{"id":71634,"date":"2010-03-05T13:34:15","date_gmt":"2010-03-05T13:34:15","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/05\/trop-cest-trop-mais-cest-toujours-la-meme-chose\/"},"modified":"2010-03-05T13:34:15","modified_gmt":"2010-03-05T13:34:15","slug":"trop-cest-trop-mais-cest-toujours-la-meme-chose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/05\/trop-cest-trop-mais-cest-toujours-la-meme-chose\/","title":{"rendered":"Trop c&rsquo;est trop, mais c&rsquo;est toujours la m\u00eame chose"},"content":{"rendered":"<p><p>Un discours de l&rsquo;amiral Mullen, pr\u00e9sident du Joint Chief of Staff (JCS) du Pentagone, \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de l&rsquo;Etat du Kansas, a fait sensation. Mullen fait l&rsquo;annonce en apparence r\u00e9volutionnaire que la politique ext\u00e9rieure US est trop militaris\u00e9e, avec un r\u00f4le trop important accord\u00e9 aux militaires. Mais ce n&rsquo;est pas pour proposer que cette politique soit r\u00e9duite, donc l&rsquo;engagement ext\u00e9rieur US r\u00e9duit, mais que le d\u00e9partement d&rsquo;Etat prenne \u00e0 sa charge une partie de cette politique expansionniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur <em>Antiwar.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2010\/03\/03\/mullen-us-foreign-policy-too-dominated-by-military\/<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00a0\u00bb class=\u00a0\u00bbgen\u00a0\u00bb>4 mars 2010<\/a>, Jason Ditz pr\u00e9sente cette prise de position du pr\u00e9sident du JCS. Le tr\u00e8s court texte de Jason Ditz pr\u00e9sente plusieurs liens donnant des d\u00e9tails sur les d\u00e9clarations de Mullen.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But likely the most provocative comment made by Mullen was to warn that US foreign policy is still too dominated by the military, too dependent upon the generals and admirals who lead our major overseas commands and not enough on the State Department.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mullen&rsquo;s solution to this had nothing to do with the military being less proactive about overseas adventurism, of course. Rather, he urged the State Department and others to step up and become more expeditionary.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The State Department defended its comparative lack of expeditionary projects by noting that its budget is a tiny fraction of the military&rsquo;s. Again they didn&rsquo;t view the problem as a military awash in cash and influence but rather that the State Department needed to do a better job convincing Congress to throw money at them as well.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cementing his support for global interventionism, however, Mullen cautioned that the military should never be thought of as a last resort for the government, but should instead be part of the overall policy and diplomatic efforts.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> On comprend tr\u00e8s vite qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune intention pacificatrice chez l&rsquo;amiral Mullen, aucune intention d&rsquo;envisager de r\u00e9duire l&rsquo;ampleur et l&rsquo;ambition de la politique ext\u00e9rieure militaris\u00e9e des USA vers le reste du monde. Mais cette politique, justement de par l&rsquo;\u00e9vidence de sa militarisation, rencontre de tr\u00e8s grandes difficult\u00e9s \u00e0 cause de l&rsquo;affaiblissement extr\u00eamement rapide de la puissance militaire US, et son \u00e9treinte sur les divers points d&rsquo;appui et conflits en cours est de moins en moins serr\u00e9e. La cause en est double,  la premi\u00e8re \u00e9vidente, la seconde plus vicieuse et sophistiqu\u00e9e<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La p\u00e9nurie grandissante des moyens militaires des USA est la premi\u00e8re cause, absolument \u00e9vidente, sinon criante. Nos lecteurs sont suffisamment inform\u00e9s \u00e0 propos de la crise du Pentagone, qui est une crise syst\u00e9mique d&rsquo;improductivit\u00e9 qui s&rsquo;apparente \u00e0 une logique destructrice de la gestion. Plus le Pentagone dispose de budget, moins il est productif de syst\u00e8mes, de logistique suffisante, d&rsquo;unit\u00e9s op\u00e9rationnelles, etc. Il est entr\u00e9 dans la logique infernale de la productivit\u00e9 n\u00e9gative qui tient \u00e0 un renversement du fonctionnement du syst\u00e8me. La cons\u00e9quence \u00e9vidente est la rar\u00e9faction acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des moyens, par cons\u00e9quent la rar\u00e9faction des capacit\u00e9s de pr\u00e9sence outre-mer et l&rsquo;affaiblissement de plus en plus notable de l&rsquo;influence qui va avec. C&rsquo;est l\u00e0 la premi\u00e8re raison, la plus simple et la plus compr\u00e9hensible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La seconde tient \u00e0 la forme de la politique engendr\u00e9e par la toute-puissance bureaucratique et budg\u00e9taire du Pentagone de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es, cette toute-puissance influant directement sur la politique ext\u00e9rieure dans le sens de la militarisation effective de cette politique, dans sa forme m\u00eame, donc avec une r\u00e9duction \u00e0 mesure de l&rsquo;importance de la diplomatie (y compris les moyens d&rsquo;influence de la diplomatie), avec la rar\u00e9faction des budgets et des missions du d\u00e9partement d&rsquo;Etat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette derni\u00e8re situation est compl\u00e8tement \u00e0 porter \u00e0 charge de l&rsquo;extension du Pentagone, qui a inspir\u00e9 et orient\u00e9 la direction civile des USA dans le sens de la militarisation. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque Clinton, les secr\u00e9taires d&rsquo;Etat pesaient d&rsquo;un poids bien plus lourd que les secr\u00e9taires \u00e0 la d\u00e9fense. L&rsquo;exemple de l&rsquo;administration Bush-p\u00e8re est \u00e9clairant. Le grand homme du cabinet de s\u00e9curit\u00e9 nationale, notamment dans les grandes crises comme celle de la fin de l&rsquo;URSS et celle de la guerre du Golfe, \u00e9tait James Baker, secr\u00e9taire d&rsquo;Etat, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense (Dick Cheney) jouant un r\u00f4le infiniment plus effac\u00e9. Cette situation correspondait aux normes, d&rsquo;ailleurs accept\u00e9es et m\u00eame voulues par le Pentagone jusqu&rsquo;alors. Sous Reagan, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Weinberger avait syst\u00e9matiquement refus\u00e9 les t\u00e2ches de diplomatie en m\u00eame temps qu&rsquo;il s&rsquo;appuyait sur une doctrine d&rsquo;engagement (la doctrine Powell, de Colin Powell, alors chef d&rsquo;\u00e9tat-major) extr\u00eamement prudente. (Le secr\u00e9taire d&rsquo;Etat George Schultz avait \u00e9galement, comme Baker, une place essentielle dans la politique de s\u00e9curit\u00e9 nationale.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes choses commenc\u00e8rent \u00e0 changer sous Clinton, cette fois \u00e0 cause des militaires plus qu&rsquo;\u00e0 cause des secr\u00e9taires \u00e0 la d\u00e9fense, eux aussi assez effac\u00e9s (Aspin, Perry et Cohen successivement). Ce furent les CinC (acronymes pour Commander-in-Chief, d\u00e9signant les grands chefs militaires des grandes zones ext\u00e9rieurs comme European Command, Southern Command, Central Command, Pacific Command, qui gagn\u00e8rent le surnom significatif de <em>Kings<\/em> \u00e0 cette \u00e9poque). Tr\u00e8s vite, leur r\u00f4le acquit une dimension diplomatique, avec des contacts constants avec les chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement des pays englob\u00e9s par ces zones. Les secr\u00e9taires d&rsquo;Etat de l&rsquo;\u00e9poque Clinton, m\u00eame les plus marquants comme Madeleine Albright, pr\u00eat\u00e8rent main forte \u00e0 ce mouvement en favorisant les interventions militaires qui donnaient aux militaires un poids grandissant. En 2001, Rumsfeld travailla durement \u00e0 r\u00e9duire le poids et l&rsquo;influence des <em>Kings<\/em>, mais il le fit, non au b\u00e9n\u00e9fice du d\u00e9partement d&rsquo;Etat mais au b\u00e9n\u00e9fice de la direction civile du Pentagone, c&rsquo;est-\u00e0-dire de lui-m\u00eame. Le r\u00e9sultat fut l&rsquo;institutionnalisation du poids du Pentagone dans la politique ext\u00e9rieure, donc du r\u00f4le des militaires et de la militarisation de la politique ext\u00e9rieure. A partir de Rumsfeld, le Pentagone exer\u00e7a directement et institutionnellement une contrainte \u00e9crasante sur la politique ext\u00e9rieure US, rel\u00e9guant d\u00e9finitivement le d\u00e9partement d&rsquo;Etat au rang de <em>Junior partner<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, Mullen voudrait que cela change, mais toujours avec la m\u00eame tendance militaire que le Pentagone n&rsquo;a cess\u00e9 de marquer de plus en plus de son empreinte,  c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il demande que le d\u00e9partement d&rsquo;Etat prenne \u00e0 sa charge un plus grand volume de d\u00e9penses inh\u00e9rentes \u00e0 la politique en cours, tout en continuant \u00e0 favoriser l&rsquo;influence du Pentagone. L&rsquo;appel au d\u00e9partement d&rsquo;Etat n&rsquo;a gu\u00e8re de chance ni d&rsquo;apporter de changement, ni d&rsquo;am\u00e9liorer la situation pr\u00e9sente, le d\u00e9partement d&rsquo;Etat \u00e9tant par ailleurs tributaire d&rsquo;un budget extr\u00eamement serr\u00e9 qui n&rsquo;a gu\u00e8re de chance de changer. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est tout simplement la situation pr\u00e9sente avec la militarisation g\u00e9n\u00e9rale qui la caract\u00e9rise, tandis que la crise g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9vaste Washington et ses capacit\u00e9s. L&rsquo;appel de Mullen ne sert qu&rsquo;\u00e0 souligner l&rsquo;existence de cette politique et son poids budg\u00e9taire extr\u00eamement sur les finances de Washington, et finalement apporte un t\u00e9moignage de plus de la crise qui suscite l&rsquo;effondrement de la puissance US.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 5 mars 2010 \u00e0 13H38<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un discours de l&rsquo;amiral Mullen, pr\u00e9sident du Joint Chief of Staff (JCS) du Pentagone, \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de l&rsquo;Etat du Kansas, a fait sensation. Mullen fait l&rsquo;annonce en apparence r\u00e9volutionnaire que la politique ext\u00e9rieure US est trop militaris\u00e9e, avec un r\u00f4le trop important accord\u00e9 aux militaires. 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