{"id":71632,"date":"2010-03-05T07:26:21","date_gmt":"2010-03-05T07:26:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/05\/notes-sur-the-system-is-broken\/"},"modified":"2010-03-05T07:26:21","modified_gmt":"2010-03-05T07:26:21","slug":"notes-sur-the-system-is-broken","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/05\/notes-sur-the-system-is-broken\/","title":{"rendered":"Notes sur \u201c<em>The system is broken<\/em>\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur <em>The system is broken<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;expression favorite \u00e0 Washington est une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_broken_broken_broken_tout_est_broken__22_02_2010.html\" class=\"gen\">rengaine<\/a>: <em>The system is broken<\/em>. On l&rsquo;entend autant employ\u00e9e chez un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-biden_washington_ne_fonctionne_plus__17_02_2010.html\" class=\"gen\">Biden<\/a> ou chez une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-washington_is_broken_version_hillary_24_02_2010.html\" class=\"gen\">Clinton<\/a>, qu&rsquo;\u00e0 propos du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_foire_aux_termites_18_02_2010.html\" class=\"gen\">JSF<\/a> et du Pentagone. Elle d\u00e9signe essentiellement ce qu&rsquo;on nommerait le syst\u00e8me du pouvoir aux USA (beaucoup plus que le syst\u00e8me de gestion qui n&rsquo;est que l&rsquo;application du syst\u00e8me de pouvoir).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;expression d\u00e9signe une situation qui s&rsquo;est peu \u00e0 peu clarifi\u00e9e dans ses causes fondamentales, notamment depuis la crise du 15 septembre 2010, plus largement depuis le 11 septembre 2001, historiquement et de fa\u00e7on radicale depuis l&rsquo;origine de la fondation des USA. En effet, <em>The system is broken<\/em> indique aujourd&rsquo;hui une crise historique des USA, avec des \u00e9ch\u00e9ances pressantes dans les domaines essentiels, et un cadre formel qui interdit d&rsquo;esp\u00e9rer de diffuser les effets fondamentaux de cette crise, jusqu&rsquo;\u00e0 les r\u00e9duire en repoussant les effets conjoncturels en cours.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The system is broken<\/em> se r\u00e9sume par deux situations bien pr\u00e9cises:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une part, la situation budg\u00e9taire du gouvernement <strong>f\u00e9d\u00e9ral<\/strong> (la dette en g\u00e9n\u00e9ral), qui est dramatique. Devant ce constat, les \u00e9conomistes, fort \u00e9nerv\u00e9s ces temps-ci, sortent leurs calculettes, leurs certitudes et leurs vitup\u00e9rations,  d&rsquo;o\u00f9 il ressort que, oui, la situation budg\u00e9taire du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral US est dramatique, mais que ce n&rsquo;est pas le seul gouvernement au monde dans ce cas, loin de l\u00e0. (Notez bien que nous prenons un soin jaloux \u00e0 ne pas employer le mot Etat ou le mot nation. Cette nuance, on le verra plus loin, est essentielle et de poids.) Les \u00e9conomistes se trompent. La situation du budget US n&rsquo;est pas une question qu&rsquo;on doit appr\u00e9cier en termes budg\u00e9taires et en termes \u00e9conomiques. C&rsquo;est une situation qu&rsquo;on peut d\u00e9crire en termes \u00e9conomiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire comptables dans ce cas, mais qui n&rsquo;y peut \u00eatre r\u00e9duite sous peine d&rsquo;un jugement trompeur, et qui, souvent, conduit \u00e0 des conclusions fausses \u00e0 cause de ce jugement trompeur; c&rsquo;est une situation <strong>historique<\/strong>, et cela d\u00e9passe compl\u00e8tement la comp\u00e9tence des \u00e9conomistes. L&rsquo;Histoire ne r\u00e9pond pas aux m\u00eames lois que l&rsquo;\u00e9conomie,  laquelle, au reste, ne r\u00e9pond que fort rarement \u00e0 ses propres lois. L&rsquo;Histoire demande un autre regard, d&rsquo;une bien plus large ampleur et surtout d&rsquo;une autre substance, que celui dont use l&rsquo;\u00e9conomiste. C&rsquo;est ce regard de l&rsquo;historien qu&rsquo;il convient d&rsquo;adopter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;autre part, la situation politique, dont nous avons tr\u00e8s souvent parl\u00e9, mais plus pr\u00e9cis\u00e9ment depuis l&rsquo;\u00e9lection partielle du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_grande_deroute_du_massachusetts_20_01_2010.html\" class=\"gen\">Massachusetts<\/a>. Cette situation politique est encadr\u00e9e par des \u00e9ch\u00e9ances, dont \u00e9videmment l&rsquo;\u00e9lection g\u00e9n\u00e9rale de novembre 2010 o\u00f9 il y a de fortes possibilit\u00e9s que le Congr\u00e8s tel qu&rsquo;il en sortira bouclera compl\u00e8tement la paralysie et d\u00e9cha\u00eenera tout aussi compl\u00e8tement l&rsquo;anarchie du pouvoir <strong>f\u00e9d\u00e9ral<\/strong> aux USA. Elle est caract\u00e9ris\u00e9e par un formidable antagonisme, un retranchement sur les extr\u00eames des deux ailes, d\u00e9mocrate et r\u00e9publicaine, du parti unique. Elle a \u00e9t\u00e9 encore mise en \u00e9vidence par l&rsquo;\u00e9chec du sommet t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 d\u00e9mocrates-r\u00e9publicains, sous la pr\u00e9sidence du pr\u00e9sident Obama, sur l&rsquo;affaire des soins de sant\u00e9 (voir notre <em>Bloc-Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-officiel_et_televise_la_guerre_civile_fait_rage_a_washington_26_02_2010.html\" class=\"gen\">26 f\u00e9vrier 2010<\/a>). Cette <em>fiesta<\/em> soi-disant bipartisane n&rsquo;a servi qu&rsquo;\u00e0 montrer en direct une situation de guerre civile washingtonienne. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA cela, on ajoutera le <em>joker<\/em>, qui est plus une inconnue qu&rsquo;une donn\u00e9e identifiable et mesurable: le comportement de la population US, qui interviendra dans le processus en novembre prochain, qui intervient dans des processus annexes, qui intervient de sa propre initiative par ailleurs. C&rsquo;est le ph\u00e9nom\u00e8ne <em>Tea Party<\/em> et ses myst\u00e8res, et le reste. C&rsquo;est aussi le surgissement de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_point_de_fusion__23_02_2010.html\" class=\"gen\">Ron Paul<\/a> comme favori des conservateurs am\u00e9ricains, \u00e0 l&rsquo;occasion de la convention de la CPAC du 20-21 f\u00e9vrier.<\/p>\n<h3>Arrangement contractuel entre structuration et d\u00e9structuration<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t Ce que les \u00e9conomistes ne parviennent pas \u00e0 comprendre,  <em>bis repetitat<\/em>, qu&rsquo;ils nous pardonnent,  parce que la chose ne se r\u00e9duit pas \u00e0 des chiffres, c&rsquo;est la diff\u00e9rence entre un Etat r\u00e9galien et un Etat contractuel. (Cette expression, dont nous n&rsquo;userons plus,  Etat contractuel,  est une contradiction en soi.) Le premier suppose une autorit\u00e9 sup\u00e9rieure dispens\u00e9e par le concept de nation, quelque forme que prenne cette autorit\u00e9,  royaut\u00e9 de droit divin, volont\u00e9 populaire, etc.,  cette autorit\u00e9 \u00e9tant ainsi \u00e9tablie comme l\u00e9gitime, reconnue sinon per\u00e7ue comme telle et accept\u00e9e. C&rsquo;est la grande le\u00e7on de Talleyrand, comme nous nous sommes permis de la rappeler <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_complementaires_sur_les_notes_sur_mon_meilleur_ennemi__04_02_2010.html\" class=\"gen\">r\u00e9cemmet<\/a>. C&rsquo;est, pour notre cas, la diff\u00e9rence entre un concept structurant (la l\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9galienne) et un concept d\u00e9structurant (l&rsquo;arrangement contractuel).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Nos lecteurs savent bien que nous avons des positions pr\u00e9cises sur ces concepts de structurant et de d\u00e9structurant, que ces concepts forment le fondement de notre analyse politique de la situation de la crise g\u00e9n\u00e9rale. Nous appr\u00e9cions les forces structurantes comme positives dans cette crise pr\u00e9sente comme dans tout ce qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, les forces d\u00e9structurantes comme n\u00e9gatives, pr\u00e9datrices et nihilistes.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotez que ce rangement ne condamne pas n\u00e9cessairement l&rsquo;arrangement contractuel. L&rsquo;arrangement contractuel peut \u00eatre pass\u00e9 entre des entit\u00e9s structurantes, qui gardent leur l\u00e9gitimit\u00e9 propre. Cette observation conduit n\u00e9cessairement \u00e0 constater sa validit\u00e9 quand la situation g\u00e9n\u00e9rale du contrat satisfait toutes les parties contractantes, <em>a contrario<\/em> son extr\u00eame fragilit\u00e9 en cas de tensions mettant en cause les termes du contrat. A ce moment commence l&rsquo;affrontement entre les entit\u00e9s l\u00e9gitimes du contrat qui s&rsquo;estiment l\u00e9s\u00e9es par l&rsquo;\u00e9volution contractuelle de leurs rapports avec l&rsquo;entit\u00e9 centrale non l\u00e9gitime.<\/p>\n<h3>Crise du syst\u00e8me contractuel<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment cette situation, dans notre <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_deroute_de_l_ideal_de_puissance__12_02_2010.html\" class=\"gen\">12 f\u00e9vrier 2010<\/a>. Le sujet n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec la situation de la Gr\u00e8ce ou toute autre circonstance conjoncturelle qui en \u00e9tait le point de d\u00e9part, mais tout avec la crise du syst\u00e8me contractuel de gouvernement dans les circonstances pr\u00e9sentes, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de la question du d\u00e9ficit public; et cette question du d\u00e9ficit public, dans la situation historique de crise g\u00e9n\u00e9rale, acquiert brusquement une dimension historique que les \u00e9conomistes sont incapables d&rsquo;appr\u00e9hender dans toute sa puissance. D\u00e9j\u00e0, dans cet article, nous liions Allemands et Am\u00e9ricains par une conception et un gouvernement d&rsquo;inspiration assez proches, effectivement contractuelle et nullement r\u00e9galienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe m\u00eame sont-ils proches par une autre conception, qui est plus de notre choix propre, qui est celle de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a> de notre inestimable ami Guglielmo Ferrero, qui l&rsquo;oppose en le condamnant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al de perfection d&rsquo;origine latine. Cette conception r\u00e9pond d&rsquo;ailleurs \u00e0 l&rsquo;un des manques du gouvernement contractuel. Si un gouvernement contractuel d\u00e9veloppe la puissance jusqu&rsquo;au point o\u00f9 il lui vient des ambitions dominatrices et h\u00e9g\u00e9moniques, il d\u00e9couvre alors l&rsquo;horrible v\u00e9rit\u00e9: lui-m\u00eame ne repr\u00e9sente pas une nation puisqu&rsquo;il n&rsquo;a aucune transcendance, et de m\u00eame il n&rsquo;a pas d&rsquo;\u00e2me. L&rsquo;id\u00e9al de puissance n&rsquo;est-il pas, apr\u00e8s tout, la poursuite dans la coercition exerc\u00e9e sur les autres, jusqu&rsquo;au mirage du <em>Reich<\/em> mill\u00e9naire ou de la globalisation am\u00e9ricaniste par le chaos cr\u00e9ateur, pour faire na\u00eetre, par la pression furieuse de la force, dans une sorte de c\u00e9sarienne cosmique, l&rsquo;\u00e2me qu&rsquo;on n&rsquo;a pas?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l&rsquo;Am\u00e9rique, qui a pris le relais de l&rsquo;Allemagne pour porter l&rsquo;id\u00e9al de puissance, a, certes, des choses qui lui sont sp\u00e9cifiques. Elle a cultiv\u00e9 de tous temps un mythe puissant issu de ses origines, qui exprime d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s paradoxale, m\u00eame si certaines caract\u00e9ristiques puissantes sont communes aux deux, une tendance antagoniste de la pouss\u00e9e h\u00e9g\u00e9monique et belliciste inh\u00e9rente \u00e0 la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance. (Cela nous conforte dans l&rsquo;observation que l&rsquo;id\u00e9al de puissance est <strong>aussi<\/strong>, et finalement de fa\u00e7on principale, une occurrence m\u00e9tahistorique o\u00f9 ceux qui croient y trouver l&rsquo;accomplissement de leur destin se trouvent en fait pris au pi\u00e8ge d&rsquo;une explosion de la puissance de la mati\u00e8re,  que nous d\u00e9signons \u00e9galement comme le technologisme,  et bient\u00f4t leur prisonnier.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette sp\u00e9cificit\u00e9 am\u00e9ricaine originelle (plut\u00f4t qu&rsquo;am\u00e9ricaniste dans ce cas), exprim\u00e9e notamment aujourd&rsquo;hui dans le localisme paradoxal des libertariens (\u00e0 la fois ennemis absolus de l&rsquo;interventionnisme de l&rsquo;Etat et adeptes du libre-\u00e9change complet, mais aussi adversaires farouches de la globalisation, de l&rsquo;expansionnisme, etc.), tient aux origines de l&rsquo;Am\u00e9rique, \u00e0 sa perception d&rsquo;\u00eatre exceptionnelle, \u00e0 sa position g\u00e9ographique isol\u00e9e per\u00e7ue comme une rupture du monde ancien. Elle contient, comme on l&rsquo;a signal\u00e9 avec les libertariens, une contradiction qui met gravement en cause la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance: pour les libertariens (et pour d&rsquo;autres conceptions proches mais plus mal identifi\u00e9es), le localisme qui est l&rsquo;arch\u00e9type de la situation contractuelle avec le centre, refuse absolument tous les attributs modernes de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance (interventionnisme, bellicisme, expansionnisme).  Dans cet \u00e9tat de l&rsquo;esprit, le localisme, et sa traduction de politique g\u00e9n\u00e9ral ennemie de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance qu&rsquo;est l&rsquo;isolationnisme, ont des dimensions mystiques; mystique \u00e9galement, par simple logique d&rsquo;extension de la perception, la notion de gouvernement contractuel attribu\u00e9e au centre f\u00e9d\u00e9ral, donc mysticisme (un peu comme la main divine qui dirige le march\u00e9 libre) dans la n\u00e9cessit\u00e9 du respect des termes du contrat.<\/p>\n<h3>Reagan &#038; Gramm-Rudman<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLorsque Reagan signa pour l&rsquo;installer dans la l\u00e9gislation US la <a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/GrammRudmanHollings_Balanced_Budget_Act\" class=\"gen\">Loi Gramm-Rudman<\/a>, en d\u00e9cembre 1985, il la nomma avec emphase <em>The Law of the Land<\/em>. (Le terme lui-m\u00eame est employ\u00e9 dans la Constitution des USA, Article VI, Section 2.) Cela avait un sens, et un sens mystique comme le marque l&#8217;emphase de la phrase,  La Loi de notre Terre, si l&rsquo;on veut, ou bien encore, la Loi fondamentale de notre Am\u00e9rique Bien qu&rsquo;il fut un \u00eatre insignifiant et artificiel, Reagan avait de bons automatismes am\u00e9ricanistes, particuli\u00e8rement dans le registre du mysticisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGramm-Rudman, du nom de deux des trois s\u00e9nateurs qui l&rsquo;avaient patronn\u00e9e (le troisi\u00e8me \u00e9tant Hollings) se nommait officiellement <em>Balanced Budget Act<\/em>. Elle entendait devenir une Loi fondamentale instituant la ma\u00eetrise budg\u00e9taire f\u00e9d\u00e9rale et contr\u00f4lant par des limites d\u00e9cisives le d\u00e9ficit du budget du gouvernement. Cela signifiait que la loi Gramm-Rudman repr\u00e9sentait un acte fondamental pour la solidit\u00e9 de l&rsquo;Union, de l&rsquo;arrangement f\u00e9d\u00e9ral (contractuel) de <strong>gouvernement<\/strong> (et non d&rsquo;Etat) que constituent les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe extraordinaire de l&rsquo;exclamation extasi\u00e9e de Reagan, pour notre entendement instinctif, est que l&rsquo;action de Gramm-Rudman attaquait et limitait d\u00e9cisivement le r\u00e9sultat de sa propre action, puisqu&rsquo;il dirigeait un gouvernement qui avait accumul\u00e9 un d\u00e9ficit remarquable en d\u00e9veloppant une politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance (notamment les d\u00e9penses de d\u00e9fense) et suscit\u00e9 cette r\u00e9action du Congr\u00e8s. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 qu&rsquo;illustrer la v\u00e9ritable signification de la phrase fameuse de Reagan (\u00ab<em>Le gouvernement n&rsquo;est pas la solution du probl\u00e8me, c&rsquo;est le probl\u00e8me lui-m\u00eame<\/em>\u00bb). Le d\u00e9ficit du gouvernement marquait l&rsquo;impuissance des acteurs de ce gouvernement, y compris le principal d&rsquo;entre eux, \u00e0 ma\u00eetriser la fringale budg\u00e9taire d\u00e9vorante des bureaucraties washingtoniennes qui mettait en p\u00e9ril le contrat originel et mystique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que faisait Reagan avec son enthousiaste \u00ab<em>It&rsquo;s the Law of the Land<\/em>\u00bb, c&rsquo;\u00e9tait applaudir \u00e0 une loi qui devrait constituer un coup d&rsquo;arr\u00eat d\u00e9cisif \u00e0 une pratique qui mena\u00e7ait le contrat fondamental de l&rsquo;Union. Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un contrat, m\u00eame s&rsquo;il est interpr\u00e9t\u00e9 par la mystique de l&rsquo;esprit pauvre mais enfi\u00e9vr\u00e9 de religiosit\u00e9 de Reagan; c&rsquo;est-\u00e0-dire que toutes les parties doivent s&rsquo;y retrouver, alors que le d\u00e9ficit indique que l&rsquo;une des parties contractantes abuse d\u00e9cisivement de sa position, au d\u00e9triment des autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Le probl\u00e8me est que l&rsquo;influence am\u00e9ricaniste et notre fascination pour l&rsquo;<em>American Dream<\/em> ont transpos\u00e9 cette conception \u00e0 l&rsquo;ensemble globalis\u00e9, en oubliant que les Etats r\u00e9galiens ont une vision, une position et la coutume de moyens d&rsquo;action diam\u00e9tralement diff\u00e9rentes de celles des gouvernements contractuels. Les \u00e9conomistes ont cru cela et \u00e9tendu, avec la face \u00e9conomiste du syst\u00e8me, ces conceptions \u00e0 l&rsquo;ensemble du monde. Ainsi, pour eux, le d\u00e9ficit budg\u00e9taire d&rsquo;un Etat r\u00e9galien comme la France a la m\u00eame signification et la m\u00eame valeur que le d\u00e9ficit budg\u00e9taire d&rsquo;un gouvernement contractuel comme les USA. Tr\u00e8s courte vue, <em>indeed<\/em>.)<\/p>\n<h3>Destin contrari\u00e9 de <em>the Law of the Land<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLas, la loi Gramm-Rudman, qui avait effectivement pour objet de couper automatiquement les d\u00e9penses du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral pour ne pas d\u00e9passer un certain seuil de d\u00e9ficit, ne dura en l&rsquo;esp\u00e8ce que <strong>quelques mois<\/strong> Elle fut jug\u00e9e inconstitutionnelle par la Cour Supr\u00eame en 1986, remani\u00e9e en 1987, supplant\u00e9e en 1990 par une nouvelle loi qui laissait ouvertes les vannes du d\u00e9ficit. Cet \u00e9pisode est peut-\u00eatre un tournant institutionnel de l&rsquo;histoire des USA, le moment o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 mystique du monde am\u00e9ricaniste (<em>the Land<\/em>) se heurta de plein fouet \u00e0 la dictature du l\u00e9galisme (la Cour Supr\u00eame). Nous aurions d\u00fb pourtant nous douter qu&rsquo;un gouvernement contractuel n&rsquo;est pas un Etat et, notamment par cons\u00e9quent, entre autres choses, il n&rsquo;est pas un Etat de Droit. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t1985 pour 1985 Le destin propose d&rsquo;\u00e9tranges occurrences historiques. En m\u00eame temps que Reagan signait la derni\u00e8re tentative fondamentale de sauver le gouvernement contractuel de ses propres vices, apparaissait \u00e0 l&rsquo;Est le d\u00e9sormais fameux Gorbatchev. Le Russe allait liquider en deux temps trois mouvements l&rsquo;Ennemi qui assurait encore, en y for\u00e7ant, une certaine stabilit\u00e9 au syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme en contenant les exc\u00e8s de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance, ou plut\u00f4t en les justifiant au nom d&rsquo;une Cause pr\u00e9sent\u00e9e comme sup\u00e9rieure,  oserait-on ironiquement la qualifier de transcendante? (Notamment, l&rsquo;existence d&rsquo;un Ennemi mythique,  la Grande D\u00e9pression, l&rsquo;Allemagne nazie, l&rsquo;URSS communiste, jou\u00e8rent successivement ce r\u00f4le,  autorisait de graves entorses faites au contrat originel, sous la forme des d\u00e9ficits pr\u00e9c\u00e9dents qui avaient \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s au nom de la s\u00e9curit\u00e9 commune.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa liquidation de l&rsquo;URSS, <em>alias<\/em> l&rsquo;Ennemi mythique, allait effectivement d\u00e9cha\u00eener cette politique de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance en lui \u00f4tant son masque d&rsquo;apparente l\u00e9gitimit\u00e9 soi-disant transcendante du temps de la Guerre froide. En m\u00eame temps, le destin \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de Gramm-Rudman privait le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme de ce frein fondamental sur la route vers la situation de d\u00e9ficit monstrueux o\u00f9 il se trouve aujourd&rsquo;hui apr\u00e8s les diverses p\u00e9rip\u00e9ties que l&rsquo;on conna\u00eet. (Pour nous, les exc\u00e8s financiers aboutissant au 15 septembre 2008 et, indirectement au d\u00e9ficit monstrueux qu&rsquo;on conna\u00eet, les exc\u00e8s de gestion et de gaspillage du Pentagone qui grossissent ce d\u00e9ficit, font autant partie de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance que les aventures bellicistes d&rsquo;apr\u00e8s-9\/11 et les soi-disant ambitions imp\u00e9riales de l&#8217;empire contractuel.)<\/p>\n<h3>D\u00e9cha\u00eenement du syst\u00e8me de la corruption<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette d\u00e9rive d\u00e9ficitaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;abandon de tout frein des d\u00e9penses du gouvernement contractuel, d\u00e9cha\u00een\u00e9 depuis 9\/11 par la <em>narrative<\/em> du complot du monde contre les USA, va de pair avec le d\u00e9cha\u00eenement extraordinaire du syst\u00e8me de corruption officiel qu&rsquo;est l&rsquo;ensemble de direction washingtonien. La situation s&rsquo;est en effet extraordinairement modifi\u00e9e, dans le sens du pire, \u00e0 partir de 9\/11, pour la partie comptable, donc contractuelle, du syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0 aussi, la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance tourne \u00e0 plein, \u00e9galement dans les petites t\u00eates des s\u00e9nateurs et des grands patrons des grands groupes industriels et de Wall Street. Lobbies, <em>corporate power<\/em>, achat en temps r\u00e9el et argent liquide des parlementaires, tout cela favoris\u00e9 par la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_cour_contre_we_the_people__22_01_2010.html\" class=\"gen\">Cour Supr\u00eame<\/a>,  la dictature du Droit au service du syst\u00e8me de corruption,  ont fait passer au niveau politique cette rupture des conditions de base du gouvernement contractuel. C&rsquo;est <em>The system is broken<\/em>, parce que <em>the contract is broken<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette corruption massive existait d\u00e9j\u00e0, comme elle a toujours exist\u00e9 \u00e0 Washington depuis que Washington est devenu le centre. Mais les circonstances avaient dissimul\u00e9 son ill\u00e9gitimit\u00e9 par rapport \u00e0 la situation contractuelle qui r\u00e9git le pays. Pour la derni\u00e8re p\u00e9riode avant la s\u00e9quence actuelle n\u00e9e en 1989-1991, la repr\u00e9sentation quasiment transcendantale, \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine certes, de l&rsquo;affrontement de la Guerre froide, avait fait l&rsquo;affaire.<\/p>\n<h3>La guerre n&rsquo;est plus la solution, c&rsquo;est le probl\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis 9\/11 est intervenu un grand \u00e9v\u00e9nement, peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement central pour nous dire que <em>the system is broken<\/em>. A cause de la dispersion du faux-masque de la soi-disant transcendance des affrontements depuis 1941 (et m\u00eame depuis 1933 avec la Grande D\u00e9pression), la guerre qui \u00e9tait jusqu&rsquo;alors, par ses effets \u00e9conomiques artificiels, la solution du probl\u00e8me que la pratique de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance faisait peser sur l&rsquo;arrangement contractuel, la guerre est devenue le probl\u00e8me. (Paraphrase de la formule de Reagan : la guerre n&rsquo;est pas la solution, elle est le probl\u00e8me.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa chose est \u00e9vidente. Joseph Stiglitz, notamment, a montr\u00e9 combien les \u00e9normes sommes d\u00e9pens\u00e9e pour un conflit absurde, l&rsquo;Irak, constitue la base conjoncturelle de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique qui a \u00e9clat\u00e9 en 2008,  et, au-del\u00e0, on dira qu&rsquo;elle est un des fondements de la crise du d\u00e9ficit du gouvernement. Comme nous l&rsquo;\u00e9crivions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-transformation_de_la_guerre_le_complexe_contre_le_systeme_08_03_2008.html\" class=\"gen\">8 mars 2008<\/a>, le Complexe militaro-industriel, qui \u00e9tait un des outils permettant la dissimulation de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance en une paradoxale n\u00e9cessit\u00e9 de sauvegarde de l&rsquo;arrangement contractuel am\u00e9ricaniste, avait compl\u00e8tement retourn\u00e9 sa veste. Il est devenu tra\u00eetre au syst\u00e8me, et l&rsquo;une de ses charges devenue ainsi insupportable et contre-productrice.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComme dans le cas identifi\u00e9 plus haut, les causes de cette \u00e9volution tiennent \u00e0 la d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, bient\u00f4t l&rsquo;effondrement du Complexe \u00e0 l&rsquo;image du syst\u00e8me, et la mise \u00e0 nu, par l&rsquo;\u00e9croulement du montage de la Guerre froide, que la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance est bien ce qu&rsquo;elle est, l&rsquo;ennemie du syst\u00e8me contractuel voulu originellement par les Am\u00e9ricains. Cette d\u00e9cadence acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du Complexe se marque par une corruption effr\u00e9n\u00e9e, des gaspillages, une inefficacit\u00e9 extraordinaires, jusqu&rsquo;\u00e0 des situations de blocage amplifi\u00e9es par une manne financi\u00e8re indescriptible d&rsquo;importance, et alimentant comme un torrent irr\u00e9sistible le d\u00e9ficit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement se greffe en m\u00eame temps qu&rsquo;il l&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re sur l&rsquo;effondrement de Wall Street et l&rsquo;intervention du gouvernement. Le gouvernement est \u00e0 nouveau sollicit\u00e9, dans une mesure monstrueuse, avec le d\u00e9ficit qui \u00e9clate. Cette fois, le d\u00e9ficit a pris l&rsquo;allure fondamentale de la trahison compl\u00e8te du contrat originel, puisqu&rsquo;il sert \u00e0 renflouer des actes et des faillites qui sont d\u00e9sormais identifi\u00e9s comme le cancer du syst\u00e8me. Le d\u00e9ficit ne peut plus une seule seconde pr\u00e9tendre \u00e0 \u00eatre une d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats communs sous le couvert de l&rsquo;artifice de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, ou un investissement sur des promesses \u00e0 venir qui pourrait s&rsquo;ins\u00e9rer dans le cadre du contrat, mais trahison pure et simple, imm\u00e9diate, en pleine lumi\u00e8re, du contrat originel et mythique.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tout cela ajout\u00e9, la corruption des \u00e9lites institutionnalis\u00e9e et la guerre salvatrice devenue un abysse o\u00f9 s&rsquo;effondre la comptabilit\u00e9 et o\u00f9 le contrat devient un torchon de papier, c&rsquo;est le syst\u00e8me frapp\u00e9 au cur.<\/p>\n<h3>La soudaine ill\u00e9gitimit\u00e9 du syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela se r\u00e9sume en un mot: ill\u00e9gitimit\u00e9. C&rsquo;est l\u00e0 que nous revenons \u00e0 la dimension mystique, pr\u00e9sente effectivement dans la proclamation d&rsquo;un Reagan jubilant, un jour de d\u00e9cembre 1985 : \u00ab<em>It&rsquo;s the Law of the Land<\/em>\u00bb. Et c&rsquo;est l\u00e0 que repose la contradiction fondamentale, si souvent retrouv\u00e9e chez les doctrinaires de l&rsquo;\u00e9conomisme de march\u00e9, les id\u00e9ologues de la main de Dieu qui r\u00e9gule le march\u00e9 libre. S&rsquo;il y a accord contractuel dans les normes terrestres d&rsquo;un contrat, voil\u00e0 que cet accord contractuel est aussi d&rsquo;essence divine. Il y a donc pr\u00e9tention, voire n\u00e9cessit\u00e9 de l\u00e9gitimation au travers d&rsquo;une formule qui ne l\u00e9gitime rien: un contrat est un accord bien terrestre, bas\u00e9 sur les int\u00e9r\u00eats de chacun, et cette substance mercantile ne peut se transformer en une substance sup\u00e9rieure,  r\u00e9galienne, par exemple,  qui donnerait ce qu&rsquo;on nomme une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 ceux qui y souscriraient. Cela, les esprits enfi\u00e9vr\u00e9s de mysticisme de pacotille de la religiosit\u00e9 am\u00e9ricaniste n&rsquo;ont jamais voulu l&rsquo;admettre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Law of the Land<\/em> avait l&rsquo;avantage de m\u00ealer le mysticisme \u00e0 une limitation extr\u00eamement terrestre des folies d&rsquo;une des parties contractantes. Le r\u00e8gne du Droit de la Cour Supr\u00eame a promptement d\u00e9truit tout cela, au nom des m\u00eames r\u00e8gles d&rsquo;absence de r\u00e9gulation que pr\u00f4naient \u00e9galement ceux qui installaient une loi qui, pourtant, \u00e9tait un acte de r\u00e9gulation arbitraire. Il n&rsquo;y a nulle part une dimension r\u00e9galienne qui puisse nous faire sortir de cet imbroglio de contradictions qui voulait marier les extr\u00eames et les incompatibilit\u00e9s. La mutilation puis la destruction de <em>the Law of the Land<\/em> aboutirent \u00e0 une situation o\u00f9 plus rien ne contraignait personne, alors que tout le monde se croyait pourtant l\u00e9gitim\u00e9 par cette avalanche de l\u00e9gislation. L&rsquo;effondrement de la n\u00e9cessit\u00e9 soi-disant r\u00e9galienne des causes ext\u00e9rieures, au profit d&rsquo;une <em>narrative<\/em> de communication de plus en plus poussive et hyst\u00e9rique \u00e0 la fois, a fait le reste. <\/p>\n<h3><em>the system is broken<\/em> parce qu&rsquo;il s&rsquo;est trahi lui-m\u00eame<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Am\u00e9rique flotte dans un <em>\u00e9ther<\/em> \u00e9trange, d\u00e9chir\u00e9e entre des extr\u00eames extraordinaires. Il y a d&rsquo;une part un dispositif imp\u00e9rial, de dimension mondiale, qui litt\u00e9ralement pompe l&rsquo;argent de la R\u00e9publique comme une sangsue suce le sang, tout en essuyant \u00e9chec sur \u00e9chec. Il y a d&rsquo;autre part une situation int\u00e9rieure catastrophique, tant conjoncturelle (\u00e9conomie, ch\u00f4mage) que structurelle (infrastructure, coh\u00e9sion civique). Il y a une \u00e9lite \u00e0 la fois totalement corrompue et, <strong>surtout<\/strong>, totalement impuissante, qui se discr\u00e9dite elle-m\u00eame et qui se met elle-m\u00eame en accusation pour se justifier aux yeux du public.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a enfin la mont\u00e9e des diverses r\u00e9actions publiques propres \u00e0 un syst\u00e8me contractuel, c&rsquo;est-\u00e0-dire moins marqu\u00e9es par la violence de la recherche d&rsquo;une rupture comme dans un Etat r\u00e9galien contest\u00e9, que par la diffusion de mouvements locaux ou populistes qui r\u00e9clament par une pression grandissante le respect des termes du contrat originel, notamment contre la repr\u00e9sentation la plus spectaculaire de son viol qui est le d\u00e9ficit monstrueux du gouvernement pour des entreprises qui n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec le contrat. Si le centre ne r\u00e9agit pas dans le sens r\u00e9clam\u00e9, il y a aura <strong>rupture<\/strong> unilat\u00e9rale du contrat par les contestataires,  et, dans ce cas pr\u00e9cis, la rupture sera brutale s&rsquo;il le faut (hypoth\u00e8ses de fractionnement des USA, de s\u00e9cession, etc.).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais le centre ne peut pas r\u00e9agir parce qu&rsquo;il ne peut plus r\u00e9agir \u00e0 rien; parce que, comme l&rsquo;on dit, y compris une Clinton ou un Biden, Washington est bris\u00e9,  <em>the system is broken<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur The system is broken L&rsquo;expression favorite \u00e0 Washington est une rengaine: The system is broken. On l&rsquo;entend autant employ\u00e9e chez un Biden ou chez une Clinton, qu&rsquo;\u00e0 propos du JSF et du Pentagone. 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