{"id":71812,"date":"2010-04-26T06:38:29","date_gmt":"2010-04-26T06:38:29","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/04\/26\/tony-blair-ne-sera-pas-reelu\/"},"modified":"2010-04-26T06:38:29","modified_gmt":"2010-04-26T06:38:29","slug":"tony-blair-ne-sera-pas-reelu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/04\/26\/tony-blair-ne-sera-pas-reelu\/","title":{"rendered":"Tony Blair ne sera pas r\u00e9\u00e9lu"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Tony Blair ne sera pas r\u00e9\u00e9lu<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t26 avril 2010  Nous l&rsquo;attendions depuis longtemps Nous attendions depuis longtemps que l&rsquo;extraordinaire catastrophe que fut le blairisme atteign\u00eet enfin l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique, notamment et \u00e9ventuellement par le biais de l&rsquo;humeur des \u00e9lecteurs. (Le blairisme, du nom de cet homme cit\u00e9 en exemple du politicien repr\u00e9sentatif de l&rsquo;humanisme et du triomphe de la modernit\u00e9, il y a encore trois ans par exemple, lors de la campagne pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise o\u00f9 tous les esprits et les salons parisiens en faisaient leurs gorges chaudes, en m\u00eame temps qu&rsquo;ils faisaient du candidat Sarkozy le Blair fran\u00e7ais. Lorsque la d\u00e9rision du jugement conformiste et format\u00e9 atteint cette limite extr\u00eame du path\u00e9tique, pardonnez-nous,  quelle franche rigolade nous procure cette \u00e9poque!)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBref, la campagne \u00e9lectorale britannique nous donne le spectacle d&rsquo;une extraordinaire d\u00e9construction du syst\u00e8me britannique qui a \u00e9t\u00e9 exemplaire dans l&rsquo;accumulation des catastrophes, des erreurs et des aveuglements,  disons, pour faire bref et magnanime, depuis 9\/11, date sacr\u00e9e pour Tony Blair. Mais plut\u00f4t que d\u00e9construction, disons d\u00e9structuration de la machine politique la plus d\u00e9structurante, avec celle du cousin d&rsquo;outre-Atlantique, de toutes les machineries politiques de l&rsquo;univers occidentaliste-am\u00e9ricaniste. C&rsquo;est d&rsquo;abord cela que nous signifie cette campagne \u00e9lectorale de 2010, passionnante observent les commentateurs, mais surtout dramatique par ce qu&rsquo;elle nous montre de l&rsquo;\u00e9chec du syst\u00e8me politique occidentaliste et par ce qu&rsquo;elle nous fait pr\u00e9voir des lendemains qui vont affreusement d\u00e9chanter, autant pour arriver \u00e0 faire un gouvernement que pour les terribles contrecoups de la crise que ce gouvernement nouveau devra affronter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut lire cet article du <em>Sunday Times<\/em> de Londres, du <a href=\"http:\/\/www.timesonline.co.uk\/tol\/news\/politics\/article7107300.ece\" class=\"gen\">25 avril 2010<\/a>, appuy\u00e9 sur une interview de la nouvelle <em>star<\/em> de la politique britannique, le LibDem (lib\u00e9ral-d\u00e9mocrate) Nick Clegg. (Nous en avons parl\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-clegg_factor_et_special_relationships__23_04_2010.html\" class=\"gen\">23 avril 2010<\/a>.) L&rsquo;article montre aussi toutes les manuvres de coulisses, les hypoth\u00e8ses, les projets d&rsquo;alliance, etc., d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergent effectivement les LibDems en position d&rsquo;arbitre pour cette probabilit\u00e9 que le r\u00e9sultat des \u00e9lections ne donnerait \u00e0 aucun parti le nombre de si\u00e8ge requis pour former seul un gouvernement (cas du <em>hung Parliament<\/em>). C&rsquo;est effectivement autour du syst\u00e8me \u00e9lectoral britannique, et de la r\u00e9forme que demandent les LibDems que s&rsquo;articule l&rsquo;article. (Etrange syst\u00e8me, certes; par exemple, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un des deux plus r\u00e9cents sondages,  outre celui qui est cit\u00e9 dans l&rsquo;article,  on d\u00e9compte 35% de voix aux conservateurs, 32% aux LibDems et 26% aux travaillistes, tandis que le nombre de si\u00e8ges serait alors de 284 conservateurs, 102 LibDems et 232 travaillistes.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The Liberal Democrat leader is ready to tear up the rulebook and oust the prime minister if there is no decisive result on May 6. In a Sunday Times interview he warned that Brown&rsquo;s position would be untenable if Labour got a low share of the popular vote but still ended up as the biggest party in the Commons. I think it&rsquo;s a complete nonsense. I mean, how on earth? You can&rsquo;t have Gordon Brown squatting in No 10 just because of the irrational idiosyncrasies of our electoral system, Clegg said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The latest YouGov poll for The Sunday Times last night put the Lib Dems in second place, on 28%, with the Conservatives on 35% and Labour trailing in third place on 27%. This would make the Conservatives the largest party in a hung parliament, with 285 seats, while Labour would have 243 and the Lib Dems would have 90. A separate poll conducted in marginal constituencies confirmed that Britain was on course for a hung parliament.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Senior Lib Dem sources have revealed that if the party secures a high share of the vote in the election, it will demand equal status in any coalition. Regardless of the number of seats it wins, it will open negotiations with a demand for half the seats in cabinet. If more and more people support the Liberal Democrats, clearly that gives us a really powerful legitimacy to push for the things we want, Clegg said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As Labour tried to revitalise its flagging campaign with a new strategy involving the prime minister meeting more members of the public, disillusioned cabinet ministers began plotting to find some way of salvaging the possibility of a deal with Clegg. Yesterday there was mounting evidence that senior Labour figures are ready to force Brown to quit immediately after the election in the hope of securing a pact with the Lib Dems.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>One pointed to an obscure clause in Labour&rsquo;s rulebook which states that if the sitting prime minister becomes permanently unavailable for any reason, the cabinet has the power to appoint a temporary successor. This interim prime minister could lead for several weeks until a permanent replacement is elected by the party. Alan Johnson, the home secretary, is regarded as the favourite for this post, although Harriet Harman, the deputy leader, would also be keen to assume the role.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>However, with the Tories rallying in the polls, it now appears more likely that Clegg&rsquo;s party will help to prop up a minority Conservative government. In the Sunday Times interview, the Lib Dem leader revealed that he would support the Tories if they won the largest number of seats and largest share of the votes. This would defy the constitutional convention which would give Brown first call on attempting to form a government.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Clegg made it clear that a shake-up of the voting system remained a top priority  saying Cameron would be making a massive strategic error if he insisted on defending the clapped-out political system.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If they want to position themselves as a roadblock to political reform, that&rsquo;s their choice. They would be condemning themselves to a cul-de-sac, of defending the past, the indefensible, rather than moving with the demand from millions of people to do something different in politics, Clegg said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Bien,  pour l&rsquo;instant, on parle tactique, coalition, partage des portefeuilles,  et, pour les LibDems, r\u00e9forme d&rsquo;un syst\u00e8me \u00e9lectoral totalement archa\u00efque et sans la moindre signification politique,  sinon caricaturalement d\u00e9mocratique, pour user des grands termes. Ce syst\u00e8me avait quelque vertu, notamment l&rsquo;avantage de la stabilit\u00e9, lorsqu&rsquo;il refl\u00e9tait la domination effective des deux grands partis. Aujourd&rsquo;hui, ces deux grands partis sont \u00e0 la d\u00e9rive et le syst\u00e8me est devenu une monstruosit\u00e9 enfantant, par syst\u00e8me comme il se doit, l&rsquo;ill\u00e9gitimit\u00e9 comme on respire \u00e0 pleins poumons. (Dans une des hypoth\u00e8ses \u00e9voqu\u00e9es, les travaillistes avec 6% de voix de moins et 130 si\u00e8ges de plus que les LibDems!)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes empoignades techniques et politiciennes ne sont pas d\u00e9cisives ni significatives, sauf qu&rsquo;elles sont possibles sinon n\u00e9cessaires parce que le bipartisme \u00e0-la-britannique est en crise profonde. Si ce bipartisme est en crise profonde, c&rsquo;est parce que le Royaume-Uni est en crise tr\u00e8s profonde, et que les deux partis, <em>nolens volens<\/em>, en sont per\u00e7us comme les responsables fondamentaux. Si l&rsquo;on aiguise le regard, on comprend qu&rsquo;il s&rsquo;agit en fait de la crise et de l&rsquo;\u00e9croulement d&rsquo;une d\u00e9cennie politique qu&rsquo;on pourrait qualifier de blairiste, tant la personnalit\u00e9 du Premier ministre britannique a domin\u00e9 et marqu\u00e9 la politique britannique durant cette p\u00e9riode, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir de 9\/11,  tant le 11 septembre fut, pour lui comme pour ses tr\u00e8s grands amis am\u00e9ricanistes, un \u00e9v\u00e9nement (re)fondateur.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est que Blair entra\u00eena tous les autres, et l&rsquo;<em>establishment<\/em> britannique qui ne demandait que cela, dans cette lubie hallucin\u00e9e que constitue cette sanctification de 9\/11. Il y en eut m\u00eame, et parmi eux les plus \u00e9minents historiens du syst\u00e8me (Paul Johnson, Neal Ferguson) pour croire \u00e0 la r\u00e9surrection, par <em>sp\u00e9cial relationships<\/em> interpos\u00e9es, du grand empire sur lequel la vertu anglo-saxonne ne se couche jamais. Les dirigeants britanniques, si r\u00e9put\u00e9s pour leur sens de la mesure froidement r\u00e9aliste et leur habilet\u00e9 tactique et cynique, furent donc saisis par le virtualisme hollywoodien et la pathologie psychologique de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Triste p\u00e9riode dont leur h\u00e9ros \u00e0 tous, conservateurs, lib\u00e9raux interventionnistes et <em>neocons<\/em> de tous les pays compris, fut bien ce Churchill <em>Mark<\/em>-II, Tony Blair soi-m\u00eame. Le r\u00e9sultat fut la plus formidable catastrophe qui ait jamais balay\u00e9 le Royaume-Uni, une Invincible Armada qui aurait r\u00e9ussi son coup, de l&rsquo;Irak \u00e0 l&rsquo;Afghanistan, de la finance en lambeaux \u00e0 la mis\u00e8re et au ch\u00f4mage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCampagne de crise, par cons\u00e9quent. Tr\u00e8s <em>exciting<\/em> pour les \u00e9ditorialistes, avant qu&rsquo;on ne passe \u00e0 la caisse, apr\u00e8s le 6 mai, et qu&rsquo;on commence \u00e0 d\u00e9compter les cadavres qui jonchent le champ de bataille. Le principal d&rsquo;entre ces cadavres, c&rsquo;est l&rsquo;illusion qui, pendant cette d\u00e9cennie, a gouvern\u00e9 ce pays qu&rsquo;on juge de tradition si r\u00e9aliste, si accroch\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;est fait une sp\u00e9cialit\u00e9 de railler l&rsquo;intelligence de ceux qui passent leur temps \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les th\u00e9ories politiques. (Une pens\u00e9e pour les Fran\u00e7ais, dont c&rsquo;est la sp\u00e9cialit\u00e9,  entre temps, les dirigeants fran\u00e7ais avaient d\u00e9sert\u00e9 l&rsquo;intelligence et ses th\u00e9ories, et \u00e9pous\u00e9 le blairisme comme r\u00e9f\u00e9rence du monde en fusion qui nous entoure,  toujours en avance d&rsquo;une guerre perdue, en somme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTravaillistes et conservateurs, ils ont tous \u00e9t\u00e9 blairistes pendant cette d\u00e9cennie, apr\u00e8s la pr\u00e9paration des ann\u00e9es 1997-2001. Ils ont \u00e9t\u00e9 mirobolants, ils ont suivi, fascin\u00e9s et hallucin\u00e9s, les tours de passe-passe du Premier ministre Blair-Houdini. Peut-\u00eatre que m\u00eame les LibDems l&rsquo;ont-ils \u00e9t\u00e9 \u00e9galement, secr\u00e8tement, ou bien ont-ils enrag\u00e9 de ne devoir pas l&rsquo;\u00eatre pour cultiver leur diff\u00e9rence qui leur permettait d&rsquo;avoir un strapontin. Aujourd&rsquo;hui, <em>basta<\/em> Nick Clegg ne prend m\u00eame pas la peine d&rsquo;\u00e9voquer le nom du Grand Sachem, il lui suffit de traiter les <em>sp\u00e9cial relationships<\/em> avec le m\u00e9pris qu&rsquo;il convient. Tout le monde a compris : Tony Blair ne sera pas r\u00e9\u00e9lu.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tChacun fait donc sa r\u00e9volution comme il peut, au temps du syst\u00e8me de la communication o\u00f9 l&rsquo;on ne prend plus le pouvoir par voie d&rsquo;\u00e9meutes et de r\u00e9voltes, mais par la voie du verbe, de la repr\u00e9sentation, de la perception des choses. Les Britanniques la font, leur r\u00e9volution, pour ces \u00e9lections du 6 mai. Bienvenu au club. Maintenant, il va falloir s&rsquo;occuper de la crise, la vraie de vraie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t[Pour conclure cette r\u00e9flexion, nous vous pr\u00e9sentons l&rsquo;\u00e9ditorial de notre num\u00e9ro du <a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_25_avril_2010.html\" class=\"gen\">25 avril 2010<\/a>v de <em>dde.crisis<\/em>, consacr\u00e9, comme la rubrique <em>Perspectives<\/em>, \u00e0 la situation britannique. (Les citations de <em>The Independent<\/em> sont extraites de l&rsquo;\u00e9ditorial du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/leading-articles\/leading-article-hurrah-for-democracy-1953549.html\" class=\"gen\">25 avril 2010<\/a> de ce quotidien.)]<\/p>\n<h3><em>Britannia rules the Revolution<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00abCe qui se passe au-del\u00e0 du <em>Channel<\/em> est quelque chose qui se rapproche le plus, dans nos temps o\u00f9 les choses ne se d\u00e9cident plus dans les rues ni dans les \u00e9meutes, \u00e0 une r\u00e9volution. Nous parlons moins du <em>Clegg Factor<\/em> (l&rsquo;extraordinaire \u00e9mergence du <em>leader<\/em> des Lib\u00e9raux d\u00e9mocrates, ou LibDems), qui conduit son parti dans les sondages au m\u00eame niveau que les deux grands partis, le plus souvent en seconde position,  et, dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre cas, en premi\u00e8re position. Nous parlons essentiellement de l&rsquo;extraordinaire remue-m\u00e9nage que cette soudaine incursion dans le d\u00e9bat national du troisi\u00e8me parti jusqu&rsquo;alors rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 un strapontin de l&rsquo;\u00e9chiquier politique a de signification comme expression de la crise profonde qui affecte aujourd&rsquo;hui le Royaume-Uni.<D><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The Independent<\/em> exulte. Il \u00e9crit dans son \u00e9ditorial: \u00ab<em>Who would have thought it? The most unexpected feature of this election campaign is not the sudden success of Nick Clegg. What has ta\u00e7\u00e0ken us all by surprise is that the campaign has become interesting.<\/em>\u00bb Int\u00e9ressante, la campagne? Plus que cela, passionnante Et le journal de conclure: \u00ab<em>And the real surprise of this campaign is that large numbers of people seem motivated to do so. Three cheers for democracy, imperfections and all.<\/em>\u00bb Bravo pour la d\u00e9mocratie? Bien autre chose que cela, dirions-nous: <em>Three cheers<\/em> pour la crise, plut\u00f4t, car c&rsquo;est bien elle qui, aujourd&rsquo;hui, bouleverse l&rsquo;<em>establishment<\/em>, les sp\u00e9cialistes de la communication, le peuple des \u00e9lecteurs. La crise, et rien d&rsquo;autre, et la d\u00e9mocratie ne peut juste \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e que comme un outil qui permet de mettre la crise en \u00e9vidence,  crise elle-m\u00eame, notamment, comme le produit d&rsquo;un syst\u00e8me d\u00e9mocratique archa\u00efque et aux abois.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bbLe r\u00e9sultat probable de ces \u00e9lections devrait \u00eatre un <em>hung Parliament<\/em> (sorte de Parlement paralys\u00e9), parce qu&rsquo;aucune majorit\u00e9 d\u00e9cisive ne se d\u00e9gagerait pour un parti. Il faudrait alors constituer une coalition, o\u00f9 les LibDems seraient les arbitres en position de force parce que les deux autres grands partis ossifi\u00e9s et \u00e9puis\u00e9s par la gestion d&rsquo;une crise sans fin, de l&rsquo;Irak \u00e0 l&rsquo;effondrement de la <em>City<\/em>, se battraient pour obtenir l&rsquo;alliance du troisi\u00e8me. Quoi qu&rsquo;il en soit des d\u00e9lices de la d\u00e9mocratie, le fait m\u00eame illustrera ceci que la crise britannique si profonde, elle-m\u00eame \u00e9cho de la crise de notre civilisation, aura enfin atteint la repr\u00e9sentation politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bbLes \u00e9lections de mai 2010 au Royaume-Uni, telles qu&rsquo;elles se pr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui, ont cass\u00e9 le verrou d&rsquo;un syst\u00e8me politique qui semblait devoir \u00eatre fait pour r\u00e9sister \u00e0 toutes les temp\u00eates. Ce n&rsquo;est pas la d\u00e9mocratie qui en est la cause mais la crise qui secoue la d\u00e9mocratie, le syst\u00e8me, la civilisation. Si le syst\u00e8me politique britannique, fruit d&rsquo;une ancienne tradition tr\u00e8s r\u00e9aliste qui pr\u00e9f\u00e8re la stabilit\u00e9 \u00e0 la justice, tremble ainsi sur ses bases, c&rsquo;est bien que la crise est profonde,  d&rsquo;ailleurs, une crise de civilisation, on ne fait pas plus profond&#8230; C&rsquo;est donc une curieuse et r\u00e9jouissante situation. <em>Three cheers<\/em> pour Albion qui m\u00e8ne aujourd&rsquo;hui sa r\u00e9volution.\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tony Blair ne sera pas r\u00e9\u00e9lu 26 avril 2010 Nous l&rsquo;attendions depuis longtemps Nous attendions depuis longtemps que l&rsquo;extraordinaire catastrophe que fut le blairisme atteign\u00eet enfin l&rsquo;establishment britannique, notamment et \u00e9ventuellement par le biais de l&rsquo;humeur des \u00e9lecteurs. 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