{"id":71586,"date":"2010-02-22T02:17:34","date_gmt":"2010-02-22T02:17:34","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/22\/la-russie-dans-lotan-lenjeu-central\/"},"modified":"2010-02-22T02:17:34","modified_gmt":"2010-02-22T02:17:34","slug":"la-russie-dans-lotan-lenjeu-central","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/22\/la-russie-dans-lotan-lenjeu-central\/","title":{"rendered":"La Russie dans l&rsquo;OTAN, l&rsquo;enjeu central?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La Russie dans l&rsquo;OTAN, l&rsquo;enjeu central?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t22 f\u00e9vrier 2010  Il y a une id\u00e9e dans l&rsquo;air aujourd&rsquo;hui en Europe. Elle se d\u00e9finit par le grand th\u00e8me l&rsquo;OTAN et la Russie et se r\u00e9sume, pour les plus audacieux, mais de moins en moins les plus audacieux \u00e0 notre sens, par la question: pourquoi pas la Russie dans l&rsquo;OTAN?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAdmirons, pour l&rsquo;exemple, que cette id\u00e9e revienne \u00e0 deux reprises, non pas de source russe directe mais de sources russes \u00e0 propos des agitations otaniennes, \u00e0 deux reprises en dix jours pour ce que nous en savons, sur les r\u00e9seaux d&rsquo;information russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La premi\u00e8re fois, le <a href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/discussion\/20100210\/186030054.html\" class=\"gen\">10 f\u00e9vrier 2010<\/a>, sous la plume l\u00e9g\u00e8rement sarcastique de Andre\u00ef Fediachine, de Novosti ; un article sarcastiquement intitul\u00e9: \u00ab<em>Faire entrer de force la Russie dans l&rsquo;OTAN?<\/em>\u00bb Fediachine fait un commentaire sur la venue les 9-11 f\u00e9vrier \u00e0 Moscou du groupe des sages de l&rsquo;OTAN, sous la direction de Madeleine Albright, qui travaille \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration du nouveau concept strat\u00e9gique de l&rsquo;OTAN (qui devra \u00eatre disponible pour l&rsquo;OTAN et dans toutes les documentations des experts appoint\u00e9s, \u00e0 partir d&rsquo;avril prochain, selon les plans pr\u00e9vus). La visite fut ponctu\u00e9e de visites au plus haut niveau (Medvedev, Lavrov, la direction de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie, la <em>Douma<\/em>,  tiens, point de mention de Poutine?). Fediachine observe le caract\u00e8re inhabituel de la d\u00e9marche: \u00ab<em>L&rsquo;OTAN se demande rarement comment faire correspondre la Russie \u00e0 sa conception sans offenser Moscou. Or, le groupe des sages de l&rsquo;OTAN, constitu\u00e9 de 12 experts, est arriv\u00e9 \u00e0 Moscou en vue d&rsquo;apprendre de la Russie ce qu&rsquo;elle pense du bloc aujourd&rsquo;hui, comment elle se le repr\u00e9sente pour demain et quelle alliance elle ne voudrait pas avoir \u00e0 ses fronti\u00e8res.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFediachine d\u00e9taille les ambitions de l&rsquo;OTAN, consid\u00e9rables avec ce nouveau concept strat\u00e9gique, et les probl\u00e8mes que ces ambitions posent \u00e0 une expansion constructives des difficiles relations de l&rsquo;OTAN avec la Russie. Puis il conclut, sous forme de plaisanterie,  mais pourquoi rappelle-t-il comme une plaisanterie la demande d&rsquo;adh\u00e9sion de l&rsquo;URSS \u00e0 l&rsquo;OTAN de mars 1954 qui, contrairement \u00e0 la l\u00e9gende, fut la chose <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_otan_rasmussen_rogozine_et_les_chemins_de_la_liberte_19_09_2009.html\" class=\"gen\">la plus s\u00e9rieuse<\/a> du monde?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Reconnaissons-le, il existe un merveilleux moyen de sortir l&rsquo;OTAN et la Russie de la proc\u00e9dure de r\u00e9habilitation infructueuse actuelle. Il suffit juste que Moscou demande officiellement son admission \u00e0 l&rsquo;alliance. Nous r\u00e9glerions alors d&rsquo;un seul coup les probl\u00e8mes de l&rsquo;adh\u00e9sion de l&rsquo;Ukraine et de la G\u00e9orgie, des bases russes de S\u00e9bastopol, des syst\u00e8mes de d\u00e9fense antimissile en Europe et des fonctions polici\u00e8res du bloc dans la lutte contre le terrorisme et la piraterie. Tout sera alors mis en commun. Nikita Khrouchtchev avait plaisant\u00e9 en ce sens en 1954, il avait failli d\u00e9poser une demande d&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;OTAN. A pr\u00e9sent, on parle d&rsquo;adh\u00e9sion russe m\u00eame en Occident. Et si on proposait \u00e0 Madeleine Albright de faire de m\u00eame?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pas si vite, camarade Il est des gens qui ne plaisantent pas, eux. Ainsi en est-il de George Robertson, ancien ministre de la d\u00e9fense britannique et ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;OTAN, depuis Lord George Robertson et toujours dans le <em>business<\/em>. Comme co-pr\u00e9sident du <em>think tank<\/em> anglais Institute for Public Policy Research (IPPR), Lord George a co-sign\u00e9 r\u00e9cemment (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_relations_speciales_et_le_monde_post-9_15_02_07_2009.html\" class=\"gen\">2 juillet 2009<\/a>) un important rapport sur l&rsquo;avenir de la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale britannique. Et le m\u00eame Lord George, r\u00e9pondant \u00e0 une interview du journal russe <em>Kommersant<\/em>, r\u00e9sum\u00e9e par Novosti le <a href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/world\/20100219\/186093706.html\" class=\"gen\">19 f\u00e9vrier 2009<\/a>, y va franc du collier Pour lui, l&rsquo;adh\u00e9sion de la Russie \u00e0 l&rsquo;OTAN est in\u00e9luctable et tr\u00e8s proche, et dans la nature des choses. (Rappelons que l&rsquo;id\u00e9e, d\u00e9cid\u00e9ment, n&rsquo;est pas \u00e9trang\u00e8re aux Britanniques : voyez au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-contre_la_perspective_france-russie_mistral_pourquoi_pas_la_russie_dans_l_otan_03_10_2009.html\" class=\"gen\">3 octobre 2009<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La Russie se rapproche de plus en plus de l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;Otan, de sorte qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui une telle perspective est m\u00eame plus r\u00e9elle qu&rsquo;il y a dix ans, a d\u00e9clar\u00e9 George Robertson, ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Alliance, dans une interview que le quotidien russe Kommersant a publi\u00e9e jeudi. A l&rsquo;\u00e9tape actuelle, la Russie et l&rsquo;Otan sont des alli\u00e9s et dans un avenir tr\u00e8s proche, la Russie adh\u00e9rera in\u00e9vitablement \u00e0 l&rsquo;Alliance si celle-ci ne cesse de s&rsquo;\u00e9largir, a estim\u00e9 M. Robertson.<\/em> [] <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Selon M.Robertson, l&rsquo;Otan ne sera plus une alliance militaire, mais se transformera plut\u00f4t en groupement politique, en organisation de s\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;un type nouveau, et la Russie sera alors in\u00e9vitablement impliqu\u00e9e dans ces processus communs \u00e0 toute l&rsquo;Europe.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Notons qu&rsquo;il y a deux volets dans toutes ces belles nouvelles. L&rsquo;un concerne l&rsquo;OTAN et la Russie d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;autre l&rsquo;OTAN, la Russie, l&rsquo;Europe et la politique britannique. Voyons le premier des deux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que cette visite des sages de l&rsquo;OTAN \u00e0 Moscou est tout \u00e0 fait inhabituelle. C&rsquo;est un tribut rendu par l&rsquo;OTAN \u00e0 l&rsquo;importance actuelle de la Russie; cela correspond \u00e0 l&rsquo;orientation de la politique otanienne en tant que telle adopt\u00e9e depuis <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-rasmussen_a-t-il_branle_du_chef_dans_le_bon_sens_04_09_2009.html\" class=\"gen\">l&rsquo;arriv\u00e9e<\/a> du nouveau secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale Rasmussen, qui a fix\u00e9 comme la voie fondamentale de son mandat un rapprochement d\u00e9cisif avec la Russie. (L&rsquo;autre priorit\u00e9 de Rasmussen, l&rsquo;Afghanistan, ne contredit nullement la premi\u00e8re, puisque l&rsquo;OTAN plaide fortement, avec l&rsquo;approbation <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_otan_rasmussen_rogozine_et_les_chemins_de_la_liberte_19_09_2009.html\" class=\"gen\"> souriante<\/a> mais un peu <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-rogozine_ou_un_mot_pour_le_dire_11_02_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">sarcastique<\/a> de Dimitri Rogozine, ambassadeur de la Russie aupr\u00e8s de l&rsquo;OTAN, pour une coop\u00e9ration tr\u00e8s active de la Russie avec l&rsquo;OTAN dans ce conflit.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, l&rsquo;article de Fediachine nous donne nombre d&rsquo;indications sur les ambitions consid\u00e9rables du nouveau concept strat\u00e9gique de l&rsquo;OTAN, qui promet \u00e0 l&rsquo;OTAN de devenir quelque chose d&rsquo;\u00e0 la fois insurpassable et indispensable,  une sorte de marche vers un statut du type <em>too big to fall<\/em>, vous voyez Ce qui, dans la situation actuelle, repr\u00e9sente une tentative de tout ou rien, car si l&rsquo;OTAN n&rsquo;arrive pas \u00e0 devenir indestructible par ce biais de la modification fondamentale de son statut, elle p\u00e9rira tr\u00e8s vite de sa triste mort, dans les \u00e0-pics des montagnes afghanes autant que sur les champs promis aux futures bases anti-missiles qui ne cessent de dispara\u00eetre et de repara\u00eetre dans les pays de l&rsquo;Est \u00e0 nouveau enivr\u00e9s dans leurs vieilles habitudes des temps sovi\u00e9tiques, accord\u00e9es aux sinuosit\u00e9s capricieuses de la politique US. Mais pour atteindre ce but mirifique de reconstruction institutionnelle, l&rsquo;OTAN ne peut se passer de l&rsquo;accord, voire du soutien de la Russie,  parce que, comme aurait dit le G\u00e9n\u00e9ral, la Russie est la Russie et n&rsquo;est pas, par exemple, ni la G\u00e9orgie, ni l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des pays baltes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela est d&rsquo;autant plus vrai que la Russie a des plans pour un nouvel arrangement de s\u00e9curit\u00e9 paneurop\u00e9en qui, dans la logique du nouveau concept strat\u00e9gique, se r\u00e9v\u00e8le comme une terrible concurrence pour l&rsquo;OTAN Ou disons plut\u00f4t ceci: le nouveau concept strat\u00e9gique de l&rsquo;OTAN pour pr\u00e9venir le plan Medvedev, dont l&rsquo;OTAN craint bien qu&rsquo;il pourrait la tuer, malgr\u00e9 le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat o\u00f9 ce plan se trouve aujourd&rsquo;hui, y compris de la part de la Russie elle-m\u00eame Mais l&rsquo;OTAN, en survie artificielle depuis vingt ans, a peur de tout, de son ombre autant que de celle de la Russie. D&rsquo;autre part et par cons\u00e9quent, puisqu&rsquo;on ne peut se passer de la Russie, il faut alors s\u00e9duire la Russie,  et comment faire si l&rsquo;on suit une d\u00e9marche qui, pour r\u00e9ussir,  contrarie ce qui est encore per\u00e7ue comme l&rsquo;une des ambitions majeures de la Russie (le plan Medvedev)? Poursuivons l&rsquo;inventaire jusqu&rsquo;au grandiose final, qui donne la solution-miracle: pourquoi pas une Russie dans l&rsquo;OTAN?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, la plaisanterie terminale de Fediachine ne l&rsquo;est plus tellement, ce que semble confirmer neuf jours plus tard Lord George. Disons qu&rsquo;elle est plut\u00f4t une fa\u00e7on de dire \u00e0 l&rsquo;OTAN, pour prendre date: Si vous avez cette id\u00e9e derri\u00e8re la t\u00eate, il faudra passer \u00e0 la caisse et proposer \u00e0 la Russie un march\u00e9 o\u00f9 elle s&rsquo;y retrouvera diablement. Bref, on n&rsquo;int\u00e8gre pas la Russie dans l&rsquo;OTAN comme on le fait d&rsquo;une vulgaire Lettonie, ou comme le fait une France sarkozyste r\u00e9int\u00e9grant la famille atlantique, en n&rsquo;ayant toujours pas tr\u00e8s bien expliqu\u00e9, ni encore moins compris pourquoi cela fut fait.<\/p>\n<h3>L&rsquo;axe franco-russe, cauchemar de Londres<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9cor est plant\u00e9, il reste \u00e0 explorer d&rsquo;autres territoires. Car nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 sans remarquer que cette id\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9gration de la Russie dans l&rsquo;OTAN est largement propag\u00e9e de sources britanniques \u00e9galement. C&rsquo;est le cas de Lord George Robertson, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas, il y a peu, d&rsquo;un article du <em>Times<\/em> dont nous nous faisions l&rsquo;\u00e9cho le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-contre_la_perspective_france-russie_mistral_pourquoi_pas_la_russie_dans_l_otan_03_10_2009.html\" class=\"gen\">3 octobre 2009<\/a>. D\u00e9j\u00e0, \u00e0 cette \u00e9poque, nous nous nous attachions \u00e0 une hypoth\u00e8se dont nous ne voyons pas en quoi l&rsquo;intervention de Robertson la contredit, bien au contraire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans les deux cas, ce sont des Britanniques qui \u00e9voquent la possibilit\u00e9, sinon la probabilit\u00e9 in\u00e9luctable (pour Robertson) de l&rsquo;entr\u00e9e dans l&rsquo;OTAN. Dans les deux cas, ces interventions suivent pr\u00e9cis\u00e9ment une avanc\u00e9e des relations franco-russes dans l&rsquo;affaire de la vente du <em>Mistral<\/em>. (Pour le premier cas cit\u00e9, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tait explicite; pour cette fois, avec l&rsquo;intervention de Robertson, voir notre <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_mistral_et_le_choix_russe_09_02_2010.html\" class=\"gen\">9 f\u00e9vrier 2010<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre hypoth\u00e8se est donc la suivante. Les Britanniques, qui sont fines mouches, ont compris que le jeu en Europe ne peut d\u00e9sormais se faire sans la Russie. Ils savent \u00e9galement que la puissance qui compte en Europe occidentale, c&rsquo;est la France, parce qu&rsquo;elle a la puissance militaire et l&rsquo;autonomie dans ce domaine. (Tout le monde remarque les appels du pied des Britanniques aux Fran\u00e7ais dans ce domaine, et certains accords significatifs de coop\u00e9ration sign\u00e9s ou en cours d&rsquo;\u00e9laboration.) Pour eux, les Britanniques, la situation id\u00e9ale est une coop\u00e9ration avec la France d&rsquo;une part, une situation europ\u00e9enne qui ne favorise surtout pas trop un rapprochement bilat\u00e9ral privil\u00e9gi\u00e9 franco-russe d&rsquo;autre part. A l&rsquo;inverse, la pire des situations, c&rsquo;est la formation <em>de facto<\/em> d&rsquo;un axe franco-russe, essentiellement dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9, tandis qu&rsquo;ils resteraient eux-m\u00eames dans la n\u00e9cessit\u00e9 de coop\u00e9rer avec les Fran\u00e7ais. La France en Europe occidentale, la France et la Russie en Europe, seraient les ma\u00eetres de la situation de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Britanniques suivent l&rsquo;affaire du <em>Mistral<\/em> avec une certaine anxi\u00e9t\u00e9 parce qu&rsquo;ils devinent qu&rsquo;il y a derri\u00e8re cette affaire une forte potentialit\u00e9 de coop\u00e9ration franco-russe. Ils ont not\u00e9 que les Russes veulent remettre \u00e7a et s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 l&rsquo;achat de v\u00e9hicules terrestres de surveillance et de contr\u00f4le urbain fran\u00e7ais (le VBL de Panhard), ce qui tendrait \u00e0 institutionnaliser une coop\u00e9ration strat\u00e9gique France-Russie dans le domaine des armements. Quelle est la seule fa\u00e7on pour eux de tenter d&rsquo;interf\u00e9rer dans un axe franco-russe, sinon en lan\u00e7ant \u00e0 tout va la suggestion de l&rsquo;entr\u00e9e de la Russie dans l&rsquo;OTAN; la Russie dans l&rsquo;OTAN, c&rsquo;est la puissance russe d\u00e9lay\u00e9e dans un vaste ensemble, c&rsquo;est le continent europ\u00e9en qui reste, dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la fois rassembl\u00e9 sans coh\u00e9sion effective, et divis\u00e9 en r\u00e9alit\u00e9, dans une Organisation dont on conna\u00eet les tendances; le continent europ\u00e9en divis\u00e9, sans axe central de s\u00e9curit\u00e9 (sinon l&rsquo;axe franco-britannique), c&rsquo;est la situation r\u00eav\u00e9e pour le Royaume-Uni, un des vieux hochets de la diplomatie britannique qui nous a valu quelques fameuses catastrophes. L&rsquo;axe franco-russe, c&rsquo;est la catastrophe pour la diplomatie europ\u00e9enne du Royaume-Uni.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn remarquera, dans cette hypoth\u00e8se, l&rsquo;absence remarquable des USA. Cette id\u00e9e commence \u00e0 faire son chemin et \u00e0 s&rsquo;imposer chez les Britanniques,  l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une puissance US trop diminu\u00e9e d\u00e9sormais pour pouvoir imposer sa conception de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne. Pour le reste, aucun \u00e9tonnement \u00e0 avoir avec une telle hypoth\u00e8se, tant elle renvoie \u00e0 une constance \u00e9vidente selon laquelle l&rsquo;Angleterre continue \u00e0 penser l&rsquo;Europe en nation elle-m\u00eame, et comme la r\u00e9sultante des \u00e9quilibres entre les nations du continent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;est pas encore tout \u00e0 fait assur\u00e9 que les Fran\u00e7ais aient remarqu\u00e9 dans quelle position de force potentielle ils se trouvent, en Europe, du point de vue de la question de la s\u00e9curit\u00e9. Il faudrait le leur signaler.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Russie dans l&rsquo;OTAN, l&rsquo;enjeu central? 22 f\u00e9vrier 2010 Il y a une id\u00e9e dans l&rsquo;air aujourd&rsquo;hui en Europe. 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