{"id":71836,"date":"2010-05-03T05:54:41","date_gmt":"2010-05-03T05:54:41","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/03\/une-revolution-pour-ne-pas-mourir\/"},"modified":"2010-05-03T05:54:41","modified_gmt":"2010-05-03T05:54:41","slug":"une-revolution-pour-ne-pas-mourir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/03\/une-revolution-pour-ne-pas-mourir\/","title":{"rendered":"Une r\u00e9volution pour ne pas mourir?"},"content":{"rendered":"<p><p>Les hypoth\u00e8ses abondent. Les conservateurs remontent dans les sondages et raniment l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une majorit\u00e9 suffisante pour faire seuls un gouvernemebnt. La tactique de Clegg, la nouvelle <em>star<\/em> de la politique britannique, sera-t-elle, dans le cas malgr\u00e9 tout d&rsquo;un <em>hung Parliament<\/em>, de refuser toute coalition et de laisser se constituer un gouvernement minoritaire (conservateur) pour mieux attendre son heure,  c&rsquo;est-\u00e0-dire une coalition avec les travaillistes d\u00e9barrass\u00e9s de Brown? Les \u00e9lections britanniques, qui ont lieu jeudi et vendredi prochains, sont les \u00e9lections du si\u00e8cle,  sans qu&rsquo;on sache exactement de quel si\u00e8cle l&rsquo;on parle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous les cas, le <em>Guardian<\/em> et l&rsquo;<em>Observer<\/em> ont choisi leur camp. Ils soutiennent les Lib\u00e9raux-d\u00e9mocrates (LibDems) de Clegg, abandonnant leur soutien traditionnel pour les travaillistes. Le Royaume-Uni est vraiment devant une r\u00e9volution. Toby Helm et Anushka Asthana l&rsquo;\u00e9crivent clairement, ce <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/politics\/2010\/may\/02\/david-miliband-general-election\" class=\"gen\">2 mai 2010<\/a> dans <em>The Observer<\/em>: \u00ab<em>Volatile general election campaign will blow the old order apart<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A year ago, in his splendid room at the Foreign Office, David Miliband told a small group of friends that tumultuous and hugely unpredictable forces were about to be unleashed on British politics. This is going to be truly massive, he said as he mulled the unfolding scandal over MPs&rsquo; expenses.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Miliband&rsquo;s apocalyptic tone had echoes of that adopted eight years earlier by Jack Straw in the same office. As Straw watched television pictures of two planes smashing into the World Trade Centre on 11 September 2001, he had turned to Geoff Hoon, then the defence secretary, and said: This is going to change the world.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Miliband was not contemplating a catastrophe on the same scale. But in domestic political terms he sensed implications that could cause havoc with the established way of doing things.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le sous-titre accompagnant leur article, les deux auteurs ont \u00e9crit: \u00ab<em>Throughout the most unpredictable political struggle in decades, the voters have made it clear that they have a thirst for change. Now the two-party power struggle is under threat<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Encore n&rsquo;est-ce que le premier acte de la pi\u00e8ce. Quels que soient les r\u00e9sultats \u00e0 la fin de cette semaine, les dirigeants politiques britanniques se trouveront devant une t\u00e2che massive, d&rsquo;une extraordinaire difficult\u00e9. On peut, en effet, r\u00e9sumer en trois points le programme qui les attend:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Retrouver la confiance d&rsquo;une vieille nation secou\u00e9e jusque dans ses profondeurs par les changements intervenus ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, qui ressemblent aux changements que nous subissons tous et qui se r\u00e9sument finalement par ce verdict qu&rsquo;on retrouve partout: une crise d&rsquo;identit\u00e9, dans ce cas nationale, et d&rsquo;une si vieille nation, si fi\u00e8re d&rsquo;elle-m\u00eame et de sa sp\u00e9cificit\u00e9 unique. Que ce soit la situation \u00e9conomique avec le ch\u00f4mage, l&rsquo;immigration, l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, le Royaume-Uni affronte sa crise d&rsquo;identit\u00e9 qui est la ran\u00e7on de la crise terminale d&rsquo;une civilisation \u00e9puis\u00e9e. De ce point de vue comme de tant d&rsquo;autres, ce pays est important \u00e0 suivre car il fut l&rsquo;un des moteurs de la situation qui a conduit \u00e0 cette crise de civilisation. C&rsquo;est au Royaume-Uni que s&rsquo;entrechoquent le plus violemment tous les changements terrifiants qui caract\u00e9risent cette crise, avec le go\u00fbt prononc\u00e9 pour le conservatisme des caract\u00e8res traditionnels de ce pays. La psychologie britannique en est boulevers\u00e9e et la campagne \u00e9lectorale, que personne n&rsquo;a vu venir dans son caract\u00e8re <strong>r\u00e9volutionnaire<\/strong>, en est l&rsquo;illustration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ponctuellement, le gouvernement du Royaume-Uni, avec ses finances dans un \u00e9tat \u00e9galement indescriptible, vaut bien la Gr\u00e8ce (ou les Etats-Unis) pour ce qui est de sa situation financi\u00e8re et \u00e9conomique. Le gouvernement qui devra s&rsquo;atteler \u00e0 la t\u00e2che d&rsquo;affronter le monstre sera comme une cord\u00e9e dans un territoire glac\u00e9e et inconnue, \u00e0 la merci constante d&rsquo;une avalanche qui peut tout emporter. C&rsquo;est dire si la situation ne sera pas fix\u00e9e avec les r\u00e9sultats des 6 et 7 avril. Les \u00e9lections auront tout juste \u00e9t\u00e9 la fin du commencement, et les affaires s\u00e9rieuses qui peuvent prendre la dimension d&rsquo;une trag\u00e9die nationale, rappelant l&rsquo;Angleterre de juillet-ao\u00fbt 1940, commenceront. Effectivement, la situation politique ne sera en rien fix\u00e9e et tout sera possible, y compris que le parlement n\u00e9 des \u00e9lections des 6-7 mai n&rsquo;ait qu&rsquo;une vie extr\u00eamement courte. Le Royaume-Uni, le pays stable par excellence, le pays de la certitude de soi jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arrogance, le pays de la coh\u00e9sion sociale appuy\u00e9e sur la fiert\u00e9 nationale, est aujourd&rsquo;hui \u00e0 la pointe de la r\u00e9volution qui, sous la pression de la crise de civilisation, secoue le monde que nous connaissons et qui est en cours d&rsquo;effondrement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il y a enfin les fameuses <em>special relationships<\/em>. Mis \u00e0 part les travaillistes, bien occup\u00e9s \u00e0 tenter de contenir la mar\u00e9e qui les emporte et d&rsquo;ailleurs soucieux de mesure puisqu&rsquo;ils tiennent toujours les r\u00eanes du pouvoir, les deux autres chefs de parti, les probables vainqueurs des \u00e9lections, Cameron et Clegg, ont bien fait savoir que ces relations privil\u00e9gi\u00e9es avec les USA sont \u00e0 leur terme dans la forme inique qu&rsquo;elles ont eu pendant un demi-si\u00e8cle. L\u00e0 aussi, une r\u00e9volution pourrait affecter la politique ext\u00e9rieure du Royaume-Uni, donc l&rsquo;Europe, que cela nous plaise ou non. (D&rsquo;ailleurs, en face, le partenaire n&rsquo;est pas loin d&rsquo;\u00eatre en complet accord avec cette appr\u00e9ciation: l&rsquo;indiff\u00e9rence d&rsquo;Obama pour l&rsquo;Europe, et pour le Royaume-Uni en particulier, constitue un facteur aujourd&rsquo;hui admis par tous, et mesure effectivement la r\u00e9volution que pourraient subir ces relations.) La catastrophe de Louisiane, qui conduit tous les Am\u00e9ricains, Obama en premier, \u00e0 accuser BP (pour rappel: <strong>British<\/strong> Petroleum), parce que BP est le premier responsable et parce qu&rsquo;il est toujours agr\u00e9able d&rsquo;avoir un bouc \u00e9missaire coupable d&rsquo;un syst\u00e8me plus g\u00e9n\u00e9ral dont on porte soi-m\u00eame la responsabilit\u00e9, cette catastrophe de Louisiane jouera son r\u00f4le dans la pi\u00e8tre appr\u00e9ciation am\u00e9ricaniste de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de conserver des liens privil\u00e9gi\u00e9s avec le Royaume-Uni. Le constat n&rsquo;est peut-\u00eatre pas tr\u00e8s rationnel mais il s&rsquo;inscrit bien dans la forme de r\u00e9vision de ces relations qui est en train de s&rsquo;op\u00e9rer d&rsquo;elle-m\u00eame, comme par nature.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne \u00e9poque s&rsquo;ach\u00e8ve au Royaume-Uni, sans doute la plus d\u00e9vastatrice qu&rsquo;ait connu ce pays hors des \u00e9v\u00e9nements brutaux impos\u00e9s par des circonstances politiques de guerre ou de vraie r\u00e9volution. Cette \u00e9poque, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque de Tony Blair, l&rsquo;imposteur, l&rsquo;homme de son temps, le plus gonfl\u00e9 de conceptions faussaires, finalement, qu&rsquo;ait connu ce pays. L&rsquo;\u00e9poque du faussaire Tony Blair est morte. S&rsquo;ouvre une \u00e9poque absolument inconnue, une <em>terra incognita<\/em>. Le Royaume-Uni conserve donc sans le moindre doute sa position de <em>leader<\/em> et d&rsquo;inspirateur, cella \u00e0 laquelle il pr\u00e9tend. Dans la catastrophe qui secoue le monde, il est certainement l&rsquo;un des pays les plus en avance, celui dont la catastrophe nationale est la plus exemplaire du reste. La crise britannique est sans aucun doute un des reflets les plus fid\u00e8les, les plus remarquables de la grande crise qui secoue la civilisation. En un sens, ce n&rsquo;est que justice. <em>Britannia rules the waves<\/em>, certes, mais ce sont celles de la temp\u00eate qui risque de l&#8217;emporter.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 3 mai 2010 \u00e0 05H47<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les hypoth\u00e8ses abondent. Les conservateurs remontent dans les sondages et raniment l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une majorit\u00e9 suffisante pour faire seuls un gouvernemebnt. 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