{"id":71844,"date":"2010-05-05T04:52:13","date_gmt":"2010-05-05T04:52:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/05\/where-are-the-carriers-1\/"},"modified":"2010-05-05T04:52:13","modified_gmt":"2010-05-05T04:52:13","slug":"where-are-the-carriers-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/05\/where-are-the-carriers-1\/","title":{"rendered":"\u00ab<em>Where are the carriers ?\u00a0<\/em>\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">&laquo;<em>Where are the carriers ? <\/em>&raquo;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>5 mai 2010 &mdash; Il y a deux jours, le 3 mai, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Robert Gates a ass\u00e9n\u00e9 un ma&icirc;tre coup de pied vachard aux illusions de la puissance am\u00e9ricaniste. L&rsquo;essentiel du propos, dans son discours devant la Navy League regroupant tout ce que la Navy compte d&rsquo;anciens amiraux, officiers sup\u00e9rieurs, de chefs en fonction, d&rsquo;experts, etc., est la mise en cause de tout ce qui fait la puissance navale des USA. La principale cible, la plus spectaculaire, c&rsquo;est le porte-avions, ce ma&icirc;tre des mers du monde depuis l&rsquo;attaque de Pearl-Harbor du 7 d\u00e9cembre 1941, &ndash; \u00e9trange cadeau du g\u00e9nial marin que fut l&rsquo;amiral Yamamoto \u00e0 la puissante U.S. Navy en route pour l&rsquo;affirmation de son h\u00e9g\u00e9monie mondiale. C&rsquo;est \u00e0 bord du USS <em>Missouri<\/em>, ce superbe cuirass\u00e9 \u00e0 la silhouette esth\u00e9tique sans \u00e9gale mais aussi \u00ab\u00a0roi des mers\u00a0\u00bb d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 et remplac\u00e9 par le porte-avions \u00e0 Pearl Harbor, que le Japon signa au d\u00e9but de septembre 1945 son acte de capitulation, alors que des dizaines et des dizaines de porte-avions des amiraux Nimitz, Halsey &#038; compagnie s&rsquo;alignaient majestueusement dans la baie de Tokyo, en une immense ligne de bataille symbolique. <em>U.S. Navy rules the waves<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout cela? A la ferraille! Rien n&rsquo;est fait, mais gardons-nous bien de passer outre ce point fondamental, que nous d\u00e9velopperons plus bas. Il s&rsquo;agit bel et bien d&rsquo;un coup de plus port\u00e9 \u00e0 la politique de l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\">id\u00e9al de puissance<\/a>, et quel coup!&hellip; Maintenant quelques extraits de presse, ici et l\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans <em>Defense News<\/em> du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.defensenews.com\/story.php?i=4609074&#038;c=AME&#038;s=SEA\">3 mai 2010<\/a>&hellip; &laquo;<em>Pentagon and naval officials must decide whether to keep buying multibillion-dollar warships, since the Navy&rsquo;s shipbuilding budget is unlikely to grow amid economic uncertainty and two wars, U.S. Defense Secretary Robert Gates said May 3. Gates raised eyebrows at a Navy League-sponsored conference in National Harbor, Md., by questioning, among other things, whether the United States will need 11 carrier strike groups when no other nation has more than one.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Dans <em>Danger Room<\/em>, du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.wired.com\/dangerroom\/2010\/05\/gates-takes-aim-at-navy-questions-carrier-fleet\/\">3 mai 2010<\/a>, de Nathan Hodge&hellip; &laquo;<em>Secretary of Defense Robert Gates has already taken aim at the Air Force&rsquo;s favorite project, the F-22 Raptor Stealth fighter, and he schwacked the Army&rsquo;s beloved Future Combat Systems. Now he&rsquo;s letting the Navy know that their sacred cow &mdash; the carrier strike group &mdash; is next. (If I was a sailor, I&rsquo;d call it a rhetorical warning shot across the bow.)<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>\u00ab\u00a0The virtual monopoly the U.S. has enjoyed with precision guided weapons is eroding &ndash; especially with long-range, accurate anti-ship cruise and ballistic missiles that can potentially strike from over the horizon,\u00a0\u00bb he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>That point should be familiar to Danger Room readers: As we&rsquo;ve noted here before, China has been testing anti-ship ballistic missiles designed specifically to target aircraft carriers. And as ships rise in price &mdash; like the next-generation, Ford-class carrier under construction here &mdash; cost itself becomes a vulnerability. A Ford-class carrier with a full complement of aircraft, Gates noted, \u00ab\u00a0would represent potentially $15 to $20 billion worth of hardware at risk.\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Mike Burleson, sur le site <em>NewWars<\/em>, le m\u00eame <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/newwars.wordpress.com\/2010\/05\/03\/breakinggates-stuns-navy-league-with-fleet-proposals\/\">3 mai 2010<\/a>&hellip; &laquo;<em>At the very least, Secretary of Defense Robert Gates \u00ab\u00a0raised eyebrows\u00a0\u00bb today, according to Defense News reporter John T. Bennett at the Navy League Sea-Air-Space Exposition, by attacking numerous sacred cows such as aircraft carriers and the Marine Corps amphibious plans.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Etc., etc., serions-nous tent\u00e9s d&rsquo;\u00e9crire&hellip; Dans les ann\u00e9es 1970, il y avait une phrase fameuse de Henry Kissinger, qui \u00e9tait devenue un symbole de la puissance US : &laquo;Where are the carriers ?&raquo; Lorsqu&rsquo;une crise \u00e9clatait quelque part, que les USA fussent ou non impliqu\u00e9s, et symboliquement pour notre propos quand ils ne l&rsquo;\u00e9taient pas, Kissinger demandait o&ugrave; \u00e9tait le porte-avions US le plus proche, pour ordonner son d\u00e9ploiement d&rsquo;urgence vers la zone de crise, pour signifier par cette pr\u00e9sence du \u00ab\u00a0roi des mers\u00a0\u00bb, la pr\u00e9sence globale de la puissance US, et que partout o&ugrave; il se passait quelque chose, les USA montraient leur puissance, et que sans elle, la puissance US, rien ne pouvait se passer de s\u00e9rieux dans le monde. Ces temps-l\u00e0 ne sont plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Evidemment, le discours de Gates est r\u00e9volutionnaire. Qu&rsquo;on imagine: toucher au principe de la n\u00e9cessit\u00e9 des porte-avions, qui sont la marque m\u00eame, le pilier de la puissance US, du contr\u00f4le des mers, l&rsquo;accomplissement m\u00eame des th\u00e9ories de l&rsquo;amiral Mahan et des th\u00e9oriciens de la g\u00e9opolitique. Le probl\u00e8me est que nous ne sommes plus dans l&rsquo;\u00e8re de la g\u00e9opolitique, \u00e0 notre sens, mais dans l&rsquo;\u00e8re de la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-politique_d_epoque_l_ere_psychopolitique_rubrique_analyse_volume_22_n07_du_10_decembre_2006_25_12_2006.html\">psychopolitique<\/a>. Il faudra nous prouver aujourd&rsquo;hui que le contr\u00f4le des mers fond\u00e9e sur onze groupes de porte-avions d&rsquo;attaque regroup\u00e9s autour d&rsquo;un \u00e9norme truc de 100.000 tonnes qui co&ucirc;te entre $15 et $20 milliards a une utilit\u00e9 quelconque, sinon dans les rapports interminables des experts qui nous annoncent le chaos des grandes guerres pour les ressources, donc passant par les empoignades pour le contr\u00f4le des voies de communication navale. (Ils ignorent, ces braves experts, que le chaos, nous y sommes en plein, et que l&rsquo;un des signes principaux de ce chaos, c&rsquo;est moins de contr\u00f4ler une voie de communication que de devoir aligner $15 \u00e0 $20 milliards pour s&rsquo;offrir le porte-avions USS <em>Gerald Ford<\/em>.) (<em>Addendum<\/em>: comment la Navy a-t-elle pu baptiser son plus r\u00e9cent porte-avions du nom de ce pr\u00e9sident de si courte dur\u00e9e qui fut la m\u00e9diocrit\u00e9 m\u00eame, pas m\u00e9chant mais si compl\u00e8tement nul? Signe des temps, o&ugrave; la Navy pr\u00e9f\u00e8re plaire \u00e0 ses dispensateurs de budget qu&rsquo;aux v\u00e9ritables h\u00e9ros, &ndash; il y en a, &ndash; de la puissance perdue du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Depuis dix ans, chaque engagement, chaque \u00ab\u00a0guerre\u00a0\u00bb, chaque projet h\u00e9g\u00e9monique, chaque d\u00e9claration emphatique de Washington et du complexe militaro-industriel s&rsquo;ab&icirc;me dans une inf\u00e2me bouillie pour les chats. Les guerres \u00ab\u00a0gagn\u00e9es\u00a0\u00bb sont des catastrophes h\u00e2tivement camoufl\u00e9es, \u00e0 coups de millions de dollars, en victoires-Potemkine par le ma&icirc;tre des maquilleurs du Pentagone, le g\u00e9n\u00e9ral Petraeus, &ndash; le g\u00e9n\u00e9ral qui ach\u00e8te ses ennemis plus vite que son ombre. D&rsquo;ailleurs, en Afghanistan, m\u00eame cette \u00ab\u00a0tactique\u00a0\u00bb type-Wall Street ne fonctionne plus, \u00e0 l&rsquo;image des <em>junk bunds<\/em> qui foutent le syst\u00e8me financier en l&rsquo;air. La puissance militaire US, cette \u00e9norme masse pesante, hurlante et fumante de centaines et de centaines de $milliards a d\u00e9finitivement pass\u00e9 son pic de comp\u00e9tence. Elle d\u00e9gringole, de plus en plus lourde, de plus en plus ch\u00e8re, de plus en plus impuissante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;Par cons\u00e9quent, dira-t-on, bravo Robert Gates. D&rsquo;ailleurs, son discours n&rsquo;est pas nouveau. Cela fait maintenant trois ans que Gates annonce que les guerres d&rsquo;hier ne seront pas les guerres de demain et que les guerres d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;iront qu&rsquo;en empirant, notamment pour ce qui est de leur rapport avec la compl\u00e8te inad\u00e9quation des forces US dans ces conflits. Le probl\u00e8me est que, lorsqu&rsquo;il prend une \u00ab\u00a0mesure\u00a0\u00bb pr\u00e9tendument muscl\u00e9e, comme la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_les_tribulations_du_f-22_21_07_2009.html\">liquidation<\/a> du F-22 <em>Raptor<\/em>, il la remplace par une autre, encore plus catastrophique, qui est de mettre toute la mise sur le catastrophique JSF. Gates est-il coupable? En partie oui, mais, comme d&rsquo;habitude, pas compl\u00e8tement. Le vrai coupable, c&rsquo;est le monstre, le Pentagone, <em>Moby Dick<\/em> soi-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est-\u00e0-dire, &ndash; traduisons&hellip; Le formidable discours de Robert Gates annon\u00e7ant qu&rsquo;il faut songer \u00e0 ne plus centrer la strat\u00e9gie navale sur le contr\u00f4le des mers par la puissance des porte-avions, les rois des mers, est un discours et rien d&rsquo;autre. Nous sommes loin, vraiment tr\u00e8s loin de la coupe aux l\u00e8vres. Le Pentagone va se mettre \u00e0 bourdonner de projets divers pour remplacer ces porte-avions horriblement co&ucirc;teux dont plus personne ne veut et les projets \u00ab\u00a0bon march\u00e9\u00a0\u00bb, qui termineront \u00e0 un niveau \u00e9ventuellement plus \u00e9lev\u00e9 que les $15-$20 milliards du USS <em>Gerald Ford<\/em>, vont se mettre \u00e0 fleurir. Les amiraux (il y en a beaucoup, beaucoup plus que tous les porte-avions que l&rsquo;U.S. Navy a eu en service depuis que le porte-avions existe) vont se mettre en ordre de bataille bureaucratique. Le Congr\u00e8s lui-m\u00eame va entrer dans la danse. Les experts vont pondre des papiers interminables que personne ne lira. Les candidats pour les \u00e9lections de novembre 2010 vont parler de la puissance d\u00e9clinante des USA que ce secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense-l\u00e0 est en train de brader. Barack Obama va \u00eatre accus\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un taliban d\u00e9guis\u00e9 en pr\u00e9sident des USA. <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_the_system_is_broken__05_03_2010.html\">N&rsquo;oubliez pas<\/a>: \u00ab\u00a0<em>The system is broken<\/em>\u00ab\u00a0. Alors, il jacasse, il jacasse, comme une vieille poule mouill\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Certes, le texte de Gates est beaucoup plus complexe, beaucoup plus nuanc\u00e9 que l&rsquo;approche que nous choisissons pour en faire la critique. Cette approche est simple, &ndash; nous ne parlons que des porte-avions, pas du reste, que Gates met aussi en question, &ndash; parce que nous voulons aller \u00e0 l&rsquo;essentiel, qui est la mise en cause de l&rsquo;appareil de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance que poursuivent les USA depuis 1941-1945. Cette crise-l\u00e0 vaut toutes les consid\u00e9rations du monde des strat\u00e8ges navals. C&rsquo;est la crise du syst\u00e8me du technologisme, encombr\u00e9e de la crise du syst\u00e8me de la communication qui a permis le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e8re psychopolitique et l&rsquo;enfantement de la guerre de quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (G4G), cette forme extraordinairement ambigu\u00eb de guerre qui trouve toute sa force dans la non-guerre et qui se bat sur le terrain de la perception de la l\u00e9gitimit\u00e9 et des valeurs structurantes contre le syst\u00e8me de la d\u00e9structuration de l&rsquo;id\u00e9al de puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Une psychologie de vaincu<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>C&rsquo;est en effet la crise de l'\u00a0\u00bbid\u00e9al de puissance\u00a0\u00bb qui est mise en \u00e9vidence, une fois de plus, au travers de cette mise en cause des porte-avions et du reste par Robert Gates. On observera que les raisons essentielles qu&rsquo;avance Gates pour appuyer sa critique sont de deux ordres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La guerre asym\u00e9trique, avec la panique qui continue a se diffuser que tel ou tel adversaire loqueteux, telle ou telle vedette en maraude des Gardiens de la R\u00e9volution iraniens puisse allumer un porte-avions de l&rsquo;U.S. Navy \u00e0 $15-$20 milliards pi\u00e8ce. Ce qui importe n&rsquo;est pas l&rsquo;efficacit\u00e9 du syst\u00e8me (la vedette en maraude), qui rel\u00e8ve pour l&rsquo;instant du fantasme, comme tout ce qui concerne les hypoth\u00e8ses innombrables g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par l&rsquo;\u00e9trange peur de l&rsquo;impuissance de sa puissance qui affecte notre g\u00e9ant paralys\u00e9. Ce qui importe, c&rsquo;est la perception de l&rsquo;efficacit\u00e9 <strong>\u00e9ventuelle<\/strong> du susdit syst\u00e8me, qui fait na&icirc;tre l&rsquo;autre phantasme du USS <em>Gerald Ford<\/em> envoy\u00e9 par le fond apr\u00e8s un coup au but d&rsquo;un missile de 500 kilos g\u00e9nialement bricol\u00e9 par les Gardiens de la R\u00e9volution. La guerre asym\u00e9trique, c&rsquo;est d&rsquo;abord la guerre de la parole, des \u00e9crits, des hypoth\u00e8ses, des fantasmes, la guerre du syst\u00e8me de la communication, et nul besoin d&rsquo;un r\u00e9el coup au but pour semer la panique \u00e0 bord (\u00e0 bord du Pentagone, s&rsquo;entend).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Car l&rsquo;on en revient \u00e0 l&rsquo;essentiel&hellip; &laquo;<em>A Ford-class carrier with a full complement of aircraft would represent potentially $15 to $20 billion worth of hardware at risk.<\/em>&raquo; Le g\u00e9ant est paralys\u00e9&hellip; Que voulez-vous qu&rsquo;il fasse? Est-il concevable de \u00ab\u00a0risquer\u00a0\u00bb un truc pareil (\u00ab\u00a0<em>$15 to $20 billion worth of hardware<\/em>\u00ab\u00a0) contre on ne sait quelle piq&ucirc;re de moustique, &ndash; islamiste et iranien de surcro&icirc;t, le moustique? Le g\u00e9ant est paralys\u00e9 par la pluie de centaine de $milliards dont on l&rsquo;arrose copieusement chaque ann\u00e9e. Le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 perceptible jusqu&rsquo;\u00e0 un absurde semblable avec le B-2 qui co&ucirc;tait son pesant de cacahu\u00e8tes (co&ucirc;t unitaire : $2,4 milliards pour \u00eatre poli, pas loin des $6 milliards si on a l&rsquo;&oelig;il exerc\u00e9); le B-2 cens\u00e9 \u00eatre \u00ab\u00a0invisible au radar\u00a0\u00bb, qu&rsquo;on craignait tant de voir touch\u00e9 en l&rsquo;air \u00e0 ce prix qu&rsquo;on le faisait accompagner, lors de la campagne du Kosovo en 1999, d&rsquo;une nu\u00e9e d&rsquo;avions de protection. (Les Fran\u00e7ais, qui \u00e9taient les seuls \u00e0 ne pas d\u00e9pendre des Am\u00e9ricains pour les mati\u00e8res de contr\u00f4le et d&rsquo;identification, ne manquaient pas de vous informer que chaque sortie d&rsquo;un B-2 \u00ab\u00a0invisible au radar\u00a0\u00bb sur le Kosovo \u00e9tait l&rsquo;occasion d&rsquo;une saturation de leurs propres radars de signaux \u00e9lectroniques tant \u00e9tait grande l&rsquo;importance de la flotte de protection, &ndash; jamais avion \u00ab\u00a0invisible au radar\u00a0\u00bb ne fut ainsi plus visible sur un \u00e9cran-radar&hellip;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ainsi arrive-t-on au cul de sac de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance, l\u00e0 o&ugrave; le syst\u00e8me du technologisme nous conduit dans une impasse pav\u00e9e de centaine de $milliards, au moment o&ugrave; l&rsquo;Am\u00e9rique agonise sous le poids de ses dettes, de ses immigrants ill\u00e9gaux, de ses <em>bailout<\/em> d&rsquo;un Wall Street m\u00e9galo, de ses m\u00e9ga mar\u00e9es noires et ainsi de suite. L&rsquo;absurdit\u00e9 m\u00eame de cette course \u00e0 la puissance, au point o&ugrave; elle est arriv\u00e9e, se trouve dans le fait que cette course ne cesse d&rsquo;exiger toujours plus d&rsquo;elle-m\u00eame, sans qu&rsquo;il faille un adversaire pour cela, et m\u00eame, mieux encore, ou pire c&rsquo;est selon, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus d&rsquo;adversaire pour la justifier elle-m\u00eame. Ainsi a-t-elle atteint et d\u00e9pass\u00e9 en fanfare le pic de sa comp\u00e9tence th\u00e9orique (rien n&rsquo;a jamais prouv\u00e9 la \u00ab\u00a0comp\u00e9tence\u00a0\u00bb concr\u00e8te de cette puissance au z\u00e9nith, &ndash; cf. le Vietnam) pour d\u00e9gringoler la pente de l&rsquo;incomp\u00e9tence. Les mesures qui sont aujourd&rsquo;hui pr\u00e9conis\u00e9es, notamment pour le sujet qui nous importe de cette mise en cause du fondement de la puissance navale US, montrent assez que les dirigeants politiques ont parfaitement r\u00e9alis\u00e9 ce changement de pente. Les mesures qu&rsquo;ils pr\u00e9conisent ont peut-\u00eatre un sens budg\u00e9taire, ou bien un sens strat\u00e9gique, ou bien un sens op\u00e9rationnel, mais elles nous signifient d&rsquo;abord la d\u00e9mission des gestionnaires de cette puissance \u00e0 cause de l&rsquo;effondrement de leur force psychologique soutenant leur foi intellectuelle dans cette puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Objectivement consid\u00e9r\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire en admettant la validit\u00e9 de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de la puissance, cette mise en cause des porte-avions, qui est sans aucun doute le \u00ab\u00a0roi des mers\u00a0\u00bb symbolique de nos temps technologiques qui s&rsquo;accordent si bien avec la vision g\u00e9opolitique que les croyants du m\u00eame id\u00e9al de puissance continuent \u00e0 entretenir, est une d\u00e9route totale de la direction politique. Toujours \u00ab\u00a0objectivement consid\u00e9r\u00e9e\u00a0\u00bb, c&rsquo;est une folie qui signifie un acte essentiel d&rsquo;abdication de la \u00ab\u00a0volont\u00e9 de puissance\u00a0\u00bb des USA (expression nietzsch\u00e9enne, mais revue par l&rsquo;am\u00e9ricanisme, donc totalement subvertie). Les porte-avions sont les \u00ab\u00a0rois des mers\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils signifient au reste du monde la puissance h\u00e9g\u00e9monique des USA. Leur mise en cause, &ndash; ne parlons pas de leur disparition, nous sommes dans l&rsquo;ordre du symbolique, &ndash; est une abdication psychologique compl\u00e8te. Le syst\u00e8me du technologisme reste toujours un producteur insens\u00e9 de puissance mais la vanit\u00e9 de cette puissance (ce que nous d\u00e9signons comme \u00ab\u00a0l&rsquo;impuissance de la puissance\u00a0\u00bb) exerce chaque jour davantage une mortelle pression sur la psychologie de ceux qui croient la contr\u00f4ler, &ndash; mais de moins en moins assur\u00e9e, cette croyance, &ndash; alors qu&rsquo;ils en sont les esclaves indubitables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La psychologie de l&rsquo;am\u00e9ricanisme est aujourd&rsquo;hui une psychologie de vaincu, qui d\u00e9coule de cette perception de \u00ab\u00a0l&rsquo;impuissance de la puissance\u00a0\u00bb, entra&icirc;nant l&rsquo;effondrement de la perception de la l\u00e9gitimit\u00e9 de la puissance US. Robert Gates nous a, une fois de plus, signifi\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;Where are the carriers ? &raquo; 5 mai 2010 &mdash; Il y a deux jours, le 3 mai, le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Robert Gates a ass\u00e9n\u00e9 un ma&icirc;tre coup de pied vachard aux illusions de la puissance am\u00e9ricaniste. L&rsquo;essentiel du propos, dans son discours devant la Navy League regroupant tout ce que la Navy&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3745,3228,2604,3984,2645,2773,3736,3704],"class_list":["post-71844","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-asymetrique","tag-crise","tag-des","tag-gates","tag-guerre","tag-iran","tag-kissinger","tag-porte-avions"],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71844","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71844"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71844\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71844"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71844"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71844"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}