{"id":71878,"date":"2010-05-17T06:56:26","date_gmt":"2010-05-17T06:56:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/17\/mesurer-la-hauteur-de-la-chute\/"},"modified":"2010-05-17T06:56:26","modified_gmt":"2010-05-17T06:56:26","slug":"mesurer-la-hauteur-de-la-chute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/17\/mesurer-la-hauteur-de-la-chute\/","title":{"rendered":"Mesurer la hauteur de la chute"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Mesurer la hauteur de la chute<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tLe p\u00e9trole est un sujet tendance. La mar\u00e9e noire, un sujet de d\u00e9solation de luxe ; si l&rsquo;on r\u00e9pand autant de p\u00e9trole, c&rsquo;est qu&rsquo;il en reste assez pour \u00e7a. Si l&rsquo;on veut trouver de nouvelles significations au mot crise il suffit d&rsquo;imaginer comment le monde fera face \u00e0 l&rsquo;inexorable et pr\u00e9visible d\u00e9clin des quantit\u00e9s d&rsquo;\u00e9nergie fossile extraites chaque ann\u00e9e ; c&rsquo;est ce \u00e0 quoi se sont attel\u00e9s les auteurs de deux ouvrages dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat ne p\u00e2lit pas en regard de l&rsquo;actualit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe premier, <em>P\u00e9trole, la f\u00eate est finie. Avenir des soci\u00e9t\u00e9s industrielles apr\u00e8s le pic p\u00e9trolier<\/em>, de Richard Heinberg, est paru aux USA en 2003 dans sa premi\u00e8re \u00e9dition. Il s&rsquo;efforce de dresser un tableau lucide de l&rsquo;\u00e9tat des r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res, de notre niveau de d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des carburants fossiles, et de ce qui nous attend lorsque nous sentirons le fond du baril. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe second, <em>C&rsquo;est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde<\/em>, de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, paru d\u00e9but 2009, tient pour acquise l&rsquo;imminence du pic p\u00e9trolier et propose un ambitieux programme qui permettrait \u00e0 nos soci\u00e9t\u00e9s industrielles de ne pas sombrer dans le chaos. Nous allons voir pourquoi ce programme, parfaitement raisonnable et pertinent, n&rsquo;a aucune chance de se r\u00e9aliser. <\/p>\n<h3>La f\u00eate est finie<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe livre de Heinberg plante le d\u00e9cor. Selon le discours officiel, la p\u00e9rennit\u00e9 des approvisionnements n&rsquo;est pas un probl\u00e8me, \u00e9tant <em>prouv\u00e9<\/em> que l&rsquo;offre suit la demande, une demande infinie g\u00e9n\u00e8re forc\u00e9ment une offre infinie ! Heinberg aligne une s\u00e9rie de faits qui font situer le pic p\u00e9trolier plut\u00f4t vers 2020, alors qu&rsquo;en 2003 les estimations courantes le situaient vers 2060. On retiendra la surestimation des r\u00e9serves pour provoquer une augmentation m\u00e9canique des quotas, la corr\u00e9lation entre pic de d\u00e9couverte et pic de production, le co\u00fbt \u00e9nerg\u00e9tique croissant de l&rsquo;extraction du p\u00e9trole. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains pays comme les USA ont d\u00e9j\u00e0 connu leur pic de production et permettent de constater que la courbe de production suit celle des d\u00e9couvertes avec environ 40 de retard. Or, le pic des d\u00e9couvertes au niveau mondial a eu lieu en 1970. Concernant le co\u00fbt \u00e9nerg\u00e9tique de l&rsquo;extraction  qui est distinct du co\u00fbt financier  on avait, il y a un si\u00e8cle, un rendement aux alentours de 30 (30 unit\u00e9s d&rsquo;\u00e9nergie extraites pour 1 unit\u00e9 consomm\u00e9e par les travaux d&rsquo;extraction). Aujourd&rsquo;hui, ne restent plus que les gisements n\u00e9cessitant des infrastructures colossales, au point de faire tomber ce rendement \u00e0 2, sachant qu&rsquo;arriv\u00e9 \u00e0 1, le gain \u00e9nerg\u00e9tique s&rsquo;annule. Voil\u00e0 donc les terribles contingences que la r\u00e9alit\u00e9 impose, finalement, \u00e0 la loi de l&rsquo;offre et de la demande ! <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn des points forts de l&rsquo;ouvrage est la pr\u00e9sentation de syst\u00e8mes vivants sous l&rsquo;angle des transferts \u00e9nerg\u00e9tiques, en quantit\u00e9s et variations de flux. La nature offre l&rsquo;occasion d&rsquo;observer ce qui se passe lors d&rsquo;un changement climatique ou d&rsquo;une p\u00e9nurie de nourriture, avec le d\u00e9veloppement d&rsquo;esp\u00e8ces sp\u00e9cifiques \u00e0 la p\u00e9riode de transition. Avec ce totalitarisme un peu \u00e9nervant des universitaires aux USA, Heinberg \u00e9tend (brillamment, il faut avouer) le principe aux civilisations et caract\u00e9rise le monde industriel par l&rsquo;apport massif d&rsquo;\u00e9nergie d\u00fb \u00e0 l&rsquo;exploitation des carburants fossiles. La civilisation industrielle devient alors une de ces esp\u00e8ces de transition, b\u00e2tie sur le versant ascendant de la courbe de l&rsquo;\u00e9nergie disponible. On est d\u00e8s lors moins tent\u00e9 d&rsquo;y voir une manifestation du g\u00e9nie humain qu&rsquo;une soudaine d\u00e9bauche de moyens. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;envers de cette fulgurante envol\u00e9e, c&rsquo;est justement notre d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des carburants fossiles. Du tableau d\u00e9taill\u00e9 que dresse l&rsquo;ouvrage, on retiendra un chiffre : de par le monde, <em>la moiti\u00e9<\/em> de l&rsquo;azote consomm\u00e9 par les v\u00e9g\u00e9taux provient d&rsquo;engrais produit \u00e0 base de gaz naturel. Sans cet apport \u00e9nerg\u00e9tique forc\u00e9, les quantit\u00e9s de nourriture produites chutent au point o\u00f9 la Terre ne nourrirait plus que deux milliards d&rsquo;habitants, et encore faudrait-il faire l&rsquo;impasse sur l&rsquo;\u00e9levage, le textile et les agrocarburants. Avec l&rsquo;augmentation de la population qui suit l&rsquo;augmentation de la quantit\u00e9 de nourriture disponible, et sauf miracle \u00e9nerg\u00e9tique de derni\u00e8re minute, l&rsquo;agriculture intensive prend des allures de g\u00e9nocide programm\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe miracle, il ne faut gu\u00e8re compter dessus. L&rsquo;accroissement de l&rsquo;exploitation du charbon et du gaz ne fait que diff\u00e9rer le probl\u00e8me. Les \u00e9nergies nouvelles ne repr\u00e9sentent qu&rsquo;une fraction de la consommation actuelle et leur capacit\u00e9 de croissance est limit\u00e9e. Les sites hydro\u00e9lectriques sont d\u00e9j\u00e0 \u00e9quip\u00e9s, l&rsquo;\u00e9olien et le solaire sont soumis aux al\u00e9as climatiques et n\u00e9cessite un stockage au co\u00fbt \u00e9nerg\u00e9tique important, le nucl\u00e9aire (qui n&rsquo;est pas une source d&rsquo;\u00e9nergie renouvelable) n\u00e9cessite des infrastructures tr\u00e8s lourdes et des investissements sur plusieurs d\u00e9cennies. Tout cela est \u00e0 mettre en regard du paradigme de la croissance \u00e0 perte de vue, et <em>green<\/em> quand on a le temps. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa vision de Heinberg r\u00e9v\u00e8le \u00e0 quel point l&rsquo;apport en \u00e9nergie se trouve \u00eatre constitutif du monde industriel qui r\u00e9sout tous les probl\u00e8mes par une d\u00e9pense accrue d&rsquo;\u00e9nergie. Nulle trouvaille scientifique ne viendra nous apporter <em>la<\/em> solution, celle qui permettra de continuer \u00e0 cro\u00eetre au-del\u00e0 de toute raison, en intensifiant toujours la pression sur les \u00e9cosyst\u00e8mes et en attendant de heurter une ind\u00e9passable limite. La science n&rsquo;a jamais engendr\u00e9 que des trouvailles technologiques d\u00e9bouchant sur une consommation accrue d&rsquo;\u00e9nergie, cette \u00e9nergie se trouvant toujours \u00eatre d&rsquo;origine fossile.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans la derni\u00e8re partie de <em>P\u00e9trole&#8230;<\/em>, Heinberg explore les cons\u00e9quences soci\u00e9tales et politiques. Priv\u00e9es d&rsquo;\u00e9nergie, les infrastructures s&rsquo;effondrent, ainsi que le pouvoir central et sa capacit\u00e9 de faire appliquer les lois. On tombe pour l&rsquo;occasion dans des clich\u00e9s de type Far-West avec repli communautariste et fermes assi\u00e9g\u00e9es par de m\u00e9chants pillards. Les circonstances du d\u00e9clin du pouvoir central m\u00e9riteraient une \u00e9vocation plus d\u00e9taill\u00e9e. <\/p>\n<h3>Facteur 4<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tAvec <em>C&rsquo;est maintenant !<\/em> Jancovici et Grandjean se penchent, eux, sur les implications \u00e9conomiques du pic p\u00e9trolier, afin de b\u00e2tir une vision claire et d&rsquo;apporter des solutions concr\u00e8tes. Apr\u00e8s une analyse des rouages de la folle spirale de la croissance, ils b\u00e2tissent un astucieux ensemble de mesures pour assurer une descente en douceur tout en pr\u00e9servant l&rsquo;essentiel de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAfin de prendre du recul vis-\u00e0-vis du contexte historique, ils r\u00e9inventent l&rsquo;histoire des Pascuans, les habitants de l&rsquo;\u00cele de P\u00e2ques dont la disparition  vraisemblablement suite \u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement des ressources naturelles  demeure un myst\u00e8re historique. Au moins nous l\u00e9gu\u00e8rent-ils de magnifiques statues. Dans un style qui m\u00e9lange le conte pour enfants et la br\u00e8ve de comptoir, ils retracent l&rsquo;invention de la monnaie et les cons\u00e9quences de la dissociation entre la richesse et sa repr\u00e9sentation, pour montrer comment l&rsquo;approche \u00e9conomiquement rationnelle, dans un monde aux ressource finies, s&rsquo;av\u00e8re finalement une prime \u00e0 la dilapidation. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr, c&rsquo;est bien ce que nous sommes en train de faire, \u00e9riger d&rsquo;incompr\u00e9hensibles structures au m\u00e9pris de notre survie \u00e0 moyen terme. Jancovici et Grandjean situent l&rsquo;origine de nos ennuis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, o\u00f9 il fallait reconstruire en urgence tout en pr\u00e9venant les risques d&rsquo;un nouveau conflit ; le libre-\u00e9change et le productivisme fournissaient les outils adapt\u00e9s dans un monde o\u00f9 r\u00e8gne encore l&rsquo;abondance. Et puis l&rsquo;on confondit les moyens et les buts, et la construction de l&rsquo;Europe vint fournir l&rsquo;arsenal pour une razzia acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des ressources plan\u00e9taires, en brandissant les miroirs aux alouettes de la cr\u00e9ation de valeur, de la consommation \u00e0 cr\u00e9dit, de l&rsquo;instantan\u00e9it\u00e9. Au moins cette explication, tout \u00e0 fait convenable et non-stigmatisante, \u00e9vite-t-elle de voir dans la guerre elle-m\u00eame le prototype de la civilisation industrielle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelles solutions proposent-ils ? Diminuer rapidement notre d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique d&rsquo;un facteur 4 en utilisant la fiscalit\u00e9 comme moyen incitatif, \u00e9dicter des normes strictes, saborder quelques industries, lancer une politique de grands travaux avec l&rsquo;aide de la BCE qui financerait la construction d&rsquo;habitations \u00e0 faible empreinte \u00e9nerg\u00e9tique et favoriserait les industries locales. Avec au final une d\u00e9mocratie pr\u00e9serv\u00e9e, une \u00e9conomie de march\u00e9 qui tourne encore \u00e0 peu pr\u00e8s, et la garantie pour chacun d&rsquo;habiter dans 15 m2 \u00e0 temp\u00e9rature cl\u00e9mente l&rsquo;hiver. Comme tue-l&rsquo;amour \u00e9conomico-\u00e9lectoral, difficile de faire mieux. D&rsquo;ailleurs ils d\u00e9crivent bien le probl\u00e8me comme <em>uniquement politique<\/em>, les lois de la physique n&rsquo;ayant que faire des lois humaines. Nous avons les connaissances et le savoir-faire, \u00e9crivent-ils, tout ce qui manque c&rsquo;est l&rsquo;impulsion. Vouloir c&rsquo;est pouvoir, le XX\u00e8me si\u00e8cle fournit des exemples de grands projets volontaristes. Projet Apollo, plan Marshall, divers efforts de guerre, et aussi le rel\u00e8vement de l&rsquo;Allemagne dans les ann\u00e9es 30. Si l&rsquo;on ne se met pas au travail maintenant, les cons\u00e9quence risquent d&rsquo;\u00eatre pires, avec \u00e0 la cl\u00e9 des r\u00e9duction drastiques de la population et la fin de la d\u00e9mocratie. Ils n&rsquo;explorent pas l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une r\u00e9duction de la population d&rsquo;un facteur 8 pour permettre aux survivants de consommer deux fois plus.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tJancovici et Grandjean ne sont pas des r\u00e9volutionnaires. Ce sont des ing\u00e9nieurs qui consid\u00e8rent les objectifs, les moyens, les contraintes, et sont capables de b\u00e2tir des solutions coh\u00e9rentes pourvu qu&rsquo;on leur fournisse des donn\u00e9es explicites. Or, la politique fonctionne autrement. Les peuples s&rsquo;abreuvent de la <em>grandeur<\/em> de leurs dirigeants, pour la leur rendre sous forme de <em>l\u00e9gitimit\u00e9<\/em>. Quelle est alors la grandeur de dirigeants qui vendirent, offrirent, d\u00e9cr\u00e9t\u00e8rent et impos\u00e8rent de la croissance \u00e0 tout jamais durant les<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es ? Doivent-ils devenir ouvriers-gestionnaires d&rsquo;un implacable d\u00e9clin suite aux astucieuses suggestions de messieurs Jancovici et Grandjean ? Mais alors que devient leur l\u00e9gitimit\u00e9, n\u00e9cessaire afin de repenser les r\u00e8gles de l&rsquo;ordre fragile  mais ordre quand m\u00eame  qui demeure aujourd&rsquo;hui ?<\/p>\n<h3>Conclusion<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes deux ouvrages fournissent un \u00e9clairage suppl\u00e9mentaire aux th\u00e8ses ch\u00e8res \u00e0 <em>dedefensa<\/em>. La civilisation industrielle est n\u00e9e de l&rsquo;exploitation d&rsquo;\u00e9nergies fossiles, non-renouvelables sur les \u00e9chelles de temps qui nous concernent. Cet apport d&rsquo;\u00e9nergie fantastique, et les r\u00e9alisations qui vont de pair, ont boulevers\u00e9 les psychologies au point de rendre dominante l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une croissance sans limite. On peut y voir les racines de cet <em>id\u00e9al de puissance<\/em> qui sous-entend qu&rsquo;\u00e0 une volont\u00e9 infinie viendront des moyens infinis. Aujourd&rsquo;hui, nous arrivons en vue du d\u00e9clin de cette manne \u00e9nerg\u00e9tique, les forces politiques (au sens large : \u00e9lus, citoyens, presse) demeurent esclaves des r\u00eaves et des moyens h\u00e9rit\u00e9s du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Le mot de crise, qui vient naturellement \u00e0 l&rsquo;esprit, s&rsquo;av\u00e8re impropre \u00e0 d\u00e9signer les transformations \u00e0 venir. D&rsquo;apr\u00e8s le Petit Robert, Crise : moment d&rsquo;une maladie caract\u00e9ris\u00e9 par un changement subit et g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9cisif, en bien ou en mal. La crise sera celle de la prise de conscience, et ne viendra que sous la pression des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Laurent Caillette<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mesurer la hauteur de la chute Le p\u00e9trole est un sujet tendance. La mar\u00e9e noire, un sujet de d\u00e9solation de luxe ; si l&rsquo;on r\u00e9pand autant de p\u00e9trole, c&rsquo;est qu&rsquo;il en reste assez pour \u00e7a. Si l&rsquo;on veut trouver de nouvelles significations au mot crise il suffit d&rsquo;imaginer comment le monde fera face \u00e0 l&rsquo;inexorable&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[3228,9580,3600,9582,9581,7598],"class_list":["post-71878","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-crise","tag-epuisement","tag-petrole","tag-petrolier","tag-pic","tag-reserves"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71878","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71878"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71878\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71878"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71878"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71878"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}