{"id":71606,"date":"2010-02-25T19:41:56","date_gmt":"2010-02-25T19:41:56","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/25\/puisque-la-chine-sest-eveillee\/"},"modified":"2010-02-25T19:41:56","modified_gmt":"2010-02-25T19:41:56","slug":"puisque-la-chine-sest-eveillee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/02\/25\/puisque-la-chine-sest-eveillee\/","title":{"rendered":"Puisque la Chine s&rsquo;est \u201c\u00e9veill\u00e9e\u201d\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Puisque la Chine s&rsquo;est \u00e9veill\u00e9e<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t25 f\u00e9vrier 2010  <em>Quand la Chine s&rsquo;\u00e9veillera<\/em>, titre d&rsquo;un <em>best-seller<\/em> du temps o\u00f9 nous \u00e9tions encore jeunes, lorsque, en 1973, Alain Peyrefitte, publia ce livre au retour d&rsquo;un voyage dans ce pays, alors toujours sous la surveillance tatillonne, po\u00e9tique et r\u00e9volutionnaire du pr\u00e9sident Mao. On pourrait donc dire,  combien de fois ne l&rsquo;a-t-on dit ces derni\u00e8res ann\u00e9es: voil\u00e0, c&rsquo;est fait, la Chine s&rsquo;est \u00e9veill\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains s&rsquo;avisent m\u00eame qu&rsquo;elle montre les dents, la Chine. Le tocsin est r\u00e9guli\u00e8rement sonn\u00e9 et l&rsquo;on \u00e9value dans quelle mesure un conflit est possible, si Ta\u00efwan, la Chine nationaliste, peut se d\u00e9fendre seule, etc. D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, et puisque l&rsquo;hypoth\u00e8se du conflit est tout de m\u00eame bien forc\u00e9e sinon pour l&rsquo;entretien des \u00e9tudes des s\u00e9minaires et \u00e9coles de guerre, on \u00e9largit les marques de l&rsquo;affrontement aux marges non-militaires qui font aujourd&rsquo;hui le principal des affrontements en g\u00e9n\u00e9ral. La poign\u00e9e de main BHO-Dala\u00ef-Lama, par exemple, est per\u00e7ue comme un acte offensif notable, auquel d&rsquo;ailleurs les Chinois ne manquent pas de r\u00e9pondre avec la fureur qui semblerait convenir \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe m\u00eame, nous r\u00e9v\u00e8le Ambrose Evans-Pritchard le <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/finance\/currency\/7300770\/Concerns-grow-over-Chinas-sale-of-US-bonds.html\" class=\"gen\">23 f\u00e9vrier 2010<\/a> dans le <em>Daily Telegraph<\/em>, la Chine a entam\u00e9 des manuvres au niveau de ses avoirs en bons de tr\u00e9sor US, que ce chroniqueur \u00e9conomique attribue \u00e0 des motifs politiques. Nous sommes dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A front-page story in the state&rsquo;s China Information News said the record $34bn sale of US bonds in December was a commendable move. The article was republished by the National Bureau of Statistics, giving it a stronger imprimatur.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It follows a piece last week in China Daily, the Politburo&rsquo;s voice, citing an official from the Chinese Academy of Sciences praising the move to slash holdings of US debt. This was published on the same day that US President Barack Obama received the Dalai Lama at the White House, defying protests from Beijing.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe d\u00e9veloppement de l&rsquo;analyse conduit rapidement au constat de l&rsquo;\u00e9quivalence entre la mont\u00e9e de la puissance chinoise, notamment appr\u00e9ci\u00e9e d&rsquo;un point de vue \u00e9conomique, et son affirmation politique, consid\u00e9r\u00e9e selon l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;un d\u00e9fi antagoniste lanc\u00e9 aux USA. Derri\u00e8re se profile d&rsquo;une fa\u00e7on affirm\u00e9e la th\u00e8se d&rsquo;une volont\u00e9 de puissance de la Chine, pour remplacer les USA dans la situation de <em>leadership<\/em> du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>China&rsquo;s power is growing so fast that it now feels confident enough to raise the stakes on a string of festering conflicts with the US. It has threatened to impose sanctions on any US firm that takes part in a $6.4bn arms deal for Taiwan agreed by the White House. This is a tougher response that on any previous occasion and raises the spectre of a trade war over Boeing, the key supplier.  Chinese leaders are deploying their reserves to try and pressure the US to stop haranguing China about its currency and trade policies, and to back off from interference in its domestic issues, said professor Eswar Prasad, ex-head of the IMF&rsquo;s China division.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEvans-Pritchard termine pourtant par l&rsquo;habituelle p\u00e9roraison des globalistes, bien entendu avec un raisonnement purement \u00e9conomique. Il est remarquable de retrouver dans la conclusion de ce tr\u00e8s court commentaire la pens\u00e9e et la rh\u00e9torique de la Guerre froide sous la forme d&rsquo;une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la doctrine MAD (<em>Mutual Assured Destruction<\/em>) dont on assure qu&rsquo;elle maintint l&rsquo;\u00e9quilibre entre les deux superpuissances nucl\u00e9aires avec leurs capacit\u00e9s mutuelles de se d\u00e9truire l&rsquo;une l&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Use of China&rsquo;s $2.4 trillion reserves to challenge US foreign policy is fraught with problems, not least because any damage to America will recoils immediately against China  which depends on the US market for its mercantilist growth strategy. Beijing cannot stop accumulating dollars unless it is willing to let the yuan ride, eroding the margins of its export industry. Some reserves can be parked in gold or even copper, but liquid commodity markets are not big enough to absorb the scale of Chinese surpluses.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>China and America are locked together by fate. Any petulant action by either side involves a degree of mutual assured destruction&rsquo;. But sometimes in politics  as in life  emotion flies out of control.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le domaine \u00e9conomique, tout impressionnant qu&rsquo;il soit par le sujet qu&rsquo;il d\u00e9crit, caract\u00e9ris\u00e9 par l&rsquo;abondance quantitative, est aujourd&rsquo;hui le principal vecteur du cadre psychologique conformiste qui \u00e9crase toute pens\u00e9e dans un moule de contraintes impitoyables. Ainsi en est-il des notions de puissance, qui sont manipul\u00e9es par ce conformisme pour \u00e0 la fois affirmer la pr\u00e9\u00e9minence de la puissance et sa limitation dans un m\u00eame souffle, dans une m\u00eame logique. Dans ce cas, c&rsquo;est le syst\u00e8me qui cr\u00e9e la puissance et le syst\u00e8me qui limite la puissance. La puissance est proclam\u00e9e comme le caract\u00e8re essentiel et appara\u00eet, en m\u00eame temps, comme le caract\u00e8re manipulateur essentiel du syst\u00e8me. La chose nous donne, <em>volens nolens<\/em>, une d\u00e9finition acceptable de la politique de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a> lorsque, apr\u00e8s avoir atteint son apog\u00e9e, elle commence \u00e0 basculer dans l&rsquo;absurde. Ainsi la Chine grimpe-t-elle vers l&rsquo;apog\u00e9e de la puissance, ce qui sera n\u00e9cessairement la voie vers son emprisonnement d\u00e9finitif au syst\u00e8me sous la forme d&rsquo;un rapport de destruction mutuelle assur\u00e9e avec les USA. Ainsi raisonnaient en effet les strat\u00e8ges, notamment US, notamment autour de McNamara, qui affirmaient que l&rsquo;\u00e9quilibre de la terreur \u00e9tait fait pour durer mille ans. Ils n&rsquo;avaient pas pr\u00e9vu Gorbatchev.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette forme de jugement, les acteurs sont isol\u00e9s de leurs contextes, et m\u00eame, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;eux-m\u00eames, la situation d&rsquo;eux-m\u00eames est divis\u00e9e en parties qui sont elles-m\u00eames isol\u00e9es les unes des autres. Y a-t-il, dans cette analyse exemplaire du jugement d&rsquo;\u00e9conomiste d&rsquo;Evans-Pritchard une seule r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la situation aux USA (<em>Washington is broken<\/em>, Ron Paul n\u00b01 de la droite conservatrice, r\u00e9publicains compris, <em>tea Party<\/em>, etc.)? Evans-Pritchard nous dit, comme la plupart des \u00e9conomistes-strat\u00e8ges et des strat\u00e8ges-\u00e9cononomistes, que c&rsquo;est son suppl\u00e9ment de puissance qui conduit la Chine \u00e0 son affirmation,  mais cette affirmation, justement, sera son encha\u00eenement au syst\u00e8me et aux USA. Ainsi, le tour de passe-passe de l&rsquo;analyse consiste-t-il \u00e0 sauver les USA en encha\u00eenant la puissance nouvelle de la Chine aux USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire en maintenant rh\u00e9toriquement les USA \u00e0 flots, c&rsquo;est-\u00e0-dire le syst\u00e8me, la globalisation, tout le diable et son train La Chine, rendue puissante par le syst\u00e8me, sauvant le syst\u00e8me par le fait m\u00eame de cette puissance. L\u00e0-dedans, toute la vertu est pour le syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre analyse est <strong>radicalement<\/strong> diff\u00e9rente. Pour nous, c&rsquo;est la d\u00e9t\u00e9rioration acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de la position des USA, l&rsquo;accentuation dramatique de l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 de leur politique, la paralysie de leur pouvoir, l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 de leur politique g\u00e9n\u00e9rale (voir le jugement rapport\u00e9 de Chine par <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_g2_n_aura_pas_lieu_19_10_2009.html\" class=\"gen\">Kissinger<\/a>) qui poussent la Chine \u00e0 cette apparence d&rsquo;affirmation de puissance, \u00e0 ce qui est affirm\u00e9 comme tel par ceux qui la jugent. Selon la forme d&rsquo;analyse que nous avons choisie, la Chine n&rsquo;est pas prisonni\u00e8re de sa puissance montante et de la logique de cette puissance telle qu&rsquo;elle nous est offerte. Pour l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour la dimension historique de la chose, elle est plut\u00f4t dans une course similaire \u00e0 celle de la Russie vis-\u00e0-vis des USA: une inqui\u00e9tude grandissante \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ce monstre (les USA) devenu fou et ingouvernable, une affirmation de plus en plus ferme, voire brutale, contre lui, pour contenir ses exc\u00e8s, pour orienter sa d\u00e9cadence, \u00e9ventuellement pour diriger les d\u00e9bris de son prochain effondrement<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous d\u00e9veloppons cette id\u00e9e dans la rubrique <em>dedefensa<\/em> de <em>dde.crisis<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_25_fevrier_2010.html\" class=\"gen\">25 f\u00e9vrier 2010<\/a>. Nos lecteurs trouveront ci-dessous un extrait de cette rubrique, plus pr\u00e9cis\u00e9ment ax\u00e9 sur l&rsquo;appr\u00e9ciation de cette convergence Chine-Russie, qui revient \u00e0 conduire des politiques parall\u00e8les, sans coordination n\u00e9cessaire, par simple intuition de deux grandes nations dont la conscience historique est consid\u00e9rable, face \u00e0 la folie am\u00e9ricaniste-occidentliste.<\/p>\n<h3>Extrait de <em>dde.crisis<\/em>: Tenir contre le d\u00e9sordre am\u00e9ricaniste <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab Nous autres \u00e0 l&rsquo;Ouest,   nous comme figure de style car nous-m\u00eame (le chroniqueur) n&rsquo;y sentons nulle affinit\u00e9,  dissertons gravement sur la d\u00e9finition de notre ennemi commun,  bref, sur l&rsquo;Ennemi. Hier, il y a quelques mois, c&rsquo;\u00e9tait la Russie; aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est la Chine; et puis non, apr\u00e8s tout, c&rsquo;est aussi la Russie. (Passons sur les autres Ennemis du catalogue, l&rsquo;Iran et tel autre Venezuela, hors de ce jeu parce que leur dimension historique est insuffisante.) Nos strat\u00e8ges en chambre ressassent jusqu&rsquo;\u00e0 la naus\u00e9e les m\u00eames arguments depuis des d\u00e9cennies&#8230; Bien, cela est acquis, rangeons-les dans leurs tiroirs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Plus int\u00e9ressante, cette situation en train de s&rsquo;esquisser, d&rsquo;une communaut\u00e9 de r\u00e9action entre la Russie, dont nous avons d\u00e9crit plus haut le bruyant m\u00e9pris d\u00e9sormais exprim\u00e9 face \u00e0 l&rsquo;aventurisme chaotique du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, et la Chine, dont avons signal\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment (voir notre rubrique <em>Perspectives<\/em> du 25 novembre 2009), le refus cat\u00e9gorique de l&rsquo;offre de complicit\u00e9 h\u00e9g\u00e9monique mondiale du G2, que le pr\u00e9sident Obama apportait dans ses cartons lors de sa visite \u00e0 P\u00e9kin, ce m\u00eame mois de novembre 2009. On remarque ainsi une troublante similitude de date, entre les deux hostilit\u00e9s nouvelles et affich\u00e9es des deux puissances face aux entreprises de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. La similitude se poursuit. D\u00e9but f\u00e9vrier, alors que les Chinois r\u00e9agissent fermement \u00e0 une livraison massive d&rsquo;armes \u00e0 Ta\u00efwan et \u00e0 la rencontre entre Obama et le Dala\u00ef Lama, les Russes, comme on l&rsquo;a vu notamment avec Rogozine, r\u00e9agissent non moins vivement \u00e0 l&rsquo;annonce d&rsquo;un accord entre les USA et la Roumanie pour le d\u00e9ploiement futur (autour de 2015-2016) de missiles sol-air SM-3 en Roumanie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Dans les deux cas, il ne s&rsquo;agit nullement, de la part des USA, d&rsquo;entreprises strat\u00e9giques majeures. Les menaces sont accessoires et ne bouleversent aucun \u00e9quilibre, malgr\u00e9 tout ce qu&rsquo;on peut nous raconter sur la quincaillerie dont le Pentagone est si prodigue. Les batteries de missiles pour dans 5-7 ans (Dieu sait ce qui se sera pass\u00e9 entretemps), voire l&rsquo;armement vendu \u00e0 Ta\u00efwan qui est surtout de type d\u00e9fensif, ne sont pas des actes d\u00e9cisifs; ce sont surtout des actes qui marquent l&rsquo;aspect erratique, voire d&rsquo;humeur, voire \u00e9galement compl\u00e8tement incontr\u00f4l\u00e9s par une autorit\u00e9 centrale, d&rsquo;une politique. De ce point de vue, on observera que les r\u00e9actions russe et chinoise, \u00e9galement violentes chacune \u00e0 leur mani\u00e8re, peuvent para\u00eetre disproportionn\u00e9es si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux r\u00e9f\u00e9rences habituelles dans le type de relations classiques et connues, et compte tenu des caract\u00e9ristiques de la politique ext\u00e9rieure US. Justement, une autre interpr\u00e9tation est que les deux r\u00e9actions mettent en cause cette politique ext\u00e9rieure US et ses caract\u00e9ristiques courantes. []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb L&rsquo;essentiel est sans nul doute d&rsquo;appr\u00e9cier ces r\u00e9actions russes et chinoises \u00e0 la lumi\u00e8re du jugement, et surtout de leur perception intuitive et d&rsquo;essence m\u00e9tahistorique que nous leur pr\u00eatons. Il n&rsquo;est pas du tout question d&rsquo;attitudes selon les termes classiques (tensions d&rsquo;affrontement, n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas perdre la face, etc.), ou bien dans une mesure que nous jugeons n\u00e9gligeable. Il est question d&rsquo;une attitude d&rsquo;une sorte de <em>containment<\/em> (selon le terme employ\u00e9 durant la Guerre froide) du d\u00e9sordre de la politique ext\u00e9rieure US. La Chine et la Russie ont d\u00e9finitivement identifi\u00e9 la politique ext\u00e9rieure US comme une politique secr\u00e9tant, par ses sources et ses structures, une tension d\u00e9structurante constante qui se traduit par un aspect erratique d&rsquo;une part, avec des constants changements de cap, et par un aspect de d\u00e9sordre compl\u00e9tant le pr\u00e9c\u00e9dent, et dans ce cas \u00e9galement rencontr\u00e9e par l&rsquo;aspect erratique et celui des constants changements de cap.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Pour tenter de mieux comprendre la situation politique du monde, qui est de moins en moins g\u00e9opolitique et de plus en plus psychopolitique [voir notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-politique_d_epoque_l_ere_psychopolitique_rubrique_analyse_volume_22_n07_du_10_decembre_2006_25_12_2006.html\" class=\"gen\">25 d\u00e9cembre 2006<\/a>], il faut admettre le principe que nous ne sommes plus dans une phase courante des relations internationales mais dans la phase terminale d&rsquo;un ensemble civilisationnel qui  nimbe et affecte l&rsquo;univers. En un sens, avec des variables importants selon les origines des positions des uns et des autres, tous les composants du syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral,  nations, groupes de nations, etc.,  se trouvent dans une situation \u00e0 la fois d&rsquo;antagonisme exacerb\u00e9 et de solidarit\u00e9 oblig\u00e9e. Concr\u00e8tement, cela signifie qu&rsquo;on peut \u00e0 la fois s&rsquo;affronter pour une question de d\u00e9ploiement de missiles anti-missiles et coop\u00e9rer dans la recherche de la lutte contre la crise climatique. Dans ce cas, Chine et Russie sont les deux puissances qui sont le plus pleinement dans les deux positions \u00e0 la fois. Tous leurs actes politiques sont donc ambivalents, leur action \u00e0 signification double.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Les deux puissances ont connu une phase interm\u00e9diaire (2005-2009 pour la Chine, de son entr\u00e9e tonitruante dans le syst\u00e8me \u00e9conomique occidental \u00e0 son refus du G2, 2007-2009 pour la Russie, entre le discours de Poutine \u00e0 le <em>Wehrkunde<\/em> de f\u00e9vrier 2007 et le d\u00e9senchantement de fin 2009 vis-\u00e0-vis de Barack Obama). Durant cette phase, on pouvait croire que les deux pays allaient chercher \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer dans le syst\u00e8me. Aujourd&rsquo;hui, ce processus est stopp\u00e9 pour la nouvelle position d\u00e9crite plus haut d&rsquo;un pied en dedans, un pied en dehors. Ce n&rsquo;est pas parce que les deux puissances ont \u00e9volu\u00e9 mais parce que le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral, lui, a \u00e9volu\u00e9 avec une crise qui s&rsquo;est pr\u00e9cipit\u00e9e \u00e0 une formidable vitesse,  \u00e0 notre sens, beaucoup plus vite que tout ce qu&rsquo;on pouvait attendre, craindre ou esp\u00e9rer c&rsquo;est selon. Aujourd&rsquo;hui, leur changement politique n&rsquo;est pas le fruit d&rsquo;une volont\u00e9 ni d&rsquo;une d\u00e9lib\u00e9ration, mais d&rsquo;un mouvement d\u00e9cisif de l&rsquo;Histoire vers l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise de civilisation. Il est  n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9carter toutes les visions qui ont une connexion ou l&rsquo;autre avec notre vision ancienne des antagonismes type-Guerre froide, voire de type plus g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;antagonisme g\u00e9opolitique. Cette chose est morte. []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une phase nouvelle caract\u00e9ris\u00e9e par l&rsquo;incertitude des orientations, par la relativit\u00e9 extr\u00eame de l&rsquo;identification des situations. Chine et Russie vont constituer des composants \u00e0 la fois plus que jamais indispensables des relations internationales, et plus que jamais impr\u00e9visibles si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux visions d\u00e9pass\u00e9es qu&rsquo;on a cit\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment. Il est d\u00e9risoire d&rsquo;esp\u00e9rer que l&rsquo;on se dirige vers un reclassement (par exemple, la puissance chinoise rempla\u00e7ant la puissance am\u00e9ricaniste comme dominatrice des relations internationales), parce que ces deux puissances ne jouent pas compl\u00e8tement le jeu du syst\u00e8me ou, plut\u00f4t, si l&rsquo;on ose ce jeu de mots, se jouent du jeu du syst\u00e8me, ou bien encore jouent avec le jeu du syst\u00e8me. Cette situation est rendue possible par l&rsquo;\u00e9tat courant d&rsquo;effondrement de ce syst\u00e8me, qui n&rsquo;est plus capable d&rsquo;imposer ses r\u00e8gles mais qui en est r\u00e9duit \u00e0 les rappeler sporadiquement sans plus savoir ce qu&rsquo;elles signifient pr\u00e9cis\u00e9ment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb La Chine et la Russie ne savent pas pour autant vers o\u00f9 elles vont, si elles vont quelque part, etc. Elles ne constituent pas une alternative, \u00e0 laquelle on pourrait se rallier ou contre laquelle on pourrait se mobiliser. Elles sont comme des puissances flottantes, dans un syst\u00e8me et en dehors, s&rsquo;ins\u00e9rant dans ce syst\u00e8me en le d\u00e9non\u00e7ant, appliquant les r\u00e8gles de ce syst\u00e8me en les d\u00e9non\u00e7ant et ainsi de suite. Elles ne peuvent \u00eatre mises en accusation pour cela parce qu&rsquo;elles sont, de ce fait, conformes \u00e0 la situation historique qui est celle d&rsquo;un effondrement d&rsquo;une part, de l&rsquo;attente de la situation \u00e0 na\u00eetre apr\u00e8s cet effondrement d&rsquo;autre part. []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb C&rsquo;est dans ce cadre que Chine et Russie \u00e9voluent, et c&rsquo;est ce cadre qu&rsquo;il faut consid\u00e9rer pour envisager les relations de l&rsquo;Occident, ou plut\u00f4t des diverses parties de l&rsquo;Occident avec la Chine et avec la Russie. On veut dire par l\u00e0 que, loin d&rsquo;attendre des r\u00e9actions regroup\u00e9es et coordonn\u00e9es, favorables ou pas qu&rsquo;importe, de l&rsquo;ensemble occidentaliste vis-\u00e0-vis de la Chine et de la Russie dans ce que nous d\u00e9crivons comme leurs politiques en apparence ind\u00e9termin\u00e9es, nous devons au contraire attendre des r\u00e9actions diversifi\u00e9es, parfois contradictoires et antagonistes \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc en question. L&rsquo;action et la politique de la Chine et de la Russie vont fractionner l&rsquo;Occident selon des lignes qu&rsquo;on ne peut d\u00e9terminer. Ce n&rsquo;est pas une tactique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e (on nommait cela saucissonnage, du temps de la Guerre froide) mais une fatalit\u00e9 par d\u00e9finition in\u00e9vitable. \u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Puisque la Chine s&rsquo;est \u00e9veill\u00e9e 25 f\u00e9vrier 2010 Quand la Chine s&rsquo;\u00e9veillera, titre d&rsquo;un best-seller du temps o\u00f9 nous \u00e9tions encore jeunes, lorsque, en 1973, Alain Peyrefitte, publia ce livre au retour d&rsquo;un voyage dans ce pays, alors toujours sous la surveillance tatillonne, po\u00e9tique et r\u00e9volutionnaire du pr\u00e9sident Mao. 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