u00f4le des choses? Podesta parle d&rsquo;une situation o\u00f9 Obama <em>lost the narrative in the country<\/em>, ce qui est une expression assez impr\u00e9cise dans l&#8217;empire de la communication que sont les USA, o\u00f9 tout est essentiellement <em>narrative<\/em> (l&rsquo;interpr\u00e9tation des \u00e9v\u00e9nements sous forme d&rsquo;histoire, voire de fable, ou bien est-ce une histoire ou une fable qui remplace simplement la perception des \u00e9v\u00e9nements?). L&rsquo;id\u00e9e exprim\u00e9e par Podesta pourrait signifier la m\u00eame chose per\u00e7ue de deux fa\u00e7ons: Obama a perdu l&rsquo;attention centrale du pays, ou bien Obama a perdu l&rsquo;influence spirituelle centrale sur le pays. (Apr\u00e8s tout, ces expressions un peu pompeuses figurent simplement l&rsquo;influence de l&rsquo;homme qui occupe la fonction supr\u00eame.) En aucun cas ce n&rsquo;\u00e9tait la situation pour Bill Clinton au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1994. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn en revient alors \u00e0 une hypoth\u00e8se, celle qui est toujours la m\u00eame dans le cas de Barack Obama, qui reste, quoi qu&rsquo;on fasse et qu&rsquo;on \u00e9crive, une \u00e9nigme,  m\u00eame s&rsquo;il s&rsquo;agit \u00e9ventuellement d&rsquo;une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-et_si_l_enigme_etait_vide_19_01_2010.html\" class=\"gen\">\u00e9nigme vide<\/a>. Il y a d&rsquo;abord la fa\u00e7on dont il est \u00e9lu, homme d\u00e9clenchant un courant de soutien exceptionnel mais, principalement, parce que les USA sont au cur de la crise et donc ont <strong>besoin<\/strong> d&rsquo;un tel candidat et d&rsquo;une telle \u00e9lection,  donc BHO \u00e9lu non pour lui-m\u00eame mais parce que la crise le d\u00e9signait. Ensuite, son action: contre la crise, s&rsquo;en remettant compl\u00e8tement \u00e0 une \u00e9quipe \u00e9conomique aujourd&rsquo;hui compl\u00e8tement discr\u00e9dit\u00e9e; semblant \u00e9pouser l&rsquo;esquisse de politiques nouvelles, au moins jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2009; puis, semblant abandonner cette orientation pour \u00e9pouser les normes du syst\u00e8me, donc semblant capituler; puis, confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement (l&rsquo;\u00e9lection du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_tempete_venue_du_massachusetts_22_01_2010.html\" class=\"gen\">Massachusetts<\/a> du 19 janvier) qui semblerait symbolique du d\u00e9sastre qui l&rsquo;attend en novembre prochain, et donc <strong>d\u00e9j\u00e0<\/strong> prisonnier par avance de ce d\u00e9sastre, c&rsquo;est-\u00e0-dire priv\u00e9 des pr\u00e9rogatives principales et de l&rsquo;autonomie de ses fonctions qu&rsquo;il n&rsquo;a pourtant jamais exerc\u00e9es pleinement Autrement dit: quand donc Obama a-t-il \u00e9t\u00e9 vraiment pr\u00e9sident et quand a-t-il vraiment ma\u00eetris\u00e9 <em>the narrative in the country<\/em>, sinon pendant le court instant symbolique de son discours d&rsquo;inauguration? La r\u00e9ponse est \u00e9trange, malgr\u00e9 la colossale somme de discours qu&rsquo;il a accumul\u00e9e: Obama n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 vraiment pr\u00e9sident.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, comment r\u00e9cup\u00e9rer <em>the narrative in the country<\/em> d&rsquo;ici novembre, pour emp\u00eacher le d\u00e9sastre qui semblerait d\u00e9j\u00e0 presque acquis, alors qu&rsquo;il ne cesse de parler, sorte de moulin \u00e0 discours, et qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais ma\u00eetris\u00e9 cette <em>narrative<\/em>? Obama est bien un cas exceptionnel, ce qui est somme toute normal pour une situation qui ne l&rsquo;est pas moins. Loin d&rsquo;\u00eatre un homme du syst\u00e8me, une marionnette de ceci ou de cela, de Wall Street ou du Pentagone,  sauf l&rsquo;hypoth\u00e8se de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_marionnette_de_la_crise_25_01_2010.html\" class=\"gen\">marionnette de la crise<\/a>,  Obama semble rester en-dehors du syst\u00e8me comme il est en-dehors de sa fonction. (On observe d&rsquo;ailleurs combien cela correspond \u00e0 un trait de son caract\u00e8re, qui est une forte capacit\u00e9 au d\u00e9tachement des choses, \u00e0 une grande distance entre les \u00e9v\u00e9nements, m\u00eame ceux qui le concernent, et lui-m\u00eame.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn souhaiterait ce d\u00e9sastre de novembre 2010 rien que pour voir comment cet homme \u00e9trange, peut-\u00eatre secret ou peut-\u00eatre vide, va en disposer. Clinton avait connu, apr\u00e8s le d\u00e9sastre de novembre 1994, une terrible d\u00e9pression qui fut dissimul\u00e9e au public; et l&rsquo;on parle, certes, d&rsquo;une d\u00e9pression au sens pathologique, qui fit qu&rsquo;on dut le soigner, qu&rsquo;il resta pendant plusieurs semaines incapable de remplir normalement ses fonctions. Puis, sorti de ce contrecoup, il choisit de s&rsquo;orienter vers la politique ext\u00e9rieure, qu&rsquo;il avait jusqu&rsquo;alors n\u00e9glig\u00e9e pour ses grands projets int\u00e9rieurs. (C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque, au milieu de l&rsquo;ann\u00e9e 1995, que les USA <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_complementaires_sur_les_notes_sur_mon_meilleur_ennemi__04_02_2010.html\" class=\"gen\">s&rsquo;engag\u00e8rent<\/a> massivement en ex-Yougoslavie.) Obama ne peut suivre ce sch\u00e9ma  on ne parle pas de la d\u00e9pression nerveuse mais de la politique ext\u00e9rieure,  puisqu&rsquo;il y est d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s appuy\u00e9e, sans pourtant y avoir imprim\u00e9 la marque d\u00e9cisive qu&rsquo;on attendait de lui pendant les six-huit premiers mois de son mandat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9nigme, vide ou pas, demeure. Mais la logique des situations que l&rsquo;Histoire nous impose est apr\u00e8s tout respect\u00e9e: la situation et l&rsquo;avenir imm\u00e9diat des USA sont aussi \u00e9nigmatiques et incertains que leur pr\u00e9sident. Obama ne contr\u00f4le pas la <em>narrative<\/em> de l&rsquo;histoire en cours de son pays parce que plus personne ne peut vraiment \u00e9noncer une telle <em>narrative<\/em>. En fait de perte de contr\u00f4le, ce sont les USA qui ont perdu le contr\u00f4le d&rsquo;eux-m\u00eames. Ce pr\u00e9sident-l\u00e0 leur va donc comme un gant.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 16 f\u00e9vrier 2010 \u00e0 05H44<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Steve Clemons, de The Washington Note, avait fait grand cas de l&rsquo;article de Edward Luce, du Financial Times, sur le fonctionnement de l&rsquo;\u00e9quipe de la Maison-Blanche autour de Barack Obama. (Voir le 8 f\u00e9vrier 2010 et le 9 f\u00e9vrier 2010 sur ce site.) Il y revient indirectement en commentant une interview (intervention parl\u00e9e, en vid\u00e9o)&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[6179,934,5832,6648,6109,4321,6208,9275,6121],"class_list":["post-71565","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-clemons","tag-clinton","tag-desastre","tag-enigme","tag-mid-term","tag-narrative","tag-obama","tag-podesta","tag-vide"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71565","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71565"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71565\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71565"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71565"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71565"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}