{"id":71805,"date":"2010-04-23T13:46:41","date_gmt":"2010-04-23T13:46:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/04\/23\/clegg-factor-special-relationships\/"},"modified":"2010-04-23T13:46:41","modified_gmt":"2010-04-23T13:46:41","slug":"clegg-factor-special-relationships","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/04\/23\/clegg-factor-special-relationships\/","title":{"rendered":"<em>Clegg Factor<\/em> &amp; \u201c<em>special relationships<\/em>\u201d"},"content":{"rendered":"<p><p>Nicholas Clegg, <em>leader<\/em> des Lib\u00e9raux-D\u00e9mocrates (LibDem) au Royaume-Uni, bouscule comme un ouragan la campagne \u00e9lectorale. D&rsquo;abord, ses remarquables prestations lors des rencontres t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es \u00e0 trois ont propuls\u00e9 son parti en 2\u00e8me ou en 1\u00e8re position dans les sondages, selon les sondages. Ensuite, l&rsquo;homme pr\u00e9sente une image d&rsquo;un politicien d&rsquo;un nouveau type au moment o\u00f9 la classe politique britannique traditionnelle s&rsquo;enfonce dans une impopularit\u00e9 et une impuissance remarquables jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre sans pr\u00e9c\u00e9dent. Enfin, Clegg se signale par une attaque frontale du tabou poussi\u00e9reux et an\u00e9mique que constituent les <em>sp\u00e9cial relationships<\/em> du Royaume Uni avec les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDivers journaux reprennent cette affaire pr\u00e9cis\u00e9ment de l&rsquo;attaque contre les relations avec les USA, en m\u00eame temps que l&rsquo;aventure de ce qu&rsquo;on nomme d\u00e9sormais le <em>Clegg Factor<\/em>. On peut lire l&rsquo;article du Sidney <em>Morning Herald<\/em> du <a href=\"http:\/\/mybiz.optus.com.au\/news\/130398\/clegg-challenges-special-relationship-with-us.html\" class=\"gen\">22 avril 2010<\/a>, ou encore l&rsquo;\u00e9ditorial de <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/leading-articles\/leading-article-so-mr-cleggs-adventure-continues-1952048.html\" class=\"gen\">23 avril 2010<\/a> constatant qu&rsquo;apr\u00e8s le deuxi\u00e8me d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 \u00e0 trois, le <em>Clegg Factor<\/em> s&rsquo;av\u00e8re n&rsquo;\u00eatre nullement un feu de paille. On peut enfin s&rsquo;attarder \u00e0 l&rsquo;article d&rsquo;analyse du Washington <em>Post<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2010\/04\/21\/AR2010042104703.html\" class=\"gen\">22 avril 2010<\/a>, qui commente ce qui pourrait devenir un tournant de la politique britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The man of the hour in Britain&rsquo;s hottest prime minister&rsquo;s race in decades is tall and baby-faced, a self-proclaimed atheist who wants the nation to end its slavish devotion to Washington and consider trading in the revered British pound for the euro. Almost overnight, he has injected an ingredient into the race that has the British establishment quaking: the Clegg Factor.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>That man is Nicholas Clegg.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a country with a legacy of two dominant parties  Labor and the Conservatives  Clegg&rsquo;s stunning surge since Britain&rsquo;s first-ever televised prime minister debates last week has given his typically third-place Liberal Democrats the lead in at least two major polls. Only two weeks ahead of the May 6 elections, Clegg&rsquo;s rise is upending a nation known for the traditional political machines of Margaret Thatcher and Tony Blair. His against-the-odds message of change is energizing young voters and has the British press comparing him to President Obama.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Clegg has argued that Britain&rsquo;s special Relationship with the United States is outmoded, that Britain can no longer afford to be the world&rsquo;s No. 2 policeman. He has called for the nation to consider reducing its nuclear deterrent and warned against \u00ab\u00a0saber-rattling\u00a0\u00bb on Iran.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If you&rsquo;re the U.S. administration, you might be a bit worried at the moment because you haven&rsquo;t had enough lunches with the Liberal Democrats, and you might want to be inviting Nick Clegg over to the embassy for dinner right about now, said John Curtice, a professor of politics at the University of Strathclyde. You also might be a bit worried about whether he will continue to follow the American line.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a speech Tuesday, Clegg bluntly called Britain&rsquo;s linchpin relationship with the United States a Cold War relic and said the invasion of Iraq was illegal. He praised Obama, and his more internationalist stance, but maintained that both nations should rethink their priorities.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>I think it&rsquo;s sometimes rather embarrassing the way Conservative and Labor politicians talk in this kind of slavish way about the special relationship, Clegg said. If you speak to hard-nosed folk in Washington, they think it&rsquo;s a good relationship but it&rsquo;s not the special relationship. He later added, They are moving on, why on earth don&rsquo;t we?<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Manifestement, le Royaume-Uni en a assez de son <em>establishment<\/em> vermoulu, sans imagination, vivant sur des souvenirs poussi\u00e9reux et d&rsquo;ailleurs d\u00e9form\u00e9s par les innombrables intrusions des appendices virtualistes que sont les services de communication des vieux partis,  les seules choses dynamiques qu&rsquo;ils poss\u00e8dent encore,  mais, d\u00e9sormais, choses dynamiques largement  prises \u00e0 contre-pied par le <em>Clegg Factor<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNick Clegg a \u00e9t\u00e9 instantan\u00e9ment surnomm\u00e9 le Obama britannique. Il a tout pour plaire \u00e0 cet \u00e9gard, sinon, si l&rsquo;on ose encore dire cela, la couleur de la peau: origine hollandaise par sa m\u00e8re, russe (vieille noblesse exil\u00e9e \u00e0 la r\u00e9volution) par son p\u00e8re, une femme espagnole, avec trois fils nomm\u00e9s Antonio, Miguel et Alberto, tous trois \u00e9lev\u00e9s dans la religion catholique \u00e0 l&rsquo;insistance de la m\u00e8re alors que Clegg lui-m\u00eame se proclame ath\u00e9e depuis 2007,  une sorte de R\u00e9v\u00e9lation \u00e0 l&rsquo;envers, si l&rsquo;on veut. A part cela, qui n&rsquo;est pas banal, tout nouveau, Clegg<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est contre les bruits de botte mena\u00e7ants contre l&rsquo;Iran, il s&rsquo;est prononc\u00e9 contre la guerre en Irak, il laisserait bien tomber le sterling pour l&rsquo;euro (ce qui implique un tournant europ\u00e9en) et, surtout, comble du comble, il voue aux g\u00e9monies les relations sp\u00e9ciales avec les USA. Il se dit d&rsquo;ailleurs, \u00e0 cet \u00e9gard, parfaitement en accord avec le pr\u00e9sident Obama, ce qui n&rsquo;est pas si faux. Il fustige le temp\u00e9rament d&rsquo;esclave des conservateurs lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des relations avec les USA. Tout cela, clam\u00e9 publiquement, n&rsquo;est pas totalement nouveau puisqu&rsquo;on sait suffisamment que la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_special_relationships_de_plus_en_plus_lourdes_29_03_2010.html\" class=\"gen\">mise en question<\/a> des relations sp\u00e9ciales avec les USA maturent depuis deux ou trois ans dans l&rsquo;esprit de nombreux experts britanniques. Mais clamer cela publiquement, c&rsquo;est en soi tout \u00e0 fait nouveau. De cette fa\u00e7on, Clegg semble tomber \u00e0 point nomm\u00e9 pour exprimer un sentiment diffus qui ne demande qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre pris en compte d&rsquo;une mani\u00e8re ouverte et affirm\u00e9e. Il est bien possible que cet engagement anti-US ait un poids \u00e9lectoral bien plus grand que celui qu&rsquo;on lui pr\u00eate, et qu&rsquo;il am\u00e9liore encore la fortune de Clegg. Si c&rsquo;est le cas, Les LibDem, qui seraient selon les sondages au moins un partenaire oblig\u00e9 d&rsquo;un gouvernement de coalition, en feraient une condition de leur participation. Cela soulagerait peut-\u00eatre leurs partenaires,  sans doute les travaillistes,  qui sont de plus en plus hostiles \u00e0 ces relations mais qui n&rsquo;ont pas le courage de se d\u00e9cider \u00e0 ce propos.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQui plus est, l&rsquo;engagement de Clegg dans cette voie, avec les autres aspects qu&rsquo;on a mentionn\u00e9s, implique des changements d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9raux qu&rsquo;on doit qualifier de fondamentaux. Il s&rsquo;agit alors d&rsquo;une r\u00e9orientation compl\u00e8te de la politique du Royaume-Uni, de l&rsquo;anglosph\u00e8re ch\u00e8re \u00e0 Churchill autant qu&rsquo;\u00e0 Blair, vers une \u00e8re d&rsquo;activit\u00e9 politique europ\u00e9anis\u00e9, avec les modifications doctrinales auxquelles cela conduirait, dans un sens d&rsquo;une r\u00e9elle distance prise avec les dogmes hyper-lib\u00e9raux (au sens \u00e9conomique) et tout ce qui les accompagne. C&rsquo;est \u00e0 dire que le <em>Factor Clegg<\/em> pourrait devenir, pour les Britanniques, dans certaines conditions, une r\u00e9volution Clegg. Et il faudrait bien cela pour tenter de passer en force les formidables \u00e9preuves \u00e9conomiques et financi\u00e8res qui attendent le Royaume-Uni apr\u00e8s les \u00e9lections. Clegg, s&rsquo;il arrivait \u00e0 influencer une politique britannique encro\u00fbt\u00e9e dans une sorte d&rsquo;isolationnisme paradoxalement emprisonn\u00e9 dans ses relations avec les USA, pourrait convaincre les dirigeants et les \u00e9lites britannique de se tourner \u00e0 fond vers l&rsquo;Europe pour tenter de sauver \u00e9conomiquement le pays tout en prenant des d\u00e9cisions politiques d\u00e9cisives de rapprochement avec les grandes puissances politiques europ\u00e9ennes, notamment avec l&rsquo;axe ph\u00e9nom\u00e9nal qui s&rsquo;\u00e9bauche entre Paris, Berlin, Varsovie et Moscou.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, Clegg pourrait introduire un facteur in\u00e9dit, sorte de <em>British<\/em> Gorbatchev directement ou indirectement, \u00e0 un moment o\u00f9 l&rsquo;Angleterre se trouve devant des \u00e9ch\u00e9ances de quitte ou double. La rupture avec les USA signifierait une r\u00e9orientation compl\u00e8te de la coop\u00e9ration, notamment de s\u00e9curit\u00e9, vers le continent, notamment vers la France, mais aussi vers les autres puissances cit\u00e9es. De toutes les fa\u00e7ons, le choix ainsi envisag\u00e9 n&rsquo;en est pas vraiment un. Si les Britanniques n&rsquo;optent pas pour un bouleversement politique et tout ce qui l&rsquo;accompagne (\u00e9conomique, financier, etc.),  l&rsquo;alternative est la catastrophe, la marginalisation, sans m\u00eame l&rsquo;aide des USA qui, sous Obama, ont d&rsquo;autres chats \u00e0 fouetter et, \u00e0 l&rsquo;image du pr\u00e9sident US, ne cultivent pour l&rsquo;Europe et le Royaume-Uni qu&rsquo;indiff\u00e9rence et d\u00e9sint\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<BR<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 23avril 2010 \u00e0 13H47<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nicholas Clegg, leader des Lib\u00e9raux-D\u00e9mocrates (LibDem) au Royaume-Uni, bouscule comme un ouragan la campagne \u00e9lectorale. D&rsquo;abord, ses remarquables prestations lors des rencontres t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es \u00e0 trois ont propuls\u00e9 son parti en 2\u00e8me ou en 1\u00e8re position dans les sondages, selon les sondages. 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