{"id":71712,"date":"2010-03-29T07:30:14","date_gmt":"2010-03-29T07:30:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/29\/des-special-relationships-de-plus-en-plus-lourdes\/"},"modified":"2010-03-29T07:30:14","modified_gmt":"2010-03-29T07:30:14","slug":"des-special-relationships-de-plus-en-plus-lourdes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/29\/des-special-relationships-de-plus-en-plus-lourdes\/","title":{"rendered":"Des \u201c<em>special relationships<\/em>\u201d de plus en plus lourdes"},"content":{"rendered":"<p><p>Un rapport de la commission des affaires \u00e9trang\u00e8res des Communes porte un regard plus que critique,  et nous dirions m\u00eame lugubre,  sur les relations sp\u00e9ciales entre les USA et le Royaume-Uni. Sa recommandation symbolique est de ne plus utiliser ce terme (<em>special relationships<\/em>) tant il para\u00eet d\u00e9sormais vide de sens. Bien qu&rsquo;il reconnaisse que subsistent dans les relations USA-UK des domaines de tr\u00e8s proche coop\u00e9ration d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat, le rapport se montre par contre tr\u00e8s critique pour d&rsquo;autres, comme ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis avec la CIA pour le traitement sp\u00e9cial de certains prisonniers ou l&rsquo;utilisation de la base de Diego-Suarez par cette m\u00eame CIA. Le rapport est \u00e9galement tr\u00e8s critique de la coop\u00e9ration, notamment sur l&rsquo;Irak, \u00e9tablie entre Blair et Bush.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tExtraits de l&rsquo;article du <em>Sunday Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/news\/politics\/article7078844.ece\" class=\"gen\">28 mars 2010<\/a> sur le sujet.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Britain&rsquo;s special relationship with the US  forged by Winston Churchill and Franklin Roosevelt in the second world war  no longer exists, says a committee of influential MPs. Instead, America&rsquo;s relationship with Britain is no more special than with its other main allies, according to a report by the Commons foreign affairs committee published today.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The report also warns that the perception of the UK after the Iraq war as America&rsquo;s subservient poodle has been highly damaging to Britain&rsquo;s reputation and interests around the world. The MPs conclude that British prime ministers have to learn to be less deferential to US presidents and be willing to say no to America.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The report, entitled Global Security: UK-US Relations, says Britain&rsquo;s relationship with America is extremely close and valuable in a number of areas, particularly intelligence co-operation. However, it adds that the use of the phrase special relationship, in its historical sense, is potentially misleading and we recommend that its use should be avoided. It does not reflect the ever-evolving relationship between the two countries and raises unrealistic expectations, the MPs say. Over the longer term, the UK is unlikely to be able to influence the US to the extent it has in the past, the committee adds.<\/em><\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Barack Obama est pass\u00e9 par l\u00e0 Les effets des quinze premiers mois de la pr\u00e9sidence BHO sur les relations sp\u00e9ciales sont d\u00e9vastateurs. Jamais les Britanniques n&rsquo;ont ressenti avec autant de force l&rsquo;indiff\u00e9rence, pour ne pas dire une certaine hostilit\u00e9, d&rsquo;une administration US pour le Royaume-Uni. Les rebuffades, les tensions, dont l&rsquo;affaire des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_croisade_de_nile_gardiner_04_03_2010.html\" class=\"gen\">Malouines<\/a> est l&rsquo;exemple le plus vif, n&rsquo;ont pas manqu\u00e9. S&rsquo;ajoute le soup\u00e7on d&rsquo;une vindicte personnelle d&rsquo;Obama contre le Royaume-Uni, en raison du traitement inflig\u00e9 par les Britanniques \u00e0 son p\u00e8re, un militant kenyan pour l&rsquo;ind\u00e9pendance, lors des \u00e9v\u00e9nements menant \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance du Kenya dans les ann\u00e9es 1950.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe rapport cit\u00e9 est le premier document officiel de cette importance \u00e0 proclamer la mort des relations sp\u00e9ciales. La commission des affaires \u00e9trang\u00e8res des Communes a du poids. Son avis repr\u00e9sente une position pas loin d&rsquo;\u00eatre officielle, et, dans tous les cas, assez proche du sentiment g\u00e9n\u00e9ral du Foreign Office.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl appara\u00eet aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s probable qu&rsquo;une \u00e9volution en profondeur est effectivement en train de se faire chez les Britanniques, depuis le d\u00e9part de Tony Blair, concernant les relations avec les USA. Cette \u00e9volution va sanctionner une d\u00e9saffection sensible dans les politiques, surtout avec l&rsquo;administration Obama, \u00e0 un point o\u00f9 il appara\u00eetra que l&rsquo;\u00e9pisode Blair-Bush avec l&rsquo;Irak aura plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 une exception dans l&rsquo;\u00e9volution des relations entre les USA et le Royaume-Uni depuis la fin de la Guerre froide, qu&rsquo;une norme durable comme l&rsquo;aurait voulu Tony Blair. En fait, l&rsquo;\u00e9volution actuelle reprend l&rsquo;\u00e9volution commenc\u00e9e entre 1991 et 2001, puisque jusqu&rsquo;au 11 septembre la politique britannique, m\u00eame avec Blair, enregistrait une certaine prise de distance des USA (trait\u00e9 de Saint-Malo avec la France en d\u00e9cembre 1998). Mais aujourd&rsquo;hui, \u00e0 cause des conditions g\u00e9n\u00e9rales de crise, l&rsquo;\u00e9volution devrait aller beaucoup plus loin, notamment parce que les Britanniques n&rsquo;ont plus les moyens de tenter de garder des liens solides avec les USA tout en se rapprochant de certains pays europ\u00e9ens, surtout avec la France au niveau de la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise, autant que les conditions g\u00e9n\u00e9rales de chaos grandissant, compromettent tous les projets \u00e0 tendance h\u00e9g\u00e9moniste du monde anglo-saxon qui sous-tendaient manifestement le projet blairiste, appuy\u00e9 sur des conceptions n\u00e9o-imp\u00e9rialistes (ou n\u00e9o-imp\u00e9riales) color\u00e9es d&rsquo;interventionnisme humanitaire. Elle tend \u00e0 conduire les uns et les autres vers un rapprochement des r\u00e9alit\u00e9s strat\u00e9giques et g\u00e9ographiques. Il appara\u00eet \u00e9vident que cette \u00e9volution d&rsquo;\u00e9loignement des USA, qui sera surtout marqu\u00e9e au niveau de la s\u00e9curit\u00e9, sera compens\u00e9e par la recherche d&rsquo;un rapprochement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-cooperation_nucleaire_france-uk_variations_19_03_2010.html\" class=\"gen\">avec la France<\/a> (beaucoup plus que la recherche d&rsquo;un renforcement d&rsquo;une hypoth\u00e9tique politique de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne en tant que telle).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tParadoxalement, cette question des <em>special relationships<\/em>, qui fut un des monstres du Loch Ness de la politique occidentale pendant des d\u00e9cennies, et notamment de la politique europ\u00e9enne, appara\u00eet beaucoup moins importante aujourd&rsquo;hui, alors que ces relations sont en voie de s&rsquo;amoindrir peut-\u00eatre d\u00e9cisivement, sinon de se dissoudre. Il y a \u00e0 la fois une homog\u00e9n\u00e9isation des relations internationales due \u00e0 la globalisation, et un repli des conceptions sur la dimension nationale du \u00e0 la crise. Le r\u00e9sultat est que telle alliance sp\u00e9ciale ou telle rupture d&rsquo;une alliance sp\u00e9ciale a beaucoup moins d&rsquo;effets g\u00e9n\u00e9raux qu&rsquo;elle n&rsquo;en aurait eu il y a vingt ou trente ans. D&rsquo;autre part, le cadre europ\u00e9en est lui-m\u00eame bris\u00e9 pour ce qui est de ses ambitions unitaires, bris\u00e9 dans la cacophonie, le d\u00e9sordre, le d\u00e9s\u00e9quilibre, et les ruptures compl\u00e8tes de solidarit\u00e9 dues \u00e0 la crise. Enfin, la crise, toujours elle, en ce qu&rsquo;elle est la crise du mod\u00e8le anglo-saxon, rend beaucoup moins rigides les conditions des alliances et des rapprochements. Le Royaume-Uni et la France peuvent plus ais\u00e9ment se rapprocher, hors du <em>diktat<\/em> triomphant du mod\u00e8le anglo-saxon; et le Royaume-Uni peut d&rsquo;autant mieux envisager de prendre ses distances des USA, pour les m\u00eames raisons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tN\u00e9anmoins, si cette tendance britannique a moins d&rsquo;importance qu&rsquo;elle n&rsquo;en aurait eu il y a 20 ou 30 ans, elle pourrait d\u00e9boucher sur certaines d\u00e9cisions spectaculaires, certainement apr\u00e8s les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales britanniques du mois de mai. C&rsquo;est certainement l\u00e0 qu&rsquo;on devrait voir se concr\u00e9tiser, si c&rsquo;est le cas, cette rupture du cadre rigide des <em>special relationships<\/em>. Des d\u00e9cisions au niveau des armements et des propositions de coop\u00e9ration en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 seront sans aucun doute envisag\u00e9es d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;ann\u00e9e. A ce moment, on pourrait atteindre le seuil d&rsquo;une \u00e9volution inconnue. Il est possible que ces intentions et ces d\u00e9cisions acc\u00e9l\u00e8rent brusquement, par leurs propres dynamiques pourrait-on dire, le processus de distanciement UK-USA en un processus qui ressemblerait \u00e0 une quasi rupture des <em>special relationships<\/em>. Du coup, on pourrait se retrouver confront\u00e9s \u00e0 une situation vraiment nouvelle: si cette dynamique se nourrit d&rsquo;elle-m\u00eame et d\u00e9passe le contr\u00f4le de ceux qui dirigent ce mouvement, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement devenu sans r\u00e9elle importance redeviendrait important en introduisant des \u00e9l\u00e9ments tout \u00e0 fait nouveaux en Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question int\u00e9ressante \u00e0 se poser, dans ce cadre o\u00f9 les \u00e9v\u00e9nements acquerraient leur propre dynamique, est de savoir si la crise en g\u00e9n\u00e9ral, autant que les conditions de d\u00e9sordre, ont eu suffisamment de force pour modifier la mentalit\u00e9 britannique et lui faire envisager des axes d&rsquo;alliance ou de coop\u00e9ration compl\u00e8tement nouveaux. On pense notamment \u00e0 un axe Londres-Paris (selon le point de vue anglais) se prolongeant vers l&rsquo;Est, et, \u00e0 notre sens, plus vers Moscou que vers Berlin<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 29 mars 2010 \u00e0 07H09<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un rapport de la commission des affaires \u00e9trang\u00e8res des Communes porte un regard plus que critique, et nous dirions m\u00eame lugubre, sur les relations sp\u00e9ciales entre les USA et le Royaume-Uni. Sa recommandation symbolique est de ne plus utiliser ce terme (special relationships) tant il para\u00eet d\u00e9sormais vide de sens. 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