{"id":71655,"date":"2010-03-11T18:13:59","date_gmt":"2010-03-11T18:13:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/11\/2010-2012-et-jeunesse-passe\/"},"modified":"2010-03-11T18:13:59","modified_gmt":"2010-03-11T18:13:59","slug":"2010-2012-et-jeunesse-passe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/11\/2010-2012-et-jeunesse-passe\/","title":{"rendered":"2010-2012, et jeunesse passe\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">2010-2012, et jeunesse passe<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t11 mars 2010  Notre prochaine rubrique <em>dedefensa<\/em> de <em>dde.crisis<\/em> sera consacr\u00e9e \u00e0 la crise du pouvoir, \u00e0 l&rsquo;ombre de 2012 qui sera une ann\u00e9e exceptionnelle \u00e0 cause de trois \u00e9lections pr\u00e9sidentielles successives, en Russie, en France et aux USA,  cela, bien s\u00fbr, en plus du <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fin_du_monde_en_2012\" class=\"gen\">calendrier<\/a> des Mayas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIci, nous nous attachons \u00e0 un point particulier, qui concerne deux des trois personnes impliqu\u00e9es dans deux des trois \u00e9lections en question. Il s&rsquo;agit des pr\u00e9sidents Sarkozy et Obama, chacun \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un pays significatif et important, plus ou moins et dans un sens ou l&rsquo;autre, du syst\u00e8me occidentaliste. Leur jeunesse, leurs personnalit\u00e9s \u00e9clatantes, chacune \u00e0 sa fa\u00e7on telles qu&rsquo;elles furent pr\u00e9sent\u00e9es, leurs programmes pleins d&rsquo;allant, les d\u00e9signaient comme des dirigeants dont l&rsquo;arriv\u00e9e signifiait, \u00e0 la fois implicitement et explicitement, un changement dynamique et une reprise en main du pouvoir. Le r\u00e9sultat, trois ans et un an apr\u00e8s leur arriv\u00e9e au pouvoir, est stup\u00e9fiant et, pour les deux dirigeants, consternant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotons quelques observations, un peu plus longues dans le premier cas, beaucoup plus s\u00e8che mais statistiquement tr\u00e8s significative pour le second.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour le cas Sarko, nous citons deux extraits de textes publi\u00e9s sur le site <em>Marianne2<\/em>. Sur son <em>blog<\/em> (<em>Tourner la page<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.jeanfrancoiskahn.com\/Le-putsch-Fillon_a73.html\" class=\"gen\">9 mars 2010<\/a>), Jean-Fran\u00e7ois Kahn, prenant comme r\u00e9f\u00e9rence les derniers sondages et acceptant l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;ils rendent comptent du r\u00e9sultat des prochaines \u00e9lections municipales en France, \u00e9voque le sauve-qui-peut qui accompagnerait de tels r\u00e9sultats \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la droite: \u00ab<em> si le sauveur supr\u00eame ne sauve supr\u00eamement plus rien, alors on assistera \u00e0 une recherche \u00e9perdue d&rsquo;une locomotive de rechange.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>D&rsquo;o\u00f9 un regroupement des plus lib\u00e9raux derri\u00e8re Fillon, \u00e9ventuellement des plus conservateurs derri\u00e8re Jean-Fran\u00e7ois Cop\u00e9, des plus gaullistes derri\u00e8re Dominique de Villepin et les plus centristes derri\u00e8re Borloo. Et tous, alors, n&rsquo;auront qu&rsquo;une id\u00e9e en t\u00eate : dissuader Sarkozy de se repr\u00e9senter en 2012. (N&rsquo;a-t-il pas \u00e9voqu\u00e9 lui-m\u00eame son d\u00e9sir de se reconvertir dans les affaires ?).<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le m\u00eame hebdomadaire, le m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/Les-Regionales-vont-elles-ecarter-Royal-et-Sarkozy-de-2012_a189708.html?preaction=nl&#038;id=5912605&#038;idnl=25896&#038;\" class=\"gen\">9 mars 2010<\/a>, de Elie Ari\u00e9 : \u00ab<em>Il est donc probable que, les sondages \u00e9tant appel\u00e9s \u00e0 lui rester tout aussi d\u00e9favorables qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il ne se sera pas candidat, en 2012, \u00e0 une d\u00e9faite quasi certaine. Ainsi, quel que soit le r\u00e9sultat des R\u00e9gionales, tout laisse \u00e0 penser que les deux candidats du deuxi\u00e8me tour de la Pr\u00e9sidentielle de 2012 ne seront pas les m\u00eames qu&rsquo;en 2007.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour Barack Obama, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un commentaire,  il n&rsquo;en manque pas dans les presses diverses, presse libre et m\u00eame presse officielle,  mais d&rsquo;un simple sondage qui fut largement comment\u00e9. Certains parl\u00e8rent d&rsquo;un choc. Le sondage CNN du 16 f\u00e9vrier 2010, pr\u00e9sent\u00e9 par exemple par <em>The Hill<\/em> ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/thehill.com\/blogs\/blog-briefing-room\/news\/81213-52-say-obama-doesnt-deserve-reelection-\" class=\"gen\">16 f\u00e9vrier 2010<\/a>, nous annon\u00e7ait que 52% des personnes consult\u00e9es ne voteraient pas pour Obama en 2012, contre 44% qui le feraient&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>52 percent of Americans said President Barack Obama doesn&rsquo;t deserve reelection in 2012, according to a new poll. 44 percent of all Americans said they would vote to reelect the president in two and a half years, less than the slight majority who said they would prefer to elect someone else.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Obama faces a 44-52 deficit among both all Americans and registered voters, according to a CNN\/Opinion Research poll released Tuesday. Four percent had no opinion.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The reelection numbers are slightly more sour than Obama&rsquo;s approval ratings, which are basically tied. 49 percent of people told CNN that they approve of the way Obama is handling his job, while 50 percent disapprove.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Voil\u00e0 les deux situations, \u00e9galement catastrophiques. Les cas de Sarkozy et d&rsquo;Obama sont-ils comparables? Certains aspects de leur ascension politique et de leur action politique pr\u00e9sentent effectivement des similitudes \u00e9videntes, qui permettent de r\u00e9pondre par l&rsquo;affirmative malgr\u00e9 les diff\u00e9rences \u00e9galement \u00e9videntes de personnalit\u00e9. C&rsquo;est, tout aussi \u00e9videmment, dans ces similitudes de circonstances qu&rsquo;il faut chercher cette similitude de destin qui les met aujourd&rsquo;hui dans une position si difficile alors que leur affirmation de d\u00e9part a sembl\u00e9 irr\u00e9sistible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Leur jeunesse d&rsquo;abord, avec la volont\u00e9 de repr\u00e9senter dans l&rsquo;image de leur \u00e9lection puis de leur pr\u00e9sidence, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, une rupture compl\u00e8te. Il s&rsquo;agit moins d&rsquo;un projet politique pr\u00e9cis\u00e9ment construit que d&rsquo;un style, d&rsquo;une fa\u00e7on de raconter la politique \u00e0 venir, qui devait trancher avec ce qui avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. En quelque sorte, on pr\u00e9sentait l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;un rythme diff\u00e9rent allait accoucher du changement que tous deux promettaient. D&rsquo;un point de vue politique, ils pr\u00e9sentaient tous deux une \u00e9gale absence de pr\u00e9cision dans leurs intentions. Sarkozy fit une campagne finalement apolitique en plaidant deux voies politiques compl\u00e8tement oppos\u00e9es (l&rsquo;hyper-lib\u00e9ralisme et la r\u00e9affirmation nationale); Obama, de m\u00eame, en appelant \u00e0 un rassemblement g\u00e9n\u00e9ral pour le changement n\u00e9cessaire, notamment \u00e0 cause de la crise mais sans r\u00e9f\u00e9rence directe \u00e0 la voie \u00e0 choisir contre la crise. D&rsquo;une fa\u00e7on assez caract\u00e9ristique, ce vague politique \u00e9tait contradictoire de l&rsquo;image de changement radical qu&rsquo;ils pr\u00e9sentaient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tous deux pr\u00e9sentaient une r\u00e9elle inexp\u00e9rience dans la pratique des mati\u00e8res de grande politique. Cela s&rsquo;accordait \u00e9videmment avec l&rsquo;absence de pr\u00e9cision dans leurs intentions politiques. Au contraire, tous deux montr\u00e8rent une tr\u00e8s grande habilet\u00e9 dans la manufacture de r\u00e9seaux de soutien de type politicien, Sarkozy longtemps avant son \u00e9lection, Obama tr\u00e8s rapidement d\u00e8s qu&rsquo;il apparut qu&rsquo;il pouvait avoir une chance d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu. La diff\u00e9rence de chronologie rend d&rsquo;autant plus appr\u00e9ciable la similitude de leur habilet\u00e9 \u00e0 construire une base d&rsquo;influence politicienne. D&rsquo;autre part, cette habilet\u00e9 a son revers lorsqu&rsquo;on n&rsquo;a aucune exp\u00e9rience de grande politique, sans parler de vision; pour en acqu\u00e9rir, au moins au niveau du vernis, on d\u00e9pend de ses r\u00e9seaux et de son entourage proche, ce qui n&rsquo;est pas une garantie de haute pens\u00e9e et de jugement s\u00fbr. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tous deux furent \u00e9lus plut\u00f4t par d\u00e9faut, sans r\u00e9elle concurrence alors qu&rsquo;ils pr\u00e9sentaient l&rsquo;image d&rsquo;hommes radicalement nouveaux et d&rsquo;hommes de rupture. C&rsquo;est un paradoxe puisque la rupture semblait ainsi ne l&rsquo;\u00eatre par rapport \u00e0 personne. Cela n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec eux mais avec les circonstances. Sarkozy a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu dans une sorte de vide fran\u00e7ais, une crise fran\u00e7aise de substance et d&rsquo;identit\u00e9 qui semblait plut\u00f4t sous-jacente et pourrait \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e comme un malaise, qui n&rsquo;\u00e9tait finalement que l&rsquo;interpr\u00e9tation fran\u00e7aise de la crise g\u00e9n\u00e9rale. L&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;Obama, en deux temps (primaires et pr\u00e9sidentielle), pr\u00e9senta des caract\u00e9ristiques similaires, tant les diff\u00e9rents candidats qui semblaient plus proches de l&rsquo;<em>establishment<\/em> que lui sembl\u00e8rent s&rsquo;\u00e9vanouir autour de lui. Le deuxi\u00e8me temps de son \u00e9lection, apr\u00e8s sa d\u00e9signation comme candidat d\u00e9mocrate, fut fondamentalement influenc\u00e9 par la crise de septembre 2008, qui fut sa v\u00e9ritable \u00e9lectrice. Son pr\u00e9d\u00e9cesseur (GW Bush, vous vous rappelez?) avait compl\u00e8tement disparu de nos \u00e9crans radars depuis fin 2006.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ces deux \u00e9lus par d\u00e9faut furent donc aussi \u00e9lus, sinon appel\u00e9s par les circonstances. Cela explique ce qui sembla \u00eatre ce paradoxe d&rsquo;une \u00e9lection par d\u00e9faut per\u00e7ue \u00e9galement comme une \u00e9lection irr\u00e9sistible, voire triomphale, dans les deux cas. Tout cela constituait une repr\u00e9sentation de leurs \u00e9lections, voulue par eux et leur formidable activit\u00e9 de communication, mais qui sembla \u00e9galement favoris\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements. Tous deux semblaient \u00eatre des hommes qui correspondaient aux circonstances,  le tout \u00e9tant de savoir qui, au bout du compte, manipule qui: les hommes qui manipulent les circonstances \u00e0 leur profit, ou l&rsquo;inverse?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Depuis, les deux hommes ont finalement eu effectivement le m\u00eame type d&rsquo;action, essentiellement bas\u00e9e sur l&rsquo;agitation et sur la communication. L&rsquo;agitation de Sarkozy n&rsquo;est pas \u00e0 d\u00e9montrer, non plus que l&rsquo;avalanche extraordinaire de discours et d&rsquo;interventions d&rsquo;Obama. Leur action est \u00e0 cette image. M\u00eame s&rsquo;il y eut des intentions de rupture ici ou l\u00e0, des p\u00e9riodes o\u00f9 une rupture sembla possible, aucun des deux n&rsquo;a chang\u00e9 radicalement la politique du pays qu&rsquo;ils gouvernent alors que les \u00e9v\u00e9nements appelaient un tel changement. Par rapport \u00e0 la puissance apparente de leur \u00e9lection, leur <strong>usure<\/strong> a \u00e9t\u00e9 extraordinairement rapide. Malgr\u00e9 des vell\u00e9it\u00e9s en telle ou telle circonstance, aucun des deux hommes n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 capable d&rsquo;imprimer sa marque sur le cours des \u00e9v\u00e9nements ni sur la substance des politiques nationales. Sarkozy n&rsquo;a pas pu rendre la politique fran\u00e7aise plus atlantiste et plus lib\u00e9rale et l&rsquo;orientation pro-russe actuelle rejoint une tendance fran\u00e7aise naturelle; Obama n&rsquo;a pas pu transformer la politique bushiste, et il en est au contraire compl\u00e8tement prisonnier, alimentant ainsi la tension centrifuge du pays.<\/p>\n<h3>Folle jeunesse, jeunesse us\u00e9e<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout se passe comme si ces deux hommes \u00e9taient des hommes de circonstances et non des hommes de caract\u00e8re; c&rsquo;est-\u00e0-dire jouets des circonstances et nullement affirm\u00e9s par leurs caract\u00e8res. (R\u00e9ponses aux questions pos\u00e9es plus haut.) Cela ne signifie pas n\u00e9cessairement qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas de caract\u00e8re (disons, cette hypoth\u00e8se surtout pour Obama) mais plut\u00f4t que la puissance des \u00e9v\u00e9nements domine tout. (Bien, on reconna\u00eetra ais\u00e9ment nos th\u00e8ses maistriennes qui sont, \u00e0 notre sens, plus valables que jamais.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes circonstances font que ce qui semblait impossible en 2007 et en 2008, \u00e0 cause du vide autour d&rsquo;eux qui accompagna leur \u00e9lection, est aujourd&rsquo;hui possible sinon probable. L&rsquo;\u00e9vidence apparente de leur \u00e9lection semblait les installer pour longtemps au pouvoir, l&rsquo;absence compl\u00e8te de substance de leur action fait aujourd&rsquo;hui que le vide autour d&rsquo;eux qui favorisa leur ascension, semble soudain s&rsquo;\u00eatre transport\u00e9 dans leurs propres personnes, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;eux-m\u00eames. Mais cela, c&rsquo;est parler en termes politiques, voire politiciens. Une variante serait: la puissance de la crise (des \u00e9v\u00e9nements) est telle qu&rsquo;elle use les hommes dont elle fait ses jouets \u00e0 une vitesse stup\u00e9fiante, apr\u00e8s en avoir us\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous verrions une autre similitude dans leur destin. Autant Sarkozy qu&rsquo;Obama, par leur action d\u00e9sordonn\u00e9e et impuissante, ou bien par leur inaction extraordinaire, par le contraste entre la puissance de leur ascension et l&rsquo;impuissance de leur mandat, ont fait fortement avancer la conscience de <strong>l&rsquo;ampleur<\/strong> de la crise (tout le monde a compris qu&rsquo;il y avait une crise mais la r\u00e9alisation est en train de se faire de son ampleur syst\u00e9mique et eschatologique); et cette conscience, autant dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> qui comptait sur eux pour prot\u00e9ger son statut face \u00e0 sa mise en cause par la crise, que dans la population qui comptait sur eux pour prot\u00e9ger sa subsistance du poids \u00e9crasant de cette crise. Leur \u00e9chec d\u00e9j\u00e0 \u00e9vident est une victoire de la conscience des choses historiques que nous affrontons. La crise les a fait surgir pour en user, la crise les fracasse apr\u00e8s les avoir us\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;effet de ces circonstances et de ces destins ainsi interpr\u00e9t\u00e9s, sans que rien d&rsquo;assur\u00e9 quant aux circonstances \u00e0 venir ne puisse \u00eatre avanc\u00e9, est l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise dans leurs pays respectifs. A c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la conscience de la crise, se dessine une agitation \u00e0 mesure. Cela se voit en France dans le fait du r\u00e9veil des ambitions politiques que l&rsquo;agitation dynamique de Sarkozy semblait avoir anesth\u00e9si\u00e9es. Ce qui nous importe ici n&rsquo;est pas la qualit\u00e9 de cette agitation mais le fait de cette agitation elle-m\u00eame. Les avatars divers du projet europ\u00e9en et des agitations sarkozystes ont \u00e9galement exacerb\u00e9 la conscience de la crise de l&rsquo;identit\u00e9 fran\u00e7aise; le d\u00e9bat n&rsquo;est plus sur l&rsquo;existence de la France par rapport \u00e0 l&rsquo;Europe, laquelle ne joue plus qu&rsquo;un r\u00f4le accessoire dans la crise, mais sur l&rsquo;existence de la France par rapport \u00e0 elle-m\u00eame (identit\u00e9 fran\u00e7aise). Aux USA, la situation est encore plus tendue, plus chaotique, parce que la crise porte sur une structure dont la tendance dynamique est d\u00e9sormais nettement centrifuge. Elle porte moins sur une hypoth\u00e9tique identit\u00e9 am\u00e9ricaine que sur la possibilit\u00e9 et le moyen de se passer \u00e9ventuellement de cette r\u00e9f\u00e9rence soi-disant (et faussement) identitaire. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette situation dans ces deux pays pr\u00e9cis\u00e9ment est qu&rsquo;elle touche les deux arch\u00e9types fondamentaux des deux organisations politiques principales, tr\u00e8s diff\u00e9rentes sinon oppos\u00e9es,  la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_vertu_ultime_de_la_nation_12_11_2009.html\" class=\"gen\">nation<\/a> r\u00e9galienne et la f\u00e9d\u00e9ration <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_the_system_is_broken__05_03_2010.html\" class=\"gen\">contractuelle<\/a>,  et qu&rsquo;elle s&rsquo;est install\u00e9e selon un calendrier particuli\u00e8rement serr\u00e9e (\u00e9lections pr\u00e9sidentielles en 2012). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi peut-on observer que l&rsquo;effet de l&rsquo;arriv\u00e9e de deux jeunes pr\u00e9sidents, absolument engag\u00e9s dans la politique de communication, donc investis des moyens de dissimuler la situation ou de transformer l&rsquo;apparence de la situation, a \u00e9t\u00e9 au contraire de mettre \u00e0 jour avec une puissance peu commune la r\u00e9alit\u00e9 de la puissance de la crise. Aucun des deux n&rsquo;a eu l&rsquo;audace, ou l&rsquo;id\u00e9e, d&rsquo;aller au-devant de la crise pour la r\u00e9v\u00e9ler et susciter des \u00e9v\u00e9nements et des r\u00e9actions mettant en cause un syst\u00e8me totalement pervers et en cours d&rsquo;effondrement (hypoth\u00e8se de l&rsquo;<em>American<\/em> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-american_gorbatchev_29_10_2008.html\" class=\"gen\">Gorbatchev<\/a> pour Obama); tout juste doit-on reconna\u00eetre \u00e0 Sarkozy une p\u00e9riode de gr\u00e2ce (sa pr\u00e9sidence europ\u00e9enne) o\u00f9 il osa d\u00e9noncer (le 24 septembre 2008 \u00e0 Toulon) le syst\u00e8me dans certains de ses fondements,  pour ensuite abandonner la voie qui, pourtant, aurait pu lui procurer une popularit\u00e9 notable en faisant de lui une sorte de Gorbatchev \u00e0 la fran\u00e7aise d\u00e9non\u00e7ant le syst\u00e8me occidentaliste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, ils ont tout de m\u00eame obtenu le r\u00e9sultat, par leur comportement, par leur \u00e9chec m\u00eame, de mettre effectivement en \u00e9vidence la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me totalement pervers et en cours d&rsquo;effondrement. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;ils peuvent appara\u00eetre aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;une fa\u00e7on paradoxale, compl\u00e8tement condamn\u00e9s, allant vers des \u00e9lections perdues d&rsquo;avance ou m\u00eame renon\u00e7ant \u00e0 se repr\u00e9senter. On peut effectivement avoir le sentiment qu&rsquo;il s&rsquo;agit de leur destin et que cela correspond \u00e0 leurs caract\u00e8res ou \u00e0 leurs situations au point o\u00f9 ils sont arriv\u00e9s. Obama est intelligent mais d\u00e9sormais totalement prisonnier d&rsquo;un caract\u00e8re vell\u00e9itaire et d&rsquo;un entourage proche qui lui interdit de se forger lui-m\u00eame une opinion sur la crise du monde. Sarko est vide de toute pens\u00e9e historique ou intuitive, son \u00e9nergie semble \u00e9puis\u00e9e du point de vue de la cr\u00e9ativit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 ne produire d\u00e9sormais que des effets n\u00e9gatifs.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette hypoth\u00e8se probable de leurs difficult\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chec possible en 2012 ne pourrait \u00eatre infirm\u00e9e s\u00e9rieusement, \u00e0 notre sens, que si l&rsquo;un ou l&rsquo;autre tentait d&rsquo;ici 2012 un coup d&rsquo;\u00e9clat majeur (type <em>American<\/em> Gorbatchev ou Gorbatchev \u00e0 la fran\u00e7aise). On ne voit gu\u00e8re de signes dans leurs caract\u00e8res ni dans leurs conceptions qui les y poussent. N\u00e9anmoins, si quelque chose de cette sorte arrivait, on parviendrait au m\u00eame r\u00e9sultat que celui qu&rsquo;on va d\u00e9crire ci-dessous<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion de cette double aventure plac\u00e9e arbitrairement en parall\u00e8le \u00e0 cause d&rsquo;une \u00e9volution malheureuse \u00e9galement parall\u00e8le de leurs situations politiques, dans la perspective des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles parall\u00e8les de 2012, est que ces personnages, qui promettaient beaucoup et ont tenu fort peu, finalement auront servi \u00e0 quelque chose. Leur arriv\u00e9e sur le plus haut de la sc\u00e8ne politique, pr\u00e9sent\u00e9e comme quelque chose de compl\u00e8tement nouveau avec la capacit\u00e9 d&rsquo;affronter et d&rsquo;apaiser les tensions qui affectaient leurs pays, continu\u00e9e par un exercice du pouvoir devenu un \u00e9chec tonitruant \u00e0 cet \u00e9gard, a eu le m\u00e9rite d&rsquo;\u00e9largir la conscience et la vision de la crise. Leur incapacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9tablir un ordre quelconque, qui aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessairement factice, a fortement contribu\u00e9 \u00e0 nous ouvrir les yeux sur le d\u00e9sordre du monde. En ce sens, ces faux-Gorbatchev auraient \u00e9t\u00e9 des Gorbatchev par m\u00e9garde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon cette logique prospective, il faudrait plut\u00f4t s&rsquo;attendre \u00e0 ce que leur fin de mandat soit de plus en plus chaotique, conduisant \u00e0 une ann\u00e9e 2012 qui pourrait \u00eatre des plus int\u00e9ressantes. Sur le seul plan factuel, on pourrait favoriser des suggestions prospectives d&rsquo;un processus d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration d&rsquo;\u00e9clatement <em>de facto<\/em> de l&rsquo;Europe avec des alliances pour la remplacer, dont les perspectives actuelles entre la France et la Russie sont une illustration possible; pour les USA, effectivement, une acc\u00e9l\u00e9ration d&rsquo;un processus centrifuge de type d\u00e9volution, \u00e0 l&rsquo;occasion des conflits entre les Etats de l&rsquo;Union et le centre, concernant autant les probl\u00e8mes financiers que les probl\u00e8me de politique g\u00e9n\u00e9rale. Encadrant ce possible processus de d\u00e9structuration de certaines situations du syst\u00e8me en place o\u00f9 les deux pays consid\u00e9r\u00e9s ont une place importante (d\u00e9structuration structurante par cons\u00e9quent, puisque le syst\u00e8me en place est lui-m\u00eame d\u00e9structurant), la crise ne cessera d&rsquo;enfler, de s&rsquo;\u00e9largir, d&rsquo;envahir tous les aspects de notre civilisation, s&rsquo;appuyant \u00e0 cet \u00e9gard sur la carri\u00e8re et l&rsquo;\u00e9chec de ces deux hommes qui semblaient \u00eatre venus, aur\u00e9ol\u00e9s de leur jeunesse, pour emp\u00eacher ou pour terminer la crise. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFolle jeunesse, jeunesse us\u00e9e La question finale, et la plus s\u00e9rieuse du lot, est donc: les Mayas, avec leur sacr\u00e9 calendrier version 2012, ont-ils vu clair?<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2010-2012, et jeunesse passe 11 mars 2010 Notre prochaine rubrique dedefensa de dde.crisis sera consacr\u00e9e \u00e0 la crise du pouvoir, \u00e0 l&rsquo;ombre de 2012 qui sera une ann\u00e9e exceptionnelle \u00e0 cause de trois \u00e9lections pr\u00e9sidentielles successives, en Russie, en France et aux USA, cela, bien s\u00fbr, en plus du calendrier des Mayas. Ici, nous nous&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[7928,4058,4141,5616,9377,4596,6208,3340,4590],"class_list":["post-71655","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-7928","tag-echec","tag-elections","tag-impuissance","tag-jeunesse","tag-maistre","tag-obama","tag-presidentielles","tag-sarkozy"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71655","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71655"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71655\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71655"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71655"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71655"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}