{"id":71659,"date":"2010-03-13T11:11:06","date_gmt":"2010-03-13T11:11:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/13\/nicolas-brown-et-gordon-sarkozy-letrange-entente-cordiale\/"},"modified":"2010-03-13T11:11:06","modified_gmt":"2010-03-13T11:11:06","slug":"nicolas-brown-et-gordon-sarkozy-letrange-entente-cordiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/13\/nicolas-brown-et-gordon-sarkozy-letrange-entente-cordiale\/","title":{"rendered":"Nicolas Brown et Gordon Sarkozy, l&rsquo;\u00e9trange \u201centente cordiale\u201d"},"content":{"rendered":"<p><p>Ce fut une \u00e9trange visite, un \u00e9trange voyage, une curieuse \u00e9treinte (entre Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, devant le 10, Downing Street). Brown essaie de tenir face aux conservateurs et, d&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;est pas si mauvais. A c\u00f4t\u00e9 de cela, il est personnellement mis en cause pour un soi-disant comportement brutal, pour un caract\u00e8re insupportable, ce qui lui vaut des contestations au sein m\u00eame de son parti. Du c\u00f4t\u00e9 de Sarko, on se demande s&rsquo;il y aura un deuxi\u00e8me mandat et si le troisi\u00e8me mariage (avec Carla) durera tr\u00e8s longtemps encore. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoil\u00e0 qui rapprochait les deux hommes lors de la visite de Sarkozy \u00e0 Londres, ainsi qu&rsquo;une hostilit\u00e9 affich\u00e9e des deux pour le dirigeant conservateur Cameron,  largement d\u00e9mentie par des bruits insistants qu&rsquo;au cours de la rencontre Sarko-Cameron (qui eut \u00e9galement lieu), des \u00e9changes de vue avanc\u00e9s et constructifs ont eu lieu (cela ne transpara\u00eet gu\u00e8re dans le texte de <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/michael-savage-there-is-another-love-in-sarkozys-life-1920703.html\" class=\"gen\">13 mars 2010<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>For two leaders recently embarrassed by chatter about their behaviour behind closed doors, the smiles lighting the faces of Gordon Brown and Nicolas Sarkozy seemed as unlikely as they were fulsome when the pair appeared for their lunchtime press conference yesterday.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Perhaps they had bonded over their shared adversity. Or maybe they had been cheered by the realisation that they had something else in common  a mutual distrust of David Cameron.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The French leader came as close to endorsing Mr Brown&rsquo;s campaign for a fourth Labour term as the age-old art of diplomacy would allow, lavishing praise on the Prime Minister for his work during the financial crisis, while admitting to his own concerns over Mr Cameron&rsquo;s decision to pull the Tories out of the EU&rsquo;s main centre-right grouping.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The French President deployed landmines in Mr Cameron&rsquo;s path, insisting, unprompted by any questioning, that Britain needed to remain bang in the middle of Europe. He pleaded, We need you <\/em>[Gordon Brown]<em>, and insisted, I don&rsquo;t want to meddle in domestic affairs\u00a0\u00bb before adding, pointedly: I&rsquo;m very happy to work with a British Labour Prime Minister.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Puis on passe abruptement \u00e0 une autre question, compl\u00e8tement diff\u00e9rente, la question comme \u00e9crivent les journalistes britanniques:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>For the gaggle of journalists packed into the No 10 briefing yesterday, the vagaries of Tory European policy were not the main event. They were all waiting for someone to ask Mr Sarkozy that question.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>While Mr Brown has had to endure days of headlines alleging that he bullied staff, the Gallic rumour mill has spun that both Mr Sarkozy and his wife, the musician and former supermodel Carla Bruni, have been enjoying extra-marital affairs. According to the latest unsubstantiated internet tittle-tattle, the president had a fling with Chantal Jouanno, 40, the junior environment minister and former French karate champion.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>When the inevitable question was delivered to the stony-faced President, delicately phrased by a brave French journalist, Mr Sarkozy dismissed it as idiotic. You must know very little about what the President of the Republic actually has to do all day long! he fumed at such fripperies. I certainly don&rsquo;t have time to deal with these ridiculous rumours, not even half a fraction of a second. I don&rsquo;t even know why you use your speaking time to put such an idiotic question.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Brown, not known for his repartee, wouldn&rsquo;t have been the most likely candidate to lighten the mood. Yet filled with a sudden zeal to rescue his new best friend from an unwelcome confrontation, he jumped in. As far as the British press, I have been able to tell Nicolas that I don&rsquo;t believe everything that I read in the British press, he chuckled.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> C&rsquo;est un curieux texte, qui refl\u00e8te une curieuse rencontre, marqu\u00e9e par un non moins curieux chaos, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;affirmations qui se voudraient s\u00e9rieuses et politiquement constructives, et qui, dans le contexte, apparaissent elles-m\u00eames bien curieuses Il s&rsquo;agit aussi bien d&rsquo;une illustration des complications extraordinaires et incontr\u00f4lables de l&rsquo;interf\u00e9rence de la communication dans la politique, qui m\u00e9lange la vie priv\u00e9e et la vie publique; il s&rsquo;agit de la complication des relations avec le Royaume-Uni pour savoir si ce pays est bien, finalement, un pays europ\u00e9en; il s&rsquo;agit de la complication d&rsquo;une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;homme politique est autant en qu\u00eate de son identit\u00e9 que telle ou telle nation aux abois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le m\u00e9lange des vies priv\u00e9es et des vies publiques appara\u00eet \u00e0 la fois incongru, d\u00e9plac\u00e9 et compl\u00e8tement in\u00e9vitable. Ces hommes (surtout Sarko, en l&rsquo;occurrence) se sont construits en utilisant largement leurs vies priv\u00e9es comme facteur de leur ascension politique. Cette vie priv\u00e9e est donc un \u00e9l\u00e9ment politique, quelles que soient leurs mines vertueusement scandalis\u00e9e devant telle ou telle question,  la principale devenant, en l&rsquo;occurrence: qui t a fait roi, pi\u00e8tre souverain? Ainsi Brown appara\u00eet-il comme une brute obtuse et Sarkozy comme un instable volage, ou un instable cocu, ce qui est encore pire. Dans les deux cas, la stature politique des deux hommes en est atteinte et les diminue d&rsquo;autant. Ainsi l&rsquo;ont-ils voulu (toujours, surtout Sarko), puisque leur carri\u00e8re est faite de communication dans tous les azimuts, y compris les plus intimes. Le prix \u00e0 payer, quoi que cela puisse para\u00eetre extravagant, est bien <strong>politique<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Sarko est venu voir Brown pour faire acte de vertu europ\u00e9enne et affirmer son soutien \u00e0 ce dirigeant britannique, qui est \u00e0 quelques encablures des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales, puisqu&rsquo;on le pr\u00e9sente comme le plus europ\u00e9en (il faudrait encore savoir ce que signifient ces termes). Merkel devrait faire de m\u00eame, sous peu, tous ces dirigeants des pays europ\u00e9ens s&rsquo;accrochant avec un ent\u00eatement path\u00e9tique \u00e0 la fiction de l&rsquo;existence de l&rsquo;Europe comme preuve de leur brio et de leur intelligence politique commune.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour autant, la condamnation publique et concert\u00e9e avec Brown, pour l&rsquo;avantage de Brown, du conservateur Cameron, n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 Sarko de rencontrer ce m\u00eame Cameron. Les conversations auraient port\u00e9, selon des milieux europ\u00e9ens, sur les questions de d\u00e9fense, sur lesquelles les conservateurs voudraient, s&rsquo;ils l&#8217;emportaient, entamer une \u00e9norme restructuration, permettant des r\u00e9ductions de d\u00e9penses, passant par une coop\u00e9ration tr\u00e8s renforc\u00e9e avec la France. Ces indications portent notamment sur l&rsquo;abandon d&rsquo;un sous-marin lance-missiles, la mise en question des porte-avions, l&rsquo;abandon du programme JSF. Cette approche, qui serait \u00e9galement celle des conservateurs, pourrait tr\u00e8s bien \u00eatre, <strong>aussi<\/strong>, celle des travaillistes. On pourrait, sans grand risque, ajouter qu&rsquo;elle est largement favoris\u00e9e par l&rsquo;humeur tr\u00e8s ronchonneuse, voire furieuse, des Britanniques \u00e0 l&rsquo;encontre des USA dans l&rsquo;affaire des Malouines, et cela chez les conservateurs et chez les travaillistes. Cela encourage \u00e0 aller voir, question d\u00e9fense, du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Europe et du c\u00f4t\u00e9 des Fran\u00e7ais. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que le Royaume-Uni risque de se retrouver, \u00e0 la fin du printemps, dans une situation in\u00e9dite, si aucun parti n&#8217;emporte une majorit\u00e9 absolue comme bruits et sondages le font penser. La question pr\u00e9occupe d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 les milieux financiers mais elle devrait aussi pr\u00e9occuper les milieux strat\u00e9giques et de d\u00e9fense. Il n&rsquo;est pas impossible, mises \u00e0 part les m\u00e9sententes diverses, dont celle, plut\u00f4t de forme que de fond, sur l&rsquo;Europe (les conservateurs type-Cameron \u00e9tant beaucoup moins anti-europ\u00e9ens qu&rsquo;il n&rsquo;est proclam\u00e9), que les uns et les autres, notamment travaillistes et conservateurs, parviennent \u00e0 un accord g\u00e9n\u00e9ral sur les questions fondamentales. Celle de la d\u00e9fense, dans le cadre de la situation budg\u00e9taire abyssale du Royaume-Uni, est l&rsquo;une des plus essentielles. Dans les r\u00e9unions europ\u00e9ennes plus ou moins officieuses, les Britanniques, qui n&rsquo;en sont pas \u00e0 une chansonnette pr\u00e8s, font savoir qu&rsquo;ils sont d&rsquo;ardents partisans d&rsquo;une coop\u00e9ration europ\u00e9enne avec les pays d\u00e9veloppant un effort budg\u00e9taire s\u00e9rieux, ce qui signifie autour, dans le sens de plus, de 2% du PIB; cela r\u00e9duit les pays coop\u00e9rants valables pour les Britanniques \u00e0 la seule France; fa\u00e7on britannique de dire leur pr\u00e9f\u00e9rence pour une coop\u00e9ration bilat\u00e9rale avec la France recouverte du manteau de la vertu europ\u00e9enne. Et, dans ce cas, il s&rsquo;agit beaucoup plus d&rsquo;\u00e9missaires travaillistes que de conservateurs, et alors on en d\u00e9duit effectivement la potentialit\u00e9 d&rsquo;un accord entre les deux partis dans ce domaine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi en revenons-nous \u00e0 ce spectacle \u00e9trange de l&#8217;embrassade entre Gordon Sarko et Nicolas Brown, deux dirigeants politiques secou\u00e9s, chacun \u00e0 sa fa\u00e7on, par des contingences impressionnantes de futilit\u00e9 ou par des comportements politiques sans consistance. Pourtant, leur rencontre, ou, plus largement, la visite de Sarkozy \u00e0 Londres, \u00e9pousent n\u00e9cessairement des lignes de forces et des forces de contrainte qui d\u00e9passent ces deux destins. Encore une fois, on peut mesurer la perte de poids de ces hommes politiques enti\u00e8rement phagocyt\u00e9s par le syst\u00e8me de communication, et, par ailleurs, plus ais\u00e9ment emport\u00e9s par des courants de force politique qui ont manifestement plus d&rsquo;esprits qu&rsquo;eux.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 12 mars 2010 \u00e0 10H54<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce fut une \u00e9trange visite, un \u00e9trange voyage, une curieuse \u00e9treinte (entre Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, devant le 10, Downing Street). Brown essaie de tenir face aux conservateurs et, d&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;est pas si mauvais. 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