{"id":71872,"date":"2010-05-15T05:53:57","date_gmt":"2010-05-15T05:53:57","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/15\/pour-les-special-relationships-la-crise-disposera\/"},"modified":"2010-05-15T05:53:57","modified_gmt":"2010-05-15T05:53:57","slug":"pour-les-special-relationships-la-crise-disposera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/15\/pour-les-special-relationships-la-crise-disposera\/","title":{"rendered":"Pour les \u201c<em>special relationships<\/em>\u201d, la crise disposera"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Pour les <em>special relationships<\/em>, la crise disposera<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t15 mai 2010  Il a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement question des <em>special relationships<\/em> depuis que le duo Cameron-Clegg s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du Royaume-Uni, il y a trois jours. Obama a <em>illico presto<\/em> t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 au nouveau Premier ministre, le jeune Cameron, pour lui dire tout le bien qu&rsquo;il pense de lui, tout le bien qu&rsquo;il pense des relations sp\u00e9ciales et pour l&rsquo;inviter \u00e0 faire visite \u00e0 Washington en juillet. En attendant, le nouveau secr\u00e9taire au Foreign Office, William Hague, a \u00e9t\u00e9 happ\u00e9 par Hillary Clinton et convoqu\u00e9 \u00e0 Washington, o\u00f9 il se trouvait hier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDivers textes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s par rapport \u00e0 cette question, en m\u00eame temps que se formait l&rsquo;\u00e9quipe Cameron-Clegg du nouveau gouvernement britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/politics\/2010\/may\/12\/barack-obama-david-cameron\" class=\"gen\">12 mai 2010<\/a>, le <em>Guardian<\/em> publiait un texte d\u00e9crivant l&rsquo;intervention enthousiaste de Barack Obama devant la formation du nouveau gouvernement. La bureaucratie am\u00e9ricaniste, toujours originale, a resservi \u00e0 cette occasion l&rsquo;expression d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9e pour le soi-disant red\u00e9marrage des relations entre les USA et la Russie. \u00ab<em>Barack Obama took the opportunity of David Cameron&rsquo;s arrival in Downing Street to press the reset button on US-UK relations, praising the prime minister and talking up historic ties between the two countries. Cameron was barely through the door of No 10 on Tuesday when he received a call from Obama congratulating him and telling him the US has no closer friend and ally than the United Kingdom. The president reiterated this today at a White House press conference with the Afghan president, Hamid Karzai.<\/em>\u00bb L&rsquo;article signalait que les USA aimeraient entretenir la nouvelle \u00e9quipe de quatre sujets principalement : l&rsquo;engagement UK en Afghanistan, ce que Washington per\u00e7oit comme l&rsquo;\u00e9ventuel d\u00e9sengagement UK de certains programmes de d\u00e9fense US (on pense au JSF), l&rsquo;ampleur de la dette du gouvernement britannique et l&rsquo;hostilit\u00e9 suppos\u00e9e des conservateurs pour l&rsquo;UE.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La visite du secr\u00e9taire au Foreign Office David Hague \u00e0 Washington s&rsquo;est pass\u00e9e hier le mieux du monde, en apparence. Un commentaire de Kim Singupta, dans <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/kim-sengupta-an-afghan-exit-strategy-will-test-this-special-relationship-1973931.html\" class=\"gen\">15 mai 2010<\/a>, met en \u00e9vidence surtout les incertitudes de ces relations sp\u00e9ciales. \u00ab<em>William Hague&rsquo;s visit to Washington comes at a time when clarification is required from both sides on pressing international issues. The \u00ab\u00a0special relationship\u00a0\u00bb may still exist but it is not entirely clear what it means and the direction it will take.<\/em>\u00bb Sengupta souligne combien, notamment, l&rsquo;\u00e9volution de la situation en Afghanistan pourrait conduire \u00e0 des d\u00e9saccords entre les deux alli\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Plusieurs textes mettent en \u00e9vidence combien les relations sp\u00e9ciales entre USA et UK se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on dirait objectivement, par la simple m\u00e9canique des choses. Le Washington <em>Post<\/em>, par exemple, publie un tel texte le <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2010\/05\/12\/AR2010051201387_pf.html\" class=\"gen\">12 mai 2010<\/a>, o\u00f9 la sensation US est ainsi r\u00e9sum\u00e9e : \u00ab<em>But on this side of the Atlantic in particular, there is a growing belief that with Cameron as prime minister Britain must find its own way in the world  not exactly apart from the United States, but not always joined at the hip in what many complained became a junior partnership during the past decade.<\/em>\u00bb AP, repris par <em>Antiwar.com<\/em> le m\u00eame <a href=\"http:\/\/wire.antiwar.com\/2010\/05\/12\/new-uk-govt-promises-solid-not-slavish-us-ties\/\" class=\"gen\">12 mai 2010<\/a>, aborde le m\u00eame sujet, avec en plus l&rsquo;actualit\u00e9 des positions de Cameron et de Clegg sur la question, qui est certainement d&rsquo;un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat pour notre propos : \u00ab<em>Solid, but not slavish. That&rsquo;s how Britain&rsquo;s new government sees the special relationship with the United States.<\/em>\u00bb Avec ceci comme r\u00e9sum\u00e9 de ces positions : \u00ab<em>The Conservatives and Liberal Democrats disagree deeply on their attitudes toward Europe and nuclear weapons, but they agree on one thing: they want to avoid the fate of former Prime Minister Tony Blair, who was labeled Bush&rsquo;s poodle after joining the unpopular war in Iraq.<\/em> [] <em>David Cameron and I have always said we want a solid but not slavish relationship with the United States, said new Foreign Secretary William Hague, adding that ties with Washington were of huge importance.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour autant, l&rsquo;analyse de d\u00e9part est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de changement spectaculaire \u00e0 attendre, avec tout de m\u00eame la r\u00e9serve de la position des LibDems vis-\u00e0-vis d&rsquo;Isra\u00ebl : \u00bb<em>It&rsquo;s unlikely, however, that this will mean any significant loosening of ties or concrete policy shifts such as pulling out of Afghanistan in the near future. The Middle East peace process may lead to coalition frictions, with Clegg&rsquo;s party sharply critical of Israel.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Comme on l&rsquo;a vu, l&rsquo;expression favorite de l&rsquo;\u00e9quipe Cameron-Clegg, c&rsquo;est que les relations USA-UK doivent \u00eatre <em>solid, but not slavish<\/em>. Le terme empruntant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un Royaume-Uni qui serait li\u00e9 comme un esclave aux USA fait fr\u00e9mir les partisans d&rsquo;une restauration des <em>special relationships<\/em> vers la grande forme. C&rsquo;est le cas de Nile Gardiner, du <em>Daily Telegraph<\/em> et grand&rsquo;pr\u00eatre de la chose, qui recommande que cette tournure de phrase disparaisse du langage des nouveaux dirigeants britanniques. Elle d\u00e9pla\u00eet \u00e0 Washington, o\u00f9 l&rsquo;on n&rsquo;aime gu\u00e8re les observations qui porteraient quelque ombre sur la vertu inalt\u00e9rable dont est recouverte le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme Deux textes de Gardiner, les <a href=\"http:\/\/blogs.telegraph.co.uk\/news\/nilegardiner\/100039423\/will-david-cameron-strike-up-a-partnership-with-barack-obama\/\" class=\"gen\">12 mai 2010<\/a> et <a href=\"http:\/\/blogs.telegraph.co.uk\/news\/nilegardiner\/100039632\/five-recommendations-for-william-hague-in-his-meeting-with-hillary-clinton\/\" class=\"gen\">13 mai 2010<\/a> dans le <em>Daily Telegraph<\/em> sont \u00e0 consulter pour y retrouver l&rsquo;habituelle argumentation de type thatch\u00e9rien, avec ce qu&rsquo;il faut d&rsquo;hyst\u00e9rie et cette esp\u00e8ce d&rsquo;affirmation presque orgueilleuse, presque comme une affirmation de puissance qu&rsquo;il y aurait dans le fait de l&rsquo;alignement complet et inconditionnel du Royaume-Uni sur les USA. Signalons tout de m\u00eame une restriction : Gardiner conseille \u00e0 la nouvelle \u00e9quipe d&rsquo;exiger le retrait inconditionnel du soutien des USA \u00e0 l&rsquo;Argentine dans l&rsquo;affaire des Malouines.<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Cette intense activit\u00e9 des Britanniques pro-US, notamment visible dans la grande activit\u00e9 de plume de Gardiner, montre que la question des relations UK-USA est \u00e0 un point important, un tournant, un passage vital, etc. Il y a toute une construction de communication qui est faite autour des mauvaises relations entre US et UK ces derni\u00e8res ann\u00e9es,  ce qui est une analyse extr\u00eamement contestable si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux faits. Les Britanniques ont accept\u00e9 toutes les directives, les caprices, les incoh\u00e9rences et les sottises US depuis 9\/11, de m\u00eame que l&rsquo;indiff\u00e9rence US depuis l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;Obama, comme ils acceptent cette sorte de choses avec un peu plus de distance, depuis deux tiers de si\u00e8cle. Simplement, la monumentale catastrophe que fut l&rsquo;Irak, impliquant Blair directement, suivie de l&rsquo;incoh\u00e9rence afghane qui va dans le m\u00eame sens, puis de l&rsquo;indiff\u00e9rence d&rsquo;Obama, n&rsquo;ont pas rendu les Britanniques particuli\u00e8rement heureux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour exalter un renouveau avec Cameron-Clegg (surtout Cameron), on construit donc une inimiti\u00e9 Obama-Brown, qui ne repose sur rien sinon que Brown est Brown et n&rsquo;a jamais emport\u00e9 l&rsquo;enthousiasme des foules, et que Obama est \u00e9galement lui-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire assez indiff\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;Europe. Pour le reste, Londres n&rsquo;a jamais refus\u00e9 un seul soldat aux USA et a toujours confirm\u00e9 officiellement qu&rsquo;il commandait le JSF,  pour s&rsquo;attarder \u00e0 quelques cas fameux. (On peut m\u00eame rappeler que, si les relations entre Obama et Brown \u00e9taient inexistantes, celles d&rsquo;Hillary Clinton et du secr\u00e9taire au Foreign Office travailliste Millibrand \u00e9taient si bonnes qu&rsquo;elles frisaient la romance diplomatique et personnelle, alors que leurs domaines communs portaient justement sur l&rsquo;essentiel de ce qui fait ces fameuses <em>special relationships<\/em>. Cela n&#8217;emp\u00eache donc pas de dresser un constat de coma avanc\u00e9 de ces relations pour la p\u00e9riode Brown, et l&rsquo;on comprend le s\u00e9rieux qu&rsquo;il faut accorder \u00e0 ces diverses appr\u00e9ciations.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on assez symbolique, et montrant par l\u00e0 combien nous ne d\u00e9pendons que du syst\u00e8me de la communication avec ses vibrations symboliques et vides de sens par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des choses, une commission des Communes a d\u00e9clar\u00e9 que les <em>special relationships<\/em> \u00e9taient <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_special_relationships_de_plus_en_plus_lourdes_29_03_2010.html\" class=\"gen\">mortes<\/a>. Gardiner s&rsquo;en \u00e9meut et n&rsquo;est pas loin de proposer qu&rsquo;on br\u00fble les h\u00e9r\u00e9tiques qui ont os\u00e9 contresigner le document. Il faut bien s&rsquo;agiter pour affirmer hautement que le cadavre respire encore.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela n&rsquo;est que  comment disent-ils ? <em>Peanuts<\/em> ? <em>Bullshits<\/em> ? La r\u00e9alit\u00e9 est que les <em>special relationships<\/em> n&rsquo;ont pas boug\u00e9, toujours caract\u00e9ris\u00e9es par l&rsquo;alignement britannique et l&rsquo;indiff\u00e9rence US, particuli\u00e8rement Obama,  mais elles n&rsquo;ont pas boug\u00e9, exactement comme rien de fondamental n&rsquo;a boug\u00e9 dans ce qu&rsquo;on pourrait d\u00e9signer comme la politique g\u00e9n\u00e9rale occidentaliste-am\u00e9ricaniste durant les quatre ou cinq derni\u00e8res ann\u00e9es,  cette politique g\u00e9n\u00e9rale comme frapp\u00e9e d&rsquo;une compl\u00e8te paralysie, selon le principe TINA (<em>There Is No Alternative<\/em>). Une autre r\u00e9alit\u00e9 est que tout le monde attend les r\u00e9ductions budg\u00e9taires in\u00e9vitables du gouvernement britannique, qui peuvent effectivement affecter l&rsquo;une ou l&rsquo;autre entreprise US o\u00f9 les Britanniques sont engag\u00e9s. (On pense au JSF, dont le sort est li\u00e9 \u00e0 celui des deux futurs porte-avions UK, dont le sort est incertain.) D&rsquo;autre part, les situations budg\u00e9taires du Royaume-Uni et celle des USA, toutes les deux ex\u00e9crables, n&rsquo;ont pas rapproch\u00e9 les deux pays, car dans cette sorte de situation c&rsquo;est plut\u00f4t du chacun pour soi ; pire, le langage <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_usa_et_le_reste_comme_la_grece__14_05_2010.html\" class=\"gen\">sans ambages<\/a> du pr\u00e9sident de la Banque d&rsquo;Angleterre, affirmant que les USA (et d&rsquo;autres) ne valent pas mieux que la Gr\u00e8ce ne sont pas faites pour attendrir les <em>special relationships<\/em>. Quant aux diverses politiques (Iran, Afghanistan), on a droit \u00e0 quelques d\u00e9clarations de solidarit\u00e9 qui n&rsquo;engagent personne, tant nous vivons \u00e0 ce rythme. Toutes ces politiques sont pour l&rsquo;instant marqu\u00e9es par la paralysie la plus affligeante, celle qui est la marque de <strong>tous<\/strong> les pays du syst\u00e8me occidentalistes-am\u00e9ricanistes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAutrement dit, la relance actuelle est de pure communication, avec un Obama touchant d&rsquo;ing\u00e9nuit\u00e9, d\u00e9couvrant que l&rsquo;Angleterre existe et que Cameron est un type absolument formidable. Pour l&rsquo;instant, une seule chose compte pour les Am\u00e9ricains : le maintien ferme des Britanniques en Afghanistan, o\u00f9 la situation continue \u00e0 se d\u00e9grader, o\u00f9 l&rsquo;offensive McChrystal se d\u00e9bat dans des querelles de clocher sans fin, o\u00f9 les talibans ont partout l&rsquo;initiative. Tout le reste le c\u00e8de, \u00e0 Washington, \u00e0 cette affaire afghane lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des relations avec les Britanniques, et la crainte des USA est consid\u00e9rable qu&rsquo;un changement de gouvernement et l&rsquo;entr\u00e9e des Lib\u00e9raux D\u00e9mocrates, hostile aux engagements ext\u00e9rieurs, dans ce gouvernement, d\u00e9clenchent une m\u00e9canique de d\u00e9sengagement. C&rsquo;est \u00e0 cela que se r\u00e9sume, pour l&rsquo;essentiel, l&rsquo;offensive de communication de l&rsquo;administration Obama.<\/p>\n<h3>Les hommes ne proposent plus, la crise dispose<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEt maintenant, la r\u00e9alit\u00e9,  notamment britannique, car c&rsquo;est des Britanniques que tout va d\u00e9pendre,  mais pas seulement la r\u00e9alit\u00e9 britannique, apr\u00e8s tout. Lord Heseltine, ancien vice-Premier ministre conservateur, d\u00e9clarait jeudi \u00e0 propos du gouvernement Cameron-Clegg : \u00ab<em> the inevitable public spending cuts would cause terrible strains between the two coalition parties and within them. We are living in a false dawn. The sun is shining. Let&rsquo;s enjoy it. It is not going to last very long&#8230; There is a rocky road ahead.<\/em>\u00bb D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, la m\u00eame chose pourrait \u00eatre dite des relations entre les USA et le Royaume-Uni et la rencontre pr\u00e9cipit\u00e9e Hague-Clinton, qui rel\u00e8ve de la pure tradition des relations USA-UK (surtout pour le retour au pouvoir d&rsquo;un parti conservateur qui l&rsquo;a quitt\u00e9 en 1997), n&rsquo;est en rien une indication \u00e0 ce propos et peut \u00eatre \u00e9galement caract\u00e9ris\u00e9e par le commentaire d&rsquo;Heseltine. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD\u00e8s hier, les premi\u00e8res contestations se faisaient entendre au sein de la coalition, chez des d\u00e9put\u00e9s conservateurs, particuli\u00e8rement sur la question europ\u00e9enne, mais \u00e9galement sur les questions institutionnelles o\u00f9 les LibDems veulent des modifications importantes. Quelles que soient les bonnes volont\u00e9s entre eux deux de Cameron et de Clegg, voire leur \u00e9ventuelle estime r\u00e9ciproque, les probl\u00e8mes ne vont pas manquer entre ces deux familles politiques qui divergent traditionnellement sur nombre de sujets. Dans ce cas, l&rsquo;arithm\u00e9tique parlementaire est une faible indication du rapport des forces entre les deux. Les conservateurs sont engag\u00e9s avec les lib\u00e9raux d\u00e9mocrates selon une formule qui accorde beaucoup de poids aux seconds, cela mis en \u00e9vidence par la position proche de l&rsquo;<em>alter ego<\/em> de Cameron, de Nick Clegg. Ils savent que, dans une rupture de la coalition, les lib\u00e9raux d\u00e9mocrates ont plus de solutions de rechange qu&rsquo;eux-m\u00eames ; personne ne domine personne dans ce <em>hung Parliament<\/em> et, dans ce cas, la force d&rsquo;appoint que sont les LibDems constitue la clef de toutes les combinaisons. (L&rsquo;alternative de nouvelles \u00e9lections anticip\u00e9es est une plong\u00e9e dans l&rsquo;inconnu, chose dont les directions politiques impuissantes ont horreur par le temps qui courent.) En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;\u00e9quipe Cameron-Clegg est un v\u00e9ritable gouvernement de coalition, o\u00f9 tous les probl\u00e8mes concerneront les deux formations, sans domaine r\u00e9serv\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDeux questions essentielles, qui sont autant de crises et qu&rsquo;on signal\u00e9es plus haut dans leur aspect de communication essentiellement, vont devoir \u00eatre trait\u00e9es par ce gouvernement :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise budg\u00e9taire et l&rsquo;endettement du gouvernement, o\u00f9 le Royaume-Uni est dans une position catastrophique, \u00e9quivalente \u00e0 celle de la Gr\u00e8ce pour le moins. Cela signifie des r\u00e9ductions significatives des d\u00e9penses publiques, notamment dans le domaine de la d\u00e9fense. On sait que les tentations de r\u00e9alignement britanniques sont grandes dans ce domaine, parce qu&rsquo;il y a la recherche d&rsquo;un partage des capacit\u00e9s, et que cette recherche se fait essentiellement vers la France. Les m\u00eames conditions budg\u00e9taires vont mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve des engagements britanniques dans des projets US,  JSF en t\u00eate,  o\u00f9 l&rsquo;on sait que le c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricaniste, lui-m\u00eame en crise d&rsquo;ailleurs, n&rsquo;a gu\u00e8re dans ses habitudes de partager. Une tentative de rapprochement avec la France impliquerait <strong>n\u00e9cessairement<\/strong> une crise des relations britanniques avec les USA, notamment \u00e0 cause des liens existants dans ce domaine, alors que la poursuite des relations de s\u00e9curit\u00e9 actuelle avec les USA dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses est impossible en raison de la crise dans ce domaine chez les deux partenaires et la position habituelle des USA dans ce jeu,  supportable en temps normal, de plus en plus insupportable en temps de crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les engagements ext\u00e9rieurs, particuli\u00e8rement en Afghanistan, naviguent entre la pression des capacit\u00e9s budg\u00e9taires en crise et l&rsquo;impopularit\u00e9 consid\u00e9rables de ces engagements dans le public. Les dirigeants politiques sont d&rsquo;autant plus sensibles \u00e0 cette impopularit\u00e9 que leurs positions politiques sont peu assur\u00e9es,  cela, tr\u00e8s officiellement depuis les \u00e9lections du 6 mai. L\u00e0 encore, les engagements britanniques sont faits en fonction des engagements des USA, lesquels ne partagent pas plus leur strat\u00e9gie que leurs programmes militaires de soi-disant coop\u00e9ration, et qui la partagent d&rsquo;autant moins qu&rsquo;ils sont eux-m\u00eames en crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9quipe Cameron-Clegg n&rsquo;est pas la solution \u00e0 la crise fondamentale du Royaume-Uni, c&rsquo;est l&rsquo;entr\u00e9e quasiment officielle du pouvoir politique britannique dans cette crise. Par crise fondamentale, nous entendons bien une crise syst\u00e9mique : d&rsquo;une part la crise financi\u00e8re et ses cons\u00e9quences, ou crise du syst\u00e8me lui-m\u00eame ; d&rsquo;autre part, la crise n\u00e9e des ann\u00e9es Blair et des engagements britanniques dans la politique aventuriste de l&rsquo;administration Bush, crise britannique sp\u00e9cifique. Tout cela est \u00e0 consid\u00e9rer dans une situation o\u00f9 la crise g\u00e9n\u00e9rale ne fait elle-m\u00eame que s&rsquo;aggraver, aussi bien en Europe qu&rsquo;aux USA, et dans des domaines divers, y compris structurels. (La crise europ\u00e9enne, celle de l&rsquo;euro, met en question la coh\u00e9sion europ\u00e9enne, mais les tensions de coh\u00e9sion interne des USA sont bien aussi fortes \u00e0 cet \u00e9gard.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe \u00e0 quoi nous assistons dans les <em>special relationships<\/em> avec cette prise de contact du nouveau gouvernement, est \u00e0 cette image. Ce n&rsquo;est pas la fin d&rsquo;une crise qui n&rsquo;a exist\u00e9 que dans l&rsquo;imagination des \u00e9quipes de communication mais l&rsquo;entr\u00e9e dans le vif du sujet, qui est une crise latente de ces relations depuis les folies blairistes et tout le d\u00e9sordre qui a suivi. Par ailleurs, il est impossible de s\u00e9parer cette question, bien entendu, de la crise g\u00e9n\u00e9rale qui affecte tout le syst\u00e8me occidentaliste-am\u00e9ricaniste. Dans ce cadre, les r\u00e9actions sont sans grande originalit\u00e9 : le repli sur soi, la d\u00e9fense prioritaire de ses int\u00e9r\u00eats propres, etc. Dans le cas des deux partenaires, on ne peut dire que cette situation et son \u00e9volution possible fassent augurer du meilleur pour les <em>special relationships<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le cas du nouveau gouvernement britannique, dans tous les cas de leurs deux dirigeants, la perspective est assez similaire. Un changement, une \u00e9volution dans les <em>special relationships<\/em> est peut-\u00eatre, paradoxalement parce que par d\u00e9faut, le seul point d&rsquo;accord profond entre Cameron et Clegg. Dans des situations de tension o\u00f9 les directions politiques ne contr\u00f4lent plus grand&rsquo;chose, ce constat porte de grands risques de soumettre ces relations \u00e0 des tensions extr\u00eames puisqu&rsquo;une attitude commune de fermet\u00e9 des deux hommes constituerait un point de raccommodage d&rsquo;une coalition menac\u00e9e. Cela n&rsquo;implique aucun plan, aucun dessein particulier, mais le simple constat de la d\u00e9rive d&rsquo;une crise qui dispose depuis longtemps de notre destin, et ne prend gu\u00e8re en consid\u00e9ration ce que proposent les \u00e9quipes politiques soi-disant d\u00e9tentrices du pouvoir. On dit simplement que ces fameuses <em>special relationships<\/em> sont finalement un terrain r\u00eav\u00e9 o\u00f9, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, l&rsquo;insaisissable crise g\u00e9n\u00e9rale pourrait juger bon de s&rsquo;exprimer. C&rsquo;est vraiment le cas : les hommes politiques proposent de moins en moins, la crise dispose \u00e0 sa guise de l&rsquo;essentiel de notre destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour les special relationships, la crise disposera 15 mai 2010 Il a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement question des special relationships depuis que le duo Cameron-Clegg s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du Royaume-Uni, il y a trois jours. 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