{"id":71604,"date":"2010-02-25T14:57:18","date_gmt":"2010-02-25T14:57:18","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/25\/barroso-lue-et-washington-on-a-les-coups-de-force-quon-peut\/"},"modified":"2010-02-25T14:57:18","modified_gmt":"2010-02-25T14:57:18","slug":"barroso-lue-et-washington-on-a-les-coups-de-force-quon-peut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/25\/barroso-lue-et-washington-on-a-les-coups-de-force-quon-peut\/","title":{"rendered":"Barroso, l&rsquo;UE et Washington: on a les coups de force qu&rsquo;on peut"},"content":{"rendered":"<p><h3>Barroso, l&rsquo;UE et Washington: on a les coups de force qu&rsquo;on peut<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUn lecteur, <em>Xaxax Xaxax<\/em>, nous soumet une d\u00e9p\u00eache d&rsquo;AFP de Bruxelles, du 22 f\u00e9vrier 2010, et nous demande: \u00abAmbassade UE aux US, qu&rsquo;en pensez-vous?\u00bb Bien que ce lecteur ne soit pas abonn\u00e9 alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une condition pour participer \u00e0 la rubrique <em>Ouverture libre<\/em>, nous faisons une exception en laissant notre commentaire, effectivement, en lecture libre, pour qu&rsquo;il puisse y avoir acc\u00e8s. Nous comprenons que la prise d&rsquo;abonnement \u00e0 <em>dedefensa.org<\/em> est pour l&rsquo;instant <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dedefensaorg_jours_de_grande_alarme_24_02_2010.html\" class=\"gen\">peu ais\u00e9e<\/a>,  ce \u00e0 quoi il sera rem\u00e9di\u00e9 sous peu<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc la d\u00e9p\u00eache, puis notre commentaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<strong><em>Controverse autour de la nomination de l&rsquo;ambassadeur de l&rsquo;UE \u00e0 Washington<\/em><\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne Jos\u00e9 Manuel Barroso et la chef de la diplomatie de l&rsquo;Union europ\u00e9enne Catherine Ashton se sont retrouv\u00e9s lundi m\u00eal\u00e9s \u00e0 une controverse sur la nomination du nouvel ambassadeur de l&rsquo;UE \u00e0 Washington, critiqu\u00e9e par certains pays.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La semaine derni\u00e8re, M. Barroso a d\u00e9sign\u00e9 son ancien chef de cabinet, Joao Vale de Almeida, un haut fonctionnaire europ\u00e9en, Portugais comme lui, au poste tr\u00e8s convoit\u00e9 de chef de la d\u00e9l\u00e9gation de l&rsquo;Union europ\u00e9enne dans la capitale am\u00e9ricaine. Une fonction revue en hausse par le trait\u00e9 de Lisbonne entr\u00e9 en vigueur en d\u00e9cembre.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le haut fonctionnaire remplace \u00e0 ce poste un ancien Premier ministre irlandais, John Bruton, qui avait quitt\u00e9 ses fonction en octobre 2009.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le ministre su\u00e9dois des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Carl Bildt, a ouvertement critiqu\u00e9 la proc\u00e9dure, regrettant que M. Barroso ait agi de son propre chef, sans que Mme Ashton consulte au pr\u00e9alable les Etats de l&rsquo;UE, et laissant entendre qu&rsquo;on aurait pu trouver une personnalit\u00e9 d&rsquo;un plus grand calibre.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Il y a eu clairement une d\u00e9cision de la Commission europ\u00e9enne de revoir en baisse le profil du poste, s&rsquo;est plaint lundi M. Bildt devant la presse, en marge d&rsquo;une r\u00e9union avec ses homologues de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, apr\u00e8s avoir \u00e9crit une lettre \u00e0 ce sujet \u00e0 tous ses coll\u00e8gues.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Je ne suis pas vraiment certain que cela soit en conformit\u00e9 avec les ambitions du trait\u00e9 de Lisbonne et que cela ait \u00e9t\u00e9 la bonne chose \u00e0 faire, a en outre estim\u00e9 M. Bildt.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La Su\u00e8de juge en effet que M. Barroso et Mme Ashton auraient d\u00fb respecter l&rsquo;esprit du trait\u00e9 de Lisbonne pr\u00e9voyant que les Etats de l&rsquo;UE soient consult\u00e9s pour ces postes pr\u00e9vus dans le tout nouveau service diplomatique europ\u00e9en, le Service d&rsquo;Action Ext\u00e9rieure, en cours de cr\u00e9ation.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Une trentaine de postes importants doivent \u00eatre pourvus prochainement en son sein. Ils sont l&rsquo;objet d&rsquo;une \u00e2pre comp\u00e9tition entre la Commission europ\u00e9enne et les Etats, mais aussi entre les diff\u00e9rents Etats. Les nouveaux pays membres de l&rsquo;UE notamment, en Europe de l&rsquo;Est, redoutent d&rsquo;\u00eatre laiss\u00e9s pour compte.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La proc\u00e9dure choisie pour la d\u00e9signation de l&rsquo;ambassadeur \u00e0 Washington n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 non plus du go\u00fbt de la France.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat fran\u00e7ais aux affaires europ\u00e9ennes, Pierre Lellouche, l&rsquo;a fait savoir lundi \u00e0 Mme Ashton. Il a annonc\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9crirait lui aussi une lettre pour pr\u00e9ciser que la France souhaitait l&rsquo;application de tout le trait\u00e9, mais rien que le trait\u00e9 et donc que les Etats soient consult\u00e9s.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mme Ashton a reconnu que deux ou trois Etats auraient aim\u00e9s \u00eatre plus impliqu\u00e9s dans la nomination, tout en affirmant avoir suivi la bonne proc\u00e9dure: elle argue que le poste \u00e9tait vacant depuis octobre 2009, soit avant l&rsquo;entr\u00e9e en vigueur du trait\u00e9 de Lisbonne.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mme Ashton a aussi rejet\u00e9 les critiques sur le profil du futur ambassadeur. C&rsquo;est moi qui ai pris la d\u00e9cision, a-t-elle dit, et les Etats-Unis sont tout \u00e0 fait enchant\u00e9s.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Une mani\u00e8re pour elle de chercher \u00e0 dissiper le soup\u00e7on selon lequel elle se serait vu imposer ce choix par un Jos\u00e9 Manuel Barroso soucieux de placer un proche \u00e0 ce poste diplomatique sensible, alors qu&rsquo;elle peine elle-m\u00eame \u00e0 s&rsquo;imposer sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne, trois mois apr\u00e8s sa d\u00e9signation.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p>Pour rappel (pour ceux qui savaient), l&rsquo;Article 13bis du trait\u00e9 de Lisbonne indique:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Dans l&rsquo;accomplissement de son mandat, le haut repr\u00e9sentant s&rsquo;appuie sur un service europ\u00e9en pour l&rsquo;action ext\u00e9rieure. Ce service travaille en collaboration avec les services diplomatiques des \u00c9tats membres et est compos\u00e9 de fonctionnaires des services comp\u00e9tents du secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du Conseil et de la Commission ainsi que de personnel d\u00e9tach\u00e9 des services diplomatiques nationaux. L&rsquo;organisation et le fonctionnement du service europ\u00e9en pour l&rsquo;action ext\u00e9rieure sont fix\u00e9s par une d\u00e9cision du Conseil. Le Conseil statue sur proposition du haut repr\u00e9sentant, apr\u00e8s consultation du Parlement europ\u00e9en et approbation de la Commission.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;expos\u00e9 du dossier de cette temp\u00eate dans un verre d&rsquo;eau bureaucratique est assez bien vu. Barroso a effectivement transgress\u00e9 l&rsquo;esprit du trait\u00e9 (de Lisbonne), et l&rsquo;argument formel d&rsquo;un poste \u00e0 pourvoir depuis octobre 2009, avant l&rsquo;entr\u00e9e en vigueur du trait\u00e9, est \u00e9videmment compl\u00e8tement sp\u00e9cieux. Les r\u00e9actions des Etats-membres sont extr\u00eamement fermes. La lettre circulaire de Carl Bildt exprimant son m\u00e9contentement est une proc\u00e9dure compl\u00e8tement exceptionnelle, qui marque sans aucun doute une r\u00e9elle tension au sein des institutions europ\u00e9ennes, avec les Etats-membres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on plus pr\u00e9cise et moins diplomatique, on peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un acte du Barroso nouveau, tel que nous le d\u00e9crivions succinctement dans l&rsquo;avant-dernier paragraphe de notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ashton_tenant_dans_sa_main_tremblante_kafka_et_l_organigramme_24_02_2010.html\" class=\"gen\">24 f\u00e9vrier 2010<\/a>. Trait\u00e9 de tous les noms pour son immobilisme bureaucratique, vex\u00e9, furieux, Barroso se lance dans l&rsquo;activisme \u00e9galement bureaucratique. Il fait des coups d&rsquo;Etat qui sont \u00e0 peine des coups d&rsquo;\u00e9clat, qui sont de la pure sauce bureaucratique, qui vont attiser une belle tension \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des institutions europ\u00e9ennes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl semble que personne n&rsquo;\u00e9tait averti de la d\u00e9cision de Barroso. Les Etats-membres l&rsquo;ont apprise en g\u00e9n\u00e9ral par la presse. Ashton, qui d\u00e9fend ce choix jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer sans rire qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 fait par elle-m\u00eame, agit selon le principe qu&rsquo;on est oblig\u00e9 d&#8217;embrasser celui qu&rsquo;on ne peut \u00e9touffer. Elle aussi, nous dit-on, n&rsquo;\u00e9tait sans doute pas inform\u00e9e et a du consulter la presse pour apprendre ce qui se passait dans les services qui d\u00e9pendent nominalement d&rsquo;elle (bien qu&rsquo;elle n&rsquo;ait pas encore \u00e9t\u00e9 officiellement intronis\u00e9e par le Conseil, n&rsquo;ayant pas encore pr\u00e9sent\u00e9 aux Etats-membres son \u00e9quipe et ses ambitions). Cette d\u00e9cision de Barroso constitue <strong>d&rsquo;abord<\/strong> un empi\u00e8tement sur ses pouvoirs \u00e0 elle, toujours selon la m\u00eame logique de l&rsquo;antagonisme \u00e9voqu\u00e9 dans le <em>Bloc-Notes<\/em> d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJoao Vale de Almeida venait d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9e \u00e0 la direction g\u00e9n\u00e9rale de la DG Relex (Relations Ext\u00e9rieures), qu&rsquo;il quitte aussit\u00f4t en y laissant un complet d\u00e9sarroi. Barroso n&rsquo;en a cure puisqu&rsquo;il ne veut en l&rsquo;occurrence qu&rsquo;appara\u00eetre actif et d\u00e9fendre son pouvoir bureaucratique. Il a choisi l&rsquo;ambassade de Washington \u00e0 cause du prestige du poste et parce qu&rsquo;on conna\u00eet bien son tropisme transatlantique. Pour le reste, ce g\u00e2chis place un ignorant des affaires washingtoniennes \u00e0 la place d&rsquo;un homme (John Bruton) connu pour ses analyses fines et sans fard du chaos washingtonien. Qu&rsquo;importe d&rsquo;ailleurs puisque personne \u00e0 la Commission, sauf quelques oiseaux rares, ne tient compte de la r\u00e9alit\u00e9 washingtonienne dans les analyses qui sont faites de la situation l\u00e0-bas et des relations transatlantiques, et donc personne (sauf les oiseaux rares) ne tenait r\u00e9ellement compte des analyses de Bruton. Celles de Joao Vale de Almeida, qui seront probablement des copi\u00e9s-coll\u00e9s de la presse-<em>Pravda<\/em> du coin, feront bien l&rsquo;affaire<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe coup d&rsquo;Etat de Barroso est \u00e0 la mesure du personnage. A l&rsquo;immobilisme m\u00e9diocre succ\u00e8de l&rsquo;activisme m\u00e9diocre dans lequel il ne faut voir nulle intention politique de la moindre envergure. Simplement une bataille assez pi\u00e8tre pour les pouvoirs des uns et des autres, puisqu&rsquo;ils s&rsquo;imaginent avoir quelque pouvoir. Le seul r\u00e9sultat tangible sera de discr\u00e9diter un peu plus l&rsquo;institution europ\u00e9enne et d&rsquo;inviter les Etats-membres \u00e0 la contourner un peu plus. C&rsquo;est la meilleure chose qu&rsquo;on peut souhaiter. <\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\"><em>dedefensa.org<\/em><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Barroso, l&rsquo;UE et Washington: on a les coups de force qu&rsquo;on peut Un lecteur, Xaxax Xaxax, nous soumet une d\u00e9p\u00eache d&rsquo;AFP de Bruxelles, du 22 f\u00e9vrier 2010, et nous demande: \u00abAmbassade UE aux US, qu&rsquo;en pensez-vous?\u00bb Bien que ce lecteur ne soit pas abonn\u00e9 alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une condition pour participer \u00e0 la rubrique Ouverture&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[8903,9330,8150,4335,9328,2625,2631,3318,9326,5756,7157,4495,9327,9329],"class_list":["post-71604","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-almeida","tag-ambassadeu","tag-ashton","tag-barroso","tag-bruton","tag-coup","tag-de","tag-force","tag-joao","tag-lellouche","tag-lisbonne","tag-traite","tag-vale","tag-xaxax"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71604","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71604"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71604\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71604"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71604"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71604"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}