{"id":71738,"date":"2010-04-03T18:09:13","date_gmt":"2010-04-03T18:09:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/04\/03\/dialogues-iii-la-these-de-la-grace-de-lhistoire-1\/"},"modified":"2010-04-03T18:09:13","modified_gmt":"2010-04-03T18:09:13","slug":"dialogues-iii-la-these-de-la-grace-de-lhistoire-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/04\/03\/dialogues-iii-la-these-de-la-grace-de-lhistoire-1\/","title":{"rendered":"<em>DIALOGUES<\/em>-III : La \u201cth\u00e8se\u201d de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\"><em>DIALOGUES<\/em>-III : La \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p><em>La gr\u00e2ce<\/em> est n\u00e9 plus par hasard que par d\u00e9termination; ainsi se moque-t-elle du 1er avril mais prend-elle le temps de s&rsquo;expliquer, &ndash; ce qui nous conduit au 3 avril, trois jours apr\u00e8s notre comp\u00e8re <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dialogues-ii_la_these_defendue_dans_le_paradoxe_du_sapiens_31_03_2010.html?admin=1\">Jean-Paul Baquiast<\/a> et son <em>Paradoxe du Sapiens<\/em>, alors qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 bienvenu d&rsquo;encha&icirc;ner directement sur sa pr\u00e9sentation. Aucune autre explication de ce d\u00e9lai sinon les contraintes terribles du temps.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais non, finalement, ne parlons pas de \u00ab\u00a0hasard\u00a0\u00bb \u00e0 propos de <em>La gr\u00e2ce<\/em>, plut\u00f4t d&rsquo;intuition et d&rsquo;entra&icirc;nement irr\u00e9sistibles, de l&rsquo;esprit et de l&rsquo;\u00e2me, et d\u00e9j\u00e0 sont dites certaines choses concernant ce livre. J&rsquo;ai de la difficult\u00e9 \u00e0 parler d&rsquo;une th\u00e8se, tant les choses se sont ordonn\u00e9es, &ndash; si ordre il y a (le lecteur jugera), &ndash; d&rsquo;elles-m\u00eames, par leur puissance et leur \u00e9vidence. On lira donc le mot \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb pour une convenance, pour rester dans la ligne des \u00ab\u00a0dialogues\u00a0\u00bb ainsi entrepris mais on gardera \u00e0 l&rsquo;esprit l&rsquo;importance de l&rsquo;intuition dans ce travail, \u00e0 un point qui fait de la \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb quelque chose qui ne peut \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e du seul point de vue de la rationalit\u00e9, moins encore de la rationalit\u00e9 universitaire et scientifique. Si cette th\u00e8se intuitive a un rapport voulu avec la raison, c&rsquo;est de \u00ab\u00a0bon sens\u00a0\u00bb qu&rsquo;il faudrait parler, plus que de rationalit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il est vrai que tout s&rsquo;est mis en place pour ouvrir la voie du projet, \u00e0 Verdun bien s&ucirc;r. Les lecteurs du site ont le souvenir, ou ils peuvent le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-retour_a_verdun_24_11_2006.html\">rafra&icirc;chir<\/a>, de la premi\u00e8re visite de l&rsquo;auteur sur le champ de la bataille. Ensuite vinrent d&rsquo;autres visites, cette fois les choses pr\u00e9cis\u00e9es, le projet prenant corps. Au bout de cette d\u00e9marche-l\u00e0, qui en appelait d&rsquo;autres, on trouve <em>Les &Acirc;mes de Verdun<\/em>, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/lesamesdeverdun.com\/\">livre<\/a>, qui est aussi un superbe album de photographies restituant l&rsquo;\u00e2me de la bataille, o&ugrave; la \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb est esquiss\u00e9e. <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dialogues-i_projet_et_presentation_30_03_2010.html\">Jean-Paul Baquiast<\/a> a raison de parler de \u00ab\u00a0d&rsquo;une port\u00e9e [&hellip;] m\u00eame po\u00e9tique\u00a0\u00bb, car l&rsquo;intention, sans aucun doute, y \u00e9tait. A chacun d&rsquo;en appr\u00e9cier le r\u00e9sultat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Verdun et la Grande Guerre sont un pivot de cette interpr\u00e9tation historique. J&rsquo;ai toujours, d&rsquo;intuition toujours mais jamais d\u00e9mentie par la connaissance acquise, jug\u00e9 ce conflit comme d&rsquo;une importance historique sans \u00e9gale pour notre \u00e9poque moderne, ce que je nomme d\u00e9sormais \u00ab\u00a0la deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb. Un homme, un Fran\u00e7ais, un juif habit\u00e9 par le douloureux souvenir de l&rsquo;Holocauste, a trouv\u00e9 les mots justes pour fixer cette importance; c&rsquo;est Jean Daniel, disant \u00e0 Fran\u00e7ois Furet, dans un entretien du <em>Nouvel Observateur<\/em> du 12 mai 1995: &laquo;<em>Les survivants de la guerre de 14-18 m&rsquo;ont souvent fait penser aux juifs d&rsquo;apr\u00e8s la Shoah, parce qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 saisis d&rsquo;un vertige total.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le mot est si juste. Je parle, au fond, de ce \u00ab\u00a0vertige total\u00a0\u00bb qui s&rsquo;est empar\u00e9 aussi de l&rsquo;Histoire comme on kidnappe un r\u00e9cit \u00e0 son avantage, depuis le d\u00e9but de cette \u00ab\u00a0seconde civilisation occidentale\u00a0\u00bb qui est fix\u00e9 entre la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle et le d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Trois \u00e9v\u00e9nements en marquent la rupture avec ce qui pr\u00e9c\u00e9dait et la naissance de la chose nouvelle: la R\u00e9volution am\u00e9ricaine, la R\u00e9volution Fran\u00e7aise et la \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb du choix de la thermodynamique comme source d&rsquo;\u00e9nergie de la puissance de cette nouvelle civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi commence la \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Les deux \u00ab\u00a0minist\u00e8res\u00a0\u00bb du syst\u00e8me<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La th\u00e8se de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, telle qu&rsquo;elle <strong>r\u00e9sulte<\/strong> du livre <strong>presque<\/strong> achev\u00e9, et telle qu&rsquo;elle n&rsquo;existait certainement pas lorsque le livre fut projet\u00e9, c&rsquo;est que l&rsquo;histoire (sans majuscule) de ces deux si\u00e8cles de la \u00ab\u00a0seconde civilisation occidentale\u00a0\u00bb est essentiellement gouvern\u00e9e par une force, ou une dynamique d&rsquo;une puissance inou\u00efe n\u00e9e dans la conjonction des trois \u00e9v\u00e9nements mentionn\u00e9s. Cette dynamique est tant\u00f4t sous-jacente, tant\u00f4t \u00e9mergente, tant\u00f4t au fil des \u00e9v\u00e9nements, tant\u00f4t triomphante, &ndash; et <strong>toujours<\/strong> dissimul\u00e9e par les id\u00e9es dont elle a activement particip\u00e9 \u00e0 l&rsquo;accouchement. Je soup\u00e7onne m\u00eame, puis jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer ceci comme une conviction, qu&rsquo;elle est l&rsquo;inspiratrice et la g\u00e9nitrice de ces id\u00e9es, comme la mati\u00e8re gouvernant et manipulant l&rsquo;esprit, et que ces id\u00e9es ont pour but d&rsquo;habiller la chose d&rsquo;atours qui plaisent \u00e0 ce m\u00eame esprit humain en lui donnant l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame ma&icirc;tre des \u00e9v\u00e9nements. Cette dynamique a donc une influence consid\u00e9rable, jusqu&rsquo;\u00e0 devenir exclusive dans certaines occasions de fonctionnement parfait et sans entrave, par son effet sur la psychologie humaine qu&rsquo;elle parvient \u00e0 homog\u00e9n\u00e9iser, \u00e0 rendre \u00ab\u00a0collective\u00a0\u00bb jusqu&rsquo;\u00e0 interdire \u00e0 cette psychologie, ou \u00e0 lui faire para&icirc;tre aberrante ce qui revient au m\u00eame, toute impulsion pouvant mener \u00e0 une r\u00e9flexion de bon sens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>A mesure que la dynamique a pris conscience de l&rsquo;efficacit\u00e9 de cette dissimulation derri\u00e8re la vertu spirituelle des id\u00e9es, elle s&rsquo;est peu \u00e0 peu convaincue qu&rsquo;elle \u00e9tait elle-m\u00eame d&rsquo;essence spirituelle. Cette dynamique, qui est mati\u00e8re brute, et mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e, est donc devenue dans sa propre repr\u00e9sentation, un mouvement extr\u00e9miste de mat\u00e9rialisme \u00e0 pr\u00e9tention m\u00e9taphysique. Je parle ici de cette \u00ab\u00a0dynamique\u00a0\u00bb comme d&rsquo;un mouvement historique dont on pourrait penser qu&rsquo;il dispose effectivement de quelque chose qui pourrait sembler une \u00ab\u00a0conscience de soi\u00a0\u00bb, par un autre processus que celui qui est identifi\u00e9 par nos conceptions scientifiques. A nouveau, je pr\u00e9cise que je parle d&rsquo;intuition, mais l&rsquo;on comprendra que le sens des \u00e9crits de Jean-Paul Baquiast dans <em>Le paradoxe de Sapiens<\/em> ait \u00e9veill\u00e9 en moi un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;implication \u00e9vidente de cette th\u00e8se est que les hommes et leurs repr\u00e9sentations communautaires telles qu&rsquo;elles sont exprim\u00e9es par des id\u00e9es, des id\u00e9ologies, voire une philosophie, depuis le d\u00e9but de cette \u00ab\u00a0seconde civilisation occidentale\u00a0\u00bb, sont les jouets de cette dynamique qui r\u00e8gle leur sort, ou ses \u00ab\u00a0idiots utiles\u00a0\u00bb si vous voulez, &ndash; selon le mot de Staline. Dans ce cas, le vrai moteur de l&rsquo;histoire de cette p\u00e9riode, qui n&rsquo;est pas l&rsquo;Histoire per\u00e7ue comme un syst\u00e8me sup\u00e9rieur mais plut\u00f4t trahison et imposture de l&rsquo;Histoire, est une dynamique qui n&rsquo;a pas de nationalit\u00e9, qui n&rsquo;a pas de morale, et, surtout, qui se garde bien d&rsquo;avoir un sens sinon celui que g\u00e9n\u00e8re sa puissance. La derni\u00e8re partie de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, avant la partie conclusive, se nomme &laquo;<em>La transversale du technologisme<\/em>&raquo;. (Le terme \u00ab\u00a0technologisme\u00a0\u00bb a \u00e9videmment toute son importance et il n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent que ce soit un Russe, Dimitri Rogozine, qui l&rsquo;ait employ\u00e9 publiquement dans un sens politique, pour la premi\u00e8re fois pour cette p\u00e9riode de mani\u00e8re appropri\u00e9 pour d\u00e9finir la politique occidentaliste en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-epoque_des_evidences_cachees_contradictoires_et_peut-etre_irresistibles_04_08_2008.html\">juillet 2008<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ce dernier point (l&rsquo;absence de sens) est essentiel pour d\u00e9terminer ce que je nomme plus haut \u00ab\u00a0conscience de soi\u00a0\u00bb. Cette dynamique formidable qui m\u00e8ne le monde en imposant son syst\u00e8me de force n&rsquo;a pas besoin de \u00ab\u00a0conscience historique\u00a0\u00bb pour avoir une \u00ab\u00a0conscience de soi\u00a0\u00bb. Elle est ainsi faite que \u00ab\u00a0tout se passe comme si\u00a0\u00bb elle d\u00e9terminait elle-m\u00eame son propre sens par son propre fonctionnement. Son nihilisme parfait est une fa\u00e7on d&rsquo;instaurer une autre histoire, qu&rsquo;elle engendre elle-m\u00eame par son propre fonctionnement. Le jugement que je peux porter sur elle, du point de vue de la vision que j&rsquo;ai de l&rsquo;Histoire, dans ce cas, est que cette \u00ab\u00a0autre histoire\u00a0\u00bb que cr\u00e9e cette dynamique, son \u00ab\u00a0propre sens\u00a0\u00bb qu&rsquo;elle d\u00e9termine par son propre fonctionnement, est objectivement catastrophique en plus d&rsquo;\u00eatre une imposture. Elle ne <strong>peut<\/strong> \u00eatre que catastrophique parce qu&rsquo;elle met sa puissance au service de l&rsquo;imposture.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Simplification de l&rsquo;histoire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9cit historique qui est fait dans <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, qui cr\u00e9e intuitivement la \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb autant qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tablit, &ndash; ce qui confirme l&rsquo;inad\u00e9quation sinon par convenance du mot \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb, &ndash; simplifie consid\u00e9rablement l&rsquo;histoire de ces deux si\u00e8cles. Cette simplification est justifi\u00e9e par la puissance de cette dynamique, qui est naturellement niveleuse des \u00e9v\u00e9nements accessoires, r\u00e9duit les acteurs n\u00e9cessaires \u00e0 un nombre minimum et renforce fondamentalement un nombre restreint d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, qui suffisent ainsi \u00e0 expliquer le reste par encha&icirc;nement indirect. C&rsquo;est effectivement le caract\u00e8re de cette dynamique, qui produit sa puissance par le syst\u00e8me du technologisme et l&rsquo;impose aux psychologies par le syst\u00e8me de la communication, de <strong>r\u00e9duire<\/strong> l&rsquo;histoire de sa p\u00e9riode, en en ramenant tous ses \u00e9l\u00e9ments \u00e0 elles, \u00e0 quelques traits essentiels d&rsquo;une puissance colossale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il n&rsquo;est donc pas essentiellement question, ou bien, disons, pas directement question de ph\u00e9nom\u00e8nes historiques comme la nationalisme, le communisme, le fascisme, le racisme, etc., comme acteurs essentiels. Tous ces faits existent, certes, mais ils sont secondaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement que nous tentons de d\u00e9crire par une r\u00e9interpr\u00e9tation de la p\u00e9riode. Ainsi s&rsquo;explique cette d\u00e9marche qu&rsquo;on retrouve si souvent sur le site et dans mes \u00e9crits, de ranger les d\u00e9marches et forces conceptuelles et politiques entre \u00ab\u00a0forces structurantes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0forces d\u00e9structurantes\u00a0\u00bb, plut\u00f4t que tomber dans le pi\u00e8ge tendu par cette dynamique de s&rsquo;attacher aux id\u00e9es, aux id\u00e9ologies, etc., o&ugrave; une morale fabriqu\u00e9e pour l&rsquo;occasion tient un r\u00f4le terroriste d&rsquo;une ampleur qui ne peut avoir d&rsquo;\u00e9gale dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans notre \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb, l&rsquo;on sait que trois pays tiennent un r\u00f4le essentiel. Ces \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb sont \u00e0 prendre non en fonction de leurs \u00ab\u00a0nationalit\u00e9s\u00a0\u00bb, ni de pr\u00e9tendues politiques \u00ab\u00a0nationales\u00a0\u00bb ou autres, mais en fonction du r\u00f4le qu&rsquo;ils tiennent, qui leur est assign\u00e9 et qu&rsquo;ils assument selon des caract\u00e8res et des circonstances qui leur sont propres mais en fonction de la dynamique sup\u00e9rieure. En quelque sorte, leurs responsabilit\u00e9s et leurs r\u00f4les sont \u00e0 consid\u00e9rer d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement relative, n\u00e9cessairement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une situation g\u00e9n\u00e9rale qui les d\u00e9passe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; L&rsquo;Allemagne et les Etats-Unis sont les deux grands moteurs dont use cette dynamique pour exprimer sa puissance et bouleverser notre civilisation, et nous imposer sa \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb. Ces deux \u00ab\u00a0pays\u00a0\u00bb tiennent ce r\u00f4le parce qu&rsquo;ils ont les caract\u00e9ristiques \u00ab\u00a0imp\u00e9riales\u00a0\u00bb de la puissance et de la recherche d&rsquo;espace, mais qu&rsquo;ils ne disposent pas dans cette configuration d'\u00a0\u00bb\u00e2mes nationales\u00a0\u00bb forg\u00e9es par l&rsquo;Histoire et inscrites dans la g\u00e9ographie. Ils sont donc \u00e0 la fois tr\u00e8s puissants mais sans configuration spatiale et historique fixe, toujours \u00e0 la recherche de l&rsquo;expansion, ce qui en fait des v\u00e9hicules id\u00e9aux pour la dynamique en question. Ils sont puissants et sans h\u00e9sitation pour l&rsquo;usage de cette puissance, mais incertains du but de cette puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La France tient un r\u00f4le extraordinairement particulier, dans le sens d&rsquo;une extraordinaire contradiction. Elle est \u00e0 la fois la \u00ab\u00a0Grande Nation\u00a0\u00bb, l&rsquo;entit\u00e9 historique la plus structur\u00e9e, la plus l\u00e9gitime dans sa dimension spatiale, la plus instruite par l&rsquo;Histoire, la plus proche du pass\u00e9 et la plus ancr\u00e9e \u00e0 ce pass\u00e9, la plus attach\u00e9e aux vertus structurante par substance du milieu, de l&rsquo;harmonie et de l&rsquo;\u00e9quilibre, de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de la souverainet\u00e9; d&rsquo;autre part, elle est la matrice absolument d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e de l&rsquo;un des trois \u00e9v\u00e9nements centraux qui accouchent de la dynamique en question, et elle est l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-deuxieme_partie_le_reve_americain_et_vice-versa_03_04_2010.html\">accoucheuse<\/a> du \u00ab\u00a0r\u00eave am\u00e9ricain\u00a0\u00bb avant que l&rsquo;Am\u00e9rique ait elle-m\u00eame compris tout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e comme un r\u00eave pour le reste du monde. Cela correspond parfaitement \u00e0 une constance de la position fran\u00e7aise dans cet \u00e9pisode, et qui persiste aujourd&rsquo;hui, la France \u00e9tant un pays \u00e0 la fois \u00ab\u00a0en dedans et en dehors\u00a0\u00bb par rapport au syst\u00e8me. Qu&rsquo;elle soit \u00ab\u00a0puissance devenue moyenne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0en d\u00e9clin\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0nostalgique de sa gloire pass\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0patrie des droits de l&rsquo;homme\u00a0\u00bb ou autres sornettes du genre ne nous importe pas; nous importe ceci que la France reste, fix\u00e9e comme un \u00e9l\u00e9ment clef (encore plus qu&rsquo;un pays clef) de la grande crise de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les \u00e9v\u00e9nements entre la fin du XVIII\u00e8me et le d\u00e9but du XXI\u00e8me sont interpr\u00e9t\u00e9s, dans le cadre de la civilisation occidentale devenue \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb et ayant pris une dimension globale contraignante, d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e0 la fois contrainte et constamment explosive. Les \u00e9v\u00e9nements accessoires le sont de plus en plus, ils deviennent dans cette interpr\u00e9tation marginaux et, surtout, <strong>indirects<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire oblig\u00e9s de passer par le filtre de la dynamique centrale pour \u00eatre compris exactement pour ce qu&rsquo;ils sont.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Structure de la dynamique, influence, etc.<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>La dynamique qu&rsquo;on d\u00e9crit est effectivement une dynamique de puissance principalement repr\u00e9sent\u00e9e par ce que nous nommons le technologisme. Mais son accomplissement n\u00e9cessite un \u00ab\u00a0alli\u00e9\u00a0\u00bb fondamental, quasiment son \u00e9gal dans l&rsquo;ensemble ainsi constitu\u00e9, qui est le syst\u00e8me de la communication. Dans le syst\u00e8me de cette dynamique d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e, le \u00ab\u00a0minist\u00e8re du syst\u00e8me de la communication\u00a0\u00bb a une importance quasiment \u00e9gale au \u00ab\u00a0minist\u00e8re du syst\u00e8me du technologisme\u00a0\u00bb. C&rsquo;est ici qu&rsquo;est introduit un \u00e9l\u00e9ment fondamental, qui est la question de la psychologie humaine. A mon sens, elle constitue le n&oelig;ud de la question centrale que soul\u00e8ve Jean-Paul Baquiast d&rsquo;un point de vue scientifique, sur la constitution d&rsquo;un syst\u00e8me pouvant devenir une entit\u00e9 autonome, voire une entit\u00e9 pensante, &ndash; ce qu&rsquo;il nomme, lui, un syst\u00e8me anthropotechnique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le syst\u00e8me de la communication, ayant atteint la puissance qu&rsquo;il a aujourd&rsquo;hui, induit une formidable influence, non sur la pens\u00e9e, non sur le jugement, mais sur la psychologie. Avec ce m\u00e9canisme, la psychologie devient le point de passage entre le syst\u00e8me et l&rsquo;individu, ce dernier \u00e9tant pris du point de vue le plus large, &ndash; la pens\u00e9e, le jugement, voire plus encore de lui-m\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 des \u00e9l\u00e9ments biologiques. J&rsquo;insiste sur la psychologie et non sur la pens\u00e9e, comme je fais de fa\u00e7on syst\u00e9matique lorsque je rappelle la d\u00e9finition du \u00ab\u00a0virtualisme\u00a0\u00bb, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question d&rsquo;imposer arbitrairement un jugement, une pens\u00e9e, mais de modifier la psychologie, voire plus encore dans l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des constituants d&rsquo;un \u00eatre, de fa\u00e7on \u00e0 ce que la pens\u00e9e favorable au syst\u00e8me qui sera exprim\u00e9e par l&rsquo;\u00eatre apparaisse, et lui apparaisse \u00e0 lui-m\u00eame, comme un produit naturel de sa propre r\u00e9flexion enti\u00e8rement autonome et nourrie \u00e0 une connaissance qu&rsquo;il ma&icirc;trise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Mais le processus est \u00e0 double sens. La psychologie, ainsi agress\u00e9e par le syst\u00e8me de la communication, peut aussi y trouver des instruments qui susciteraient une r\u00e9volte de l&rsquo;esprit et du jugement. La psychologie, victime de l&rsquo;agression massive du syst\u00e8me de la communication, est ouverte \u00e0 l&rsquo;absorption d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs en grand nombre, et elle peut absorber des \u00e9l\u00e9ments qui permettraient effectivement de se former un jugement constatant qu&rsquo;il y a une agression d&rsquo;un syst\u00e8me ext\u00e9rieur qu&rsquo;on qualifierait de mal\u00e9fique. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne fondamental, qui n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9vident originellement, est <strong>devenu<\/strong> possible parce que l&rsquo;\u00e9norme dynamique a atteint le point de d\u00e9cha&icirc;nement sans frein de sa puissance et rencontre dans une confrontation titanesque l&rsquo;Histoire revenue de l&rsquo;usurpation qu&rsquo;elle a subie, \u00e9veill\u00e9e au constat de cette usurpation par cette puissance d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e; du coup, le point de d\u00e9cha&icirc;nement de la puissance de cette dynamique est aussi <strong>devenue<\/strong> la crise fondamentale de cette dynamique. C&rsquo;est alors, dans ce fracas et ce tumulte en tous sens, que la psychologie peut \u00e9galement retrouver les composants de ce qui peut <strong>devenir<\/strong> une pens\u00e9e de r\u00e9sistance et de r\u00e9volte. Ouverte comme elle l&rsquo;est aux influences ext\u00e9rieures par le syst\u00e8me de la communication, la psychologie n&rsquo;est pas soumise mais agress\u00e9e, et il devient tout \u00e0 fait concevable et compr\u00e9hensible qu&rsquo;elle puisse se retrouver devant un choix qu&rsquo;elle distingue et identifie, qui est entre le syst\u00e8me et l&rsquo;Histoire dont l&rsquo;affrontement est aujourd&rsquo;hui \u00e0 son paroxysme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Je crois que nous en sommes, aujourd&rsquo;hui, \u00e0 ce point.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb ainsi expos\u00e9e ne pourra manquer de se terminer en appelant des questions fondamentales, &ndash; les questions fondamentales, finalement. Une telle repr\u00e9sentation, bien entendu, ne peut manquer de soulever ces questions sur les causes premi\u00e8res, ou la Cause Premi\u00e8re de cette situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>[Je terminerais par une confidence qui met mieux en lumi\u00e8re ma mani\u00e8re purement intuitive de \u00ab\u00a0travailler\u00a0\u00bb. En d\u00e9veloppant cette \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb de <em>La gr\u00e2ce<\/em>, pour ce texte pr\u00e9cis\u00e9ment, en parall\u00e8le \u00e0 celle que Jean-Paul Baquiast a pr\u00e9sent\u00e9e pour son livre, certains \u00e9l\u00e9ments nouveaux (pour moi-m\u00eame) sont apparus sous ma plume. En r\u00e9fl\u00e9chissant par \u00e9crit pour r\u00e9sumer la \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb de mon livre, des \u00e9l\u00e9ments nouveaux se sont impos\u00e9s pour l&rsquo;\u00e9clairer un peu mieux, qui influenceront la derni\u00e8re partie, la partie conclusive de <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>.]<\/p>\n<\/p>\n<p><h4>Philippe Grasset<\/h4>\n<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DIALOGUES-III : La \u00ab\u00a0th\u00e8se\u00a0\u00bb de La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire La gr\u00e2ce est n\u00e9 plus par hasard que par d\u00e9termination; ainsi se moque-t-elle du 1er avril mais prend-elle le temps de s&rsquo;expliquer, &ndash; ce qui nous conduit au 3 avril, trois jours apr\u00e8s notre comp\u00e8re Jean-Paul Baquiast et son Paradoxe du Sapiens, alors qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[7895,3015,2631,2651,3969,8386,2622,9390,3014,4268,9439],"class_list":["post-71738","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dialogues","tag-baquiast","tag-communication","tag-de","tag-du","tag-grace","tag-lhistoire","tag-la","tag-sapiens","tag-systeme","tag-technologisme","tag-these"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71738","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71738"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71738\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71738"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71738"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71738"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}