{"id":71718,"date":"2010-03-30T08:51:22","date_gmt":"2010-03-30T08:51:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/30\/la-revanche-des-special-relationships-bafouees\/"},"modified":"2010-03-30T08:51:22","modified_gmt":"2010-03-30T08:51:22","slug":"la-revanche-des-special-relationships-bafouees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/03\/30\/la-revanche-des-special-relationships-bafouees\/","title":{"rendered":"La revanche des <em>special relationships<\/em> bafou\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p><p>Les USA,  pardon, l&rsquo;OTAN peut-elle gagner en Afghanistan? Grave question pour le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal, de l&rsquo;U.S. Army et commandant de la coalition occidentaliste et tout de m\u00eame largement am\u00e9ricaniste qui m\u00e8ne en Afghanistan une guerre \u00e9trange, parce que difficile \u00e0 expliquer quant \u00e0 ses fondements et ses divers attendus. Le <em>Times<\/em> de Londres nous apprend aujourd&rsquo;hui que le g\u00e9n\u00e9ral McChrystal a engag\u00e9 secr\u00e8tement un conseiller sp\u00e9cial et \u00e9minent \u00e0 la fois : Winston Churchill.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/comment\/columnists\/ben_macintyre\/article7080582.ece\" class=\"gen\">30 mars 2010<\/a>, le <em>Times<\/em> nous explique que McChrystal passe beaucoup de temps \u00e0 lire Churchill, qui \u00e9crivit beaucoup sur les aventures britanniques, au XIX\u00e8me si\u00e8cle, en Afghanistan. \u00ab<em>McChrystal is said to listen to the writings of Churchill on his iPod during his daily eight-mile jog. A recent visitor to Nato headquarters in Kabul found the American general immersed in Churchill&rsquo;s first book, his account of the struggle to pacify the tribes of the North West Frontier at the end of the 19th century.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Britanniques, remplies d&rsquo;amertume \u00e0 l&rsquo;annonce de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_special_relationships_de_plus_en_plus_lourdes_29_03_2010.html\" class=\"gen\">la mort<\/a> des <em>special relationships<\/em>, trouveront peut-\u00eatre dans ce fait le go\u00fbt d&rsquo;une secr\u00e8te revanche. Voici quelques mots du <em>Times<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Barack Obama, fresh from his first presidential visit to Afghanistan, is no admirer of Britain&rsquo;s colonial past, and his own writings echo with anger at the iniquities of imperialism. Yet Britain&rsquo;s last great imperial leader offered an extraordinary insight into the nature of warfare in the region, Islamic fundamentalism and the history and character of Afghan tribal society.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In 1897, at the age of 23, Churchill was attached as a soldier-journalist to the Malakand Field Force, the British expedition under the splendidly named Sir Bindon Blood, dispatched to put down the rebellious Pathan tribesmen of the North West Frontier, on what is now the Afghan-Pakistan border.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Churchill described his impressions of this land where every man is a soldier in a series of vivid newspaper reports, which were incorporated into The Story of the Malakand Field Force, published a year later. Churchill&rsquo;s time among the border tribes was also recalled in his autobiography, My Early Life.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The Young Winston was only on the North West Frontier for a few weeks, but like most journalists he swiftly considered himself an expert on the Afghans in general, and the Pathans in particular. His prose is typically rich and colourful, his generalisations lofty and patronising. He shared the peculiar British reverence for the Pathans as a noble warrior race: the ferocity of the Zulu are added to the craft of the Redskin and the marksmanship of the Boer. He never set foot in Afghanistan itself.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Yet Churchill was a natural historian, and for all their imperial arrogance, his words carry unmistakable relevance to Afghanistan today. Tribe wars with tribe. Every man&rsquo;s hand is against the other and all are against the stranger &#8230; the state of continual tumult has produced a habit of mind which holds life cheap and embarks on war with careless levity.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Le texte est d&rsquo;un certain int\u00e9r\u00eat pour nous faire comprendre comment l&rsquo;OTAN, et les USA plus encore, n&rsquo;ont aucune chance de l&#8217;emporter. Un lecteur du <em>Times<\/em> commente d&rsquo;ailleurs: \u00ab<em>Well the Brits had to leave finally too, but it was some effort to get them out. I think NATO will be easier to expel.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une habitude notable des conqu\u00e9rants am\u00e9ricanistes, notamment depuis le 11 septembre 2001, de partir \u00e0 la conqu\u00eate du monde avec l&rsquo;assurance et les certitudes qu&rsquo;on leur conna\u00eet, et d&rsquo;ensuite se tourner vers l&rsquo;un ou l&rsquo;autre travail, historique ou artistique, concernant les campagnes ou guerres europ\u00e9ennes du pass\u00e9 dans les terres ext\u00e9rieures, pour y trouver la recette du succ\u00e8s. Du temps de l&rsquo;Irak, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_irak_et_la_bataille_d_alger_15_02_2005.html?admin=1\" class=\"gen\">le film<\/a> de Gillo Pontecorvo, <em>La bataille d&rsquo;Alger<\/em>, avait fort bonne presse chez les colonels et les g\u00e9n\u00e9raux de l&rsquo;U.S. Army (y compris Petraeus), ainsi que les \u00e9crits de certains sp\u00e9cialistes fran\u00e7ais de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, tel le colonel Roger Trinquier. On ne peut dire que le r\u00e9sultat ait \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement convaincant, malgr\u00e9 les talents d&rsquo;experts en relations publiques du g\u00e9n\u00e9ral Petraeus, r\u00e9ussissant \u00e0 faire prendre cette p\u00e9nible campagne pour une victoire des forces d\u00e9mocratiques et am\u00e9ricanistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral une d\u00e9marche louable, cette r\u00e9f\u00e9rence au pass\u00e9. La question qu&rsquo;on doit se poser est de savoir dans quel esprit elle se fait et avec psychologie on l&rsquo;aborde. On sait la psychologie am\u00e9ricaniste fort peu dou\u00e9e pour comprendre les autres psychologies et s&rsquo;y adapter, surtout celles de peuples et de communaut\u00e9s \u00e9chappant compl\u00e8tement au syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. La r\u00e9action US est d&rsquo;imposer de force le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme puis, devant l&rsquo;\u00e9chec in\u00e9vitable, les destructions \u00e9pouvantables caus\u00e9es, les haines et la r\u00e9sistance ainsi suscit\u00e9es, tenter de trouver des arrangements de bouts de ficelle, avec les moyens dont dispose le syst\u00e8me,  en g\u00e9n\u00e9ral, le dollar, le dollar et le dollar, comme cela fut fait par Petraeus en Irak en 2007. C&rsquo;est \u00e9galement la voie qu&#8217;empruntent plus ou moins les forces US en Afghanistan, avec moins d&rsquo;effets qu&rsquo;en Irak parce que le pays est beaucoup plus compliqu\u00e9, tant psychologiquement, sociologiquement que g\u00e9ographiquement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe texte du <em>Times<\/em> rapporte que Churchill avait conclu ses \u00e9tudes de l&rsquo;Afghanistan face \u00e0 ses conqu\u00e9rants europ\u00e9ens par l&rsquo;observation que ces conqu\u00e9rants n&rsquo;avaient que trois options: imposer la loi de fer par la force des canons, partir en laissant les tribus (mot de Churchill) dont est fait le pays \u00e0 leurs affrontements sans fin ou bien agir au travers de ce syst\u00e8me tribal, en recherchant les soutiens de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre tribu, en s&rsquo;acoquinant avec l&rsquo;une contre l&rsquo;autre, etc. McChrystal a expliqu\u00e9 \u00e0 Robert Kaplan, du magazine <em>The Atlantic<\/em>, que le troisi\u00e8me choix,  celui de Churchill,  est vraiment le seul que nous ayons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn dira que cette remarque de McChrystal n&rsquo;est pas vraiment \u00e9tonnante puisque, par ailleurs, officiellement, il n&rsquo;est pas question de partir, et que la tactique de l&rsquo;\u00e9crasement par les bombes et les syst\u00e8mes d&rsquo;arme intelligents a prouv\u00e9 ses derni\u00e8res ann\u00e9es tout ce qu&rsquo;elle pouvait avoir de vertus humanitaires et constructives, et de r\u00e9sultats catastrophiques par cons\u00e9quent. (Il n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs peut-\u00eatre pas utile de lire Churchill pour d\u00e9couvrir tout cela, m\u00eame si la lecture de Churchill reste \u00e9videmment pr\u00e9cieuse, non?) Autre chose, bien entendu, est d&rsquo;appliquer la recette, si seulement on en a bien compris le sens et le fonctionnement. Dans tous les cas, cela nous conduit d&rsquo;une fa\u00e7on encore plus d\u00e9cisive aux habituelles observations concernant cette guerre en Afghanistan et tout ce qui va avec.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>In illo tempore<\/em>, nous y \u00e9tions partis pour punir les m\u00e9chants terroristes d&rsquo;Al Qa\u00efda et, tr\u00e8s vite, pour extirper l&rsquo;obscurantisme de cette contr\u00e9e \u00e9loign\u00e9e, pour lui offrir le cadeau somptueux de la d\u00e9mocratie occidentaliste et am\u00e9ricaniste. C&rsquo;\u00e9tait bien la pens\u00e9e extatique du parti des salonards qui r\u00e8gne sur notre syst\u00e8me, qui applaudissait, notamment depuis la rive Gauche de la Seine, \u00e0 chaque sortie de B-52 d\u00e9versant ses tombereaux de bombes. Force est de reconna\u00eetre que McChrystal, malgr\u00e9 le changement de tactique qu&rsquo;il pr\u00e9conise, recommande de conserver le syst\u00e8me obscurantiste en l&rsquo;\u00e9tat et de tenter d&rsquo;en tirer profit, si possible, pour la gloire des armes occidentalistes. Il n&rsquo;est plus gu\u00e8re question de le modifier pour lui donner ces bonnes couleurs d\u00e9mocratiques qui apaisent nos consciences. En langage \u00e9lys\u00e9en (Sarko), cela s&rsquo;appelle d\u00e9fendre la libert\u00e9. Ensuite, <em>basta<\/em>, et l&rsquo;on s&rsquo;en va.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette sorte de d\u00e9tails (McChrystal lisant Churchill), suivant d&rsquo;autres du m\u00eame genre, ne sert qu&rsquo;\u00e0 nous conforter dans notre appr\u00e9ciation que le syst\u00e8me am\u00e9ricaniste, en Afghanistan, ne sait pas pourquoi il s&rsquo;y trouve, ne sait pas pourquoi il fait cette guerre, ne sait pas comment faire cette guerre, ne sait pas \u00e0 quoi m\u00e8ne cette guerre, et m\u00eame, certes, si ce syst\u00e8me am\u00e9ricaniste parvenait \u00e0 fabriquer un machin qu&rsquo;on pourrait nous fourguer au JT de 20H00 sous le nom d&#8217;emballage de victoire, ne saurait quoi faire de cette victoire. Il fait la guerre en Afghanistan parce qu&rsquo;il fait la guerre en Afghanistan, point final. Churchill \u00e9prouvait une \u00e9trange fascination pour les Am\u00e9ricains, jusqu&rsquo;\u00e0 se soumettre \u00e0 eux d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e8tement irrationnelle, mais il \u00e9tait en m\u00eame temps et aussi souvent agac\u00e9 par eux, par leur autisme psychologique et leur certitude inalt\u00e9rable face au reste du monde, conduisant \u00e0 tant de maladresses et d&rsquo;erreurs en plus des entreprises de destruction et d&rsquo;oppression. Il n&rsquo;est pas impossible qu&rsquo;\u00e0 contempler l&rsquo;Afghanistan aujourd&rsquo;hui, et McChrystal plong\u00e9 dans ses uvres compl\u00e8tes, Churchill choisisse de glousser d&rsquo;aise plut\u00f4t que se retourner dans sa tombe.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 30 mars 2010 \u00e0 08H55<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les USA, pardon, l&rsquo;OTAN peut-elle gagner en Afghanistan? 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