{"id":71670,"date":"2010-03-17T06:55:55","date_gmt":"2010-03-17T06:55:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/17\/bibi-a-exaspere-bho-fureur-et-epreuve-de-force\/"},"modified":"2010-03-17T06:55:55","modified_gmt":"2010-03-17T06:55:55","slug":"bibi-a-exaspere-bho-fureur-et-epreuve-de-force","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/17\/bibi-a-exaspere-bho-fureur-et-epreuve-de-force\/","title":{"rendered":"<em>Bibi<\/em> a exasp\u00e9r\u00e9 BHO, \u2013 fureur et \u00e9preuve de force"},"content":{"rendered":"<p><p>Non, vous assure-t-on, cette fois les choses sont s\u00e9rieuses. Cette fois, Obama a \u00e9t\u00e9, comme l&rsquo;\u00e9crit Jonathan Freedland dans <em>The Guardian<\/em> (le <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/cifamerica\/2010\/mar\/16\/israel-slapped-america-bibi-hillary\" class=\"gen\">16 mars 2010<\/a>), r\u00e9veill\u00e9 par la gifle de <em>Bibi<\/em> Netanyahou.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques observations sur les divers \u00e9l\u00e9ments qui explicitent l&rsquo;exasp\u00e9ration d&rsquo;Obama, de son administration, de Washington en g\u00e9n\u00e9ral. Quelques observations sur une des plus graves crises qui aient oppos\u00e9 les USA et Isra\u00ebl. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Why would the Obama team have chosen to escalate a row they could easily have let fade away? They weren&rsquo;t exactly looking for a fight, says Daniel Levy, Middle East analyst of Washington&rsquo;s New America Foundation, whose ear is close to the administration ground. He notes that Obama is on the brink of passing healthcare reform  and hardly needs to distract attention from that most perilous of battles. The danger will be more acute if pro-Israel Democrats make a linkage between the two issues, demanding that Obama lower the pressure on Israel in return for their votes on the health bill.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>One explanation is the face-value one: that Obama was incandescent with rage at the one-fingered salute that greeted his deputy, and even more furious at Netanyahu&rsquo;s subsequent attempts at an apology. These insisted that Israel had every right to settle in East Jerusalem  but conceded that it was wrong to announce the fact while Biden was in town. This emphasis on timing was, says Levy, tantamount to saying: I&rsquo;m sorry I slapped you on Monday: next time, I promise, it won&rsquo;t be on a Monday.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>There are other explanations for the US decision to hit back hard. One is that Obama is seizing on the Biden row to send a message to the Arab world: to show that he won&rsquo;t be pushed around by Israel. This view has been given extra traction by a Foreign Policy article reporting that a team of senior officers from US Central Command recently briefed the top brass at the Pentagon, declaring that Israeli intransigence was damaging US standing in the region, and that Arab leaders now deemed the US too weak to stand up to its Israeli ally.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Just yesterday, in testimony before the Senate armed services committee, General David Petraeus, the commander of Centcom, echoed that message, arguing that the Israeli-Palestinian conflict posed a threat to America&rsquo;s interests, that it foments anti-American sentiment, due to a perception of US favoritism for Israel, and that \u00ab\u00a0anger over the Palestinian question aided al-Qaida and other jihadist groups in their efforts to recruit support. Such views have long been conventional wisdom among liberal critics of Israel, but to hear such talk out loud from America&rsquo;s most senior soldier in the field is breathtaking. Perhaps Obama has taken the Centcom warnings to heart and is trying to make amends.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFreedland nous donne rendez-vous au d\u00e9but de la semaine prochaine, pour la convention de l&rsquo;AIPAC \u00e0 Washington, o\u00f9 Netanyahou devrait parler (mais sera-t-il l\u00e0 en personne ou sera-ce une allocution t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e faite pour l&rsquo;assembl\u00e9e ? Incertitude); o\u00f9 Hillary Clinton parlera \u00e9galement L\u00e0, nous aurons une bonne id\u00e9e de la temp\u00e9rature de cette eau en pleine \u00e9bullition.<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Voil\u00e0 donc une chronique agit\u00e9e Observons l&rsquo;int\u00e9ressante remarque, selon l&rsquo;expert Daniel Levy que cite Freedland, selon laquelle il pourrait y avoir un lien \u00e9tabli entre la crise actuelle avec Tel Aviv et le vote de certains d\u00e9mocrates, la semaine prochaine \u00e0 la Chambre, de la ni\u00e8me version de la loi sur les soins de sant\u00e9 d&rsquo;Obama,  ces d\u00e9mocrates, sur inspiration de l&rsquo;AIPAC, conditionnant leur vote favorable \u00e0 un apaisement de la r\u00e9action US contre Isra\u00ebl. C&rsquo;est effectivement le genre de manuvre vicieuse de l&rsquo;AIPAC qui peut alimenter la fureur d&rsquo;Obama, qui reste absolument persuad\u00e9 que toute sa pr\u00e9sidence se joue sur cette question des soins de sant\u00e9, et qui croit toucher au but avec ce vote de la Chambre. \u00ab<em>Le lobby pro-isra\u00e9lien, <\/em>notait hier une source diplomatique europ\u00e9enne, <em>est engag\u00e9 depuis quelques jours dans une activit\u00e9 si fr\u00e9n\u00e9tique dans cette affaire, qu&rsquo;on \u00e0 l&rsquo;impression d&rsquo;une intrusion directe de la querelle avec Isra\u00ebl, au profit d&rsquo;Isra\u00ebl, dans les affaires int\u00e9rieures les plus sensibles des USA, comme cette question des soins de sant\u00e9. L&rsquo;efficacit\u00e9 de cette sorte d&rsquo;action a son prix, et peut revenir dans la figure de l&rsquo;instigateur, avec des int\u00e9r\u00eats sal\u00e9s<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObama a donc perdu son calme proverbial. Les USA ont pos\u00e9 leurs exigences pour mettre un terme \u00e0 cette crise, qui sont au nombre de trois. Les deux derni\u00e8res (reprise des n\u00e9gociations avec les Palestiniens, discussions sur la substance, non sur la ferme) sont per\u00e7ues avec espoir par Freedland, qui y voit une opportunit\u00e9 saisie par l&rsquo;administration Obama, non seulement d&rsquo;obtenir une amende honorable de <em>Bibi<\/em>, mais de relancer un vrai processus de paix. La premi\u00e8re, qui est d&rsquo;annuler purement et simplement le projet de construction du ministre Ramat Shlomo qui a mis le feu aux poudres, devrait normalement, si elle est rencontr\u00e9e, pulv\u00e9riser la coalition que forme le gouvernement Netanyahou en amenant le d\u00e9part de ses alli\u00e9s d&rsquo;extr\u00eame droite, et discr\u00e9diter durablement le Premier ministre, qui a toujours affirm\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;accepterait aucune restriction sur les constructions dans J\u00e9rusalem. Si l&rsquo;on comprend bien: dilemme, \u00e9preuve de force et bras de fer, avec l&rsquo;essentiel de la partie se jouant \u00e0 Washington, au Congr\u00e8s, ou bien au grand <em>show<\/em> de l&rsquo;AIPAC, en attendant les \u00e9pisodes suivants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa mont\u00e9e aux extr\u00eames convient \u00e0 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des acteurs (\u00e0 <em>Bibi<\/em> Netanyahou, sans doute), mais elle est surtout inexorablement exig\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements. Plus encore, les verrous de l&rsquo;affrontement s&rsquo;av\u00e8rent s\u00e9rieux, comme on le voit avec l&rsquo;insistance qui est mise sur l&rsquo;intervention du g\u00e9n\u00e9ral Petraeus, notamment au Congr\u00e8s, affirmant que les extravagances isra\u00e9liennes mettent la vie des soldats US en danger. Effectivement, nous sommes dans des domaines de la communication o\u00f9 l&rsquo;on ne plaisante pas, quelle que soit la valeur de l&rsquo;argument. Les parlementaires d\u00e9pendent non seulement de l&rsquo;AIPAC, mais \u00e9galement de leurs \u00e9lecteurs (en novembre prochain, notamment), et entendre un g\u00e9n\u00e9ral si expert en auto-promotion comme l&rsquo;est Petraeus d\u00e9clarer publiquement que le comportement isra\u00e9lien met en danger la vie des <em>boys<\/em> est un argument qu&rsquo;on ne peut n\u00e9gliger. Petraeus engage avec lui tout le Pentagone, avec les g\u00e9n\u00e9raux et les amiraux pour une fois compl\u00e8tement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_et_entre_l_enclume_et_le_marteau_16_03_2010.html\" class=\"gen\">unanimes<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, l&rsquo;argument de Freedland est-il bon? Obama va-t-il user de cette crise pour faire c\u00e9der Netanyahou, alors que cette crise interf\u00e8re dans ses propres affaires d&rsquo;une si d\u00e9sagr\u00e9able fa\u00e7on? Tout cela est du bel et bon raisonnement. Le point essentiel \u00e0 observer est que les partenaires-adversaires sont chacun accul\u00e9s dans leur coin, certains avec un caract\u00e8re impr\u00e9visible, donc qu&rsquo;il y a vraiment fort peu d&rsquo;espace pour la manuvre alors qu&rsquo;il s&rsquo;agit justement de manuvre. Le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9voqu\u00e9 par Freedland pour argumenter sa th\u00e8se,  les pressions de Bush p\u00e8re sur Rabin en 1991 pour forcer Isra\u00ebl \u00e0 entamer ce qui devint ensuite le processus d&rsquo;Oslo, affaire o\u00f9 l&rsquo;on fut le plus proche d&rsquo;un arrangement satisfaisant,  a sa valeur que l&rsquo;on comprend bien. Il a aussi ses limites: en 1991, Bush p\u00e8re, tout aur\u00e9ol\u00e9 de sa gloire du triomphe de la premi\u00e8re guerre du Golfe, \u00e9tait dans une incomparable position de force, aussi bien \u00e0 Washington qu&rsquo;au dehors. Ce n&rsquo;est en rien le cas d&rsquo;Obama.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ne dit certainement pas que cette affaire en restera l\u00e0. Bien au contraire, les deux camps se trouvent de plus en plus embarqu\u00e9s dans la mont\u00e9e aux extr\u00eames, de plus en plus dans la position de ne pas vouloir, ni m\u00eame pouvoir c\u00e9der. La m\u00e9canique politique de mont\u00e9e aux extr\u00eames, qui est un caract\u00e8re fondamental d&rsquo;une \u00e9poque et de sa psychologie politique collective plus que le produit d&rsquo;un calcul de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, est quelque chose qui d\u00e9passe les acteurs de cette crise comme des autres en cours. Comme toujours, on offrira plut\u00f4t la perspective de l&rsquo;impr\u00e9visible: plus la crise se radicalise, plus il est difficile d&rsquo;en sortir d&rsquo;une fa\u00e7on arrangeante pour l&rsquo;un et l&rsquo;autre, plus les possibilit\u00e9s de prolongements violents et brutaux, au-del\u00e0 du contr\u00f4le humain, grandissent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa main-mise isra\u00e9lienne sur une partie de la politique US, par le biais des manuvres d&rsquo;influence et de lobbying, nourrit une situation qui n&rsquo;est pas supportable tr\u00e8s longtemps lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;exacerbe et devient si visible, si obsc\u00e8ne en un sens, dans le climat de tension actuel qui ne cesse de se renforcer. Cette situation est \u00e0 la fois aliment\u00e9e par ce qu&rsquo;elle est, et par les effets qu&rsquo;elle produit. Elle vit de sa propre vie. Elle t\u00e9moigne elle-m\u00eame du scandale insupportable qu&rsquo;elle repr\u00e9sente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut bien admettre que nous sommes dans un moment int\u00e9ressant et si intense \u00e0 cet \u00e9gard Le syst\u00e8me l&rsquo;a voulu ainsi puisque c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il fonctionne, notamment avec ces situations d&rsquo;interf\u00e9rences grossi\u00e8res, corruptrices et terroristes, dans les grandes affaires de politique des uns et des autres. Qu&rsquo;il s&rsquo;en arrange,  on lui souhaite bien du plaisir.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 17 mars 2010 \u00e0 06H56<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Non, vous assure-t-on, cette fois les choses sont s\u00e9rieuses. Cette fois, Obama a \u00e9t\u00e9, comme l&rsquo;\u00e9crit Jonathan Freedland dans The Guardian (le 16 mars 2010), r\u00e9veill\u00e9 par la gifle de Bibi Netanyahou. 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