{"id":71678,"date":"2010-03-19T10:18:32","date_gmt":"2010-03-19T10:18:32","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/19\/moby-dick-contre-israel\/"},"modified":"2010-03-19T10:18:32","modified_gmt":"2010-03-19T10:18:32","slug":"moby-dick-contre-israel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/19\/moby-dick-contre-israel\/","title":{"rendered":"<em>Moby Dick<\/em> contre Isra\u00ebl"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Moby Dick<\/em> contre Isra\u00ebl<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 mars 2010  Que se passe-t-il autour du Pentagone? Que se passe-t-il avec Isra\u00ebl? Que se passe-t-il donc dans la t\u00eate du g\u00e9n\u00e9ral Patraeus? Que peut-il se passer avec l&rsquo;Iran?  Enfin, ceci: que se passe-il chez <em>Moby Dick<\/em>, au Pentagone?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfilons quelques faits, comme autant de perles dans un collier de bien belle facture, manifestement arrang\u00e9 par le Pentagone. Le constat g\u00e9n\u00e9ral est qu&rsquo;il y a, clairement, un raidissement g\u00e9n\u00e9ral des chefs militaires du Pentagone \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;Isra\u00ebl. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat est d&rsquo;analyser les raisons profondes et multiples de ce raidissement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;intervention du commandant de Central Command (dont d\u00e9pend l&rsquo;Afghanistan et le Pakistan), le g\u00e9n\u00e9ral Petraeus, le 16 mars devant la Commission des forces arm\u00e9es du S\u00e9nat, est, de loin, le fait le plus important. Parmi d&rsquo;autres, le site <em>War in Context<\/em> met en \u00e9vidence cet aspect, dans un texte du m\u00eame <a href=\"http:\/\/warincontext.org\/2010\/03\/16\/israel-is-empowering-al-qaeda-petraeus-warns\/\" class=\"gen\">16 mars 2009<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In issuing his warning, Petraeus  arguably the most influential even if not the highest ranking member of the US military  was reiterating a statement he made almost a year ago. The only difference between what he said in April 2009 and what he said today, was that he now acknowledges al Qaeda is being strengthened by the conflict.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He  now says: The enduring hostilities between Israel and some of its neighbors present distinct challenges to our ability to advance our interests in the AOR [CENTCOM&rsquo;s area of responsibility]. Israeli-Palestinian tensions often flare into violence and large-scale armed confrontations. The conflict foments anti-American sentiment, due to a perception of U.S. favoritism for Israel. Arab anger over the Palestinian question limits the strength and depth of U.S. partnerships with governments and peoples in the AOR and weakens the legitimacy of moderate regimes in the Arab world. Meanwhile, al-Qaeda and other militant groups exploit that anger to mobilize support. The conflict also gives Iran influence in the Arab world through its clients, Lebanese Hizballah and Hamas.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tout cela n&rsquo;est pas absolument nouveau, observe <em>War in Context<\/em>, sauf que cela est dit par Petraeus, d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s officielle, sinon solennelle. D&rsquo;o\u00f9 ces observations absolument justifi\u00e9es:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Neoconservatives and the Israel lobby have worked hard and long to obscure the deeply corrosive regional impact of a conflict that successive Israeli leaders have either been unwilling or seemingly incapable of resolving. Others, who earlier said what Petraeus now says, have either been dismissed as poorly informed or worse, branded as anti-Israeli or by insinuation, anti-Semitic.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>No such charge will stick to Petraeus. Indeed, if the Israel lobby was so foolhardy as to try and go after an American general who sometimes gets treated like a latterday Eisenhower, the lobby will be at dire risk of being visited by its own greatest fear: being branded as anti-American.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les d\u00e9clarations de Petraeus refl\u00e8tent sans le moindre doute le sentiment g\u00e9n\u00e9ral des chefs militaires. Il est absolument probable que le texte de sa d\u00e9position a \u00e9t\u00e9 lue et approuv\u00e9e par l&rsquo;amiral Mullen, pr\u00e9sident du JCS. Petraeus avait d\u00e9j\u00e0 inform\u00e9 le Comit\u00e9 des chefs d&rsquo;\u00e9tat-major, le 16 janvier dernier, de cette analyse qu&rsquo;il fait de la situation, et des critiques directes qu&rsquo;il porte contre Isra\u00ebl. (Voir l&rsquo;article de Mark Perry dans <em>Foreign Policy<\/em> le <a href=\"http:\/\/mideast.foreignpolicy.com\/posts\/2010\/03\/14\/the_petraeus_briefing_biden_s_embarrassment_is_not_the_whole_story\" class=\"gen\">13 mars 2009<\/a>.) Cela r\u00e9sume ce que nous avons d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution des militaires, avec l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_et_entre_l_enclume_et_le_marteau_16_03_2010.html\" class=\"gen\">alliance<\/a> des deux factions jusqu&rsquo;ici oppos\u00e9es, entre Mullen et Petraeus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t On sait \u00e9galement la position <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retour_a_2007_en_infiniment_pire_09_03_2010.html\" class=\"gen\">en fl\u00e8che<\/a> qu&rsquo;a prise l&rsquo;amiral Mullen vis-\u00e0-vis des projets suppos\u00e9s d&rsquo;Isra\u00ebl contre l&rsquo;Iran. En un sens, cette position \u00e9quivaut, en vigueur et en position critique \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;Isra\u00ebl, \u00e0 celle de Petraeus. Bien entendu, Petraeus partage l&rsquo;avis de Mullen contre une attaque de l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tout cela doit \u00eatre m\u00e9dit\u00e9 sur le fond de la crise du Pentagone, dont chaque jour nous apporte l&rsquo;un ou l&rsquo;autre <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_affaire_des_kc-45_et_le_coming_crash_du_pentagone_18_03_2010.html\" class=\"gen\">\u00e9cho<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Nous observons donc que, dans les affaires isra\u00e9lo-am\u00e9ricanistes, les militaires US ne prennent plus de gants. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une affaire importante, on dirait m\u00eame essentielle pour les rapports isra\u00e9lo-am\u00e9ricanistes \u00e0 cause de la place que tiennent le Pentagone et les militaires US dans ces rapports. Il faut savoir qu&rsquo;au d\u00e9part, essentiellement \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, il existait une quasi-annexion d&rsquo;Isra\u00ebl comme accessoire strat\u00e9gique de la politique h\u00e9g\u00e9moniste US au Moyen-Orient, et que cela \u00e9tait directement le fait du Pentagone. Ainsi les rapports entre Isra\u00ebl et les USA doivent-ils \u00eatre nuanc\u00e9s par ce constat radical: autant Isra\u00ebl p\u00e8se formidablement sur le monde politique US (le Congr\u00e8s essentiellement) d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement visible et obsc\u00e8ne par l&rsquo;interm\u00e9diaire de son lobby (l&rsquo;AIPAC), autant le Pentagone p\u00e8se sur la communaut\u00e9 militaro-strat\u00e9gique isra\u00e9lienne d&rsquo;une fa\u00e7on tout aussi intrusive et radicale. (Nous avons d\u00e9j\u00e0 souvent \u00e9voqu\u00e9 cet aspect des rapports entre Washington et Isra\u00ebl, notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-israel_pourrait-il_changer_d_allie_privilegieet_8747_23_12_2004.html?admin=1\" class=\"gen\">23 d\u00e9cembre 2004<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-qui_commande_en_israel_17_07_2006.html?admin=1\" class=\"gen\">17 juillet 2006<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJusqu&rsquo;ici, il y a eu des crises entre Isra\u00ebl et le Pentagone (ou entre la communaut\u00e9 strat\u00e9gique isra\u00e9lienne et le Pentagone), mais toujours dans un seul sens et \u00e0 des niveaux non fondamentaux. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;\u00e9carts ou d&rsquo;erreurs commis par les Isra\u00e9liens par rapport au <em>diktat<\/em> de la strat\u00e9gie ext\u00e9rieure du Pentagone, que le Pentagone entendait rectifier \u00e0 son avantage. Le Pentagone n&rsquo;\u00e9tait jamais mis en cause en tant que tel, il ne se sentait pas directement engag\u00e9. Il s&rsquo;agissait de correctifs n\u00e9cessaires \u00e0 imposer aux Isra\u00e9liens, selon le Pentagone, par rapport \u00e0 la strat\u00e9gie g\u00e9n\u00e9rale du Pentagone. Ces affaires ne d\u00e9bordaient jamais du cadre tr\u00e8s restreint des experts, des relations techniques au niveau de l&rsquo;armement, etc. Il n&rsquo;y avait rien de g\u00e9n\u00e9ral ni de vraiment public au sens de la communication en g\u00e9n\u00e9ral; il n&rsquo;y avait pas une mise en cause fondamentale, capable de parvenir au public en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intervention de Petraeus brise ce tabou. On observera que Biden aurait dit la m\u00eame chose aux Isra\u00e9liens lors de sa visite (votre politique met en danger nos troupes), que cela \u00e9tait rest\u00e9 au niveau des informations officieuses et qu&rsquo;il y eut ensuite une offensive de la Maison-Blanche pour d\u00e9mentir ces propos, essentiellement aupr\u00e8s du Congr\u00e8s o\u00f9 veillent l&rsquo;AIPAC, ses pr\u00e9bendes et son influence. Au contraire, la d\u00e9claration de Petraeus est officielle, sinon solennelle. Personne ne revient dessus, personne ne lui en fait le moindre reproche.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un affrontement quasiment \u00e0 armes \u00e9gales. Autant Isra\u00ebl est tabou au Congr\u00e8s, absolument submerg\u00e9 par l&rsquo;influence \u00e0 la fois v\u00e9nale et terroriste de l&rsquo;AIPAC, autant les militaires, surtout lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un chef qui dirige une guerre comme Petraeus, le sont \u00e9galement. (Petraeus plus encore, puisque les qualit\u00e9s guerri\u00e8res de cet homme sont d&rsquo;abord \u00e9videntes dans ses \u00e9poustouflantes capacit\u00e9s en mati\u00e8re de relations publiques. Il a r\u00e9ussi \u00e0 faire gober au Congr\u00e8s l&rsquo;id\u00e9e que la d\u00e9sastreuse campagne irakienne \u00e9tait finalement une victoire. Depuis, Petraeus est une sorte de saint, intouchable au Congr\u00e8s.) En ce sens, le Pentagone, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment les chefs militaires, \u00e9quivalent largement Isra\u00ebl et son lobby AIPAC en influence aupr\u00e8s du Congr\u00e8s et de la direction politique US.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr, l&rsquo;intervention de Petraeus est <strong>politique<\/strong>, et absolument soutenue par les chefs militaires unanimes et le Pentagone. Elle revient \u00e0 dire \u00e0 Isra\u00ebl, essentiellement \u00e0 Netanyahou: il faut que vous changiez de politique, que vous fassiez un effort s\u00e9rieux et profond vers les Palestiniens pour satisfaire l&rsquo;opinion publique et les directions des pays arabes mod\u00e9r\u00e9s. Si Petraeus et le Pentagone agissent dans ce sens, qui tend plut\u00f4t \u00e0 satisfaire Obama dans les circonstances actuelles, ce n&rsquo;est certainement pas par d\u00e9f\u00e9rence pour leur pr\u00e9sident et commandant en chef. Le Pentagone et les militaires ont d&rsquo;autres chats \u00e0 fouetter que de pr\u00eater attention au commandant en chef.<\/p>\n<h3>Comme toujours, la crise du syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a une convergence de causes qui expliquent cette \u00e9volution des chefs militaires US, dans un syst\u00e8me en crise, donc de plus en plus \u00e9clat\u00e9, o\u00f9 les groupes de pression et les centres de pouvoir tendent de plus en plus \u00e0 s&rsquo;exprimer d&rsquo;une fa\u00e7on affirm\u00e9e, quasiment ind\u00e9pendante. Il y a les causes \u00e9videntes, qui tiennent \u00e0 la situation strat\u00e9gique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ce que dit Petraeus est archi-connu. La politique isra\u00e9lienne est directement antagoniste de tout arrangement avec les pays arabes, y compris et particuli\u00e8rement les pays arabes mod\u00e9r\u00e9s. Cette politique alimente le terrorisme. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est que les chefs militaires US font directement et publiquement la connexion entre ces \u00e9vidences et les difficult\u00e9s qu&rsquo;ils rencontrent dans leurs diverses campagnes. La conclusion, redoutable en l&rsquo;occurrence, est que les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques des USA et d&rsquo;Isra\u00ebl divergent, sinon s&rsquo;opposent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le cas de l&rsquo;Iran avec les menaces isra\u00e9liennes d&rsquo;attaque compl\u00e8tent le cas pr\u00e9c\u00e9dent. On sait depuis longtemps que les militaires US sont oppos\u00e9s \u00e0 une attaque et, d&rsquo;une fa\u00e7on paradoxale pour ceux qui croient \u00e0 un danger iranien en plein d\u00e9veloppement,  puisqu&rsquo;il y en a pour le croire,  ils y sont de plus en plus oppos\u00e9s. Cela signifie-t-il que les militaires US ne croient pas au danger iranien? C&rsquo;est une question secondaire, dont la r\u00e9ponse serait d&rsquo;ailleurs plus proche du positif que du n\u00e9gatif, et qui devrait \u00eatre remplac\u00e9e par la remarque que les militaires US ne veulent pas d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran, qui leur co\u00fbterait trop cher et pour laquelle ils craignent de ne pas avoir les moyens n\u00e9cessaires. Par contre, les militaires US croient au danger isra\u00e9lien (d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran). L\u00e0 aussi, il y a divergence, sinon opposition des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques des USA et d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il nous semble qu&rsquo;il faut aller au-del\u00e0 de cette simple (!) question des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques. C&rsquo;est plus que cela qui est en jeu du c\u00f4t\u00e9 US, c&rsquo;est-\u00e0-dire du c\u00f4t\u00e9 du Pentagone. Les militaires US, tout comme la direction du Pentagone en g\u00e9n\u00e9ral, ont une perception de plus en plus claire de la crise du Pentagone, en tant que syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral, que ce soit aux niveaux op\u00e9rationnel et strat\u00e9gique, que ce soit aux niveaux bureaucratiques et gestionnaires, que ce soit aux niveaux budg\u00e9taires et des \u00e9quipements. Tout le monde prend conscience que le Pentagone est bien ce monstre, ce <em>Moby Dick<\/em> dont parlait le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Cohen en 1998, et que <em>Moby Dick<\/em> est dangereusement malade. Dans ce cadre catastrophique, les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques sont bien plus que des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques. Ils font partie d&rsquo;un ensemble de plus en plus instable, dont certains consid\u00e8rent qu&rsquo;il est au bord de l&rsquo;effondrement. Non seulement il n&rsquo;est plus temps de prendre des risques (notamment aux c\u00f4t\u00e9s des Isra\u00e9liens ou en laissant faire les Isra\u00e9liens), mais il n&rsquo;est m\u00eame plus temps de m\u00e9nager quiconque ni de faire des cadeaux \u00e0 quiconque. Cela vaut \u00e9videmment pour Isra\u00ebl.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;opposition du Pentagone aux entreprises isra\u00e9liennes est en train de passer de l&rsquo;accessoire, du marginal, \u00e0 l&rsquo;essentiel. L&rsquo;influence du Pentagone sur Isra\u00ebl, telle qu&rsquo;on l&rsquo;a d\u00e9crite plus haut, vaut dans la mesure o\u00f9 Isra\u00ebl est (\u00e9tait) utilis\u00e9e comme moyen offensif de relayer une strat\u00e9gie offensive du Pentagone. Dans ce cas, les int\u00e9r\u00eats du Pentagone et ceux d&rsquo;Isra\u00ebl co\u00efncidaient dans le sens de l&rsquo;offensive strat\u00e9gique. Aujourd&rsquo;hui, une rupture est en train de se faire jour, et la situation est en train de se renverser. Dans ce cas nouveau, l&rsquo;influence du Pentagone sur Isra\u00ebl n&rsquo;est plus directement transmissible dans la mesure o\u00f9 la politique isra\u00e9lienne, qui est imp\u00e9rative pour l&rsquo;appareil de s\u00e9curit\u00e9 isra\u00e9lien, reste tourn\u00e9e vers l&rsquo;offensive. L&rsquo;influence du Pentagone se transforme en une manifestation publique de d\u00e9sapprobation de cette strat\u00e9gie isra\u00e9lienne, comme Petraeus en fait la d\u00e9monstration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl existe donc d\u00e9sormais une possibilit\u00e9 s\u00e9rieuse de confrontation, non seulement entre le Pentagone et la direction politique isra\u00e9lienne (la chose est d\u00e9j\u00e0 en cours), mais, \u00e0 Washington m\u00eame, entre le Pentagone et la puissante influence isra\u00e9lienne s&rsquo;exer\u00e7ant \u00e0 Washington, notamment au Congr\u00e8s. La crise est entre Isra\u00ebl et Washington, mais elle est plus encore \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me am\u00e9ricaniste. Il faudrait d&rsquo;ailleurs, pour \u00eatre complet, ne pas s&rsquo;en tenir \u00e0 ce seul axe USA-Isra\u00ebl et observer que le cadre g\u00e9n\u00e9ral de cet affrontement est tout simplement la politique expansionniste et belliciste du syst\u00e8me, pour laquelle le Pentagone ne semble plus avoir la solidit\u00e9 structurelle et la s\u00fbret\u00e9 dynamique n\u00e9cessaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous en venons toujours au constat que l&rsquo;essentiel est bien la crise int\u00e9rieure du syst\u00e8me. C&rsquo;est elle qui r\u00e8gle tout, qui fait na\u00eetre les tensions, qui oriente les antagonismes. Nous voulons dire par l\u00e0 que si la crise entre le Pentagone et Isra\u00ebl se d\u00e9veloppe, il y a de fortes chances qu&rsquo;elle ne s&rsquo;arr\u00eate pas l\u00e0 parce qu&rsquo;elle se placera dans le cours d&rsquo;une dynamique de crise (dans ce cas, celle du Pentagone, qui d\u00e9passe les rapports en Isra\u00ebl et les USA). Il ne s&rsquo;agit pas seulement de la simple possibilit\u00e9 d&rsquo;un r\u00e9alignement (des USA vis-\u00e0-vis d&rsquo;Isra\u00ebl), tout r\u00e9volutionnaire qu&rsquo;il soit, mais d&rsquo;un \u00e9pisode de plus de la crise g\u00e9n\u00e9rale. Admettons bien entendu que l&rsquo;\u00e9pisode est particuli\u00e8rement sal\u00e9 et dramatique, tant l&rsquo;axe USA-Isra\u00ebl est fondamental pour la politique expansionniste du syst\u00e8me. Simplement, et il faut le savoir,  si l&rsquo;on en arrive l\u00e0, l&rsquo;on n&rsquo;en restera pas l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moby Dick contre Isra\u00ebl 19 mars 2010 Que se passe-t-il autour du Pentagone? Que se passe-t-il avec Isra\u00ebl? Que se passe-t-il donc dans la t\u00eate du g\u00e9n\u00e9ral Patraeus? Que peut-il se passer avec l&rsquo;Iran? Enfin, ceci: que se passe-il chez Moby Dick, au Pentagone? Enfilons quelques faits, comme autant de perles dans un collier de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[7921,9395,2774,6521,7098,3194,6264,9394,3068,5770],"class_list":["post-71678","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-dick","tag-interets","tag-israel","tag-moby","tag-mullen","tag-pentagone","tag-petraeus","tag-realignement","tag-strategique","tag-strategiques"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71678"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71678\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}